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Blaise Cendrars (Traducteur)
EAN : 9782246119128
285 pages
Éditeur : Grasset (05/10/1988)

Note moyenne : 3.94/5 (sur 16 notes)
Résumé :

Ce roman est un documentaire édifiant, il évoque l'Amazonie dans toute sa beauté et toute son horreur. Il donne la parole au monde qui hante ce climat d'eau, et de feu" (Cendrars): les sauvages, les primitifs, les natifs, les "caboclos", les ouvriers agricoles, les colons, les planteurs, les émigrants... Un livre grand et pathétique, dans une traduction de Cendrars."

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Critiques, Analyses et Avis (5) Ajouter une critique
Flodopas78
  19 mai 2016
Alberto, jeune portugais en exil au Brésil, loge chez son oncle Macedo à Bélem. Sans travail depuis quelques mois, il se retrouve à la charge de son parent qui voit d'un mauvais oeil l'inactivité de son neveu. Profitant du passage dans la ville de Baldino, contremaître d'une plantation de caoutchouc dans la forêt amazonienne, à la recherche de main d'oeuvre, Macedo suggère à Alberto de tenter sa chance. Humilié par la démarche de son oncle, le jeune homme accepte de partir. Après une remontée mémorable du Rio Madeira jusqu'à la plantation « le Paradis », Alberto est associé à Firmino, un mulâtre qui récolte le caoutchouc depuis des années pour le compte de Juca Tristao, propriétaire de l'exploitation. La chute du prix du caoutchouc condamne les « seringueiros » au labeur à vie pour pouvoir rembourser les dettes contractées à l'embauche : prix du voyage, de l'équipement et des denrées alimentaires. Entre la chaleur, la jungle oppressante et la menace des indiens, la vie des « seringueiros » est un enfer auquel très peu échappent. Plongé dans cet univers déshumanisant, le jeune homme perd peu à peu ses repères et se laisse gagner par le désespoir. Ce roman aux descriptions hallucinantes d'un univers totalement hostile à l'homme et d'un réalisme bouleversant s'inspire de l'expérience de l'auteur qui a quitté le Portugal à l'âge de 12 ans pour aller au Brésil y trouver du travail. Engagé comme « seringueiro », il s'est enfui au bout de 4 ans. Blaise Cendrars, séduit par la richesse linguistique et le réalisme de ce roman, décida de le traduire afin d'en faire connaître l'auteur.
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Pessoa
  14 juin 2011
Un pur moment de bonheur à lire dans sa langue originelle le portugais et par défaut dans une traduction soignée du sieur Cendrars Blaise, écriture généreuse, crue, au scalpel, tous les ingrédients du néoréalisme portugais transpirent à chaque page, souffrance, isolement, solitude, rêves irréalisables, vie d'esclave qu'Alberto va partager pendant une année, au milieu de la folle mêlée des troncs, des lianes, des herbes, dans la chaleur écrasante, environné de serpents d'un nombre et d'une variété infinis. A cette existence désespérée, Alberto réussira-t-il à échapper, avant d'être vaincu par la maladie, vaincu par la solitude, par la peur, vaincu par la forêt amazonienne qui n'accepte pas les blessures faites à son flanc par l'homme ...
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tristantristan
  30 juin 2019
La traduction de Blaise Cendrars offre assez souvent, au détour d'une phrase des mots totalement surannés. Roman inspiré des expériences de l'auteur portugais immigré dès l'âge de 12 ans au Brésil, l'écrit laisse trop de place à l'évolution des personnages et ne se concentre pas sur le point de l'Histoire de l'exploitation du caoutchouc. Il n'a pas ni force ni l'exhaustivité de "Seringueros" ("Manaos" titre original) d'Alberto Vasquez-Figueroa ni même de "La révolte des pendus" de B.Traven qui eux, d'emblée se placent sur le plan humain et humaniste de la dénonciation de l'exploitation éhontée de l'homme par l'homme dans les plantations de caoutchoucs pour "Seringueiros" ou dans les latifundios du Mexique pour "La révolte des pendus".
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rotsenamrub
  22 avril 2020
Encore une lecture de voyage.
Noyé sous une pile de thrillers en anglais, c'était l'unique bouquin en français disponible dans la petite bibliothèque gracieusement proposée aux hôtes de cette guesthouse au bord du lac Toba.
Une édition ancienne du Livre de Poche, jaunie mais bien conservée.
L'aurais-je lu, en aurais-je eu connaissance sans ces circonstances particulières ? J'en doute.
Je me revois, en soirée sur la véranda, un bière tiédissant sur la table et lisant, entouré par la nuit moite et étouffante, harcelé par les myriades d'insectes qui virevoltaient sous le néon.

Cette atmosphère tropicale, similaire à celle du roman, favorisa sans doute mon immersion dans le texte.
Abordée sans convictions, cette lecture m'avait finalement régalé.
Avec le recul, les épreuves traversées par le personnage principal ainsi que certains événements me semblent très proches de la trame de "La révolte des pendus" de Traven.
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Charybde2
  04 juillet 2017
L'enfer amazonien du caoutchouc en 1900, beauté et cruauté cataclysmiques.
Sur mon blog : https://charybde2.wordpress.com/2017/07/04/note-de-lecture-foret-vierge-ferreira-de-castro/
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Citations et extraits (6) Voir plus Ajouter une citation
Charybde2Charybde2   04 juillet 2017
Malgré cette déclaration optimiste, les « seringueiros » se regroupèrent en donnant des signes de profond découragement. Ah, oui, c’en était fait du beau rêve qui les avait entraînés ici. La gomme se dévalorisait. On gagnait tout juste de quoi manger, de se payer, le dimanche, quand ils venaient s’approvisionner au magasin du « Paradis« , un kilo de manioc et autant de viande séchée. Ceux qui à force de travail et de surmenage, réussissaient à se faire octroyer une avance, n’arrivaient pas à la rembourser. La nourriture la plus stricte coûtait beaucoup plus cher que ne rapportait la récolte de la semaine. Il fallait se priver de tout pour se procurer les quelques mètres de toile nécessaires à la confection d’une blouse neuve ou pour arriver à avoir le litre de tafia où noyer son chagrin. Quelle désillusion ! Le retour au village natal, là-bas, dans les plaines du Céara, devenait d’année en année plus problématique. Certains « chemins » ne donnaient pas plus de deux gallons par jour, quand encore ils les donnaient, et il fallait faire au moins deux tournées pour récolter ça ! et à la fin de la semaine on totalisait trois boules de caoutchouc et quelques kilos de « sernamby« , lequel ne valait d’ailleurs presque rien. Et dire que tous ces maudits crétins de bleus, qui débarquaient, s’imaginaient pouvoir faire rapidement fortune et s’en retourner très prochainement chez eux, riches à millions, comme l’avaient fait les premiers colons, les pionniers qui avaient planté leur « boîte à lait » dans les caoutchoutiers sauvages de la forêt vierge. Oh, les imbéciles ! Et les vieux résiniers désabusés méprisaient d’autant plus les nouveaux venus qu’ils devinaient que ces illusions et ces bobards étaient ancrés dans leurs cerveaux, et leur mépris allait jusqu’à la haine.
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Charybde2Charybde2   04 juillet 2017
Durant son séjour à Bélem, Alberto avait eu le loisir de se familiariser avec tous ces noms évocateurs que les colonisateurs portugais avaient plantés jadis comme des jalons dans ces contrées inhospitalières où ils pénétraient flanqués de quelques pièces d’artillerie et escortés de beaucoup, beaucoup d’ambition.
Ces noms, chers à son esprit et que les âges avaient patinés de fastes et d’héroïsme, lui mettaient aujourd’hui du baume à l’âme. Il y puisait une consolation secrète et comme une revanche de civilisé à l’encontre des Céaréens abrutis et de l’indifférence qu’affectaient à sa condition d’homme éduqué des canailles comme son oncle ou Balbino.
Quand il suivait les cours de l’université, le passé de sa patrie se présentait à lui comme un modèle à suivre, comme une leçon à apprendre et à retenir pour la grandeur de son pays. Les exploits mentionnés dans l’histoire du Portugal, les actions d’éclats de sa race, l’épopée des « descobridores », leur gloire rejaillissaient sur toute la collectivité lusitanienne, étaient un trésor sacré appartenant à tous, et, personnellement, il y puisait beaucoup de réconfort dans l’infortune. Mais depuis son exil, le contact forcé avec les Brésiliens avait encore exacerbé son patriotisme.
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tristantristantristantristan   30 juin 2019
Indolent, enclin à la vie sédentaire et contemplative, le caboclo, le paysan brésilien, ignore les ambitions qui agite les autres hommes. En Amazonie, la forêt vierge lui appartient -ses immensités, ses solitudes- non par le droit écrit mais par le droit tacite et ancestral du premier occupant.
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Charybde2Charybde2   04 juillet 2017
Tout l’immense bassin de l’Amazone aboutissait à ce port, qui s’ouvrait sur le restant du monde et où, fréquemment, pénétraient les majestueux transatlantiques de gros tonnage. Venus d’Europe, ils remontaient jusqu’à Manaos, et certains, plus hardis et se fiant à la profondeur du fleuve mystérieux, poussaient même jusqu’à Iquitos. Leur coque de fer, leur sombre couleur et leurs lignes dures contrastaient avec l’élégance native des « gaïolas », dont les deux ponts découverts n’avaient pas un recoin démuni de clous pour y fixer un hamac, propice à la rêverie, à la sieste et au farniente. Tandis que le jet de l’ancre des longs courriers s’accompagnait d’un bruit brutal et impératif, les agiles « gaïolas », entraînées aux haltes fréquentes et imprévues qu’exige le service de cabotage de débarcadère en débarcadère et qui durant tout leur long voyage sur les rivières de l’intérieur sont esclaves des caprices de la sonde, mettaient beaucoup moins de sérieux dans cette manœuvre, et leurs chaînes d’ancre fusaient comme un éclat de rire.
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Flodopas78Flodopas78   19 mai 2016
La jungle était maîtresse de tout. L'homme ne comptait pour rien au milieu des feuilles. Il devait se résigner à ne rien comprendre à l'énigme de la végétation qui l'entourait et être prêt à y perdre la vie.
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