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ISBN : 2742793208
Éditeur : Actes Sud (18/08/2010)
  Existe en édition audio

Note moyenne : 4.05/5 (sur 245 notes)
Résumé :
1957. A Alger, le capitaine André Degorce retrouve le lieutenant Horace Andreani, avec lequel il a affronté l'horreur des combats puis de la détention en Indochine. Désormais les prisonniers passent des mains de Degorce à celles d'Andreani, d'un tortionnaire à l'autre : les victimes sont devenues bourreaux. Si Andreani assume pleinement ce nouveau statut, Degorce, dépossédé de lui-même, ne trouve l'apaisement qu'auprès de Tahar, commandant de I'ALN, retenu dans une ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (71) Voir plus Ajouter une critique
oran
  02 octobre 2018
Un roman poignant, réaliste, où les mots violents traduisent avec force l'atroce vérité des guerres évoquées ici : la seconde guerre mondiale, la Résistance, le camp de concentration de Buchenwald , l'Indochine , les camps de prisonniers, l'Algérie, la torture …)
Les hommes y perdent leur foi, leur âme, leur humanité…
Ferrari s'appuie sur une documentation rigoureuse, sur des personnages bien campés témoins et acteurs de cette époque pour composer cette fiction.
Lecture, pour moi, à la fois douloureuse et particulièrement prenante.
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araucaria
  22 avril 2014
Un roman que je voulais lire déjà depuis longtemps dont on m'avait assuré qu'il était encore bien supérieur au prix goncourt "Le sermon sur la chute de Rome" qui a récompensé l'auteur. C'est effectivement un livre magistral, un texte fort. Ce livre de Jérôme Ferrari ne peut laisser indifférent. Il évoque une période noire de notre histoire, cette guerre d'Algérie que pudiquement on nommait "les évènements d'Algérie", avec ses attentats, ses règlements de comptes, ses passages à tabacs, ses tortures perpétrées par un camp ou l'autre. Un livre d'homme qui oppose deux psychologies et philosophies différentes. Celui qui obéit aux ordres et accompli sa tache de tortionnaire comme un simple fonctionnaire, et cet autre qui ne se reconnaît plus et va jusqu'à en perdre son âme... Un très grand livre, servi par une superbe plume, à découvrir...
Lien : http://araucaria20six.fr/
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litolff
  31 août 2012
Où se situent le bien et le mal, où est la trahison : dans la fidélité à un camp coupable ou dans la dissidence ? Voilà l'une des multiples questions qui taraudent le capitaine Degorce à l'heure où la torture est l'alternative à une possible défaite et où lui-même se transformera en bourreau à l'instar de ses condisciples qui ne lui inspirent que mépris...
Dans ce roman dense et bouleversant, Jérôme Ferrari nous renvoie à notre condition très humaine et très faible et assène une vérité universelle : l'homme est misérable et porte le mal en lui, le mal si difficilement discernable du Bien.
Une réflexion sombre et magnifique sur la torture, les questions morales qu'a pu soulever la guerre d'Algérie et la condition humaine tout simplement.
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zabeth55
  27 avril 2017
Cette fois, Jérôme Ferrari met sa belle plume et son talent au service de la guerre d'Algérie.
Encore un roman fort, qui traite du rôle du tortionnaire et de celui du torturé.
Le capitaine Degorce a été emprisonné à Buchenwald lors de la précédente guerre, il se retrouve bourreau lors de la guerre d'Algérie.
Perdu, le capitaine se prend d'admiration pour un de ses prisonniers. En même temps, le lieutenant Andreani, qui lui a voué longtemps un amour inconditionnel s'adresse virtuellement à lui.
Du rôle que les circonstances nous poussent à tenir. Que de questionnement à travers le comportement du capitaine Degorce !
Ce n'est pas un roman facile à lire mais il nous pousse loin dans la réflexion.
Ceci dit, les ouvrages sur la guerre m'épuisent psychologiquement.
Deux si rapprochés, j'ai besoin de légèreté maintenant.
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Henri-l-oiseleur
  20 janvier 2018
Après avoir lu avec consternation les chroniques médiatiques de l'auteur ("Il se passe quelque chose", l'actualité vue par Homais-lenchon), je ne m'attendais pas à un roman aussi subtil sur l'armée et les guerres françaises qu'elle a dû livrer. "Où j'ai laissé mon âme" est un roman à deux personnages : l'un, le capitaine Degorce, est le héros du récit à la troisième personne de sa carrière militaire, l'autre, le lieutenant Andréani, s'exprime à la première personne et s'adresse, avec une implacable lucidité, audit Degorce. Degorce est un nostalgique de la pureté, un idéaliste que les aléas de l'histoire, de Buchenwald à l'Algérie en passant par Dien Bien Phu, détruisent peu à peu. Sans pitié, Andreani met à nu le problème de son ami : ce n'est pas la perte des idéaux, ni celle de la foi, ni la souillure du mal, qui détruisent Degorce, mais l'opposition entre la belle image qu'il a de lui-même et le mal qu'il commet. Ce n'est pas de l'idéal, c'est du narcissisme, comme le fait voir Tolstoï en la personne de son prince pénitent Nekhlioudov, dans Résurrection. Aussi, ce roman qui retrace l'épopée de deux officiers de l'armée française, déportés, vaincus d'Indochine, rééduqués par les communistes, tortionnaires en Algérie, et pour l'un d'eux, membre de la rébellion des généraux, - ce roman est profondément théologique (quelle part Bernanos a-t-il jouée dans la formation de Ferrari ?) En la personne de Degorce, Jérôme Ferrari crée un personnage de chrétien que l'orgueil de la pureté et la faiblesse devant le mal conduisent au désespoir, à la damnation subie du criminel qui n'assume pas ses actes et ne peut donc s'en repentir. Quant à Andréani, sa lucidité sans illusions le mène à une théologie sans Dieu, sans justice, surtout sans justification : en somme, une damnation acceptée et comme revendiquée (il y a quelque chose de la beauté du Diable en cet Andréani). C'est un beau roman, qui dévoile la fausseté d'un christianisme qui ne serait qu'un idéal de pureté et qui ne passerait pas par l'horreur de la croix et du mal, clés de la résurrection. Cette dimension-là a disparu du livre de Ferrari : le paradis est perdu dans le passé, il n'est jamais une perspective d'avenir, sauf pour les musulmans emprisonnés du livre, comme on le voit à la mort de Tahar : tuer chez eux, même des innocents, ne suscite pas pareils dilemmes moraux et ne prive pas du paradis. Concernant la langue et le style de l'auteur, je continue de suspendre mon jugement de lecteur.
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critiques presse (1)
Bibliobs   27 août 2012
Ce roman flamboyant pourrait n'être qu'une belle dissertation un peu théâtrale. Il pourrait signer l'intrusion de la tragédie grecque dans la brève de comptoir, comme aurait presque dit Malraux. Ce ne serait déjà pas si mal. Mais le livre de Ferrari est beaucoup plus que cela, grâce à son intelligence têtue, à son amour de la Corse qui éclate partout,
Lire la critique sur le site : Bibliobs
Citations et extraits (38) Voir plus Ajouter une citation
araucariaaraucaria   19 avril 2014
Nous roulions dans la nuit en dehors de la ville, nous survolions la baie, ils étaient silencieux à l'arrière du camion ou dans l'hélicoptère, ils ne pleuraient pas, ils ne suppliaient pas, il n'y avait plus en eux ni désir ni révolte, et ils basculaient sans un cri dans la fosse commune, ils tombaient vers la mer dans une longue chute silencieuse, ils n'avaient pas peur, je le sais parce que j'ai regardé chacun d'entre eux dans les yeux, comme je le devais, mon capitaine, la mort est une affaire sérieuse, mais ils n'avaient pas peur, nous leur avons rendu la mort douce, nous avons fait cela pour eux, ils me rendaient mon regard, ils voyaient mon visage et leurs yeux étaient vides, je m'en souviens très bien, on n'y trouvait aucune trace de haine, aucun jugement, aucune nostalgie, on n'y trouvait plus rien si ce n'est peut-être la paix et le soulagement d'être enfin libérés car grâce à nous, mon capitaine, aucun d'eux ne pouvait plus ignorer que le corps est un tombeau.
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araucariaaraucaria   20 avril 2014
Le capitaine Degorce allume une cigarette qu'il fume avec soin, le front appuyé contre une vitre. Le soleil brille sur la baie et aucun nuage ne passe au-dessus de la mer mais le ciel n'est pas vraiment bleu, il est parsemé de traînées délavées, jaunâtres, qui lui donnent la teinte sale et terne de l'eau d'un étang. Dans ce pays, le ciel n'est jamais bleu, pas même en été, surtout pas en été, quand le vent brûlant du désert efface les contours de la ville dans ses tourbillons de poussière ocre et que s'élèvent des flots morts de la Méditerranée les vapeurs d'une brume éblouissante où tremble la coque rouge des cargos. Il se rappelle les vacances passées en avril, deux ans plus tôt, avec Jeanne-Marie et les enfants, le déjeuner sur la terrasse d'un hôtel de Piana, en face du golfe de Porto, la déchirure incroyablement nette des calanques sur le bleu profond d'un ciel limpide et il a du mal à croire que les rivages qu'il regarde aujourd'hui sont baignés par la même mer, qui s'étend sous le même ciel.
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nadejdanadejda   05 septembre 2012
En tout homme se perpétue la mémoire de l’humanité entière. Et l’immensité de tout ce qu’il y a à savoir, chacun le sait déjà. C’est pourquoi il n’y aura pas de pardon. p 146
(...) Bien sûr, Jeanne-Marie, quelqu’un demeure à l’abri de ton coeur aimant, là où rien ne peut l’atteindre, et aussi dans le coeur des enfants, mais ce n’est pas moi. Moi, je n’ai pas de demeure, pas même en enfer. Mes bras qui se tendent vers vous devraient tomber en cendres. Les pages du Livre saint devraient brûler mes yeux. Si vous pouviez voir ce que je suis, vous vous voileriez la face et Claudie se détournerait de moi avec horreur. C’est ainsi. Quelque chose surgit de l’homme, quelque chose de hideux, qui n’est pas humain, et c’est pourtant l’essence de l’homme, sa vérité profonde. Tout le reste n’est que mensonge. p 147
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araucariaaraucaria   21 avril 2014
J'aimais votre solitude et votre silence, mon frère, mon capitaine, j'aimais votre gaieté, j'en venais même à aimer votre piété, moi qui savais qu'au-delà des nuages de la mousson le ciel immense était vide, et l'univers aveugle, et je vous accompagnais à la messe où nous écoutions sous la pluie l'homélie d'un aumônier hagard qui levait son calice derrière un autel de planches et de tréteaux rouillés, indifférent au sifflements des obus de 105, et regardait s'incliner toutes ensemble les nuques blafardes des officiers, comme si le poids d'une caresse invisible les courbait doucement vers la terre.
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araucariaaraucaria   22 avril 2014
En 1968, nous avons été libérés et nous sommes rentrés chez nous. Je n'avais pas revu mon village depuis mon retour d'Indochine mais j'y avais toujours ma maison et une place au cimetière. J'ai passé des années sans adresser la parole aux militants communistes avec qui j'avais joué pendant mon enfance et eux me regardaient comme si j'étais le diable. Mais tout est si léger, mon capitaine, tout s'oublie si vite, la haine devient froide et puis la froideur s'estompe et nous nous sommes retrouvés à faire des parties de contrée, dans le bar du village, l'hiver au coin du feu et l'été sous la treille, jusqu'à ce que nous soyons tous devenus vieux.
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Vidéo de Jérôme Ferrari
J'ai comme l'impression que Jérôme Ferrari ne va tarder à venir à la librairie (c'est le 30 novembre à 20h...). Découvrez le formidable travail littéraire de Jérôme Ferrari. (avec Actes Sud). https://www.librest.com/nos-selections/voir-toutes-nos-selections/devouvrez-le-travail-litteraire-de-jerome-ferrari/liste,1048-848.html
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