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ISBN : 225805740X
Éditeur : Omnibus (2001)


Note moyenne : 3.92/5 (sur 263 notes) Ajouter à mes livres
Résumé :
Il y a Lagardère bien sûr, héros mythique comme d'Artagnan ; il y a le personnage du Bossu dont la bosse servait de pupitre aux spéculateurs de la Régence ; il y a la devise : " Si tu ne vas pas à Lagardère, Lagardère ira à toi " ; il y a les deux spadassins Cocardasse ... > voir plus
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Critiques, analyses et avis

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    • Livres 5.00/5
    Par Arakasi, le 25 octobre 2012

    Arakasi
    Au vu des longues années d'adulation exclusive que je vous ai vouées et de toute l'affection que je vous porte encore, vous me pardonnerez cette petite infidélité, m'sieur Dumas, si j'admets que le jour où j'ai tourné la dernière page du « Bossu » de Paul Féval, vous avez brutalement perdu à mes yeux le statut de meilleur auteur de cape et d'épée de tous les temps. Et oui, coiffé au poteau par un petit écrivaillon, un petit auteur de rien du tout dont presque toute l'œuvre a sombré dans l'oubli… Mais vous m'excuserez surement, m'sieur Dumas, car j'ai une très bonne excuse : « Le bossu » ce n'est pas un roman de cape et d'épée parmi d'autres, c'est LE roman de cape et d'épée par excellence ! Jugez vous-même, il y a tout : des mercenaires aux épées aiguisées et aux cœurs de bronze, de belles jeunes filles enlevées en plein galop sur des chevaux écumants, des coups de lame dans le noir, des duels à un contre six, des vengeurs masqués, des gitans, des traitres, des bals costumés… Tout, je vous dis !
    L'histoire débute en France à la fin du règne de Louis XIV par un assassinat. Philippe, duc de Nevers, possède tout : la beauté, l'esprit, la noblesse, la richesse, un talent d'épéiste hors-pair – toute la France ne parle plus que de la célèbre « botte de Nevers » capable d'expédier ad patres n'importe quel escrimeur d'élite en le touchant entre les deux yeux. Il a surtout l'amour d'une adorable demoiselle – la belle Aurore de Caylus. Mais, comme on pourrait s'en douter, tous ces privilèges attirent forcément la jalousie des envieux et particulièrement celle du cousin et meilleur ami du duc, le prince de Gonzague (moins riche, moins beau, moins noble, mais considérablement plus malin et dépourvu de scrupules…). Une nuit, le drame survient. Dans les fossés du château de Caylus, alors qu'il rendait visite à sa belle et la petite fille qu'ils ont eu tous deux en secret, Philippe de Nevers tombe dans un guet-apens et succombe sous les coups de ses assaillants après un combat héroïque. de cette sinistre tragédie, un seul témoin survit : Henri de Lagardère, jeune chevalier de dix-huit ans à la tête folle mais au cœur d'or, qui, faute de pouvoir sauver le duc, parvient à protéger sa petite fille des poignards des agresseurs et s'enfuit avec elle.
    Vingt ans après, Louis XIV est mort, la régence bat son plein et tout le monde a oublié le drame des fossés de Caylus. Gonzague a prospéré, devenant l'homme le plus riche de Paris et épousant au passage la veuve éplorée de son défunt cousin, Aurore de Caylus. Quant au chevalier de Lagardère et à l'enfant enlevée, plus personne n'en a entendus parler depuis des dizaines d'années. Tout va donc à merveille dans le meilleur des mondes ? Peut-être pas… Car, un peu partout en Europe, des hommes sont retrouvés morts, le front transpercé d'un coup de lame entre les deux yeux. Et – comme c'est curieux – ces braves gens s'avèrent ceux qui avaient participé au guet-apens contre Nevers des dizaines d'années plus tôt. le fantôme du duc assassiné hanterait-il l'Europe en quête de vengeance ? Tremblez, traitres et meurtriers ! Car la justice est en marche, et si elle est tardive, elle n'en sera pas moins meurtrière, sans pitié et diablement ingénieuse.
    Avis à tous les amateurs de cape et d'épée, ne manquez pas le passionnant chef-d'œuvre de Paul Féval ! Vous y trouverez tout pour vous plaire : une intrigue trépidante alternant tragédie et comédie, un style vif et plein d'esprit, de la baston, de la romance… Contrairement à Alexandre Dumas (qui, malgré tout le respect que je lui dois, souffre d'une fâcheuse tendance aux digressions plus ou moins oiseuses), Féval mène son récit sans temps morts, entraînant son lecteur des bouges parisiens les plus immondes aux palais les plus prestigieux avec un dynamisme joyeux et contagieux. le style très souvent ironique et les dialogues enlevés ajoutent énormément à l'attrait de l'intrigue. Les personnages secondaires, un peu stéréotypés comme c'est généralement le cas dans ce type de roman, sont solidement campés et attirent aisément la sympathie ou l'antipathie : qui ne pourrait pas adorer les inénarrables maîtres cocardasse et passepoil, l'hilarant petit marquis de Chaverny ou l'immonde et grotesque Peyrolles ? Mais, parce que l'on ne se refait pas, j'avoue que c'est pour l'ignoble et manipulateur prince de Gonzague que mon petit cœur sensible bat très fort : un « magnificent bastard » dans toute sa splendeur que l'on adore haïr, tout en se retenant d'applaudir des deux mains aux succès de ses brillantes manigances. Rooooh, qu'est-ce que j'aime les méchants intelligents…
    Hélas, il faut terminer sur un petit bémol, pas sur le roman lui-même mais sur les suites que lui a donné Paul Féval Fils (« la jeunesse du bossu », etc…). Honnêtement, ça vaut à peine le papier sur lequel c'est imprimé, donc ne gâchez pas votre plaisir : dévorez l'œuvre original et tenez-vous en là. (Par contre, n'hésitez pas à mettre la main sur la très divertissante adaptation en mini-série de 1967 : c'est excellent et Jean Piat a une façon incroyablement sexy de hausser le sourcil gauche).
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    • Livres 5.00/5
    Par gill, le 30 janvier 2013

    gill
    "Et, quand il sera temps, si tu ne viens pas à Lagardère, Lagardère ira à toi !"
    C'est dans la pièce adaptée du roman pour le théâtre de la Porte-Saint-Martin que claque, en 1862, cette apostrophe, lancée comme un coups de fouet au visage de Philippe de Gonzague, l'assassin du père de la belle Aurore.
    Et du Théâtre au cinéma, il n'y a qu'un pas. Qu'ont franchi pour nous plusieurs cinéastes dont François Hunebelle, en 1959, avec une adaptation dans laquelle Jean Marais et Bourvil rivalisaient de talent avec une pléiade de seconds rôles remarquables tel Jean le Poulain et Paulette Dubost.
    Cependant, c'est en 1857, l'année de la mort d'Eugène Sue et de la parution de "Madame Bovary", à l'apogée du feuilleton, que triomphe "Le Bossu" dans les pages du journal "Le siècle".
    Lagardère, chevalier de vie légère et frivole, se fait soudain, par loyauté et amitié, le protecteur de la fille du duc de Nevers. Il jure de la protéger et de, lorsque l'heure en sera venue, lui rendre sa véritable identité, son titre et la place qu'elle devrait occuper dans la haute noblesse.
    Usant d'une extrême souplesse, il se transforme en vieux bossu difforme pour mieux assouvir la terrible œuvre de justice et de vengeance dont il s'est chargé.
    Paul Henry Corentin Féval, né à Rennes, a écrit ce roman "Le Bossu". Son fils, Paul Auguste Jean Nicolas Féval lui donnera une abondante progéniture dont les trois volumes que reprend ce recueil paru chez "Omnibus" - "La jeunesse du bossu", "Les chevauchées de Lagardère" et "Cocardasse et Passepoil" -.
    Et même si par curiosité, vous vouliez savoir si la botte de Nevers est vraiment efficace, alors il vous suffirait de suivre les aventures du chevalier Lagardère dans ce superbe volume.
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    • Livres 4.00/5
    Par Phinette, le 19 décembre 2014

    Phinette
    Jamais auberge aux abords du château De Caylus n'aura accueilli tant de fines lames : dix-huit d'entre elles sont louées par un prince et son serviteur pour tendre une embuscade au duc de Nevers, la vingt-et-unième appartient au chevalier de Lagardère. Lui veut apprendre la botte dudit Nevers, un infaillible et mortel enchaînement à l'épée, secret du duc, qui se termine invariablement l'adversaire terrassé d'un dernier coup fatal entre les deux yeux. Apprenant les plans de la funeste troupe, Lagardère va au-devant du malheureux duc, apprend la fameuse botte et défend son ami d'une heure contre les spadassins. Quand Nevers est tué d'un traître coup dans le dos, Lagardère marque la main de l'assassin avec son épée, jure de venger son ami et emmène la fille de celui-ci, fruit d'un mariage clandestin avec Aurore de Caylus.
    "Lagardère, en haut des degrés, montrant son beau visage en pleine lumière, leva l'enfant qui, à sa vue, s'était prise à sourire.
    - Oui, s'écria-t-il, voici la fille de Nevers ! Viens donc la chercher derrière mon épée, assassin ! toi qui as commandé le meurtre, toi qui l'as achevé lâchement par-derrière ! Qui que tu sois, ta main gardera ma marque. Je te reconnaîtrai. Et quand il sera temps, si tu ne viens pas à Lagardère, Lagardère ira à toi !"
    Du Bossu, j'adore tout !
    Tout d'abord la forme. le roman a été publié dans la revue le Siècle sous forme de feuilleton. Chaque chapitre existe en lui-même et presque indépendamment des autres. Féval maîtrise ses chutes avec brio, tenant le lecteur en haleine. Les rebondissements et les coups de théâtre sont nombreux et maîtrisés. Chaque rebondissement est calculé, chaque détail est bien amené et sera réutilisé par la suite. La trame est cohérente, aucun personnage ne ressuscite, presque aucun événement n'est invraisemblable…
    Et puis c'est un beau roman historique : écrit au milieu du XIXe siècle, l'action se passe en 1699 et 1717. Des personnages historiques permettent de raccrocher la fiction à la réalité, par exemple le régent Philippe d'Orléans ou John Law (« véritable précurseur de la banque contemporaine » grâce, selon Féval, à l'invention des agios !). Avec ce dernier, c'est aussi tout le monde de la finance et de la spéculation qui est décrit puis fustigé. le mécanisme des actions, les fortunes qui se font et se défont à grands coups de rumeurs, fondées ou pas, le mirage du Mississippi sont autant de sujets brûlants qui déchaînent les passions. "Veuillez réfléchir : un louis vaut francs aujourd'hui; demain, il vaudra encore francs, tandis qu'une petite-fille de mille livres, qui ce matin ne vaut que cent pistoles, peut valoir deux mille écus demain soir. A bas la monnaie, lourde, vieille, immobile ! Vive le papier, léger comme l'air, le papier précieux, le papier magique, qui accomplit au fond même des portefeuilles je ne sais quel travail d'alchimiste ! Une statue à ce bon M. Law, une statue haute comme le colosse de Rhodes !"
    En bref, j'ai adoré me mettre à la place d'un contemporain de l'auteur qui trépignerait en attendant chaque semaine de recevoir ses 15 pages d'aventure du Grand Siècle !
    Seul regret : les personnages ont un unique trait de caractère et s'y tiennent. Ainsi, malgré l'abondance de rebondissements et de perturbations, leurs réactions sont prévisibles du début de l'histoire dans les fossés De Caylus à la fin 18 ans plus tard. Il faut aussi reconnaître à Féval le talent de faire accepter à son lecteur un héros qui, certes pour la bonne cause mais tout de même, a à la fin du livre une vingtaine de morts à son actif…

    Lien : http://leclubdesnatifsdupremieravril.blogspot.com/2014/10/le-bossu-p..
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    • Livres 5.00/5
    Par Philamante, le 28 août 2014

    Philamante
    Voici le roman de cape et d'épée par excellence. Et puis l'aventure sentimentale très oedipienne !!! Non, mais, vraiment! Il pourrait être son père! Un Oedipe non intériorisé, quel toupet??!!
    Mais quel roman! Et quel art du rebondissement, de la quête de l'amour et de le vengeance, du défi, de la bravade! Ce roman éblouissant n'offre aucune halte à son lecteur intrépide et comme embarqué dans cette légitime réhabilitation des de Nevers et des De Caylus. Et l'infâme doit être puni pour sa monstruosité et son acharnement criminel. Quel héros tragique cependant qui ne fait que différer un châtiment dont le lecteur frémit tout autant qu'il le souhaite.
    Un des plus beaux romans de ma jeunesse. Et chapeau bas à Jean Marais qui vole la vedette à Auteuil (mais on n'est pas sur le même tableau). Dommage que Luchini était trop jeune encore.
    Voilà un beau pavé sur lequel nos pas doivent s'appuyer.
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    • Livres 5.00/5
    Par raynald66, le 19 avril 2015

    raynald66
    Lagardère recueille et élève la fille du Duc de Nevers assassiné.
    Il va tout faire pour confondre l'assassin, en prenant l'apparence d'un bossu.
    Bon roman d'aventure. J'avais aimé le film avec Daniel Auteuil et Fabrice Luchini

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Citations et extraits

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  • Par raynald66, le 19 avril 2015

    La plupart des bossus sont méchants, pensait Gonzague : les bossus se vengent.
    Les bossus ont souvent le coeur cruel, l'esprit robuste, parce qu'ils sont en ce monde comme en pays ennemi.
    Les bossus n'ont point de pitié. On n'en a point pour eux;
    De bonne heure, la raillerie idiote frappa leur âme de tant de coups, qu'un calus
    protecteur se fit autour de leur âme
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  • Par raynald66, le 19 avril 2015

    Votre nom n'était pas là, mais vous venez de l'écrire vous-même
    C'est la voix du mort : le mort a parlé !

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  • Par raynald66, le 19 avril 2015

    Ceci voyez-vous, est une affaire de l'autre monde. Un mort qui soulève la pierre de sa tombe après vingt années, monsieur le Duc, il s'interrompit pour grommeler en ricanant : est-ce qu'on se souvient ici, à la cour, des gens morts depuis
    vingt années ?

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  • Par raynald66, le 19 avril 2015

    Personne ne pouvait soupçonner le prince de Gonzague de souhaiter la mort de son ami ; mais il n'était pas en son pouvoir de l'empêcher, et le fait certain est que cette mort le faisait dix ou douze fois millionnaire

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  • Par raynald66, le 19 avril 2015

    Ces bossus ont tous de l'esprit ! dit-il négligemment, mais un esprit bizarre et difforme comme leurs corps, ils jouent sans cesse d'inutiles comédies

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Lagardère père et fils
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