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ISBN : 2226440798
Éditeur : Albin Michel (27/03/2019)

Note moyenne : 3.3/5 (sur 33 notes)
Résumé :
Il s’appelle Araatan, il est le Grand Qsar. On le surnomme la Montagne car il est haut comme deux hommes, large comme un auroch. Le destin de ce géant est de mener son peuple de cavaliers sur la route de la Toute Fin : achever l’extermination totale des dieux. Une seule divinité a survécu à leur déicide : celle de la cité d’Ishroun. Pour abattre les murailles d’Ishroun et éteindre le culte de la Première Flamme, Araatan se donne un an.
Elle s’appelle Kosum. ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (17) Voir plus Ajouter une critique
Dionysos89
  03 avril 2019
Après plusieurs publications anglo-saxonnes, Albin Michel Imaginaire nous propose un premier auteur français dans son catalogue avec le Chant mortel du soleil, de Franck Ferric (déjà publié par Gilles Dumay avec Trois oboles pour Charon chez Denoël – Lunes d'Encre).
Fantasy des steppes
Kosum est une esclave subissant les assauts de son maître, surtout après avoir tenté d'émasculer le fils de ce dernier. Vouée à une mort certaine, son destin connaît un nouveau coup du sort quand elle est sauvée par Dulkem, chef d'une petite escouade de cavaliers-flèches, soldats en mission dans les plaines alentour. Non loin de là, se prépare une nouvelle campagne du Grand Qsar. Araatan est en effet le chef incontesté d'une horde de guerriers unis non par leur origine car issus de différents peuples, mais par l'instant guerrier et une quête particulière : détruire les rares dieux qui résistent encore à leur volonté. Cette fois, l'« avalanche », c'est-à-dire les raids de ces Montagnards venus piller les habitants des Grandes Plaines, vise Ishroun, capitale du peuple druje et de la religion de la Première Flamme. Dans ces steppes troubles, se croisent donc des sukajs, des drujes, des montagnards et quelques autres, mais finalement l'important est d'abord de survivre, et de le faire avec force et honneur, notions cardinales dès les premières scènes. Au gré de l'avancée du Grand Qsar, Kosum trouve un nouveau chemin de vie et croise, de manière imperceptible, la route du grand Araatan. Celui-ci cherche à accomplir son ultime but déicide et saisit l'occasion qui lui est donnée par l'arrivée d'un protagoniste mystérieux (les vieux sont toujours mystérieux, c'est ainsi), le Porteur de masques. Kosum comme Araatan suivent alors un chemin semé d'embûches (involontairement pour la première, davantage voulu pour le second) et chacune d'elles mène à découvrir la magie qui sourd en ces lieux.
Style épique, très historicisé
Franck Ferric nous livre un roman très travaillé, avec un vocabulaire riche et où on sent que les phrases ont été écrites et réécrites de nombreuses fois. le vocabulaire choisi peut parfois gêné, car l'auteur ne nous aide volontairement pas (on en apprend des nouveaux termes !), mais le récit fait le reste pour s'immerger dans cet univers. En effet, l'auteur nous emmène dans une fantasy épique, parcourant de grands espaces dignes des steppes mongoles et le style est à l'avenant, énigmatique souvent, grandiloquent parfois, . L'auteur construit un univers riche et culturellement plausible, convoquant des références militaires et quotidiennes tout à fait anodines au premier abord, mais qui rythment habilement la narration. Au coeur de celle-ci, l'armée du Grand Qsar semble être inspirée par au moins deux périodes historiques spécifiques. La plus évidente peut être celle initiée par la horde mongole de Gengis Khan (XIIIe siècle) et poursuivie par la Horde d'Or dirigée par certains de ses descendants ; on retrouve l'organisation dirigée par un khan et usant d'une stratégie militaire bien rôdée, fondée d'abord sur une cavalerie très mobile. La deuxième, moins marquée mais tout à fait crédible, est l'organisation ayyubide de Saladin / Salâh ad-Dîn (XIIe siècle) quand il dut réunir une armée considérable au Proche-Orient : un ensemble de compagnies hétéroclites venues des différentes régions du Levant (Liban, Arménie, Égypte, Arabie, etc.) fondée sur des unités relativement petites et potentiellement autonomes en fonction des besoins sur le terrain. À cela s'ajoute une ambiance de fantasy des grands espaces relativement rare dans la production actuelle, surtout française (peut-être Des sorciers et des hommes, de Thomas Geha récemment), un aspect « sword & sorcery » qui fait évidemment penser à certaines nouvelles du guerrier Conan dans une version plus médiévale qu'antique.
Arrête ton Shar, yo !
Tout ce roman est construit sur la Toute Fin, la quête du Grand Qsar, celle de détruire les dieux, jusqu'au bout. Ce désir athée guide la narration et la réflexion du lecteur sur un questionnement simple mais puissant : que fera-t-on quand auront été détruites toutes les religions qui ont tant dominé les populations ? C'est l'occasion de croiser plusieurs types de religions, des dieux locaux comme cette petite divinité locale nommée Shar qui vaut le détour, jusqu'aux dieux plus imposants dont la fin n'est pas forcément à la hauteur du culte imposé par leurs prêtres. Bien sûr, même s'ils traquent les dieux des autres, ce n'est pas pour autant que les guerriers de la horde du Grand Qsar sont sans croyance : ils croient majoritairement à la chevauchée après la mort, l'envolée individuelle dans la diapre, voile coloré visible dans le ciel, notamment à l'aube et au crépuscule, où se retrouveraient les ancêtres de ces guerriers. Une croyance proche de l'animisme donc ; en tout cas, une croyance sans culte. Et c'est sûrement là le coeur de la réflexion proposée au lecteur : le problème n'est jamais la foi, mais bien l'instrumentalisation qui en est tirée par des profiteurs, la domination orchestrée par des clergés dès qu'une religion s'érige en pouvoir structurant d'une société. Dominants face aux dominés, athées face aux fidèles, nomades contre sédentaires, la vie est une histoire de rapports de force, heureusement pas aussi manichéenne que ces (trop) simples oppositions accolées là ; dommage tout de même qu'il manque une réflexion plus poussée sur le patriarcat quasi « naturel » défendu par les personnages. Chaque digression du récit est toutefois l'occasion de découvrir une nuance supplémentaire dans le rapport particulier entretenu avec la croyance au sens large : ici, des créatures monstrueuses qu'il convient de détruire systématiquement ; là, des êtres fantômatiques qui vous attirent ; là encore, une micro-société particulièrement rétrograde mais mue par un culte tout à fait cohérent. Aucun de ces groupes ne détient la Vérité, mais les protagonistes chevauchent pour La trouver malgré tout.
Le soleil des steppes nous narre donc un chant mortel (plus pour les personnages que pour nous heureusement !) qui vaut le détour, une fantasy épique qui nous emmène loin.
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JustAWord
  27 mars 2019
En 2014, le français Franck Ferric rejoint la prestigieuse collection Lunes d'encre avec son roman Trois Oboles pour Charon. Logique donc de le voir débarquer chez Albin Michel Imaginaire où officie le même directeur, Gilles Dumay, en apportant dans es bagages un nouveau roman de fantasy aux allures guerrières.
Le chant mortel du soleil, de son doux nom, constitue le premier roman français édité chez Albin Michel Imaginaire et arrive pile après la publication de la Cité de l'Orque, une science-fiction pure et dure. Si le plaisir réside dans la variété, on peut dire que Franck Ferric apporte un vent nouveau pour la collection.
L'avalanche gronde
Dans le monde du chant mortel du soleil, la montagne lutte contre la plaine.
Sur la première, des montagnards aux allures de géants regroupés sous la bannière d'un Tyran qui a jadis unit les tribus pour renverser les derniers Dieux de cette terre âpre, sur la seconde, le peuple de la Première Flamme, fervents croyants en un Dieu mourant qui accable les hommes de son autorité et de ses rites par l'intermédiaire de prêtres intraitables.
Araatan , le Grand Qsar (sorte de roi barbare à mi-chemin entre Attila, Gengis Khan et Conan), a décidé de mener l'ultime assaut contre le peuple druje des plaines et de transpercer les murailles de leur dernière cité, Ishroun, pour mettre fin à l'existence du dernier Dieu connu des Montagnards.
De l'autre côté du monde, Kosum, ancienne esclave sukaj libérée par Dulkem, l'un des cavalier-flèches sous les ordres des Montagnards, accompagne Urtaï, Burgen et Namgun pour trouver le berceau des Dieux.
Car si Araatan et L'Avalanche poursuivent la Toute Fin, celle qui verra les Dieux rayés du royaume des mortels, Kosum chevauche vers le Tout Début, celui qui a vu naître les divinités haïes et leur dispersion de par le monde.
C'est donc un roman de fantasy à deux visages que nous présente Franck Ferric. L'un sera épique avec ses batailles et ses morts par centaines, l'autre sera philosophique et intimiste avec ses doutes et ses remords.
Deux visages, deux plaisirs.
Athée-vous
Principale originalité de ce chant mortel du soleil, la conviction du peuple des montagnes envers les Dieux. Loin de les vénérer, ceux-ci se sont lancés dans une quête d'oblitération totale, recherchant la vengeance pour des éons de servitude et de psalmodies. L'Avalanche et Araatan semblent tout droits sortis d'un fantasme d'athée militant, prêts à tout pour éteindre le feu de la foi et voir crever les inepties des prêtres. Franck Ferric démonte la religion et le dogme avec virulence, la charge et la déconstruit dès qu'il le peut.
Pourtant, bien loin de ne constituer une équipée pour tuer les dieux et abattre des murailles, le récit s'attache aux contradictions de cette avalanche. Un roi qui accueille finalement un sorcier masqué pour le guider, des drujes ralliés à l'avalanche mais qui vénèrent encore le Ciel et surtout cette équipée vers le Tout Début qui n'en finit pas d'expliquer au lecteur que l'homme, bête de croyance, ne tuera jamais définitivement ses dieux. Que ce soit à Hadrut, petit village où règne un prédicateur apocalyptique ayant réduit ses concitoyens à l'état de loques terrifiées, ou loin à l'horizon où les serviteurs de Shar attendent encore l'avènement d'un Dieu qui les fera sortir de l'ombre. Franck Ferric explique avec malice que malgré l'Apocalypse, les dieux survivront tant qu'il y aura des hommes. Il oppose ainsi le travail de sape d'Araatan d'une part et les découvertes de Kosum de l'autre, comme un écho dans le temps, chacun remontant son bout d'Histoire. du fait, l'entreprise de Grand Qsar se révèle vaine, condamnée à finir dans le sang surtout lorsqu'un peuple voit disparaître sa principale raison d'être.
L'homme peut-il survivre à un ciel vide de Dieux ?
La fin de l'Histoire et de l'humanité
Tandis que les Vandales saccagent Rome, Kosum et ses comparses s'interrogent sur le sens du temps. Après la chute du Mur de Berlin et du bloc soviétique, certains historiens ont avancé l'hypothèse que l'histoire était finie. Avec le chant mortel du soleil, Franck Ferric, sous couvert d'affrontements barbares et souvent sanglants, démontre que l'Histoire ne se termine pas avec la chute des grands empires. Elle remonte des cendres froids de la bataille, des pierres écroulées et de la boue pour accoucher de nouvelles civilisations, de nouveaux conflits, de nouvelles horreurs. L'autre caractéristique du roman de Franck Ferric, c'est le désenchantement constant face à une humanité qui retombe invariablement dans ses travers, qui classe les hommes sur une échelle de valeur, désigne des sous-hommes (les sukajs) et des sur-hommes (les Montagnards)… et ces échelles changent selon le peuple que vous croisez. L'homme qui se sent si petit face à Dieu se doit de trouver pire que lui et son insignifiance. le passage des couvins, plongée dans l'horreur d'un génocide qui ne dit pas son nom, achève de convaincre que le roman du français va bien plus loin qu'une fantasy épique résonnant des murs que l'on renverse. Il raconte comment l'athée ne vaut pas forcément mieux que le religieux à la Toute Fin des choses, comment l'humain reste humain quoique l'on y fasse. Voir des signes dans un levée de soleil ou dans une flamme, voir son destin dans une prophétie et un Tyran omnipotent qui purgera le monde des infâmes, au final, quelle différence ?
Grâce à une plume remarquable, Franck Ferric livre le roman de la maturité qui dépasse la simple fantasy guerrière pour fouiller dans les démons de l'homme, du religieux à la discrimination en passant par le racisme et la violence banale des forts contre les faibles. le chant mortel du soleil aurait pu rester un récit épique mais décide d'aller plus loin — bien plus loin — et c'est surement pour ça qu'il s'avère si grand à l'arrivée.
Lien : https://justaword.fr/le-chan..
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Igguk
  24 mars 2019
Albin Michel Imaginaire continue de mitrailler ses parutions et se taille une très bonne réputation dans le microcosme des lecteurs et blogueurs. Vu mes goûts, j'ai zappé quelques romans mais le premier gros morceau fantasy de 2019 devait passer par chez moi, évidemment. En plus, le chant mortel du soleil est la première parution francophone de l'éditeur, voyons voir donc ce que nous réserve ce livre de Franck Ferric.
Araatan est le Qsar, le Tyran qui a rassemblé tous les peuples des montagnes sous une même bannière, et tous le suivent désormais. Tous les ans, son peuple descend dans les plaines pour piller de quoi passer l'hiver, rien ne peut stopper cette Avalanche (à part un tribut généreux qui contentera les conquérants jusqu'à l'année suivante). Mais cette année est particulière, les quelques richesses ne suffisent plus, Araatan va tenter de mener son peuple vers le but de leur existence : L'éradication du dernier dieu qui abrité derrière les remparts de la grande cité d'Ishroun. Nous suivrons aussi la quête de Kosum, esclave punie et libérée par les cavaliers-flèches, qui va se joindre à l'Avalanche et se verra attribuer une mission bien particulière.
Araatan est un géant fier qui guide les montagnards, mais on apprend aussi ses doutes. Il a le poids de tout son peuple sur les épaules et se retrouve bien seul, perché sur son trône. le développement des personnages est un gros point fort de ce bouquin, le Qsar est très réussi, à la fois puissant mais humain, il est entouré de son aide de camp vieillissant qui a abdiqué devant lui, et va aussi être rejoint par un mystérieux sorcier qui souhaite le suivre, mais provoque aussi une grande méfiance. de son côté, Kosum chevauche en compagnie de sa nouvelle famille et les relations qu'elle va développer avec les autres cavaliers sont particulièrement bien menées. Les différentes histoires qui vont se dévoiler dans l'équipée sont bouleversantes (Urtaï et les couvins !), et donne beaucoup de poids à cette seconde « moitié » de livre. le tout forme un ensemble cohérent dont les parties se complètent, le chant mortel du soleil a un corps, une thématique et un ensemble de trames qui vont se construire autour pour donner un roman entier et cohérent qui te retourne comme une mandale de montagnard mais avec, pourtant, beaucoup de finesse.
Le chant mortel du soleil se déroule dans un univers de fantasy à l'ambiance vraiment particulière, qui va taper dans les contrées sauvages et barbares de chez Conan, et évoque beaucoup les peuples mongols qui cavalent dans les steppes. le lecteur va entrer dans l'histoire et apprendre à connaitre le Qsar et son entourage, ainsi que la haine que ces guerriers vouent aux religions qui asservissent les hommes et les femmes, qui font courber l'échine et craindre le châtiment pour mieux être contrôlés. Effectivement, la religion est une des thématiques fortes que Franck Ferric va aborder dans son épopée, les montagnards fiers exècrent les bigots et leur influence sur le monde. L'auteur revisite en quelque sorte le sort qu'ont réservé les grandes religions monothéistes aux croyances païennes dans notre monde, mais il renverse l'équilibre des forces et c'est très cool dans ce sens-là. Il interroge par la même occasion le rôle des religions, mais aussi ce qu'il adviendrait d'un monde sans elles.
L'écriture de Franck Ferric fait des merveilles, il installe son ambiance et ses personnages avec différentes voix mais une force évocatrice qui va tranquillement marcher sur les plate-bandes de ce cher Jean-Philippe Jaworski sans sourciller. le livre comporte son lot de scènes d'action, de violence (attention aux âmes sensibles), de moments de tension dramatique qui tiendront le lecteur à travers ses 350 pages. le seul petit soucis que j'ai eu, c'est qu'on va parfois un peu vite. J'ai eu de temps en temps l'impression de sauter en avant, j'aurai voulu que telle scène dure, que telle relation ou personnage soit plus approfondi, mais le chant mortel du soleil emporte tout sur son passage comme le vent sur les plaines. On fonce et on observe le passage des vies et des civilisations qui naissent et déclinent inexorablement, c'est de ce cycle sans fin que nous parle l'auteur, de fort belle manière.
J'avais été plus mitigé sur Trois oboles pour Charon mais avec le chant mortel du soleil, Franck Ferric m'a complètement emporté dans son univers et offre à AMI une nouvelle très belle parution pour leur catalogue qui a décidément une sacrée belle gueule. Ces couvertures sublimes y sont aussi pour quelque-chose.
Roman reçu en Service Presse de la part d'Albin Michel Imaginaire, merci à eux
Lien : http://ours-inculte.fr/le-ch..
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celindanae
  24 mars 2019
Le chant mortel du soleil est la première parution d'un auteur français dans la catégorie roman de la collection Albin Michel Imaginaire. L'auteur, Frank Ferric n'est cependant pas un inconnu, il a été finaliste du Grand Prix de l'Imaginaire pour Trois oboles pour Charon.
Le chant mortel du soleil est le second livre de fantasy dans la collection d'Albin Michel Imaginaire après Mage de Bataille de Peter A.Flannery. Même si ces deux livres ont un côté épique indéniable, ils sont très différents. L'univers proposé par Franck Ferric est beaucoup moins dominé par le surnaturel, et là où Mage de bataille restait assez classique, la fantasy de l'auteur français est marquée par le sang, les combats, avec un petit goût de Conan le Barbare. Dans le chant mortel du soleil, on ne trouve pas vraiment de créatures fantastiques, la magie existe mais semble peu présente. Dans l'univers, il y a surtout des dieux, enfin il y avait devrais-je dire. Ils ont en effet tous été exterminé sauf un par le peuple des Montagnards. le chef de ce peuple, le Grand Qsar, se nomme Araatan. Il s'est fixé pour but d'éliminer tous les Dieux du monde en exterminant la croyance par le biais des prêtres. Une seule divinité lui a encore échappé, celle de la cité d'Ishroun mais ce n'est pas n'importe laquelle, c'est le Dieu de la Première flamme.
Franck Ferric nous offre un très beau roman bourré de qualités et de testostérone mais aussi de poésie et de réflexions. le récit alterne des passages épiques et des moments plus calmes propres à l'introspection. le chant mortel du soleil est un roman qui prend aux tripes, un roman dur, cruel, mais on se surprend à en redemander et à vouloir y rester plus longtemps.
Chronique beaucoup plus complète sur le blog
Lien : https://aupaysdescavetrolls...
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Apophis
  02 avril 2019
(note réelle 2.25/5)
Livre reçu via l'opération Masse Critique, merci à Babelio et à AMI (même si à une semaine de la sortie commerciale du bouquin, expédier au gagnant des épreuves non corrigées, pour une maison de ce calibre ça fait franchement rapia...)
Après m'être forcé à en lire la moitié, alors que j'ai senti dès les premières pages que ce n'était pas un bouquin pour moi, j'abandonne sans regret ce roman. Il concentre pour moi trois défauts majeurs : premièrement, un manque flagrant d'originalité (on dirait un mélange -mal fait- entre le peuple de Subotaï dans le film Conan le barbare, de sous-Abercrombie -à la fois dans l'intrigue, le côté western-fantasy spaghetti et dans l'alternance de deux registres de langue- et surtout de sous-Jaworski), deuxièmement une oeuvre qui sert à son auteur à étaler ses opinions idéologiques (anti-cléricales, pour être précis) dont personnellement je me contrefiche (sans compter qu'on peut faire une Fantasy qui a du fond sans faire du prosélytisme politique), et enfin, le grand classique dans une certaine Fantasy française, à savoir un style épouvantablement m'as-tu-lu, pompeux, incapable de parler de gamin et de main droite quand il peut placer une "dextre" ou un "enfançon". Ce qui, dans un contexte inspiré par les peuples de la steppe, est évidemment parfaitement logique, hein. On ajoutera, sur ce chapitre, un ton qui serait mieux adapté à une tragédie grecque ou une pièce de Shakespeare qu'à un roman de Fantasy, et qui fait que beaucoup de dialogues (mais pas tous) manquent totalement de naturel (et là aussi, on peut se demander pourquoi des seigneurs barbares pseudo-mongols parlent avec le langage raffiné de rois anglais ou italiens de la Renaissance...). Surtout que, hein, on peut très bien faire de l'excellente Fantasy en se passant de ce genre d'effets de manche : des gens comme Gemmell, Guy Gavriel Kay ou, chez nous, Pevel, Gaborit ou Cerutti l'ont amplement prouvé.
Bref, tout dépendra de ce que vous recherchez dans ce roman, mais si vous êtes comme moi et détestez le style médiévalisant / m'as-tu-lu, fuyez. Je ne dis pas qu'il est mauvais (vous trouverez des tonnes de critiques qui l'encensent), mais il ne sera pas adapté à tous les profils de lecteur.
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critiques presse (1)
Elbakin.net   02 avril 2019
Tout au long de cette aventure, Franck Ferric nous invite à la réflexion dans un univers chargé d’émotion ; que ce soit dans la fureur des combats ou dans l’intimité d’un moment de solitude. Le rythme est dosé avec justesse pour nous maintenir en haleine sur tous les tableaux. L’auteur interroge nos différents rapports : à l’histoire, face au sacré et entre-nous. Si l’homme est un loup pour l’homme, il a aussi la fâcheuse tendance à répéter plutôt que réinventer. Le chant mortel du soleil est un récit brutal aux accents Howardien, qui cache sous son masque barbare un visage reconnaissable entre tous, le nôtre.
Lire la critique sur le site : Elbakin.net
Citations et extraits (14) Voir plus Ajouter une citation
Dionysos89Dionysos89   19 mai 2019
Même si elle ignorait les traditions de ses aïeux, elle percevait un peu du sens de cette cérémonie. L’accélération des chevaux sous l’infinie quiétude de la nuit. L’élévation des flammes au-dessus de l’immensité de la steppe. Le cri des vivants lancé contre le silence du monde. Les mal-croyants accordaient à un de leurs chefs les funérailles de son rang, et lui permettaient de propulser sa chevauchée vers les cieux immortels de ses ancêtres.
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Dionysos89Dionysos89   08 mai 2019
Alors j’ai fait comme les autres. Aux ordres de nos chefs, j’ai enfumé quelques tanières vides. Peuplées, peut-être, mais dont rien ne sortit. J’ai brûlé, écroulé, jeté à l’eau tout ce qui pouvait l’être. Ignorant que toi, au travers du crépitement des brasiers et des cris, tu devinais les flammes de fer recuire comme du suif l’enfant-salamandre figé à genoux. Pendant qu’autour, d’autres de ses semblables se consumaient, cheveux, poils et frusques en torche, et que la grande femelle blanche charbonnait en silence. La femme-saule. Mère ou bien duègne, figée et implorante, ses bras éthiques embrassant ses surgeons à l’agonie.
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Lilou08Lilou08   03 avril 2019
Prostrée au pied du rudabad, poings fermés et mâchoires serrées, Kosum resta longtemps à maudire son sort. Quel crédit pouvait-elle accorder à un cavalier inconnu qui, c’était l’hypothèse la plus plausible, avait sans doute joué cette comédie pour s’amuser de son malheur ? Pour raconter à ses compagnons de route combien cette tête dure de sukaj tentait de se faire passer pour brave alors que de loin, on voyait bien qu’elle se vidait d’angoisse.
L’ombre n’avait pas avancé de plus de trois foulées, que depuis les Gués, Kosum entendit les sabots d’une équipée remonter vers elle. Quatre cavaliers qui allaient grand train, bannière en berne. Celui qui lui avait promis secours allait côte à côte avec le capitaine sukaj, et tous avaient rivés sur leur tête leur casque de bataille. Ils firent halte à sa hauteur. Le moustachu mit pied à terre et, à l’aide du pommeau de son sabre, fit sauter la cheville qui maintenait la cangue autour du cou et des poignets de l’esclave. Au moment où celle-ci chutait dans la boue, le capitaine dit d’une voix nerveuse : "Mon nom est Dulkem. Je ramène ces hommes vers notre seigneur. Si tu veux vivre au moins aussi longtemps que nous, saute derrière moi. Sinon, reste là et adieu".
Kosum ne se le fit pas dire deux fois.
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Lilou08Lilou08   03 avril 2019
Peu de temps après, les cavaliers fendaient la steppe à contrevent, glissant sous un souffle de nord qui forçait toutes choses, hommes, bêtes et buissons, à courber ou bien choir.
Trop faible pour diriger lui-même sa monture, Dulkem avait laissé sa place à Kosum. Laquelle faisait son possible pour ne pas se laisser distancer par Burgen, résolu à profiter de l’occasion pour la mettre à l’épreuve. En vain, car l’esclave fila le train de l’émouchet jusqu’à ce que le cheval de Dulkem, fatigué de porter son double fardeau, finisse par ne plus pouvoir suivre le rythme sans s’épuiser tout à fait.
L’équipée cala alors sa cadence sur Kosum, au travers d’une succession de basses collines hérissées d’armoises. Etrillées par un vent perpétuel, elles annonçaient les premières élévations du Qsar.
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levrilevri   28 mai 2019
Les dieux avortons, infirmes à agir sur la course des astres ou le renouvellement des saisons, étaient plus coriaces. Incapables de gagner l'amour des mortels par la manifestation d'une puissance dont ils étaient dépourvus, il leur fallait les mensonges des prêtres. Ceux-là connaissaient assez les cœurs pour y fixer les craintes infantiles et les cangues nécessaires à la permanence de leur ministère. Alors, les plaies que les prêtres causaient dans l'esprit des hommes ne cicatrisaient qu'au prix de cent générations. Même une fois les dieux avortons morts, on refusait longtemps leur disparition. On espérait sans fin après leur retour. on brodait des histoires pour hâter l'âge d'un renouveau attendu. D'un retour à la pureté des premiers temps.
Kar Koshig souriait en songeant à cela.
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