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La Fée des grèves tome 1 sur 3
EAN : 9782841411382
270 pages
Editions L'Ancre de Marine (08/10/2003)
3.54/5   49 notes
Résumé :
Première édition : 1850.

Histoire d'amour et de haine, d'héroïsme et de trahison. La Fée des Grèves est le chef d'oeuvre romanesque de Paul Féval. En l'an de grâce 1540, d'inoubliables personnages sont aux prises : Méloir le chevalier félon, Bruno le moine truculent, Reine de Maurever éprise du noble coeur d'Aubry de Kergariou. Les brouillards du Mont-Saint-Michel, les sables mouvants de la Baie, fournissent le décor des sortilèges de La Fée des Gr... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (11) Voir plus Ajouter une critique
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En l'an de grâce 1450, à la veille de la Saint-Jean, une procession traverse le Mont Saint-Michel pour porter en terre un noble gentilhomme. A sa tête, le duc François de Bretagne, et dans le cercueil, son frère Gilles. Au moment le plus tragique, l'un des moines de l'abbaye soulève la capuche qui lui cachait le visage. Il s'agit de l'écuyer du moribond, Hue de Maurever, qui profite de l'effet de surprise pour annoncer à la noble assemblée que son maitre est mort de faim, condamné par son propre frère. le duc François donne l'ordre de rattraper le seigneur enfui, mais le chevalier Aubry de Kergariou, dont est secrètement épris Reine de Maurever, la fille du fuyard, accorde quelques crédits aux propos de l'écuyer et se trouve ainsi emprisonné. C'est son cousin Méloir, bien décidé, qu'elle le veuille ou pas, à épouser Reine, qui se lance à sa poursuite ! L'homme qui capturera le traitre recevra 50 louis d'or et la bienveillance du Duc.

A Saint-Jean-des-Grèves, Jeanin le coquetier rêve lui aussi de ces 50 écus, avec lesquels il pourrait bien demander la main de Simonnette, la fille du tavernier. Mais il n'est pas le seul à faire les yeux doux à la fille de Simon le Priol : maître Gueffès, un normand près de ses sous, épouserai bien la belle et sa dot !



Publié en 1850, La fée des grèves est un petit roman historique de Paul Féval destiné à la publication sous forme de feuilleton. Avec son intrigue cousue de fil blanc (avec de très grosses coutures apparentes) et ses personnages manichéens, l'histoire est très prévisible.

Féval n'épargne ni les stéréotypes sur les Normands (près de leurs sous), ni sur les Bretons (superstitieux en diable). Il reprend les grands codes du roman de capes et d'épées : un gentil trahi qui va être vengé, des méchants vilains et pas beaux qui seront punis, la belle jeune noble objet de toutes les convoitises, le beau chevalier fougueux et vertueux qui rétablira l'ordre, les petites gens qui se mettent d'un côté ou de l'autre... Bref, rien de nouveau sous la brume du Mont Saint-Michel ! Reste le talent certain de conteur de Féval, qui prend manifestement plaisir à toutes les digressions dont il affuble son histoire. Il y a également Frère Bruno, un personnage original qui arrivera sur le tard et apportera une bouffée de surprises et d'actions au récit (qui s'enlise un peu dans les sables mouvants de la baie...), un zeste de fantastique auquel seul le petit coquetier croit, et la nostalgie d'une époque révolue où l'honneur était la plus haute vertu.

Et surtout, il y a la Bretagne, avec ses mille visages ! Ne lisez pas La fée des grèves pour satisfaire l'envie d'un roman de cape et d'épées. Lisez-le pour tomber amoureux des paysages de la Bretagne, de ses mystères, de ses traitrises, de ses villages et de ses grandes villes, de ses habitants, de ses contes et légendes, de sa lumière et de ses brumes...
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Ma foi de Dieu ! (puisqu'il paraît que c'est le juron préféré des Bas-Bretons, p. 182, Chapitre 27, “Le siège”), voici un livre de capes et d'épées tout ce qu'il y a de plus réjouissant ! Certes, on sait bien qui payera cher ses mauvais choix, qui épousera qui, le suspens n'est pas bien grand, mais l'histoire est si bien menée que l'on reste suspendu à la plume de l'auteur, tournant les pages les unes après les autres sans pouvoir s'arrêter.
Nous sommes en l'an 1450, alors que la Bretagne est encore pour quelques années « un rude et vaillant pays qui gard[e] son indépendance entre deux empires ennemis» (p. 230, Epilogue, “Le repentir”), dans la grande baie du Mont Saint-Michel, de part et d'autre de la frontière facétieuse du Couesnon. Une terre aux milles légendes rêvées et vécues (comme en attestent la myriade d'histoires toujours commencées et jamais finie de Frère Bruno, un Frère Tuck qui préfère le cidre à la bière), entre sables traitres et brume aveuglante, la terre de la Fée des Grèves, qui vient de réapparaître alors qu'une malédiction plane sur le duc de Bretagne et qu'un de ses chevaliers les plus valeureux est en fuite.
Si les personnages m'ont parfois rappelé les histoires de la Comtesse de Ségur, qui aime à nouer des amitiés fortes et sans barrières entre ses personnages mais prend toujours bien garde de laisser chacun à sa place dans l'échelle sociale (comme dans Pauvre Blaise, que je n'avais pas aimé parce que trompée dans mon attente de voir les deux amis d'enfance tomber amoureux, avant de comprendre que Madame née Rostopchine n'aspirait pas à être la Louise Michel des contes pour enfants. Mais, ma foi de Dieu, j'en veux toujours à Madame la Comtesse pour cette lecture funeste !), ce serait faire offense à Paul Féval que de s'arrêter à cela. le plaisir de la lecture n'est pas dans l'histoire, même si elle tient en haleine, il est dans les belles descriptions d'un pays et de paysages qui tout à coup me manquent, entremêlés, car il ne faut pas tomber dans le pathos, d'une très agréable ironie qui croque Bretons et Normands avec les travers dont ils sont les plus fiers. Les Bretons sont courageux, fidèles, mais d'une superstition indécrottable (« On ne riait plus qu'à demi, parce qu'il ne faut pas parler longtemps de choses surnaturelles, quand on veut que les vrais Bretons restent gaillards. », p. 117, Chapitre 18, “Jeannin et Simonette”) ; les Normands sont ceux que seul l'or intéresse et dont les chevaux sont toujours pies, car même pour cela un Normand ne saurait trancher entre blanc ou noir…
Certes on peut voir dans cette ironie la condescendance dont la capitale fait alors preuve envers ces régions considérées comme arriérées (comme Gauguin qui quelques années plus tard ira en Bretagne chercher les sauvages, car c'est tout de même plus près que les Marquises !), mais on peut aussi y voir la fascination pour cette culture perdue (comme le montrent l'engouement pour les premiers folkloristes tels que Anatole le Braz ou de la Villemarqué).
Qu'importe ce que pensait alors Paul Féval, qui, né à Rennes se revendiquait breton (mais ça je ne l'ai vu qu'après avoir lu ce livre), intéressante posture pour l'époque. Qu'importe disais-je, car en tant que lectrice plus d'un siècle et demi après que ce livre ait été écrit, je sais que je me suis régalée de sa description de la terre à légende qu'est mon beau pays, ce pays où « les brouillards salés de l'Armorique détendraient vite les cordes de la vieille guitare d'Apollon. le biniou seul, avec sa poche de cuir et sa nasillarde embouchure, supporte le rhume chronique de ces contrées » (p. 151, Chapitre 23, “Comment Joson Drelin but la rivière de Rance”). Je sais que je me suis régalée de ses petites piques qui rendent le chauvinisme ridicule et qui pourtant semblent le renforcer, allez savoir pourquoi… Un livre à lire pour un Breton qui veut rire de lui-même ou qui veut se gorger de noms et se souvenir, un livre tel une madeleine trempée dans l'eau salée, et un livre pour les non-Bretons qui voudront soit se moquer de cette gente à la tête bien dure, soit faire connaissance avec ces gens étranges, qui ont « de la gaieté, mais de la gaieté bretonne, qui donne aux noces même une bonne couleur d'enterrement » (p. 158, Chapitre 24, “Dits et gestes de frère Bruno”).
Couesnon, folle rivière, tu peux laisser le Mont en Normandie, nous gardons pour notre part la baie enchanteresse et les coquetiers* courageux et rêveurs, ils nous font plus riches que les ors de Saint-Michel.

* Pêcheurs de coques : les coques (palourdes) sont une sorte de diminutif des coquilles de Saint-Jacques. Elles abondent dans la baie de Cancale et autour Du Mont. (Note de l'auteur ou de l'éditeur).
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Bienvenue dans la baie du Mont Saint-Michel.
Son église, son archange, ses marais, ses sables mouvants, son brouillard, et sa fée…
En l'an 1450, François de Bretagne part en pèlerinage au Mont rendre hommage à la mémoire de son frère, Gilles. Mais il est accusé de fratricide par Hue de Maurever, qui lui demande de comparaître devant le tribunal de Dieu dans 40 jours, puis qui réussit à se volatiliser. François de Bretagne demande alors à Aubry de Kergariou de poursuivre Maurever, mais ce dernier, amoureux de sa fille Reine, refuse. Dès lors , il est enfermé dans les cachots Du Mont et les recherches pour retrouver Hue de Maurever vont être menées par Méloir, devenu chevalier, homme sans scrupules qui convoite également la belle Reine. Cerise sur le gâteau, la fée des grèves est réapparue après des années. Pourquoi erre-t-elle la nuit près des habitations et sur la baie ?

Ajoutez à cela un jeune coquetier amoureux d'une gardienne de vaches, un félon miséreux qui mange à tous les rateliers, des sujets fidèles à leur maître Hue de Maurever, un moine trop bavard, et vous aurez matière à une belle histoire d'aventures romanesques.

Mais mais mais…
Les digressions trop nombreuses de l'auteur ont, je l'avoue, gâché ma lecture. Les retours à la « réalité » vis-à-vis du lecteur m'ont déroutée et éloignée de la trame du récit. Ce roman aurait pu être beaucoup plus rythmé et les actions bien plus rebondissantes.

Première immersion dans l'oeuvre de Paul Féval, légère déception donc, mais je vais persévérer avec le célèbre Bossu et le non moins flamboyant Lagardère.
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En l'an de grâce 1450, le duc de Bretagne assiste à une messe en l'honneur de son frère mort quand Hue de Maurever, écuyer du défunt, l'assigne devant Dieu dans un délai de 40 jours. Pourchassé, le vieux chevalier ne doit son salut qu'au dévouement de sa fille Reine, du prétendant de celle-ci et d'une poignée de ses fidèles vassaux.

J'ai beaucoup aimé les personnages de ce roman. Si certains sont très monolithiques et sans surprise comme Hue de Maurever et Aubry de Kergariou, d'autres sont plus nuancés comme le petit Jeannin bien plus brave que sa réputation de "peureux comme les poules". de même, Reine, tout en étant la demoiselle en détresse de service, est aussi une héroïne courageuse, beaucoup plus présente et nuancée que ne l'étaient beaucoup de personnages féminins des romans de l'époque. Il y a plusieurs "méchants" dans cette histoire mais Paul Féval réussit à faire du plus dangereux d'entre eux, le chevalier Méloir, un "méchant sympathique". Il montre comment cet homme ni bon ni mauvais glisse du côté du mal par opportunisme et convoitise.
Cependant, le véritable personnage principal de ce roman, c'est le Mont-Saint-Michel et même, plus précisément, sa baie avec ses lises, ses tangues, ses mares, véritables adversaires que les héros et "méchants" doivent à plusieurs reprises affronter.

La Fée des grèves est un roman d'aventure comme on en écrivait au 19e siècle, très prévisible mais amusant. Paul Féval a le défaut de se laisser parfois un peu aller sur les descriptions et les anecdotes (le frère Bruno ne serait-il pas un peu son double ?) mais son récit est plein d'entrain, d'humour et d'une réjouissante mauvaise foi chauvine à l'égard des Normands. J'ai pris beaucoup de plaisir à relire ce roman, ou plutôt à l'écouter. L'enregistrement proposé sur Littératureaudio.com est très sobre mais agréable.

Challenge XIXe siècle 2023
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J'ai découvert ce vieux livre dans le rayon fantastique. C'est d'ailleurs ce qui m'a intrigué et ce pourquoi j'ai voulu le lire. Mais au final, qu'y a-t-il de fantastique dans ce roman ? Rien, ou si peu. La Fée n'en est pas une, même si la légende la porte au-delà de la raison. Seuls le dépérissement et la mort du Duc François, accusé de fratricide, ont un goût étrange. Car la prédiction du jour de son trépas, ou plutôt la malédiction, lancée par son accusateur, s'avérera exacte.
Toujours est-il, je ne regrette pas de l'avoir lu. Ce roman écrit il y a plus de 150 ans n'a pas pris une ride, à l'instar des contes qui fleurent bon le Moyen Âge, les légendes bretonnes, les combats d'épée.
L'intrigue, bien qu'elle n'ait rien de fondamentalement originale, n'est pas avare de péripéties et est écrite avec humour. Ambiance rustique, imaginez un conteur au coin du feu… Imaginez le Mont-Saint-Michel, ses sables mouvants… Vous y êtes ! Et pour ne rien gâcher, les personnages sont attachants, même les « méchants » ont leur qualité qui empêche de vraiment les détester.
Vous voulez connaître la fin de l'histoire ? D'accord, je vais vous la dévoiler et je ne prendrai pas un grand risque, car elle finit comme tous les contes : les méchants sont morts, le beau chevalier épouse sa Reine. Et les Bretons sont contents !
Et malgré tout, Ô miracle, le lecteur aussi.
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Citations et extraits (21) Voir plus Ajouter une citation
On dit souvent que, dans les grèves de la baie de Cancale, la mer monte avec la vitesse d'un cheval au galop. Ceci mérite explication. Si l'on a voulu dire que la marée partant des basses eaux, gagnait avec la rapidité d'un cheval qui galope, on s'est assurément trompé. Si l'on a voulu dire, au contraire, qu'un cheval, partant du bas de l'eau en grande marée, aurait besoin de prendre le galop pour n'être point submergé, on n'a avancé que l'exacte vérité.
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Les gens de la rive disent que le deuxième jour de novembre, le lendemain de la Toussaint, un brouillard blanc se lève à la tombée de la nuit. C'est la fête des morts. Ce brouillard blanc est fait avec les âmes de ceux qui dorment sous les tangues. Et comme ces âmes sont innombrables, le brouillard s'étend sur toute la baie, enveloppant dans ces plus funèbres Tombelène et le Mont Saint-Michel.
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Le Normand sella son cheval qui n'était ni blanc ni noir, parce que, dans son pays, tout est pie, blanc et noir, chèvre et chou, un petit peu chair, un petit peu poisson. Quoi ! Un pied chez le bon Dieu, un pied chez le Diable.
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Mais l'amour des jeunes gens pleins d'espérances ne ressemble point à l'amour triste des vieillards. A mesure qu'on vieillit, Reine, la tendresse se concentre et se resserre, parce que les objets aimés deviennent plus rares.
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Nantes était alors la capitale de ce rude et vaillant pays qui gardait son indépendance entre deux empires ennemis : la France et l'Angleterre. Nantes était une ville noble, mirant dans la Loire ses pignons gothiques et fière d'être reine parmi les cités bretonnes.
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Vidéo de Paul Féval
"Il y a quelques années, « on » murmurait que Claude Mesplède pourrait bien recevoir la médaille des arts et des lettres. Et puisque qu' « on » m'avait demandé mon avis sur la question avant d'entamer les démarches afférentes à ce genre de circonstances, j'avais indiqué que Claude ne voulait de médaille d'aucune sorte. Il avait déjà refusé celle du travail malgré ses 40 années de labeur à Air France !
Ce que Claude aurait aimé, c'est le prix Paul Féval de littérature populaire. Mais ce prix n'est attribué qu'à des auteurs qui écrivent des romans populaires. Lui, écrivait À PROPOS des romans populaires et donc, n'entrait pas dans cette catégorie.
Aussi voir naître, grâce à Quais du Polar que je remercie très sincèrement, un prix portant le nom de Claude Mesplède qui récompensera au choix : essai, ouvrage historique, correspondance, document, enquête, traduction, édition originale d'oeuvres complètes ou inédites, traductions nouvelles ou encore travaux académiques et universitaires… c'est énorme !
Et c'est finalement, en honorant sa mémoire, un joli retournement du sort. Claude aurait très fier qu'un prix porte son nom et sûrement un peu ébahi devant tant d'honneur.
Et que celles ou ceux qui comptent écrire sur l'oeuvre de Paul Féval se mettent au travail très vite. On ne sait jamais..." - Ida Mesplède
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