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ISBN : 2253161802
Éditeur : Le Livre de Poche (07/11/2012)

Note moyenne : 4.18/5 (sur 14 notes)
Résumé :
Seul récit autobiographique d'un des plus grands écrivains allemands de son époque, Le Diable en France retrace l’internement de Lion Feuchtwanger au camp des Milles, près d'Aix-en-Provence. Exilé dès l'arrivée des nazis au pouvoir, Lion Feuchtwanger vit pendant six ans « heureux comme Dieu en France », pour reprendre le dicton germanique. Mais l'enfer commence pour lui avec la débâcle française de 1940, quand il est incarcéré avec d'autres artistes juifs allemands ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (4) Ajouter une critique
Marpesse
  04 février 2015
Dès 1939, et malgré sa notoriété, Lion Feuchtwanger est interné au camp des Milles où il ne reste qu'une dizaine de jours. le but était de faire un triage entre les exilés politiques et d'autres ressortissants du Reich. Au moment de la débâcle, en juin 1940, il est de nouveau interné dans le camp des Milles, à côté d'Aix-en-Provence. Cette fois, il y restera longtemps. Les premiers internés de ce camp étaient principalement des Allemands et d'autres étrangers (Autrichiens, Hollandais...). Il fallait contrôler les Allemands sur le territoire, emprisonner d'éventuels nazis. le problème, c'est que ces derniers ne sont qu'une poignée parmi tous ces gens internés et que le triage n'aura jamais lieu. On trouve à cette époque de nombreux artistes qui avaient trouvé refuge en France. Max Ernst, par exemple, a été interné à la même période que Lion Feuchtwanger.
Dans le Diable en France, il raconte les conditions d'internement. le "diable" n'est pas méchant : les gardiens font leur travail, ne sont pas violents. Pas de cruauté gratuite, juste un certain "je m'en foutisme" que Lion Feuchtwanger pense être propre à l'administration française. On dort dans la poussière, les uns sur les autres, dans un bruit permanent, avec les odeurs. le camp d'internement n'a rien à voir avec les camps de concentration, d'extermination et de travail tels que Buchenwald ou Auschwitz. Aux Milles, on ne sait même pas comment occuper les prisonniers. Il arrive donc, mais c'est rare, qu'on leur fasse déplacer un tas de briques d'un endroit à un autre pour les occuper.
Le bruit court que les nazis sont en France, qu'ils s'emparent du territoire. La peur des internés est que ces hommes leur mettent la main dessus, car la plupart d'entre eux, comme Feuchtwanger, sont des opposants au régime. Il faut partir! Les prisonniers décident de convaincre le commandant de leur affréter un train pour les conduire dans le sud-ouest, du côté de Bayonne (c'est l'histoire du "train des Milles", racontée dans un film avec Philippe Noiret, entre autres). Tous ne partent pas, on dresse des listes de volontaires effrayés par l'arrivée des nazis dans le sud. le voyage en train de plusieurs jours est très pénible : les wagons sont surpeuplés, impossible de s'asseoir ou de se coucher si ce n'est à tour de rôle. Enfin, quand le train arrive à Bayonne, une rumeur crie : "Voilà les Boches! Voilà les Boches!" et, par peur, le train fait demi-tour et repart dans la direction d'Aix. le malentendu est le suivant : les nazis n'étaient pas arrivés encore mais le train ne comportait quasiment que des Allemands. La population autochtone, en criant "Voilà les Boches!", a propagé une fausse rumeur sans le vouloir. le voyage n'a servi à rien. Certains décident de s'enfuir par leurs propres moyens (personne ne les retient d'ailleurs). Finalement, le train dépose son chargement humain à Nîmes où se construit un camp en toiles : des tentes sont montées, les prisonniers vont vivre ici. Ils peuvent sortir à leur guise, mais personne ne s'enfuit parce que sans papiers, sans laisser-passer, les prisonniers savent qu'ils sont plus en sécurité sous la garde des gendarmes français que livrés à eux-mêmes, prêts à tomber à tout moment aux mains de leur pire ennemi : les Nazis.
Ce livre est un témoignage vraiment intéressant sur la vie dans un camp d'internement. On voit aussi l'injustice de cette France qui se renie et qui, après avoir asile à des hommes engagés contre Hitler, les emprisonne sous prétexte de les trier. le mythe du pays libre, d'une République ouverte et éclairée, est largement égratigné. Comment peut-on penser que le pays héritier des Lumières ait été capable de se dédire et de signer, par la main de Pétain, un accord avec Hitler?
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LOUTRE13
  10 juillet 2016
Un témoignage intéressant sur le sort réservé à ces hommes et femmes ayant fuit le régime d'Hilter mais considérés par la France comme des "ennemis potentiels". Nous sommes en 1940 et dans le sud, à Aix-en-provence, une ancienne tuilerie va servir de camp de rétention pour ces intellectuels allemands désormais apatrides comme Feuchtwanger, ou encore Marx Erntz. L'auteur décrit avec minutie mais sans jamais tomber dans l'outrance ou le pathos excessif leurs terribles conditions de vie au camp des Milles mais aussi au sein d'autres camps comme celui de Nîmes. Il teinte également son récit d'anecdotes humoristiques afin de caricaturer le système administratif français et d'en faire ressortir les incohérences.Ce récit autobiographique qui ne fut jamais terminé par Lion Feuchtwanger (une fois exilé en Amérique, il abandonna le projet) a le mérite d'avoir été écrit "à vif", dans le "coeur de l'action" ce qui nous plonge, avec lui, dans le chaos d'une vie qui perd son sens, dans le chaos d'une vie qui menace à tout instant d'être interrompue, dans le chaos d'une vie où seule importe la survie.... En conclusion, un témoignage éclairant sur une partie de notre histoire de France que nous ne connaissons pas toujours....
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Nikoz
  20 mars 2014
Un témoignage intéressant quoique banal... Est-ce cette banalité qui en fait l'intérêt? Sans doute, et c'est bien le sujet de cette période, de petites stupidités font de grand malheur. Ce que Feuchtwanger démontre bien.
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telle17
  13 novembre 2017
Témoignage presque banal , avec de la retenue sur le sort réservé a des hommes ayant fuit le régime d'Hitler mais considéré comme "ennemis potentiel " de la France en 1940.
Opposition entre son respect pour les valeurs française, le courage du "petit peuple" et le "je m'en foutisme" de l'administration française.
A lire et à compléter par le visite du camp de Milles.
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Citations et extraits (3) Ajouter une citation
MarpesseMarpesse   04 février 2015
Je ne crois pas que notre malheur soit dû à de mauvaises intentions de leur part, je ne crois pas que le diable auquel nous avons eu à faire en France en 1940 ait été un diable particulièrement pervers qui aurait pris un plaisir sadique à nous persécuter. Je crois plutôt que c’était le diable de la négligence, de l’inadvertance, du manque de générosité, du conformisme, de l’esprit de routine, c’est-à-dire ce diable que les Français appellent le je-m’en-foutisme.
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stekasteka   20 juillet 2018
On n'avait certainement pas l'intention de nous maltraiter ou de nous considérer comme des ennemis. On savait très bien que sur cent détenus, quatre-vingt-dix-neuf étaient sans aucun doute innocents, qu'ils étaient des amis de la France venus se réfugier dans ce pays en accordant toute leur confiance à l'hospitalité française. On savait qu'ils avaient été accueillis cordialement par le peuple et le gouvernement, et qu'ils étaient des alliés naturels dans le combat contre Hitler. Mais si l'on nous faisait subir des conditions de vie aussi misérables, et si l'on mettait en danger notre santé en manquant aux règles de la plus élémentaire hygiène, c'était par pure négligence, par manque d'organisation.
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MarpesseMarpesse   04 février 2015
Demain, il y aura du vin, et nous ne serons plus rien, et demain, il y aura des belles filles, et nous ne serons plus en vie.
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Videos de Lion Feuchtwanger (2) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Lion Feuchtwanger
The art of angel sanctuary; Angel cage
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