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ISBN : 2259202470
Éditeur : Plon (23/02/2006)
  Existe en édition audio

Note moyenne : 3.83/5 (sur 130 notes)
Résumé :
"Je vais te raconter l'histoire de la philosophie. Pas toute, bien sûr, mais quand même ses cinq plus grands moments. Chaque fois, je te donnerai l'exemple d'une ou deux grandes visions du monde liées à une époque afin que tu puisses, si tu le souhaites, commencer à lire par toi-même les œuvres les plus importantes. Je te fais, d'entrée de jeu, une promesse : toutes ces pensées, je te les exposerai d'une façon totalement claire, sans le moindre jargon, mais en allan... >Voir plus
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Critiques, Analyses & Avis (17) Voir plus Ajouter une critique
Hugo
19 juin 2014
J'ose plus… mais c'est que ça fait un bout de temps dites donc, « isseux » dit même que j'ai perdu un peu de ma verve, que la paternité m'a ramolli le cerveau : de 25 % je serai passé mollement à 15 %...
- Choupette : non de 15 % tu es passé à un petit 13…
- Moi : Putain mais je vais te foutre une béquille que ça va pas trainer…
Ce n'est pas gai la paternité, je vous le dis, on n'a plus le temps de prendre les mesures correctement, et choupette qui n'a plus le compas dans l'oeil est devenue maman, petit à petit elle oublie de solliciter mon cerveau et je deviens aigri …
Et vous aussi, vous m'avez oublié, sauf quelques uns qui parfois échangent avec moi, mais pas une seule lettre d'amour, de désir, d'envie, d'orgie, soyez folles je garderais vos photos pour moi, j'ai besoin de motivation, allons bon, ne soyez point timides, au pire coupez-vous la tête, « ya » que ce qui ne tombe pas qui m'intéresse… donc si tu n'es pas trop vieille ou que tu n'es pas un roi, n'hésite pas…
De toute façon depuis la grossesse et la naissance de mon petit « souci d'amour » J'ai perdu mon sex-appeal : j'ai cinq putains de kilos qui me sont tombés sur les abdos… « vla » pas que maintenant ça fait des plis et que quand je m'assois mon bide sourit…
L'autre jour, j'ai donc pris la décision de trottiner de temps en temps pour retrouver ma taille de poney binoclard à la crinière vieillissante...
Début laborieux certes, mais je m'y tiens depuis cinq semaines, trois fois par semaine pendant quarante minutes, mes trois cheveux au vent…
Et comme je m'ennuyais un poil de cul, j'ai décidé d'essayer le roman audio…
Et comme je n'ai plus trop le temps de lire, je trouvais l'idée plutôt bonne…
Le choix d'un bouquin de Philo fut plutôt judicieux, et Luc le fait très bien : comme un vieux prof il te fait le cour, et moi j'écoute gambadant fièrement les jambes au vent…
Ça fait beaucoup de vent tout ça, mais entre les champs c'est agaçant alors j'en parle…
Enfin bref :
Vachement intéressant le mec, il connait des tas de trucs, « p'tête bien qui raconte des conneries », mais moi « je suis pas philosophe » donc je trouve ça absolument fabuleux, surtout quand il parle de Nietzsche, ou de Socrate, Kant il nous explique la Theoria, le christianisme, l'humanisme, le modernisme, le nihilisme, ou encore Kant il nous parle du salut, de la nature, de la peur, de la mort.... de la sagesse...
Mais j'ai Kant même trouvé que ça manquait de Q...
Ouvrage réservé au néophyte bien évidement…
Et moi ce soir je cours
A plus les copains
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Hybris
07 février 2017
Pour Luc la principale différence entre la religion et la philo c'est l'approche de la mort : la religion promet la vie après la mort.
Alors que la philo permet de se faire à l'idée de la finitude. Beaucoup de philosophes ont une religion
Pour lui la philo doit-être une doctrine du salut.
La philosophie a trois dimensions.
Une dimension théorique : connaître les règles du monde dans lequel on vit.
Une dimension éthique : comment vivre avec les autres.
Une dimension de sagesse : vivre en paix avec sa finitude.
Les Grecs ont « inventés » la philo au 4ème Siècle avant JC : pourquoi eux ?
Sans doute parce qu'avant la religion était trop prédominante et que leur système démocratique facilitait les échanges.
Chez les Stoïciens, le monde est harmonie.
Il faut apprendre à vivre l'instant présent : pas de nostalgie ni de plan sur la comète mais le présent.
Les Bouddhistes disent la même chose.
Luc a du mal avec cette résignation… Pour les stoïciens il ne faut pas s'attacher au présent car ce sera bientôt du passé.
En prenant l'exemple du « triomphe » du Christianisme sur la philosophie grecque, Luc montre comment on passe d'une pensée à une autre.
Le Christianisme a un « marketing » très puissant : il se sert (en conscience) de la faiblesse de la philosophie : le cosmos après la mort bof bof…En promettant (et il ne lésine pas) beaucoup plus que François Fillon car au fond qu'est-ce que c'est que supprimer l'ISF par rapport à la vie après la mort ?
Les Stoïciens ont eu du mal avec la personnalisation du cosmos : c'est pourquoi ils ont fait quelques misères aux chrétiens : à l'époque on ne plaisantait pas avec les idées…
La grande idée du catholicisme c'est la résurrection telle quelle avec un corps, un visage et tout le tutti.
On peut enfin s'attacher aux gens (dans l'Amour de Dieu) contrairement aux bouddhistes qui disent que cela ne sert à rien de s'attacher à quelque chose de mortel.
On peut même se demander comment à la Renaissance la philosophie a pu reprendre le dessus face à de telles perspectives : c'est ce que Luc nous explique.
En fait ceux sont les découvertes scientifiques de Copernic, Galilée, Newton et Descartes entre autres qui ont mis à mal le cosmos (non l'univers n'est pas bien rangé et fini) et les certitudes de la religion (sur l'origine de la vie et de la terre)
On ne va plus faire seulement qu'observer le monde on va essayer de comprendre son chaos en expérimentant, en synthétisant et en essayant de comprendre : c'est ce qu'explique Kant dans sa « Critique de la raison pure » un livre aussi ardu (ch.. même d'après Onfray) que fondamental.
La question des animaux va beaucoup intéressé les modernes : Descartes puis Rousseau.
Puisque le monde n'est pas un tout, qu'est-ce qui différencie les hommes des animaux ?
Cette question est beaucoup plus fondamentale qu'il n'y paraît.
Pour Rousseau, la différence est la double historicité de l'homme : celle individuelle qui est du à l'éducation et l'histoire collective de l'espèce humaine.
L'animal lui est dressé par ses parents dans un but précis (chasser par exemple), l'homme lui s'instruit toute sa vie.
L'animal est programmé et ne dévie pas de son programme : cf. le chat qui se laissera mourir devant une corbeille de fruits.
L'homme est plus libre d'action pour le meilleur et pour le pire…
Sartre dira que chez l'homme « l'existence précède l'essence ».
Ce qui est une magnifique critique du racisme et du sexisme : la femme n'est pas programmée pour le ménage etc.
Cette liberté doit malgré tout être contenue : ma liberté s'arrête là où commence celle des autres.
C'est ce que disait le père de Camus « un homme ça se retient… »
La grande différence entre Antique et Humaniste c'est que pour ces derniers, l'Homme est au centre…
L'Homme n'est plus une « chose » au milieu du cosmos, il est un Etre à part entière.
Un philosophe très important qui a précédé les humanistes est Descartes : le roi du scepticisme et son célèbre « Cogito ergo sum ».
Il apporte trois idées en remettant tout savoir en cause : que la réalité n'est pas seulement objective mais aussi subjective. Voir le panier de pommes ou les chapeaux qui se promènent.
La deuxième est de faire table rase du passé : remettons tout en doute (cela influencera fortement les révolutionnaires).
Troisième idée : remettons tout en doute y compris l'autorité.
L'absence de cosmos et de dieu laisse un vide qui sera comblé avec le peu de succès que l'on sait par : le communisme, le scientisme ou le nationalisme.
Kant dans le sillage de Rousseau qui parle de pensée élargie : s'arracher de sa personne pour s'intéresser à autrui.
On entre dans plus d'humanité.
Arrive Nietzsche qui dit que pour recréer il faut d'abord déconstruire.
Il reproche aux sciences et à la religion d'avoir négligé le corps et la sensibilité au profit de la raison.
Pour se situer dans ce chaos qu'est le monde Nietzsche propose deux grands types de force (ou de pulsions ou d'instincts).
Le premier type de force est la force réactive : la volonté de vérité qui anime les scientifiques.
Nietzsche parle de force réactive car elles agissent en réprimant d'autres forces…
Nietzsche s'en prend à Platon qui, pour expliquer ses idées, en réfute d'autres.
Le scientifique aussi s'éloigne du sensible : par exemple pour nommer l'eau le scientifique va utiliser une seule et même formule H2O alors que l'eau n'est jamais la même.
Le scientifique se méfie du corps et de la sensibilité : bref de tout ce qui est essentiel à l'art.
Les deuxièmes forces sont les forces activent que l'on trouve dans l'art justement.
L'ontologie de Nietzsche (sa définition complète au monde) comprend donc l'ensemble des forces actives et réactives.
L'artiste n'a pas besoin de démontrer…
Pour Nietzsche le monde est un chaos avec en nous des forces qui s'entrechoquent et nous rendent la vie moins belle : c'est donc un précurseur de la psychanalyse.
Beaucoup pompé par Freud d'ailleurs (Onfray ne s'en est toujours pas remis)
La morale de l'immoraliste ou le culte du grand style :
Nietzsche se méfie de tout projet d'amélioration du monde…ça rappelle la religion…
Nietzsche a été interprété de façon très différente : les nazis en ont fait leur idéologue et les anarchistes aussi…
Pour Nietzsche l'idéal est la conciliation de ses forces et non la domination de l'une sur l'autre.
C'est ça le grand style.
Nietzsche a pour culte la puissance : qu'il ne faut pas confondre avec le pouvoir.
La puissance c'est quand plus rien ne nous freine, il est fan des oeuvres grecs : proportions parfaites, visage impassible qui prouve l'absence de tensions internes.
Au contraire, il n'aime pas les romantiques que l'amour tourmente et qui les rend moins puissants.
Les nihilistes pensent qu'il n'y a rien qui vaille sur terre au contraire de N…
Pour le salut, Nietzche a deux théories : celle de l'éternel retour qui est de ne faire que ce que l'on se verrait faire tout le temps en rejetant le reste et la doctrine de l' « amor fati » qui est de profiter de l'instant présent sans penser à l'avenir ni avoir de remord avec le passé. Pour Luc ces deux visions sont contradictoires. Et si on aime tout dans le présent, on aime aussi les bourreaux et les massacres ?
Nietzsche est un précurseur du matérialisme : tout est présent sur terre il n'y rien de transcendantale…
Mais Luc émet des réserves sur le fait de TOUT aimer dans le présent car c'est d'une part impossible et d'autre part qu'est-ce d'autre qu'un culte du présent.
Cependant après la pensée décapante de Nietzsche il est difficile de revenir aux Lumières.
Pour Luc, le grand penseur de l'après Nietzsche est Heidegger qui fut aussi un déconstructeur mais pas un matérialiste hostile à toute transcendance et que les idées sont toutes produites pour des intérêts inavouables.
Pour Luc il est le premier à avoir su parler du monde moderne qu'il appelle monde de la technique.
La pensée de Heidegger permet de comprendre que la mondialisation libérale nous fait perdre l'idée que nous nous faisions de la démocratie : notre société est incontrôlable et dénuée de sens.
La machine qui devait nous rendre la vie plus heureuse n'a plus cette fonction.
Aujourd'hui on produit et on consomme dans une mondialisation féroce et sans but.
Luc cherche une philosophie qui ne serait pas le matérialisme (trop de contradictions), une sorte d'humanisme post-N…
Il trouve que Dédé (Comte-Sponville) est celui qui a le mieux réfléchit à la question.
Il évoque trois formes différentes de transcendance : celle des antiques et le cosmos, la transcendance est dû au fait que l'homme n'a pas créé l'harmonie dans laquelle il vit.
La transcendance vue par la religion : quelque chose au-dessus…
Et une troisième qui elle est au coeur du réel : prenez une boite d'allumette, vous ne voyez que trois cotés or il y en a six. Cela montre bien que tout, même dans le réel, n'est pas visible.
On appelle cela la transcendance immanente (en moi).
Cela veut dire que l'on ne peut pas être omniscient.
L'humaniste contemporain est dans l'autoréflexion alors que le matérialiste ne pense jamais sa propre pensée ( ?)
Commencer par se critiquer soi-même…
C'est ce qu'a commencé à faire la science après avoir été ultra-dogmatique.
Luc critique les philosophes modernes ultraspécialisés qui ne se posent plus les questions essentielles qui ne cherchent pas de nouvelles voies ou s'ils le font, en reste à la théoria…
Ils n'évoquent jamais la morale et le salut : c'est ce que va faire Luc avec un humanisme non métaphysique (car c'est une illusion de vouloir tout connaître)…
La morale c'est quand un principe vaut qu'on sacrifie sa vie pour lui (N est contre : normal il est immoraliste).
La transcendance est devenue horizontale : nos proches, notre liberté…
L'auteur conclue en disant que pour un humanisme non –métaphysique, il faut de l'Amour…
Pour aller à la découverte de l'autre, de sa pensée, de sa culture pour s'enrichir soi-même…
Il développe ces idées dans la révolution de l'Amour.
Ce livre donne une vision complète et vivante de l'histoire des idées.
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isajulia
22 mars 2013
Luc Ferry généralise la philosophie pour la rendre plus accessible. Je trouve cette approche très louable et cela donne un livre de qualité. C'est d'ailleurs ma première lecture philosophique à titre personnel et je ne regrette pas mon choix, cela m'a permis de commencer en douceur à m'interroger sur les grands thèmes de l'existence.
Bravo monsieur Ferry.
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LIBERTITUDE
31 juillet 2013
J'avais décidé de reprendre mes cours de philosophie de terminale, mais je ne savais comment m'y prendre. Alors, au hasard d'une librairie, je suis tombé sur ce livre qui m'a redonné le souffle nécessaire , qui m'a apporté l' élan vital (Bergson ?) .
Ce livre de vulgarisation philosophique est fantastique pour tout ceux et celles qui débute dans la matière. Bien sûr, depuis mes lectures sont un peu plus ardues (L'éthique de Spinoza). Mais ce livre restera l'un de ceux qui ont bercé mon enfance d'apprenti-penseur.
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Fx1
16 août 2014
Premiére partie de la découverte de la philosophie en compagnie de Luc Ferry . Cette idée qui de prime abord peut paraitre saugrenue s'avére au final trés maline . C'est pédagogique , mais pas enfantin , c'est intelligent et trés malin , bien fait , permet d'aborder avec le souci d'étre compris la question philosophique. Si il y a quelques petits défauts , rien de rédhibitoire . Un manuel parfait pour ceux qui veulent découvrir la philosophie sans avoir fait le cheminement classique pour cela. A découvrir pour avoir une bonne idée de l'histoire de la philosophie .
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Citations & extraits (51) Voir plus Ajouter une citation
zanonizanoni02 juin 2016
On peut distinguer trois grandes conceptions de la transcendance. (...)
-La première est celle que mobilisaient déjà les Anciens pour décrire le Cosmos. Fondamentalement, bien sûr, la pensée grecque est une pensée de l'immanence puisque l'ordre parfait n'est pas un idéal, un modèle qui se situerait ailleurs dans l'univers , mais au contraire une réalité de part en part incarnée en lui. Le divin des stoiciens, à la différence du Dieu des chrétiens, n'est pas un Etre extérieur au monde, mais il est pour ainsi dire son ordonnancement même, en tant qu'il est parfait. Cependant, (...), l'ordre harmonieux du cosmos n'en est pas moins transcendant par rapport aux humains, en ce sens précis qu'ils ne l'ont ni crée ni inventé. Ils le découvrent au contraire comme une donnée extérieure et supérieure à eux. Le mot "transcendant" s'entend donc ici par rapport à l'humanité. Il désigne une réalité qui dépasse les hommes sans pour autant se situer ailleurs que dans l'univers. La transcendance n'est pas au ciel mais sur la terre.
-Une deuxième conception de la transcendance , tout à fait différente et même opposée à la première, s'applique au Dieu des grands monothéismes. Elle désigne tout simplement le fait que l'Etre suprême est, au contraire du divin des Grecs, "au-delà" du monde crée par lui, c'est-à-dire tout à la fois extérieur et supérieur à l'ensemble de la création. Contrairement au divin des stoiciens, qui se confond avec l'harmonie naturelle et n'est par conséquent pas situé hors d'elle, le Dieu des juifs, des chrétiens et des musulmans est totalement supranaturel -pour ne pas dire "surnaturel". Il s'agit donc là d'une transcendance qui ne situe pas seulement par rapport à l'univers lui-même conçu tout entier comme une création dont l'existence dépend d'un Etre extérieur à elle.
-Mais une troisième forme de transcendance, différente des deux premières, peut encore être pensée. Elle prend racine, déjà, dans la pensée de Kant, puis chemine jusqu'à nous à travers la phénoménologie de Husserl. Il s'agit de ce que Husserl nommait la "transcendance dans l'immanence".
La formule n'est pas très parlante, mais elle recouvre une idée d'une très grande profondeur. (...) : il n'y a pas d'omniscience, pas de savoir absolu car tout est visible se donne toujours sur un fond d'invisible (exemple d'un cube à six faces: il y a toujours trois faces visibles et trois faces cachées). En d'autres termes, toute présence suppose une absence, toute immanence une transcendance cachée, toute donation d'objet, quelque chose qui se retire.

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AelaAela22 septembre 2013
Pour les stoïciens ce qui était bon, c'était ce qui était conforme à l'ordre cosmique. L'essentiel était de parvenir dans la pratique à s'accorder à l'harmonie du monde afin d'y trouver la juste place qui revenait à chacun dans le Tout.
Si tu veux comparer cette conception de la morale à quelque chose que tu connais et qui existe encore aujorud'hui dans nos sociétés, pense à l'écologie.
Pour les écologistes, en effet, et en cela ils reprennent, bien que souvent sans le savoir, des thèmes de l'Antiquité grecque, la nature forme une totalité harmonieuse que les humains auraient tout intérêt à respecter.
La "biosphère" a remplacé le "cosmos" des Grecs.
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zanonizanoni12 mai 2016
L'action vraiment morale, l'action vraiment "humaine" (...) sera d'abord et avant tout l'action désintéressée, c'est-à-dire celle qui témoigne de ce propre de l'homme qu'est la liberté entendue comme faculté de s'affranchir de la logique des penchants naturels. Car il faut bien avouer que ces derniers nous portent toujours vers l'égoisme. La capacité de résister aux tentations auxquelles il nous expose est très exactement ce que Kant nomme la "bonne volonté", en quoi il voit le nouveau principe de toute moralité véritable : alors que ma nature -puisque je suis aussi un animal- tend à la satisfaction de mes seuls intérêts personnels, j'ai aussi, telle est du moins la première hypothèse de la morale moderne, la possibilité de m'en écarter pour agir de façon désintéressée, altruiste (c'est-à-dire tournée vers les autres et non seulement vers moi). (...)
Sans l'hypothèse de la liberté, une telle idée n'aurait évidemment aucun sens : il faut bien supposer que nous sommes capables d'échapper au programme de la nature pour admettre que nous puissions parfois mettre notre "cher moi" de côté.
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zanonizanoni03 juin 2016
Dans quelque domaine que ce soit, toute grande oeuvre d'art est toujours, au départ, caractérisée par la particularité de son contexte d'origine. Elle est toujours marquée historiquement et géographiquement par l'époque et "l'esprit du peuple" dont elle est issue. C'est là, justement, son côté "folklorique" - le mot folklore vient du mot folk, qui veut dire "peuple"- (...). (...)
Pourtant, le propre de la grande oeuvre, à la différence du folklore, c'est qu'elle n'est pas rivée à un "peuple" particulier. Elle s'élève à l'universel ou pour mieux dire elle s'adresse potentiellement à l'humanité tout entière. C'est ce que Goethe appelait déjà, s'agissant des livres, la "littérature mondiale". L'idée de "mondialisation" n'était nullement liée dans son esprit à celle d'uniformité : l'accès de l'oeuvre au niveau mondial ne s'obtient pas en bafouant les particularités d'origine, mais en assumant le fait d'en partir et de s'en nourrir pour les transfigurer toutefois dans l'espace de l'art. Pour en faire quelque chose d'autre que du simple folklore.
Du coup, les particularités, au lieu d'être sacralisées comme si elles n'étaient vouées à ne trouver de sens que dans leur communauté d'origine, sont intégrées dans une perspective plus large, dans une expérience assez vaste pour être potentiellement commune à l'humanité. Et voilà pourquoi la grande oeuvre, à la différence des autres, parle à tous les êtres humains, quels que soient le lieu et le temps où ils vivent.
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zanonizanoni10 mai 2016
Enfin, il y a dans le contenu du christianisme notamment sur le plan moral, des idées qui, même pour des non-croyants, ont encore aujourd'hui une importance majeure, des idées qui vont, une fois détachées de leurs sources purement religieuses, acquérir une autonomie telle qu'elles vont pouvoir être reprises dans la philosophie moderne, et même par des athées.
Par exemple, l'idée que la valeur morale d'un être humain ne dépend pas de ses dons ou de ses talents naturels, mais de l'usage qu'il en fait, de sa liberté et non de sa nature, est une idée que le christianisme va donner à l'humanité et que bien des morales modernes, non chrétiennes voire antichrétiennes, vont malgré tout reprendre à leur compte. Voilà aussi pourquoi il serait vain de vouloir passer sans transition du moment grec à la philosophie moderne sans dire un mot de la pensée chrétienne.
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