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ISBN : 2234078970
Éditeur : Stock (30/09/2015)

Note moyenne : 3.75/5 (sur 32 notes)
Résumé :
Les années trente, dit-on, sont de retour. La droite intégriste et factieuse occupe la rue, l’ordre moral sort des catacombes, la crise économique pousse à la recherche d’un bouc émissaire et l’islamophobie prend le relais de l’antisémitisme. Cette analogie historique prétend nous éclairer : elle nous aveugle. Voulant lire ce qui arrive à la lumière de ce qui est arrivé, elle en occulte la nouveauté inquiétante.
Montrer que nous vivons un tournant historique,... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (8) Voir plus Ajouter une critique
Henri-l-oiseleur
  26 octobre 2015
Je croyais que j'allais lire Alain Finkielkraut, et je me rends compte que je le relis, car j'avais déjà rencontré ces essais, réunis ici en volume, grâce au magazine internet (et "papier") Causeur. C'est une bonne chose que ces textes soient réunis dans un livre, car la presse est éphémère, et internet encore plus. C'est écrit avec un tel soin que seul le livre donne le temps de savourer une belle prose, et de méditer un peu au-delà de l'instant. le temps écoulé donne une autre dimension aux événements qui furent l'occasion de ces réflexions. Il permet de mesurer, sur une année, les grandes tendances de l'opinion et de la politique. Cet ouvrage est donc nécessaire et précieux.
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EricB
  13 janvier 2016
De ce recueil d'articles, qui méritent tous, par leur pertinence, une lecture attentive, je retiendrai la conclusion (ou une des conclusions) de l'auteur, à savoir que le message de ceux qui, comme Péguy, Bernanos ou Charles de Gaulle, incarnaient le vrai patriotisme, est devenu inaudible. Le sombre inventaire que dresse Finkielkraut semble confirmer cette vision pessimiste, mais les réactions à de récents et tragiques événements ne l'infirment-elles pas partiellement ?
Quoi qu'il en soit, Finkielkraut nous avertit derechef que l'heure est grave, philosophiquement, moralement, culturellement, politiquement. Mépriser ce penseur lucide, ne pas daigner méditer avec lui, serait un péché contre l'esprit.
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allard95
  17 septembre 2016
On connait les deux principales marottes d'A.Finkelkraut: d'une part, la belle école de France pour tous construite par la 3° République, et qui a assuré la promotion sociale et culturelle de plusieurs générations, a été dissoute dans les rêves de mai 68, pour ne plus être aujourd'hui qu'une garderie d'enfants au mental non structuré et que l'on flatte en leur distribuant des diplômes sans contenu, d'autre part l'importance du volume migratoire en France associé à l'absence de volonté d'intégration d'une bonne partie de ces immigrés, notamment d'origine arabo-musulmane, conduit à une dénaturation de ce pays, à l'affaiblissement de sa culture, à la perte de ses repères, et aussi, à des drames. Le deuxième phénomène étant d'ailleurs une composante du premier.
On sait que Finkelkraut agace, notamment ceux qui ne l'écoutent pas, et restent sur leurs a priori issus de la pensée gauchisante. Ceux-là savent pourtant que celui qu'ils ont désigné comme leur nouvel adversaire (alors qu'il a été des leurs) a raison. Bien sûr, A.F en fait parfois des tonnes ("moi, je n'ai pas besoin de téléphone portable....."), mais il a un mérite et une avance dont se privent ses opposants: il observe, et il réfléchit. Bien sûr, on a le droit de lui reprocher son pessimisme (curieusement rebaptisé récemment "déclinisme" par les dominants du pouvoir et des media, et presque pour lui-même). Mais, au moment où l'on enterre les enfants morts à Nice pour être aller voir un feu d'artifice, au moment où la Maire de Lille nous explique qu'il n'est plus possible d'organiser la braderie traditionnelle de sa ville, au moment où l'on apprend qu'un prêtre octogénaire a été égorgé dans un église et après qu'un chef d'entreprise ait été décapité au couteau l'année dernière sur ce même territoire, (entre autres drames récents, les "marches blanches" s'ajoutant aux nouveaux autels à bougies et ex-voto païens sur nos places et nos trottoirs) on peut aussi se souvenir de cette maxime: les pessimistes sont des salauds, les optimistes sont des imbéciles.
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Vermeer
  18 juin 2017
Articles de l'auteur sur des sujets variés, de société, d'actualité écrits de 20013 à 2015 et réunis ici.
Une idée force : dans notre société, la liberté individuelle prime sur le donné, sur le collectif (désir d'enfant par exemple ou valeurs collectives perçues comme liberticides). "Etre autonome, ce n'est pas faire ce qui vous plait, c'est répondre de ce qu'on fait"
La jeunesse, son intransigeance, ses réactions instantanées, dépourvues de recul et de réflexion sont valorisées. Ce qui est normal à vingt ans l'est moins par la suite (article sur Stéphane Hessel qui selon l'auteur est resté adolescent car il a fait le choix de l'intensité contre l'intelligence) "et l'on voit la flamme dans les yeux des jeunes gens. Mais dans l'oeil du vieillard, on voit de la lumière" (Victor Hugo).
Les références constantes aux années 1930 sont erronées, la société a changé, la situation politique n'est plus la même, l'antisémitisme a changé de visage. On nie le choc culturel dont l'Europe est le théâtre. l'Europe se dépouille de son être, de sa culture, de ses références, de son identité ce qui ne favorise pas l'intégration des nouveaux arrivants. La dénonciation du fanatisme islamique se transforme en remise en cause permanente, en élan de compassion (dominés vs dominants). de nouveaux inquisiteurs accusent de racisme tous ceux qui s'interrogent sur les problèmes posés par l'immigration ou l'Islam. Ainsi et cette idée est intéressante, appliqué à l'Autre, toute globalisation, généralisation devient (à juste titre) raciste mais appliqué à Soi, l'amalgame devient licite.
Le passé est une ressource et non un poids mort. L'école, la droite et la gauche abandonnent les Humanités, la culture, la droite au nom de l'adaptation au monde, la gauche au nom du catéchisme antiraciste, de l'ouverture à l'Autre, de l'égalité. On nous dit ce qu'il faut dire ou penser. Pourtant "la morale, ce n'est pas le souci de la morale, c'est le souci d'Autrui".
Autres articles sur la justice, les cours en anglais (moins convaincants), sur les raisons du recul des valeurs de la gauche et sur la fin de vie (très intéressant).
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kpotrapeliouk
  03 février 2016
Prétentieux et réactionnaire. Aucune véritable analyse sous le vernis de culture livresque exhibée sans goût. Triste de voir ce que sont devenus les "intellectuels" d'aujourd'hui, censés représenter le fin du fin de l'esprit français et qui se réclament de l'héritage de Sartre etc. On a davantage l'impression d'avoir affaire à un "people" ("l'autre jour, je dînais chez Milan Kundera avec Philip Roth...") qu'à un homme de lettres sérieux. Et malgré le titre au comble de la prétention (comme si monsieur Finkielkraut détenait LA SEULE exactitude !), il n'y a aucun véritable ligne directrice dans cette juxtaposition d'articles, sinon de faire mousser son auteur en lui donnant une occasion de cracher son venin sur à peu près tout ce qu'il y a de bon en France. Ainsi, les homos ont le tort d'oser défier la nature en réclamant le droit de procréer, Stéphane Hessel est un ado attardé (jaloux, Finkielkraut ?), et ceux qui osent comparer la France d'aujourd'hui à celle des anti-dreyfusards et des collabos ont simplement une peur bleue de la réalité et veulent la fuir... Dégueulasse.
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critiques presse (1)
LaPresse   11 janvier 2016
Politique hexagonale et européenne, mariage homosexuel, éducation, immigration, travail de la presse, laïcité et religion, morale, Front national, racisme, conflit israélo-palestinien, Charlie Hebdo. Tout ce qui suscite le débat en France depuis trois ans se retrouve dans ce livre. L'intérêt de le lire est donc indéniable. Toutefois, on se rend compte rapidement qu'il n'y est guère question d'une recherche de compréhension des phénomènes de société ni de solutions innovantes à des problèmes cruciaux.
Lire la critique sur le site : LaPresse
Citations et extraits (17) Voir plus Ajouter une citation
ErveineErveine   30 août 2018
Dès 1948, Claudel écrivait : "Maintenant, une vache est un laboratoire vivant, qu'on nourrit par un bout et qu'on trait, à l'électricité, par l'autre […]. Sont-ce encore des animaux, des créatures de Dieu, des frères et sœurs de l'homme, des significations de la Sagesse divine que l’on doit traiter avec respect ? Qu’a-t-on fait de ces pauvres serviteurs ? L’Homme les a cruellement licenciés. Il n’y a plus de lien entre eux et nous. Et ceux qu’il a gardés, il leur a enlevé l’âme. Ce sont des machines, il a abaissé la brute au-dessous d’elle-même. Et voilà la Cinquième Plaie : tous les animaux sont morts, il n’y en a plus avec l’Homme. »
(p.175)
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SepoSepo   01 octobre 2015
Retour sur la renonciation de Benoît XVI:

(...) ce qui frappe dans la décision pontificale, ce n'est pas sa modernité, c'est majesté. S'exprimant en latin, cette langue transmise à nous par de très vieux morts et que presque plus personne n'apprend, le pape a dit:" Je suis parvenu à la certitude que mes forces, en raison de l'avancement de mon âge, ne me permettent plus d'exercer adéquatement le ministère pétrinien. Cependant, dans le monde d'aujourd'hui, sujet à de rapides changements et agité par des questions de grande importance pour la vie de la foi, pour gouverner la barque la barque de saint Pierre et annoncer l’Évangile, la vigueur de l'esprit et du corps est aussi nécessaire, vigueur qui, ces derniers mois, s'est amoindrie en moi d'une telle manière que je dois reconnaître mon incapacité à bien administrer le ministère qui m'a été confié."Ces paroles admirables ne sont pas celle d'un cadre dirigeant ou d'un haut fonctionnaire atteint par la limite d'âge. Elles évoquent plutôt le discours qu'a tenu l'empereur Charles Quint le 25 octobre 1555 dans son palais à Bruxelles:"Je me sens maintenant si fatigué que je ne saurais vous être d'aucun secours, comme vous le voyez de vous même. Épuisé et brisé comme je le suis, j'aurais des comptes à rendre à Dieu et aux hommes si je renonçais à gouverner."
Benoît XVI n'était pas un monarque temporel, mais nulle contrainte institutionnelle ne pesait sur lui. Seule la mort, selon la coutume, pouvait interrompre son règne. En se retirant dans un monastère, à la surprise générale, il a renoué avec ce pouvoir souverain: le pouvoir d'abdiquer.p.29/30
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Henri-l-oiseleurHenri-l-oiseleur   27 octobre 2015
Mais voici que pour être à l'heure et ne pas rééditer les énormes bévues des contempteurs d'Olympia ou des Demoiselles d'Avignon, on se prosterne sans y regarder à deux fois devant Paul McCarthy et les produits laborieux de son infantilisme porno. Baudrillard avait décidément raison : "Quelque chose d'absurde est venu pourrir dans l'âme humaine cette passion de l'admiration qui était la plus belle."

p. 204, article sur le plug anal de la Place Vendôme; "L'anachronisme des modernes".
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Henri-l-oiseleurHenri-l-oiseleur   28 octobre 2015
Ancrés dans la certitude que le mal procède, en dernier ressort, de l'inégalité, ces gouvernements s'obstinent à ne pas voir que l'islamisme radical est une réaction non à ce que l'Occident a d'oppressif, mais à ce qu'il a d'émancipateur. La mixité, par exemple, qualifiée alternativement de "liberté bestiale" et de "marché d'esclaves" par Sayyid Qutb, le grand idéologue des Frères Musulmans.

p. 245
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Henri-l-oiseleurHenri-l-oiseleur   25 octobre 2015
(p. 37, sur "Indignez-vous de S. Hessel)**Et si notre époque le porte aux nues, c'est qu'elle reconnaît en lui le choix qu'elle a fait de l'intensité contre l'intelligence. Telle est, en effet, la signification métaphysique du culte contemporain de la jeunesse : extinction de la lumière et adoration du feu.
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