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ISBN : 2809825106
Éditeur : L'Archipel (03/10/2018)

Note moyenne : 3.21/5 (sur 73 notes)
Résumé :
Ploumanac'h, Côte de granit rose. Le temps d'une soirée dans un bar proche de leur maison, Morgane et Elouan laissent la garde de leur bébé, Gaela, à son frère adolescent.
Au retour, un berceau vide les attend. Aucune trace d'effraction, nulle demande de rançon. Les pistes se multiplient, mais l'enquête piétine.
Très vite, la police judiciaire pense que la petite fille ne sera jamais retrouvée.
Pour les parents de Gaela, l'enfer commence. D'aut... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (61) Voir plus Ajouter une critique
Nat_85
  11 février 2019
Attention, mise en garde : Suspens absolu !!!
Lu dans le cadre d'un Comité lecture, » La petite fille du phare « de Christophe Ferré, est publié aux éditions de l'Archipel en 2018. Ce polar est d'une tension telle qu'il est impossible de lâcher ce livre, ne serait-ce qu'un instant !
Morgane et Elouan Kergoat vivent à Ploumanac'h près de Perros-Guirec, sur la Côte de granit rose. Parents d'Arthur, un adolescent de treize ans, ils le sont également depuis peu d'une petite Gaela.
Un soir, alors qu'elle rejoint son mari au bar du Castel Beau Site, Morgane semble essoufflée, ce qui ne manque pas d'intriguer Elouan. Après tout, leur villa n'est qu'à dix petites minutes à pied. Mais très vite il reprend sa discussion avec son ami Malo, pêcheur de homards. Morgane a laissé le nouveau-né sous la surveillance de son frère, et bien que le bar soit à seulement quelques minutes, les jeunes parents ne s'attardent pas et décident de rentrer. Arthur est réveillé, mais Morgane préfère s'assurer que Gaela dort toujours profondément avant de se coucher. Mais lorsqu'elle entre dans sa chambre, le berceau est vide.
p. 36 : » – Capitaine Desbruyères, Perros-Guirec. Un bébé vient de disparaître. Cela ressemble à un enlèvement. «
Que s'est-il passé ? Comment un bébé âgé de seulement quelques jours a-t-il pu disparaître ainsi ? Pourquoi Arthur n'a-t-il rien entendu ? Pour Morgane et Elouan, c'est le choc. La consternation.
Très rapidement les autorités se rendent sur place, et les recherches s'organisent. Quelques heures après, sans résultat, le juge d'instruction Ornano lance l'alerte enlèvement sur l'ensemble du territoire national, sur les ordres du procureur de la République. Tous sont interrogés. Morgane, Elouan, Arthur, leur détestable voisin John Kent, leurs amis, bref tout est passé au peigne fin. Chaque minute compte pour retrouver saine et sauve la petite Gaela.
p. 41 : » En l'absence de piste, la police soupçonne l'entourage. le père, la mère, les frères, les soeurs, les cousins, toute la famille. Ils se retrouvent les premiers dans l'oeil du cyclone. «
Les jours passent et les enquêteurs ne semblent avoir aucune piste sérieuse. Ornano fait irruption chez les Kergoat plusieurs fois par jours, accompagné des mêmes gendarmes. Après tout, tous se connaissent dans cette petite bourgade bretonne. L'étau se resserre et les parents deviennent rapidement des suspects potentiels, comme c'est souvent le cas lors d'une disparition d'enfant. Morgane est confuse dans son témoignage sur son emploi du temps les heures qui ont précédé la disparition de son enfant. de plus, elle est la dernière personne à l'avoir vu.
p. 168 : » La mère de Gaela fut envahie d'une intuition subite : elle supputait qu'un fil invisible reliait les différents protagonistes de cette affaire. Ils se connaissaient, ils conspiraient contre elle, ils l'avaient attirée dans une nasse pour l'obliger à raconter une vérité qu'elle na'avait pas envie de révéler. «
Tout bascule lorsqu'un matin, Morgane appelle le juge Ornano.
p. 182 : » – Allô, c'est Morgane Kergoat.
-Je sais, votre numéro s'est affiché. Que se passe-t-il ?
-Mon bébé est revenu. «
L'inattendu se produit. Gaela est donc restituée à sa mère par une joggeuse. Mais que s'est-il passé durant un mois ? Qui s'est occupé de l'enfant ? Et pourquoi la rendre maintenant ?
p. 121 : » J'ai des choses à vous révéler. Ne parlez de moi à personne. Ne faites confiance qu'à vous-même ! «
Bien que les parents soient soulagés de retrouver leur fille, l'enquête se poursuit, alors qu'ils n'aspirent qu'à retrouver un semblant de vie de famille. En creusant dans la vie de chaque suspect potentiel, les secrets des uns et des autres vont se retrouver étalés à la une des journaux, sans considération aucune.
L'enquête rebondit une nouvelle fois lorsque le professionnalisme et l'efficacité du juge Ornano sont remis en cause…
p. 287 : » – Depuis l'enlèvement de Gaela, il croit connaître la vérité. Il manipule tout le monde pour se prouver à lui-même qu'il est sur la bonne piste. Il n'est pas honnête, ni avec toi, ni avec moi, ni avec personne. Il ne cesse de mentir. «
Christophe Ferré est un écrivain français, auteur de romans et de pièces de théâtre. Il est également la plume de plusieurs personnalités. Il obtient le Prix de la Nouvelle de l'Académie française en juin 2010 pour son livre La Photographe consacré au 11 septembre. Avec » La petite fille du phare « il met la barre très très haute dans la catégorie polar. Rarement je n'ai lu un roman avec une intrigue si bien menée ! Jusqu'au bout le lecteur est baladé d'un suspect à l'autre, au gré des révélations, sans pour autant acculer qui que ce soit aux aveux. Totalement déroutant, ce thriller psychologique est fluide dans son écriture et composé de courts chapitres, ce qui accentue un suspens déjà à son comble. Seul petit bémol pour ma part, la crédibilité de la situation de départ : une mère qui laisse son nouveau-né sous la responsabilité d'un jeune garçon de treize ans pour rejoindre son mari un soir dans un bar… d'autant plus que la maman allaite… Bref, pour ma part, peu probable. Mais cela n'enlève en rien le talent de l'auteur. Bravo !
Lien : https://missbook85.wordpress..
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beatriceferon
  30 novembre 2018
Lorsque Morgane arrive au bar du Castel Beau Site où l'attend son mari, elle a l'air confuse et agitée. Pourtant, elle prétend que tout va bien. le couple passe donc une bonne soirée tranquille. A leur retour, c'est le drame. Plus de bébé dans le berceau. Qu'est devenue Gaela ? Un enfant de dix jours n'a pu partir seule ! Un long cauchemar éveillé attend la mère.
Ce qui m'a d'abord attirée et intriguée dans ce livre de Christophe Ferré, comme beaucoup de lecteurs, je pense, c'est sa couverture. C'est surtout cette maison à tourelle qui me fascine, isolée sur de gros rochers au bord de la mer. Nulle vie autour d'elle, mis à part le fracas des embruns.
Nous sommes en Bretagne, sur la Côte de Granit rose. C'est un endroit que je ne connais pas, mais que j'ai bien envie de découvrir, car, la plupart du temps, ce genre d'histoires se déroule dans des contrées américaines qui me sont étrangères.
Je ressens quand même une légère appréhension à l'idée qu'on fasse du mal à un enfant sans défense.
A la première page, une carte permet au lecteur de se repérer. Il y découvre les lieux qui serviront de décor à l'action.
Dès les tout premiers mots, je suis conquise : « Villa d'Ys » évoque pour moi les légendes celtiques dont je suis friande.
L'auteur et très habile. Il construit son roman sur une succession de chapitres très courts (trois pages pour les plus longs), empêchant le lecteur de lâcher son livre. On est tout bonnement incapable de s'arrêter, puisque chaque fois qu'on veut le faire, on s'octroie encore sans complexe un petit chapitre vu qu' il ne compte qu'une seule page...
Voici le personnage principal. Elle s'appelle Morgane. Son prénom évoque les légendes arthuriennes (d'ailleurs, son fils se nomme Arthur). Ressemblera-t-elle à cette fée au caractère ambigu, tantôt séductrice, tantôt diabolique ? C'est elle qui entraîne ses amants dans le piège du Val sans retour. Et notre héroïne, fera-t-elle de même ? Elle a l'apparence d'une jeune femme fragile au corps d'adolescente, à la peau diaphane, rien d'inquiétant en elle, qui semble le plus souvent désorientée, au bord des larmes. Artiste peintre, c'est une aquarelliste, donc quelqu'un de délicat à n'en pas douter.
Mais, comme le juge Ornano, le lecteur se méfie, se pose des questions. La voici qui rejoint son mari. le Castel se situe à pine à quelques minutes de la villa. Pourtant, elle est très en retard. A bout de souffle, elle semble sortir d'une course. Mais, lorsqu'Elouan lui pose la question, elle nie. C'est la faute du vent qui s'est levé soudain, comme c'est souvent le cas dans la région. Elle s'embrouille, se dédit. Peu après, elle prétend avoir couru pour ne pas être en retard. Et ce n'est que sa première contradiction. Mère attentive, elle n'hésite cependant pas à laisser seul un petit bout de dix jours pour passer toute une soirée au restaurant. Certes, il y a Arthur, mais à treize ans, ce n'est encore qu'un enfant. Elle a de mystérieux rendez-vous clandestins avec un jeune homme qui la rejoint par mer, comme pour ne pas être vu. Elle refuse de répondre aux questions du juge. Elle a eu un amant, pourtant, à présent, elle prétend que cet homme l'effraye, qu'elle le déteste. Elle reçoit des lettres anonymes dont elle ne parle à personne. Elle croit en connaître l'auteur, mais, au lieu d'avertir la police, elle se rend seule chez lui. Son unique amie est une femme qu'elle juge jalouse et malveillante, avec laquelle elle se dispute gravement, mais qu'elle revoit malgré tout, comme si de rien n'était. Elle se confie étourdiment à une journaliste pour s'étonner ensuite que celle-ci divulgue ses révélations dans ses articles. Pour agir aussi inconsidérément, serait-elle folle ? Est-elle coupable de la disparition de Gaela ? On dirait qu'elle fait tout pour en persuader le juge.
L'histoire est donc prenante, mystérieuse. Mais ce n'est pas ce qui me plaît le plus. Ce que j'aime surtout, c'est que Christophe Ferré excelle à créer une ambiance. Il aime la Bretagne, aucun doute. Et il transmet cette passion à son public. Les lieux sont magistralement décrits. Souvent apparaissent des mots, des phrases, des dictons celtiques. On entend au loin la musique et les chansons, en particulier celles de Tri Yann.
Il évoque des légendes, comme celle de la cité d'Ys, dévorée par les flots. Il décrit des tableaux, tel celui de Maurice Denis (j'aime beaucoup la peinture). Lorsqu'il parle des bateaux, il cite le nom des voiles qui apportent une touche de poésie pour qui ne les connaît pas.
Le récit cède la place ici à un article de presse, là aux lettres envoyées, non par un corbeau, puisqu'on est au bord de la mer, mais par un inquiétant cormoran.
Autour de la jeune femme gravitent des personnages assez louches, de sorte qu'on se demande à qui elle peut réellement se fier. Tous semblent jouer double jeu et manipuler cette petite poupée avec machiavélisme.
Si la fin est inattendue, l'auteur a pris soin de bien lever tous les mystères, ce qui n'est pas toujours le cas dans ce genre de roman.
C'est donc un livre qui m'a plu et que j'ai dévoré.
J'émettrais toutefois une remarque. Pourquoi l'auteur parle-t-il des « toiles » de Morgane, alors que le support d'une aquarelle, c'est le papier ?
Merci aux éditions de l'Archipel qui m'ont offert ce bon moment et tout particulièrement à Mylène Pagnat qui a été tellement aimable avec moi.
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ktylauney
  23 octobre 2018
Je remercie Babelio et les Éditions de l'Archipel pour ce roman accompagné d'un magnifique marque-page reçus dans le cadre de la Masse Critique.
A la Villa d'Ys, la maison de granit de Ploumanac'h, qui a pu enlever la petite Gaela ?
Son frère de treize ans endormi n'a rien entendu ni vu l'ombre noire qui se penchait sur le berceau pour s'emparer du bébé de dix jours alors qu'à l'extérieur la lumière du phare des Sept-Îles balayait la nuit.
Quand Morgane, la mère, rejoint son mari dans un bar cosy pour prendre un verre avec lui, elle paraît essoufflée et nerveuse.
Apparemment le couple ne nage pas dans le bonheur malgré une situation financière enviable. Morgane est artiste peintre et expose ses toiles tandis qu'Elouan se passionne pour les antiquités. Il est le plus souvent absent, parti à droite et à gauche à la recherche d'objets d'art.
De retour chez eux, les parents constatent que leur bébé a disparu. La police scientifique cherche des indices, une alerte enlèvement est lancée. Alors s'enchaînent des interrogatoires qui n'en finissent pas menés par le juge d'instruction chargé de l'enquête.
Un mois plus tard, coup de théâtre, le bébé réapparaît ! Mais Arthur, le fils, est persuadé qu'il ne s'agit pas de Gaela mais d'un autre bébé.
" La Côte de granit rose s'étend sur une vingtaine de kilomètres, elle est constituée de promontoires et de criques, de presqu'îles et de baies, d'îles et d'écueils, de plages de sable et de grèves de cailloux roses polis par les millions d'années de coups de boutoir de la mer. " ( Citation )
Christophe Ferré a magnifiquement dépeint les paysages et la beauté sauvage d'un coin de Bretagne en évitant les clichés semblant tout droit sortis d'un guide touristique. L'amour de l'auteur pour cette région est bien réel et donne vraiment envie de découvrir la Côte de granit rose. C'est le seul point fort que je lui attribue, sa façon de nous transporter dans un cadre splendide par le biais d'un récit enjolivé de magnifiques descriptions des lieux.
Je préfère me montrer honnête, Morgane, le personnage principal, est détestable. Je n'ai pas réussi à plaindre cette femme indigne d'être mère qui n'hésite pas à laisser son bébé de dix jours sous la seule surveillance de son fils qui est encore bien trop jeune.
Au fil du récit on découvre une femme secrète qui n'éprouve aucune empathie pour les autres, ne pense qu'à elle, se confie à une amie qu'elle déteste et à une journaliste en qui elle n'a aucune confiance.
Le récit est truffé d'invraisemblances, aussi bien au niveau des méthodes d'investigation policières que du travail du juge.
Quand une mère se trouve soupçonnée d'avoir enlevé son bébé et peut-être de lui avoir fait du mal un juge n'aurait pas hésité une seconde à retirer l'enfant temporairement du foyer parental pour le confier aux services sociaux afin de le protéger.
" Les médias s'abreuvaient de ce fait divers où l'amour côtoyait la mort, où la suspicion était partout et la vérité nulle part. le public se délectait de cette histoire de sang et de larmes qui souillait les rochers de la Côte de granit rose. " ( Citation )
Les policiers, le juge, les médias, se sont emparés de l'affaire. La vie du couple est étalée au grand jour et des secrets que Morgane n'aurait pas voulu voir dévoilés font désormais la une des journaux.
Tous les protagonistes sont potentiellement coupables. Morgane, en premier lieu, son mari, et éventuellement leur fils. La meilleure amie-ennemie, le voisin malfaisant, les amants de passage. Tout le monde accuse tout le monde et chacun a un mobile pour se venger de Morgane.
Les conversations entre protagonistes manquent de naturel. Tous sont antipathiques excepté Arthur qui est peu présent. Les situations et réactions sont exagérées et surtout surjouées, incrédibles, voire grotesques par moments. Sans compter les répliques contradictoires.
" Elouan la dévisagea.
— On dirait que tu as couru.
— Mais non. " ( Citation page 13)
" Morgane ne répondit pas tout de suite. Elle regardait son mari sans le voir.
— Tout va bien. J'ai couru pour ne pas être en retard. C'est tout. " ( Citation page 17 )
Ce qui m'a le plus choquée c'est le manque d'émotion dans ce roman. le sujet est pourtant tragique avec au fil du récit des scènes choquantes. Un bébé enlevé, innocente victime d'une personne lâche qui cherche à se venger.
L'auteur n'a pas doté ses personnages, particulièrement la mère, des sentiments humains qui s'imposent. Morgane paraît totalement dépourvue d'amour maternel. Elle devrait être angoissée, dévastée et ravagée par le chagrin à la disparition de Gaela. Contre toute attente elle reste hermétique, impassible, inébranlable, froide et aussi dure que les rochers immuables de Ploumanac'h.
Le spectacle du malheur devrait prendre la figure d'un tableau auquel nul ne peut rester insensible, mais ici les personnages m'ont laissé parfaitement indifférente à cause de l'absence totale d'émotion.
L'auteur ne fait que perdre le lecteur dans des imbroglios inutiles jusqu'au dénouement où le puzzle en mille morceaux s'assemble précipitamment et surtout bien à propos. C'est un peu trop facile.
Dommage, l'écrivain a une belle narration et un potentiel évidents mais son roman n'est pas bon avec son trop-plein d'absurdités au niveau de l'intrigue, des dialogues faiblards entre personnages déplaisants.
La lecture du résumé promettait une intrigue haletante au coeur des landes bretonnes auréolées de mystère. Hélas, la magie s'est rompue, ce ne fut pas le cas.
" La petite fille du phare " est une grosse déception à hauteur de l'attente. Il est à classer dans les polars très moyens.
En plus du résumé attractif l'illustration de couverture est splendide, par conséquent vendeuse. Pour un peu on porterait plainte pour tromperie sur la marchandise...








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Aryia
  16 octobre 2018
On dit souvent « la première idée est la bonne » … Lors de la Masse critique Littérature de septembre, j'avais décidé de passer mon tour afin de maximiser mes chances pour l'édition d'octobre consacrée aux Mauvais genres … mais j'ai finalement sélectionné La petite fille du phare, la couverture étant magnifique et le résumé fort prometteur. Et maintenant, je m'en mords les doigts : non seulement je n'ai pas apprécié plus que cela ce polar, mais en plus je n'ai effectivement pas été sélectionnée pour le titre que j'avais coché en octobre et que je voulais absolument ! Cela m'apprendra à ne pas tenir mes bonnes résolutions et à me laisser embobiner par une belle illustration de couverture ! Et surtout, cela me rappelle qu'il ne faut pas toujours se fier aux résumés : ils ne reflètent pas toujours l'histoire qui est réellement racontée dans le livre …
Ce soir-là, Morgane et Elouan avait laissé leur petite Gaela sous la surveillance de son frère ainé afin de passer un moment en tête à tête au bar voisin. Mais à leur retour, le berceau est vide : Gaela semble s'être volatilisée, et le jeune Arthur n'a rien entendu. Pour Morgane, c'est le début d'une lente et douloureuse déchéance : dévastée par la disparition de son nourrisson, soupçonnée par les enquêteurs, la jeune femme ne sait plus à qui se fier. Qui a enlevé son bébé, et pourquoi ? Ce kidnapping serait-il lié aux nombreux secrets qu'elle tente coute que coute de protéger ? Lorsqu'un mois plus tard, la petite Gaela leur est rendue, Morgane aimerait croire que le cauchemar est enfin terminé … Mais tandis que l'enquête se poursuit, que l'étau se resserre autour d'elle qui ne parvint pas à prouver son innocence, le jeune Arthur affirme que ce bébé n'est pas sa petite soeur …
Disons-le tout net : ce livre m'a déçue. Il n'est pas mauvais … juste très moyen. Il entre dans la catégorie des livres que j'appelle « sans âme » : l'intrigue est plate, creuse, vide, la narration est plate, creuse, vide, les personnages sont plats, creux, vides. Pas moyen de s'attacher aux personnages, de vibrer à l'unisson avec eux, de trembler ou de s'émouvoir pour eux : ils ne sont que des noms couchés sur le papier, des personnalités caricaturées à l'extrême et donc inexistantes, simples faire-valoir d'une histoire dont le potentiel est éclipsé par cette fadeur. Des rebondissements à n'en plus finir, des révélations retentissantes à chaque fin de chapitre, des secrets qui resurgissent … C'est sympathique au début, mais ça lasse vite : on a finalement le sentiment que l'auteur a voulu réunir en une seule enquête tous les dénouements possibles et inimaginables, ballottant le lecteur d'une hypothèse à une autre comme une balle de tennis passe d'un côté à l'autre du terrain. C'est un peu trop pour être crédible, cohérent, intéressant. de même, Morgane est d'une inconstance monstrueuse, d'une insensibilité effroyable et d'une paranoïa glaçante : on sent que l'auteur veut nous pousser à croire qu'elle est folle et coupable, et c'est tellement visible qu'on sait pertinemment bien que ce n'est pas elle, du coup.
Quant au dénouement … A part si vous êtes amateur des deus ex machina, je pense que vous serez tout aussi agacé que moi : bien sûr, c'est surprenant et inattendu, mais c'est surtout totalement ahurissant et farfelu. Ça tombe de nulle part, comme un cheveu sur la soupe, c'est d'ailleurs totalement tiré par les cheveux, comme si l'auteur ne savait pas vraiment quoi inventer pour se dépêtrer de l'imbroglio dans lequel il a plongé lecteurs et personnages. Il fallait quelque chose de dingue, il a trouvé quelque chose de dingue, certes, mais cela ne suffit pas à assouvir la soif du lecteur ! A quoi bon ouvrir tant de portes si c'est pour au final ne pas les exploiter ? J'aime les intrigues complexes, mais uniquement si elles sont cohérentes : et ce n'est clairement pas le cas ici. C'est trop gros pour être vrai, trop gros pour faire vrai. On n'y croit pas. Et donc on n'accroche pas. Je m'attendais à une révélation surprenante mais vraisemblable, je me retrouve avec un final extravagant et improbable qui ne m'a fait ni chaud ni froid … C'est une fin tout aussi artificielle que tous les dialogues de ce roman !
En bref, vous l'aurez bien compris, si je trouvais l'idée de départ intéressante, je n'ai clairement pas été convaincue par ce roman. Je n'ai rien ressenti en lisant ce roman, pas la moindre petite émotion. Je ne me suis attachée et donc inquiétée pour aucun personnage, ils sont tous aussi insipides les uns que les autres. Je n'ai pas apprécié l'avalanche de mystères et de retournements de situation, bien trop nombreux pour être intéressants. La narration était agréable lors des descriptions de paysages, mais totalement plate le reste du temps. Quel dommage de nous faire miroiter une histoire innovante centrée sur la certitude d'un grand frère pour finalement nous raconter l'histoire atrocement banale d'une mère accusée du meurtre de son nourrisson … Si encore l'intrigue était bien menée, j'aurai pu accorder mon pardon à ce résumé trompeur, mais comme ce n'est pas le cas, je me sent doublement trahie par ce roman à la couverture si magnifique !

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Lalitote
  03 octobre 2018
La disparition de Gaela, petit bébé de 10 jours à peine, laisse sa famille dans le plus grand désarroi. Sa maman l'avait confié à son grand frère le temps de rejoindre le père au pub du coin. A leur retour, le berceau est vide. Commence alors une enquête menée par le juge Ornano qui va partir dans de nombreuses directions sans résultats significatifs. Dès le départ les soupçons se tournent vers Morgane la mère mais quand la petite fille est retrouvée saine et sauve, quatre semaines plus tard, d'autres questions se posent. Dans le récit c'est principalement la mère la narratrice et on peut ainsi vivre avec elle tous ses ressentis. L'intrigue se passe en Bretagne sur la côte de granit rose de Ploumanac'h, l'auteur nous fait découvrir cette région celtique, il y a même une carte en début de livre pour mieux se repérer. J'ai beaucoup aimé la mise en tension, le suspense qui s'installe le climat qui se désagrège dans le couple et les révélations qui arrivent petit à petit comme de l'huile sur le feu. le seul petit reproche que je pourrais émettre, c'est ce que j'ai ressenti comme un léger décalage avec la réalité, je m'explique par exemple moi il ne me serait jamais venir à l'idée de laisser mon bébé de 10j en garde à son frère de 13 ans (si j'ai bien compris) surtout en allaitant, niet. Et enfin les dialogues entre la mère et le fils sont d'un niveau qui font apparaître l'ado comme un adulte vu ses réparties. A part cela je me suis plongée avec plaisir dans cette fabuleuse intrigue qui nous réserve de nombreuses surprises. Les chapitres sont très courts et donnent un rythme prenant. Nous allons aller de suspect en suspect et de rebondissement en rebondissement sans jamais nous approcher de la solution. L'auteur a une écriture fluide qui fait que je n'ai pas vu tourner les pages pour aboutir à la révélation que je n'avais pas anticipé et cela c'est du pur plaisir. Bonne lecture.
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Citations et extraits (25) Voir plus Ajouter une citation
brinvilliersbrinvilliers   07 février 2019
Elle posa la main sur son épaule. Elle semblait très émue.
- Je voudrais te demander une chose très importante. Ne dis rien à personne. Rien. Même pas à tes amis les plus proches.
- Morgane, je suis une tombe.
Il avait "une tombe". Elle sursauta en entendant le mot.
- Ce que tu sais, garde-le au fond de ton cœur. Ne parle jamais de moi. Je ne parlerai jamais de toi.
- Je n'ai aucune raison de répondre aux questions qu'on me pose.
- Il fait se taire. Ne jamais révéler le secret de la lande.
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MarieDantecMarieDantec   18 décembre 2018
En se levant, elle écouta la musique qu’elle préférait, celle qui la consolait quand ça n’allait plus du tout, La Dérobée de Guingamp. Une musique folklorique des temps anciens, troublante, entêtante. Une danse. Le sang de la Bretagne. L’âme du Trégor. Elle pleurait en l’entendant. Elle pleurait à chaudes larmes à chaque fois. C’était tellement beau. Tellement fort. Dans les fêtes de la région, les couples la dansaient, main droite dans la main droite, main gauche dans la main gauche.
La fièvre de l’amour enfiévrait La Dérobée de Guingamp. Elle l’avait dansée une fois avec Elouan, dans les premiers mois de leur mariage, lors d’un fest-noz – « fête de nuit » en breton – à Beg Léguer, près de Lannion. Elle portait une coiffe en dentelle, une robe traditionnelle du pays, son époux avait enfilé le chapeau noir et le costume bretons.
Guingamp était un bourg de l’arrière-pays, une sous-préfecture paisible dominée par la basilique Notre-Dame-du-Bon-Secours.
Morgane ignorait le sens du mot "dérobée" quand on parlait de danses folkloriques, elle ne connaissait que l’acception courante.
Elle pensait à sa petite fille dérobée. Elle n’arrêtait pas de penser à ce qui s’était passé le soir du 20 septembre.
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ktylauneyktylauney   21 octobre 2018
Elle avait peint des centaines de tableaux depuis son enfance, elle en avait jeté une partie, vendu une autre, gardé le reste. Elle ne peignait jamais les êtres humains, seulement des paysages, des grèves, des îles, des ports, la campagne, des églises, des châteaux, des fermes rustiques, des calvaires, des fleurs, des arbres, des natures mortes. Elle était amoureuse de la Bretagne et de ses ciels incomparables. Elle terminait une toile ébauchée à la fin de l’été, Bateaux dans la lumière armoricaine, qui représentait des embarcations de pêcheurs dans la petite rade qui leur servait d’abri. Elle avait peint le soleil se reflétant sur l’eau, les chalutiers, les barques à marée haute et, au-delà du port, deux moulins à marée, la végétation luxuriante, les collines dans le lointain.
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Nat_85Nat_85   11 février 2019
On croit souvent que les monstres ressemblent à des monstres. Qu’en les croisant, on reconnaîtra la lueur maléfique dans leur regard ou la bizarrerie de leur allure, de quoi donner l’alerte et se protéger. Mais les monstres ne ressemblent à rien, ou, plutôt, ils ressemblent à tout le monde.
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ktylauneyktylauney   19 octobre 2018
Elle s’assit sur le rocher de la Fée qui dominait les vagues, se recroquevilla sur elle-même et attendit. Elle pensa aux événements qui s’étaient succédé à une vitesse effrayante depuis la veille. Elle revit les yeux de sa petite fille qui découvraient le monde, ses sourires, ses pleurs. Gaela n’avait que quelques jours, elle était née par une journée ensoleillée, sans un souffle de vent, sans une ride sur la mer, sans une voile. Le cri de l’enfant avait résonné dans le silence d’une journée où le temps semblait arrêté. Cela paraissait si proche à Morgane, et déjà tellement loin, à des siècles de là.
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Vidéo de Christophe Ferré
ALERTE ENLÈVEMENT Une enfant de 10 jours vient d?être enlevée. Elle est introuvable. Où se cache la vérité ?
Ploumanac?h, Côte de granit rose. le temps d?une soirée dans un bar proche de leur maison, Morgane et Elouan laissent la garde de leur bébé, Gaela, à son frère adolescent. Au retour, un berceau vide les attend. Aucune trace d?effraction, nulle demande de rançon. Les pistes se multiplient, mais l?enquête piétine. Très vite, la police judiciaire pense que la petite fille ne sera jamais retrouvée. Pour les parents de Gaela, l?enfer commence. D?autant qu?on fouille leur passé, et que celui-ci présente des zones d?ombre. Morgane est bientôt suspectée d?avoir orchestré la disparition de sa fille. Un suspense au dénouement aussi stupéfiant qu?une déferlante sur les côtes bretonnes.
Grand Prix de la nouvelle de l?Académie française, Christophe Ferré est l?auteur de neuf romans, dont La Révélation de Chartres (Salvator, 2015).
Plus d'informations sur le livre : http://www.editionsarchipel.com/livre/la-petite-fille-du-phare/
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