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ISBN : 2917817755
Éditeur : Editions La Contre Allée (01/06/2016)

Note moyenne : 4.17/5 (sur 6 notes)
Résumé :
« Dans une forme littéraire, ce texte raconte l’effet dévastateur des passages ininterrompus des grands paquebots dans la lagune de Venise et les sentiments qu’ils provoquent chez la plupart d’entre nous, les Vénitiens. Un texte qui met face à face le pouvoir et l’indignation, la politique et la résignation, avec la certitude que la seule et ultime ressource que l’on peut opposer à l’arrogance, à l’idiotie, à l’ignorance, c’est la force des sentiments. Le sentiment ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (3) Ajouter une critique
MarianneL
  20 juin 2016
Colère et larmes d'encre contre les paquebots qui saccagent Venise.
«Venise n'est pas une ville de mer. Venise est lagune
Paru en 2015 et traduit en juin 2016 par Jérôme Nicolas pour les éditions de la Contre Allée, «Venise est lagune» est un texte court et percutant, un coup de colère contre les paquebots, ces montagnes d'acier titanesques et absurdes qui viennent quotidiennement dévaster la lagune de Venise, contre le tourisme de masse à bord de ces énormes centres commerciaux flottants et contre ceux qui, loin de se laisser émouvoir par la beauté de pierre et d'eau de la ville, considèrent Venise uniquement comme une gigantesque machine à sous.
La suite sur mon blog ici :
https://charybde2.wordpress.com/2016/06/19/note-de-lecture-venise-est-lagune-roberto-ferrucci/
Lien : https://charybde2.wordpress...
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psycheinhell
  05 juin 2019
Un court texte pour déplier l'opposition de longue date de Roberto Ferrucci aux monstres qui défigurent Venise, et menacent tant l'écosystème de la fragile lagune que les fondations de la ville ancrée là : les gigantesques navires de croisière ayant hélas droit de passage.
Alternant le point entre sa résidence d'écrivain de Saint-Nazaire, où les paquebots sont construits et font la fierté collective de la ville, et Venise où il s'engage contre la présence et la menace de ces navires, documentant leur passage (sa vidéo du Carnivale Sunshine effectuant en 2013 un virage serré près de la riva dei Sette Martiri lui valut les foudres du comité Cruise Venice), notant tendrement la réaction des locaux, Roberto Ferrucci pose l'importance de résister aux sirènes ravageuses du tourisme de masse.
A relire à la lueur de l'actualité récente, en frémissant devant l'ombre projetée par le MSC Opera heurtant un quai et un navire fluvial, à Venise, le 02 juin 2019...
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Charybde2
  26 septembre 2016
Le suicidaire appât du gain illustré par le paquebot géant forcé dans la fragile lagune vénitienne.
Sur mon blog : https://charybde2.wordpress.com/2016/09/26/note-de-lecture-bis-venise-est-lagune-roberto-ferrucci/
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Citations et extraits (3) Ajouter une citation
Charybde2Charybde2   26 septembre 2016
Nous avions laissé à quelques dizaines de mètres derrière nous le vieux pêcheur installé comme toujours au coin à angle droit de la riva dei Partigiani et du viale des Giardini Pubblici. Le vieil homme et la lagune comme je l’appelle, histoire de rendre hommage à un homme qui dans la lagune allait, hélas, à la chasse, mais après avoir écrit quand même des chefs-d’œuvre. Il va pêcher sur la riva à peu près aussi régulièrement que je vais écrire au café juste après son coin à angle droit. Nous nous sommes toujours demandé ce qu’il peut bien remonter des eaux vertes, troubles et combres du bacino di San Marco. Je ne suis jamais arrivé à le croiser à l’instant précis où quelque chose mordait à son hameçon, mais je l’ai vu plus d’une fois se lever d’un bond de sa chaise de camping et- droit debout, autant que son dos abîmé le lui permettait – rembobiner à toute allure le fil de sa canne à pêche en faisant grincer son moulinet comme une plainte. Les premières fois j’ai cru au miracle, à une seiche ou à une dorade, mais l’hameçon était toujours vide et j’ai fini par comprendre : dès qu’un grand bateau envahit l’horizon, à l’entrée ou à la sortie du port, il rembobine tout et c’est comme s’il se réfugiait là, dans son coin à angle droit, tantôt appuyé contre le parapet, l’air abattu, tantôt plus droit, les mains dans les poches, en attendant que tout rentre dans l’ordre, que les eaux de la lagune redeviennent comme elles devraient être, uniquement traversées par les transports publics et par les petites embarcations chargées de marchandises. Quand j’ai compris ça, c’est comme si j’avais trouvé un allié, même si je ne comprends pas vraiment s’il s’agit de sa part d’une vague tentative de protéger son équipement ou d’une forme timide de protestation silencieuse, d’un geste de désapprobation contre ces saboteurs du paysage. Un jour que j’arrivais du côté opposé et que le soleil derrière moi éclairait son visage, pendant qu’il observait un de ces monstres lui passer devant, j’ai cru voir couler, juste sous sa paupière, une larme, que j’ai interprétée comme une larme de résignation, ou d’une colère désormais apaisée, maîtrisée par la vieillesse. Une larme, m’a dit Teresa quand je lui ai raconté ce que je croyais avoir vu, que les affairistes des croisières, si c’étaient eux qui l’avaient croisé, le vieil homme et la lagune, se seraient empressés d’utiliser à leur avantage, en la présentant comme une manifestation de la nostalgie du voyage, de la pleine mer, émue, évidente, qu’ils auraient immédiatement divulguée sans la moindre pudeur en collant une belle photo sur un dépliant.
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Charybde2Charybde2   26 septembre 2016
Mais je sais bien que le geste de Teresa qui s’est retournée et m’a serré fort le bras, est un geste qui ne vaut que pour maintenant, pour cet instant précis, que sa colère comme la mienne et celle d’autres Vénitiens continuera à écumer, continuera à essayer de les chasser, les monstres de la lagune, et maintenant que la séquence de photos est interrompue, le téléphone dans ma poche, Teresa me tire vers elle et, en nous contrefichant de la fumée noire qui sort du bateau derrière nous, nous nous embrassons devant ces silhouettes tout là-haut, qui font coucou de leurs petites mains, qui prennent des photos de notre baiser qui deviendra social dans un instant, rendu public par le petit doigt de centaines d’insensés qui ne comprennent pas – ni eux, ni ceux qui les transportent, ni ceux qui leur ont vendu leurs billets -, ou qui font semblant de ne pas comprendre, que les paquebots de Saint-Nazaire, si énormes, si exagérés, sont faits pour naviguer en haute mer et pas pour détruire la lagune de Venise.
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Charybde2Charybde2   26 septembre 2016
Il y a toujours un bateau de croisière italien en construction qui joue au timbre-poste sur ma fenêtre. Un bateau blanc, mais d’un blanc encore brut, provisoire, qui devient vaguement doré la nuit – les lumières toujours allumées, les ouvriers toujours au travail -, que je regarde avant de tourner la manivelle du volet en sens inverse, et bonne nuit.
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Video de Roberto Ferrucci (1) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Roberto Ferrucci
Extrait de l'intervention de Roberto Ferrucci au "Café littéraire" de Bollène pour son roman "ÇA CHANGE QUOI" (Editions du Seuil) le 26 novembre 2010. Café littéraire de Sainte Cécile les Vignes
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