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ISBN : 2742793208
Éditeur : Actes Sud (18/08/2010)
  Existe en édition audio

Note moyenne : 4.03/5 (sur 199 notes)
Résumé :
1957. A Alger, le capitaine André Degorce retrouve le lieutenant Horace Andreani, avec lequel il a affronté l'horreur des combats puis de la détention en Indochine. Désormais les prisonniers passent des mains de Degorce à celles d'Andreani, d'un tortionnaire à l'autre : les victimes sont devenues bourreaux. Si Andreani assume pleinement ce nouveau statut, Degorce, dépossédé de lui-même, ne trouve l'apaisement qu'auprès de Tahar, commandant de I'ALN, retenu dans une ... >Voir plus
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Critiques, Analyses & Avis (60) Voir plus Ajouter une critique
araucaria
22 avril 2014
Un roman que je voulais lire déjà depuis longtemps dont on m'avait assuré qu'il était encore bien supérieur au prix goncourt "Le sermon sur la chute de Rome" qui a récompensé l'auteur. C'est effectivement un livre magistral, un texte fort. Ce livre de Jérôme Ferrari ne peut laisser indifférent. Il évoque une période noire de notre histoire, cette guerre d'Algérie que pudiquement on nommait "les évènements d'Algérie", avec ses attentats, ses règlements de comptes, ses passages à tabacs, ses tortures perpétrées par un camp ou l'autre. Un livre d'homme qui oppose deux psychologies et philosophies différentes. Celui qui obéit aux ordres et accompli sa tache de tortionnaire comme un simple fonctionnaire, et cet autre qui ne se reconnaît plus et va jusqu'à en perdre son âme... Un très grand livre, servi par une superbe plume, à découvrir...
Lien : http://araucaria20six.fr/
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litolff
31 août 2012
Où se situent le bien et le mal, où est la trahison : dans la fidélité à un camp coupable ou dans la dissidence ? Voilà l'une des multiples questions qui taraudent le capitaine Degorce à l'heure où la torture est l'alternative à une possible défaite et où lui-même se transformera en bourreau à l'instar de ses condisciples qui ne lui inspirent que mépris...
Dans ce roman dense et bouleversant, Jérôme Ferrari nous renvoie à notre condition très humaine et très faible et assène une vérité universelle : l'homme est misérable et porte le mal en lui, le mal si difficilement discernable du Bien.
Une réflexion sombre et magnifique sur la torture, les questions morales qu'a pu soulever la guerre d'Algérie et la condition humaine tout simplement.
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Herve-Lionel
17 juillet 2017
La Feuille Volante n° 1155
Où j'ai laissé mon âmeJérôme Ferrari - Actes sud.
Il y a différentes façons de faire la guerre. Pour le capitaine Degorce, père de famille chrétien et pieux, la recherche du renseignement qui peut épargner des vies françaises innocentes justifie la torture, en ce mois de mars 1957 en Algérie. Il est chargé de faire parler les prisonniers et sait les en convaincre. Il a mis sur pieds une organisation qui a réussi à démanteler un réseau terroriste au point d'arrêter Tahar qui en est le chef. Il sait qu'il fait un sale métier, bien différent de celui qu'il avait imaginé, mais, au nom de la discipline il accomplit sa tâche, même s'il en a honte.
Jeune étudiant il a fait de la Résistance et a été interné à Buchenwald, plus tard, en Indochine, il a combattu le communisme au nom de la mission civilisatrice de la France et des valeurs de la République. Pour cela, le lieutenant Andreani qui fut son compagnon d'armes et le suivit dans les camps d'internement des Viêts, lui témoigne une admiration inconditionnelle. Maintenant, en Algérie, les choses ont changé et le capitaine il est devenu un tortionnaire par la force des choses, mais cela, il ne le supporte pas. Pourtant, face à ses hommes, il se doit de jouer le rôle du chef, de leur rappeler le sens de leur mission qui se doit d'être efficace, légitimant ainsi la torture. D'ailleurs la capture de Tahar lui vaudra promotion et décorations mais il n'en a cure, il est face à sa conscience et n'est pas en paix avec lui-même. Il estime son adversaire qui est aussi un ennemi, son combat pour l'indépendance de l'Algérie est aussi légitime que celui qu'il menait en France sous l'Occupation et plus tard sur le théâtre d'opérations extérieures et ce même si Tahar a dû ordonner des attentats, c'est à dire la mort de civils innocents. Dans ce contexte il est sans doute difficile de discerner le bien du mal et chacun a conscience de faire son devoir. le capitaine est seul face à son devoir d'infliger à Tahar les mêmes souffrances que celles qu'il a subies de la part de la Gestapo mais il le fait malgré sa foi chrétienne, il est seul aussi devant Tahar qu'il veut convaincre de la vanité de son combat, mais en vain. Plus tard Andreani constatera, devant le tribunal militaire qui le condamnera à mort, que cette guerre d'Algérie a complètement changé Degorce au point de faire de lui un laquai servile… et un lieutenant-colonel décoré à qui Dieu ne sera d'aucun secours. Il a perdu son âme, a choisi d'oublier ses hésitations existentielles et a touché ses trente deniers pour prix de sa trahison intime. La nature humaine est ainsi faite, faible et misérable et l'oubli, comme l'hypocrisie et le mensonge font partie du décor dans lequel elle aime à vivre. Andreani lui aussi y laissera son âme mais pour des raisons différentes.
Ce qu'on appelé pudiquement au début « les événements d'Algérie » pour admettre ensuite qu'il s'agissait d'une véritable guerre, a été un drame pour l'honneur de l'Armée et pour les militaires. Il y eut de part et d'autre des atrocités, des attentats mais il s'agissait moins de livrer des combats traditionnels que de se transformer en tortionnaires et en bourreaux au nom de la logique et de l'obéissance. Cette guerre a bousculé les consciences et beaucoup ont choisi leur camp au mépris de la discipline, ont proclamé leur rejet de ces méthodes ou les ont appliquées avec zèle. Elle a donné lieu à une rébellion au sein de l'armée, à des proclamations officielles et à des promesses pourtant vite trahies, des abandons par la France, pays des Droits de l'homme, des harkis qui avaient pourtant choisi de se battre pour elle... Tout cela pour se terminer par un exil de populations civiles pour une métropole inconnue et des plaies qui ne se refermeront jamais.
Je ne connaissais cet auteur qu'à travers « Le sermon sur la chute de Rome » qui lui a valu le Prix Goncourt en 2012(La Feuille Volante n°1152). Ce roman qui invite à une réflexion sur la nature humaine aurait d'ailleurs amplement mérité cette distinction. Ici, j'ai retrouvé avec plaisir le style remarquable de Jérôme Ferrari qui s'attache son lecteur du début à la fin et ce nonobstant la longueur de certaines phrases.
© Hervé GAUTIER – Juillet 2017. [http://hervegautier.e-monsite.com]
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zabeth55
27 avril 2017
Cette fois, Jérôme Ferrari met sa belle plume et son talent au service de la guerre d'Algérie.
Encore un roman fort, qui traite du rôle du tortionnaire et de celui du torturé.
Le capitaine Degorce a été emprisonné à Buchenwald lors de la précédente guerre, il se retrouve bourreau lors de la guerre d'Algérie.
Perdu, le capitaine se prend d'admiration pour un de ses prisonniers. En même temps, le lieutenant Andreani, qui lui a voué longtemps un amour inconditionnel s'adresse virtuellement à lui.
Du rôle que les circonstances nous poussent à tenir. Que de questionnement à travers le comportement du capitaine Degorce !
Ce n'est pas un roman facile à lire mais il nous pousse loin dans la réflexion.
Ceci dit, les ouvrages sur la guerre m'épuisent psychologiquement.
Deux si rapprochés, j'ai besoin de légèreté maintenant.
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ivredelivres
02 novembre 2010
n roman très court à deux personnages. Deux soldats en 1957 en Algérie à l'époque des attentats du FLN et de la mise à contribution de l'armée française pour obtenir des renseignements et arrêter les chefs du FLN à n'importe quel prix.
Le Capitaine André Degorce, ancien résistant passé par les interrogatoires nazis, héros d'Indochine, le Lieutenant Andréani, plus jeune, compagnon de captivité du capitaine dans les camps du Viêt-minh avec qui il a des liens très forts.
Le roman se déroule durant trois journées, au cours de ces trois jours vont se dévoiler pour chacun des personnages, les sentiments, les convictions, les actions qu'ils mènent, les responsabilités qu'ils portent, le sens que chacun attribue à des mots comme : loyauté, honneur, morale, trahison ou devoir.
Le Capitaine Degorce catholique pratiquant et ancien déporté, deux raisons de s'opposer à la torture et pourtant de victime il est devenu bourreau, il s'est transformé en tortionnaire. Les lettres à sa femme, la lecture de la Bible ne suffisent plus à lui procurer du réconfort, tiraillé entre son devoir de tout faire pour arrêter les chefs rebelles et ses convictions et une horreur de la torture acquise dans les geôles allemandes, il ne peut se décider. Il donne des conseils glaçants à ses hommes "Messieurs, dit-il, la souffrance et la peur ne sont pas les seules clés pour ouvrir l'âme humaine. Elles sont parfois inefficaces. N'oubliez pas qu'il en existe d'autres. La nostalgie. L'orgueil. La tristesse. La honte. L'amour. Soyez attentifs à celui qui est en face de vous. Ne vous obstinez pas inutilement. Trouvez la clé. Il y a toujours une clé." Mais fait preuve d'une incompréhensible attitude envers son prisonnier Tahar Hadj Nacer un des chefs du FLN arrêté grâce à des renseignements obtenus par la torture. Il va même chercher auprès de lui réconfort et absolution, allant jusqu'à lui faire rendre les honneurs militaires mais... fermant les yeux sur son exécution.
De l'autre côté écouter Andréani, dans un long monologue il dit toute sa colère et son amertume envers son supérieur, son ami. Il ne le comprend plus. Lui est sûr de son devoir, il revendique ses actions y compris la torture " Vous vous demandez encore comment il est possible que vous soyez devenu un bourreau, un assassin. Oh, mon capitaine, c'est pourtant la vérité, il n'y a rien d'impossible : vous êtes un bourreau et un assassin. Vous n'y pouvez plus rien, même si vous êtes encore incapable de l'accepter. le passé disparaît dans l'oubli, mon capitaine, mais rien ne peut le racheter."
Il explique, il justifie, il y voit son devoir de soldat. Comment pourrait-il rester impassible devant les attentats et leurs victimes, il y a pour lui une logique de la guerre et c'est celle du "tout est permis" pour atteindre son but. Les prisonniers qui passent par ses mains dans la villa Eugène n'ont à attendre aucune pitié comme ils n'en ont pas eu pour les invités d'une noce tous massacrés ou ces prostituées piégées dans un bordel de la Casbah.
Il est plein de dépit et se sent trahi par un Degorce pour qui il finit par éprouver de la haine et qu'il invective à travers son monologue, qu'il veut obliger à reconnaiîre ses contradictions, ses lâchetés, sa bassesse
Quel superbe et douloureux roman, Jérôme Ferrari signe là LE roman de la rentrée, poignant, dense "porte ouverte sur l'abîme" pour ces personnages que tout oppose. La brièveté de son roman en augmente la force et nous fait douter de notre propre sentiment.
Tout naturellement on éprouve une certaine empathie pour Degorce, pour ses errements et sa culpabilité, mais tout l'art de Ferrari est d'inversé le processus et on en vient à préférer l'attitude plus véridique d'Andréani. Rien de manichéen donc mais l'ambivalence qui habite tout homme.
La construction très aboutie de son roman lui permet de nous faire sentir les tensions intérieures des personnages et leur face à face
Une lecture forte et exigente, un roman d'une grande profondeur, faites lui une place dans votre bibliothèque
Lien : http://asautsetagambades.hau..
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Les critiques presse (1)
Bibliobs27 août 2012
Ce roman flamboyant pourrait n'être qu'une belle dissertation un peu théâtrale. Il pourrait signer l'intrusion de la tragédie grecque dans la brève de comptoir, comme aurait presque dit Malraux. Ce ne serait déjà pas si mal. Mais le livre de Ferrari est beaucoup plus que cela, grâce à son intelligence têtue, à son amour de la Corse qui éclate partout,
Lire la critique sur le site : Bibliobs
Citations & extraits (32) Voir plus Ajouter une citation
Herve-LionelHerve-Lionel16 juillet 2017
Chaque matin, il faut retrouver la honte d'être soi-même Mais avant cela est accordée la grâce d'un répit secret. Le rêve de la nuit se désagrège et se replie dans les ténèbres
, ne laissant subsister dans le coeur du capitaine Degorce que la vague prémonition d'un deuil à mener.
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Herve-LionelHerve-Lionel16 juillet 2017
En tout homme se perpétue la mémoire de l'humanité entière.Et l'immensité de tout ce qu'il y a à savoir, chacun le sait déjà. C'est pourquoi il n'y aura pas de pardon.
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araucariaaraucaria20 avril 2014
Le capitaine Degorce allume une cigarette qu'il fume avec soin, le front appuyé contre une vitre. Le soleil brille sur la baie et aucun nuage ne passe au-dessus de la mer mais le ciel n'est pas vraiment bleu, il est parsemé de traînées délavées, jaunâtres, qui lui donnent la teinte sale et terne de l'eau d'un étang. Dans ce pays, le ciel n'est jamais bleu, pas même en été, surtout pas en été, quand le vent brûlant du désert efface les contours de la ville dans ses tourbillons de poussière ocre et que s'élèvent des flots morts de la Méditerranée les vapeurs d'une brume éblouissante où tremble la coque rouge des cargos. Il se rappelle les vacances passées en avril, deux ans plus tôt, avec Jeanne-Marie et les enfants, le déjeuner sur la terrasse d'un hôtel de Piana, en face du golfe de Porto, la déchirure incroyablement nette des calanques sur le bleu profond d'un ciel limpide et il a du mal à croire que les rivages qu'il regarde aujourd'hui sont baignés par la même mer, qui s'étend sous le même ciel.
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araucariaaraucaria19 avril 2014
Nous roulions dans la nuit en dehors de la ville, nous survolions la baie, ils étaient silencieux à l'arrière du camion ou dans l'hélicoptère, ils ne pleuraient pas, ils ne suppliaient pas, il n'y avait plus en eux ni désir ni révolte, et ils basculaient sans un cri dans la fosse commune, ils tombaient vers la mer dans une longue chute silencieuse, ils n'avaient pas peur, je le sais parce que j'ai regardé chacun d'entre eux dans les yeux, comme je le devais, mon capitaine, la mort est une affaire sérieuse, mais ils n'avaient pas peur, nous leur avons rendu la mort douce, nous avons fait cela pour eux, ils me rendaient mon regard, ils voyaient mon visage et leurs yeux étaient vides, je m'en souviens très bien, on n'y trouvait aucune trace de haine, aucun jugement, aucune nostalgie, on n'y trouvait plus rien si ce n'est peut-être la paix et le soulagement d'être enfin libérés car grâce à nous, mon capitaine, aucun d'eux ne pouvait plus ignorer que le corps est un tombeau.
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nadejdanadejda05 septembre 2012
En tout homme se perpétue la mémoire de l’humanité entière. Et l’immensité de tout ce qu’il y a à savoir, chacun le sait déjà. C’est pourquoi il n’y aura pas de pardon. p 146
(...) Bien sûr, Jeanne-Marie, quelqu’un demeure à l’abri de ton coeur aimant, là où rien ne peut l’atteindre, et aussi dans le coeur des enfants, mais ce n’est pas moi. Moi, je n’ai pas de demeure, pas même en enfer. Mes bras qui se tendent vers vous devraient tomber en cendres. Les pages du Livre saint devraient brûler mes yeux. Si vous pouviez voir ce que je suis, vous vous voileriez la face et Claudie se détournerait de moi avec horreur. C’est ainsi. Quelque chose surgit de l’homme, quelque chose de hideux, qui n’est pas humain, et c’est pourtant l’essence de l’homme, sa vérité profonde. Tout le reste n’est que mensonge. p 147
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Videos de Jérôme Ferrari (35) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Jérôme Ferrari
Après le roman «Écoutez nos défaites», et la pièce «Danse, Morob», publiés en 2016, Laurent Gaudé revient avec «De sang et de lumière», publié chez Actes Sud, un recueil de poésies dénonçant le sort que les hommes font aux opprimés, hier aux esclaves du commerce triangulaire et aujourd'hui aux réfugiés déboutés du droit d'asile. À ses côtés, Jérôme Ferrari évoque «Il se passe quelque chose», une série d'essais qui passent au crible la société et l'exacerbation des passions tristes. Philippe Djian publie «Marlène», chez Gallimard, Louis-Philippe Dalembert «Avant que les ombres s'effacent», chez Sabine Wespieser, et Maryam Madjidi «Marx et la poupée» au Nouvel Attila.
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