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ISBN : 2917689595
Éditeur : Actusf (21/02/2014)

Note moyenne : 3.71/5 (sur 7 notes)
Résumé :
1. Entretien croisé
Entretien par Ayerdhal & Norman Spinrad
2. Entretien croisé
Entretien par Justine Niogret & Jean-Philippe Jaworski
3. Des nouvelles du futur
Chronique par Nicolas Nova
4. De l’autre côté du miroir
Portfolio par Catherine Dufour & Patrick Imbert
5. Les mains dans le cambouis, la tête dans les étoiles
Chronique par Alex Nikolavitch
6. Passerelles
Chronique par Julie Proust... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (2) Ajouter une critique
Dionysos89
  14 mai 2014
Après la reprise de la revue par Les Moutons électriques, puis la mise en commun de plusieurs aspects éditoriaux au sein du collectif Les Indés de l'Imaginaire (Les Moutons électriques, ActuSF et Mnémos), c'est désormais ActuSF qui publie Fiction, la revue des littératures de l'imaginaire, qui fait peau neuve par la même occasion. Celle-ci s'organise en deux temps avec d'abord des dossiers sur la fantasy, la science-fiction et/ou le fantastique, puis, dans un deuxième temps, une sélection de nouvelles inédites d'auteurs reconnus comme de jeunes débutants. Merci donc aux éditions ActuSF pour cet envoi très apprécié.
Le dix-huitième numéro de la revue Fiction s'ouvre sur deux rubriques de taille : des interviews croisées entre auteurs aux imaginaires complémentaires ! Tout d'abord, Ayerdhal et Norman Spinrad, mis en relation lors du festival des Utopiales 2013, conversent autour de leurs rapports à l'écriture, de leurs concepts respectifs et des relations littéraires franco-américaines. Leur approche respective vers la science-fiction en tant que vision sur le monde d'aujourd'hui est toujours captivante à comparer, surtout pour deux cultures relativement différentes. Puis, nous enchaînons avec l'entretien entre Justine Niogret et Jean-Philippe Jaworski (lors de la soirée officielle de la rentrée des Indés de l'Imaginaire). Ce duo 100% français pèse de larges succès en matière de fantasy historique, puisque nous avons là l'auteur de Chien du Heaume, Mordre le bouclier et Mordred face à celui de Janua Vera, Gagner la guerre et Même pas mort ! du lourd, du puissant, mais aussi du poétique. Deux romanciers et nouvellistes, deux écrivains fortement penchés sur l' « aspect celtique des choses », dirons-nous, chacun ayant son rapport très personnel à l'historicité, mais aussi à la poésie du quotidien (le pouvoir des fouilles archéologiques pour M. Jaworski, tout comme celui des forges et de ses bruits caractéristiques pour Mme Niogret, par exemple). Pour l'un comme pour l'autre de ces entretiens, il s'agit vraiment d'assister à une comparaison vivante de deux oeuvres, de deux points de vue sur des thèmes relativement proches, en science-fiction comme en fantasy. le procédé semble classique, mais il est ici bien mis en valeur dans cette revue.
La revue se poursuit avec plusieurs dossiers spécialisés, sous forme de chroniques. Nicolas Nova nous donne « Des nouvelles du futur » en s'interrogeant sur la question « Avez-vous un visage si la machine ne le voit pas ? » ; Catherine Dufour et Patrick Imbert passent, eux, « de l'autre côté du miroir » avec un court reportage graphique volontairement troublant et déroutant ; Alex Nikolavitch garde « Les mains dans le cambouis, la tête dans les étoiles » en exposant sa connaissance de la question mutante, lui le spécialiste de la bande dessinée anglo-saxonne ; enfin, Julie Proust Tanguy tente quelques « Passerelles » avec sa chronique « de la littérature comme errance ».
La majeure partie de la revue Fiction reste, malgré tout, celle consacrée à la publication de nouvelles. C'est toujours compliqué de considérer ces nouvelles moins mises en valeur que dans une anthologie organisée et coordonnée, mais l'intérêt de la revue est de cibler, grâce à des nouvelles inédites, un peu de tous les genres des littératures de l'imaginaire, science-fiction, fantasy et fantastique étant tous trois représentés. Ces nouvelles sont alors par nature disparates, d'autant plus que nous avons ici à la fois des auteurs français et des traductions de nouvelles parues dans The Magazine Fantasy & Science-Fiction, revue américaine avec laquelle Fiction est en partenariat depuis ses grands débuts. C'est pourtant la richesse de ces différents choix qui fait l'un des intérêts de cette revue. Mise en exergue dans la section « Bonnes feuilles », Megan Lindholm, alias Robin Hobb, lance cette sélection d'inédits avec « Hasard de naissance » (A Coincident of Birth), publiée simultanément dans son recueil Liavek chez le même éditeur : dans cet univers partagé particulier et urbain, la jeune orpheline Kaloo cherche comment mettre à profit la magie, la « chance » offerte à tout un chacun au moment de son anniversaire.
Les deux premières nouvelles ne sont pas celles qui m'ont le plus passionné, avis très personnel évidemment. Tant « Les Djinns funèbres » de Timothée Rey entre espions expérimentés et androïdes dissimulés dans une ambiance très planet opera, que la « Trajectoire » (Arc) de Ken Liu où l'auteur laisse libre cours à ses réflexions sur le droit à l'éternité et l'inévitabilité de la mort, toutes deux manquent de suffisamment de rythme pour être captivantes. Heureusement pour moi, chacune des nouvelles suivantes met un place une intrigue prenante et un univers viable. En nous proposant « Quatre cents millions d'années de réflexion » (The 400-Million-Year Itch), Steven Utley poursuivait son idée du tourisme préhistorique avec la jeune assistante du physicien Cutsinger qui se questionne sur son métier, son intérêt dans la vie et le sens d'un voyage d'agrément au Paléozoïque : dépaysant ! Estelle Faye, en compagnie de ses « Gipsy Nuke », réussit à concilier la quête de l'amour et la lutte pour sa survie dans une Ukraine ravagée par les conséquences du nucléaire : les Children of the Atom ne sont-ils que rebuts de la société ou bien son futur ? « La rive d'en face » (The Far Shore) d'Elizabeth Hand représente la ligne à franchir pour Philip qui, l'âge aidant, s'éprend de la solitude offerte par un chalet isolé ; son voyage ne fait que commencer entre désir de retrouver l'amour, de côtoyer le fantastique et de découvrir, malgré tout, de nouveaux horizons. Pour un « Pique-nique à Pentecôte » (Picnic on Pentecost), Rand B. Lee nous sert un récit des plus touchants mais complètement surréaliste ; Elizabeth, sa mère et ses trois frères et soeurs parcourent leur univers, leur arrivée sur une planète particulière va bouleverser sa perception des choses au niveau tant physique que métaphysique : c'est par des mots percutants et des concepts volontairement flous que l'auteur prend notre imagination pour la retourner contre nous, et c'est drôlement perturbant (en bien !). Grâce à « L'éternité dure longtemps », Sonia Quémener se penche sur l'épineux problème de l'existence, et de la consistance, des fantômes ; les revenants ont-ils une voie à suivre ou même un poids encore par rapport à notre plan d'existence ? Pour cela, il faudra suivre la narratrice dans un voyage qui s'annonce éternel. M. K. Hobson, quant à lui, avec son « DynaCostume™ (PowerSuit™) », reprend à son compte, et de belle façon, le thème de la société future où chacun aura son assistant numérique personnalisé constamment avec lui : l'IAgent de Marshall Craig, son « Ami » comme il le nomme, a carrément sa propre conscience et compte bien lui faire gravir les échelons de son entreprise. Entre manigances industrielles et soubresauts imposés par ce personnage principal fan de rimes et de Frank Sinatra, ce récit mise son dynamisme (évidemment, vu son titre...). D'« Esprits tordus » (Mindbender) nous avons besoin pour imaginer ce que nous propose Albert E. Cowdrey : un réfugié politique russe, qui prend le nom de Milo Rubrik et qui est mis au secret dans une petite bourgade américaine par un responsable obnubilé par la traque d'un assassin intouchable, se révèle être un mentaliste particulièrement intrusif vis-à-vis du cerveau de ses proches : petit retournement de cerveau bienvenu, donc, avec cette nouvelle d'espionnage. Enfin, John Sladek nous propose « Les véritables chroniques martiennes » (The Real Martian Chronicles), où nous découvrons rapidement l'installation d'une petite famille sur Mars, narrée sur une semaine, entre le quotidien un peu absurde et l'exotisme ambiant propre aux territoires à conquérir.
Nous avons le droit de finir un peu essoufflés au terme de ce dix-huitième numéro de la revue Fiction : parcourir tant de territoires, tant d'esprits différents avec autant de styles particuliers, c'est aussi laborieux qu'enrichissant. L'important est évidemment que mon intérêt personnel pour les revues spécialisées est clairement relancé avec cette lecture ; d'ailleurs, le numéro 15, trouvé en occasion, est d'ores et déjà prêt à me faire poursuivre l'aventure.
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NarielLimbaear
  19 octobre 2014
Alors, alors, que dire de cette nouvelle mouture de la revue Fiction ? Prenons l'ordre du sommaire si vous le voulez bien.
Pour commencer, deux interviews croisés : l'un entre Ayerdhal et Norman Spinrad et l'autre avec Justine Niogret et Jean-Philippe Jaworski. Je ne connaissais pas du tout les deux premiers, j'adorais les deux derniers. Ces deux interviews sont intéressants chacun pour des raisons différentes : dans le premier, j'ai vraiment eu l'impression de découvrir les auteurs, tandis que dans le second, j'ai plutôt senti toute leur passion, le travail de recherche, minutieux. En fait, j'étais rivée à ma revue en me demandant pourquoi je ne pouvais pas être à côté d'eux à les écouter, bouche bée.
Les rubriques sont assez diversifiées, en passant de la réflexion sur la place de la vision des et par les machines, des photos (qui, je dois l'avouer, m'ont laissée placide), et des thématiques sur le mutant et le labyrinthe. Au final, de quoi cogiter et plein de nouvelles pistes de lecture.
Passons aux nouvelles !
On connait Robin Hobb/Megan Lindholm surtout pour ses grandes fresques, mais elle a aussi écrit quelques nouvelles. J'en ai découvertes certaines dans Héritage et autres nouvelles qui m'avait beaucoup plu : c'était varié, très bien écrit, avec souvent un arrière goût mélancolique que j'apprécie beaucoup dans les nouvelles. Ici, si la nouvelle s'inscrit dans un univers vaste, celui de Liavek, elle se lit très bien sans connaître et se savoure tout autant !
De Timothée Rey, j'ai lu Les souffles ne laissent pas de traces que j'avais beaucoup aimé : drôle, bien ficelé, inventif, bref un coup de coeur. Par contre, ses nouvelles de Dans la forêt des astres m'avaient laissée mitigée. On retrouve toujours sa patte, mais seulement… j'y ai trouvé le même défaut que dans Les Djinns funèbres : il développe des univers jusque dans les mots, et utilise ses mots à foison. du coup, le monde ne me parle pas, ne m'émeut pas, les personnages pas vraiment non plus, et l'histoire finit par me laisser de marbre. C'est dommage, car dans son recueil, j'avais franchement aimé certaines de ses nouvelles. Bon, on va dire que ce sera une fois sur deux avec cet auteur.
Ken Liu, je n'avais jamais rien lu, mais j'avais entendu du bien. Et c'est avéré, je crois que je suis fan. Il est tellement dans l'humain, dans toutes ses facettes, que je n'ai pu qu'aimer sa nouvelle. Pas grand-chose à dire, lisez-la !
Celle de Steven Utley ne m'a pas laissé un souvenir impérissable (en fait, j'ai même failli l'oublier durant la rédaction de la chronique), mais elle se laisse lire, il y a une jolie réflexion sur la manière de vivre des scientifiques.
Passons à Estelle Faye ! Si dans Porcelaine, je n'avais pas été convaincue par l'histoire, son style et son univers m'avaient passionnée. Ici, tout m'a plu : l'environnement neigeux nucléaire, qu'on peine à situer dans le temps malgré les indices, car c'est hors du temps ; les personnages, peu nombreux, mais attachants à leur manière, la courte histoire, les thématiques… Je repars ainsi plus positive pour lire Éclat de givre.
La rive d'en face, d'Elizabeth Hand, est très poétique avec son petit côté lac des Cygnes.
Pique-nique à Pentecôte ne m'a pas charmée outre mesure, sympathique mais sans plus pour moi.
Par contre, j'ai beaucoup aimé le principe de L'éternité dure longtemps de Sonia Quémener, même si c'est un peu déprimant par certains aspects. Drôle aussi.
DynaCostume est sympathique également, mais rien de notable dans mon esprit. Certaines pensées du personnage ou certains retournements de situation sont bien trouvés.
J'ai aussi beaucoup aimé Esprits tordus, même si je ne la garderai pas en mémoire je pense.
Et pour finir, Les véritables chroniques martiennes ont vraiment un petit goût de Bradbury !
Pour finir, j'ai trouvé dommage que les rubriques soient si tranchés : lire tous les essais d'un coup, les interviews d'un coup, les nouvelles d'un coup… c'est moins digeste, aéré, qu'une revue du coup. Oui, je sais, j'avais qu'à pas lire dans l'ordre, mais hein, on se refait pas ! En bref, une revue sympathique agrémentées de très belles histoires !
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Citations et extraits (4) Ajouter une citation
Dionysos89Dionysos89   18 mai 2014
Dans le cas de nos poules, on a retrouvé le bloc des gènes codant tout ce qui concernait la dentition, hérité de lointains ancêtres dinosauriens (eh oui, le poulet de Bresse est un des héritiers des dinosaures, mais une partie de l'héritage a été dilapidée en route, semble-t-il), mais inactivé par l'évolution, probablement à l'occasion d'une mutation, d'ailleurs. "Réveiller" ces gènes qui ne servaient plus depuis des milliers et des milliers de générations était tout à fait à la portée de nos généticiens, qui s'y sont donc employés, avec succès. Mais si ces poules ont des dents, elles sont loin de pouvoir s'en servir : poussant dans un bec qui a évolué sans elles pendant une petite centaine de millions d'années, ces quenottes sont grotesques, plantées dans tous les sens, inutilisables et pire, elles empêchent l'oiseau de se servir correctement de ses caractères normaux.

[Le mutant, d’Alex Nikolavitch]
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Dionysos89Dionysos89   14 mai 2014
Le volcanologue lui adressa un grand sourire et lui déclara :
"Je suis bien meilleur qu'Empédocle, je descends dans les volcans, comme lui, mais ensuite j'en ressors !
- Excusez-moi, qui était Empédocle ?
- Un Grec ancien qui a sauté dans le cratère du mont Etna pour avoir la preuve qu'il était immortel. Il ne l'était pas.
- Ah. Il a dû être très déçu.
- Très brièvement, j'en suis sûr."

[« Quatre cents millions d'années de réflexion », de Steven Utley]
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Dionysos89Dionysos89   24 mai 2014
Nous sommes un monde qui meurt. Notre civilisation est obsolète, et n’en finit pas d’agoniser. Elle aurait dû s’arrêter depuis longtemps, comme toutes ces centrales nucléaires dont la date de péremption est largement dépassée. Quelle serait la solution, si tant est qu’il en existe une ?

[Gipsy Nukes, d’Estelle Faye]
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Dionysos89Dionysos89   09 juin 2014
- C’est Mme Straits. Nous nous sommes rencontrés à l’église.
- Je ne savais pas que vous étiez croyant.
- Quel rapport ?

[Esprit tordus, d’Albert E. Cowdrey]

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