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ISBN : 2234073650
Éditeur : Stock (09/10/2013)

Note moyenne : 3.7/5 (sur 93 notes)
Résumé :
L’immigration qui contribue et contribuera toujours davantage au peuplement du Vieux Monde renvoie les nations européennes et l’Europe elle-même à la question de leur identité. Les individus cosmopolites que nous étions spontanément font, sous le choc de l’altérité, la découverte de leur être. Découverte précieuse, découverte périlleuse : il nous faut combattre la tentation ethnocentrique de persécuter les différences et de nous ériger en modèle idéal, sans pour aut... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (14) Voir plus Ajouter une critique
madameduberry
  29 juillet 2015
Il y a déjà d'excellentes et synthétiques critiques de cet ouvrage sur Babelio, la mienne sera sûrement moins précise, moins agréable à lire.C'est en effet un excellent livre, constat et analyse d'une époque soi-disant méfiante à l'égard de toute idéologie, et qui s'enveloppe de toutes sortes de protections afin de ne pas voir ce qui est visible, entendre ce qui nous est corné aux oreilles, dire ce qui devrait être dit.Cette position étant en soi-`même une idéologie, celle du politiquement correct.
Ma foi, j’ai lu ce livre qui a bien fait parler de lui, considéré comme une infâmie par certains, une indignité par d’autres, un brûlot à manier avec prudence par les plus tièdes, récupéré comme peuvent l’être les livres engagés, tordu et essoré dans tous les sens. Je me suis assise à côté du pilote dans ce rallye quelque peu risqué, mais à l’arrivée, mis à part quelques passages en effet un peu verglacés où il a fallu toute la maîtrise d’Alain Finkielkraut pour éviter une sortie de route, je constate que rien dans ce livre ne justifie le barouf qui a été fait autour, sinon l’égocentrisme bien connu des intellectuels attirés par un débat croustillant.. Barrès, d’ailleurs plusieurs fois cité et commenté par A.F., en a écrit bien d’autres et il n’y a a contrario absolument aucune violence à rechercher dans L’identité malheureuse. Au contraire on pourrait presque y trouver un excès de consensualité, à force de précautions et de clarifications, de conceptualisation intelligible et d’effort pédagogique. Tout le monde ne se donne pas tout ce mal vis-à-vis du lecteur, c’est le moins qu’on puisse dire (cf un débat récent autour du dernier et très opportuniste ouvrage d’ Olivier Todd.)
En ce qui concerne la forme donc :
Ce que j’ai apprécié, dans ce livre, outre l’intelligence, la probité intellectuelle et l’écriture cristalline (c’est déjà beaucoup, mais il y a plus), c’est la courtoisie extrême de l’auteur, qui ne prend ses lecteurs ni pour des idiots, ni pour des puits de science. Pour transposer un terme, qui a fait se gausser d’aucuns, dans un de ses chapitres, je dirai qu’A.Finkielkraut a la galanterie de s’effacer derrière notre ignorance éventuelle, et de ne pas faire tout un plat de sa culture supposée.Il nous tient la porte et presque il règle les consommations. Les citations ou références ne sont jamais des cuistreries mais des petites lumières qui balisent le chemin qu’il nous propose de parcourir en sa compagnie. Si bien que ce livre grave et sérieux a été lu par moi avec plaisir et parfois jubilation, en l’espace d’une soirée d’été. Lu, et souligné, pour y revenir. Il ne faudrait pas que la galanterie tourne à la séduction tout de même.
Pour ne donner qu'une illustration d'un des thèmes forts (éducation et transmission) J'ai été particulièrement instruite par la découverte de l'idée grecque de l'aÏdos (hélas je ne fus nourrie que de latin, pas de grec), c'est à dire "la réserve, la modestie, la pudeur qui naissent, en nous, de l'intériorisation du regard de l'autre." A ne pas confondre avec la honte, qu'on a un peu vite peut-être cru pouvoir conceptualiser de façon nouvelle à partir des écrits-très estimables- d'Annie Ernaux et Didier Eribon. L'aïdos aide l'enfant à "se situer dans l'orbe de la société des hommes", ainsi il est "soucieux de l'image visible qu'il donne de lui-même et c'est pourquoi il écoute ce qu'on lui dit".(Aristote) Entrez dans une salle de classe, n'importe laquelle, et vous comprendrez que l'aïdos n'a pas le vent en poupe.
Une conséquente bibliographie étoffe cet ouvrage pertinent au regard de la pensée et impertinent au regard de la bien- pensance.
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EricB
  09 décembre 2013
Avec son élégance de style coutumière, le philosophe nous propose un essai courageux sur l'identité de la France, qu'un certain nombre de sociologues, de politiques, d'intellectuels ou prétendus tels, de pédagogues même, s'évertuent à mettre en cause. Pour certains, la France est condamnée à un repentir perpétuel, sans espoir de rachat, non seulement pour ce qu'elle est, mais surtout pour ce qu'elle a été. Couverte d'opprobres éternels, la France n'aurait plus qu'à rentrer dans le rang ; le seul fait d'évoquer une identité nationale s'apparenterait désormais à un sacrilège. Finkielkraut nous montre avec finesse les dangers que recèle le procès en sorcellerie de l'identité nationale ; dès lors, son essai fait jaser.
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Vermeer
  04 novembre 2015
Alain Finkielkraut expose le bouleversement que connaît l'Europe et la France en particulier depuis quelques décennies, depuis son enfance notamment (né en 1949) avec la vision pessimiste mais certainement réaliste qu'on lui connaît (donc surtout à ne pas lire lors d'une baisse de moral car cela vous achève !), Il reprend des thèmes qui lui sont chers : conception de la Nation, laïcité, voile, école, immigration, nouvelles technologies, perte de valeurs, culture, relativisme absolu dont beaucoup étaient déjà exposés en 1985 dans "la défaite de la pensée".
L'Europe contemporaine est prisonnière de son passé et en particulier d'Auschwitz et de la colonisation. Elle a renoncé à l'universalisme des Lumières, ne croit plus en son identité. A force de dire "plus jamais ça", elle ne voit pas le présent et les dangers du communautarisme et se croit toujours dans les années 1930..Elle est partisan du "Romantisme pour autrui" (le Romantisme ayant entraîné au XIX° siècle le Nationalisme), de l'orgueil identitaire sauf pour elle-même.
L'école qui intégrait en refusant les particularismes en enseignant l'histoire, la langue, la littérature, offrait "la France en partage" n'assure plus son rôle en se complaisant dans la démagogie, la culture est dénigrée. Il évoque la notion grecque d'aïdos, modestie, pudeur dans la vie en société qui tend à disparaître.
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philippraimbaud
  14 novembre 2013
Est-il encore possible d'hériter et de transmettre ? Témoin de son temps, passeur d'éducation, Alain Finkielkraut a l‘outrecuidance d'aller à rebours d'une certaine idée de la modernité bien pensante pour fouiller son « identité malheureuse ». Non, tout ne se « vaut » pas et la culture ne doit pas être le parent pauvre de notre présent. Au risque de heurter les nouvelles valeurs du « politiquement correct » - le respect, l'égalitarisme, l'universalisme, les nouvelles technologies - Finkielkraut se livre à un exercice intellectuel brillant et sain, souvent risqué, parfois scabreux, mais toujours courageux et salutaire.
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Enroute
  17 mars 2017
Papi ronchon reprend la plume et il a beaucoup baissé depuis "la défaite de la pensée". le pamphlet commence par la question de la laïcité à l'école, enchaîne sur celle du féminisme moderne, poursuit par les marottes européennes (Shoah et décolonisation), se prolonge (péniblement) par l'idée que l'on peut avoir des racines sans être raciste, s'étend encore par celle que les technologies envahissantes empêchent le développement de la réflexion qui ne s'exprime plus que par la vulgarité, et s'achève, enfin, par le refus moderne de l'autorité où le "jeune" (celui qui sait ce qu'il veut et s'il ne le sait pas, les autres comme lui sont là pour le lui dire) a remplacé l'élève.
A ce stade, on est bien loin de la laïcité du départ dont on attendait la clôture du sujet, en vain. Ce qui relie tout cela ? l'identité. Qu'est-ce que l'identité ? Au lecteur de s'en faire une idée, qui sera sans doute aussi superficielle que celles que l'auteur a éructées sur le papier. En effet, par la cumulation du contenu de ses fiches "citations" - certainement consciencieusement constituée depuis quarante ans - comme on parcourt le dictionnaire, Alain Finkielkraut présente une réalisation linguistique qui n'est pas sans emprunter sa structure à "Wikipédia", ce qui, pour quelqu'un qui s'apitoie sur la fragmentation de la pensée contemporaine, n'est pas des plus heureux. Si on a lu les textes, on ne voit pas ce que la citation apporte, et, sans doute, si on ne les a pas lus, on ne comprend rien. L'effet d'autorité est aussi certain que l'effet de persuasion est nul.
Car somme toute l'essai ne dit que ceci : "tout part à vau l'eau, rien ne tient, l'école publique de mon enfance, c'était tout de même mieux, qu'on ne vienne pas m'embêter avec ces histoires nauséabondes d'immigration, de colonisation et d'Europe, ça ne m'intéresse pas, vive la République et vive la France". On attendait d'un académicien un peu plus de profondeur et, surtout, un peu plus d'optimisme. Car si on passe sa vie à acquérir des connaissances et qu'on l'achève en laissant pour témoignage que ça ne vaut plus la peine, ceux qui restent se demandent pourquoi ils s'acharneraient à apprendre des choses qui n'ont pas permis à celui qui les sait déjà de dégager la moindre lueur positive.
Par ailleurs, on se demande s'il a bien lu les livres qu'il cite, car sa pensée ne paraît pas, contrairement à ce qu'il soutient, en contradiction avec celles de ces affreux promoteurs du cosmopolitisme, Ulrich Beck et Jean-Marc Ferry - sans doute devait-il chatter pendant ce temps ou regarder la télévision, incorrigible qu'il est à glaner des arguments anti-modernité pour son prochain pamphlet. Il est vrai qu'en leur réglant leur compte en une dizaine de lignes, les arguments manquent pourtant pour soutenir ce point de vue ou son contraire.
Enfin, si la conclusion de l'essai est que l'on a le droit d'être français sans être raciste, on était en droit de penser qu'il était possible de le faire comprendre en moins de 200 pages. Reste que les questions initiales ne sont pas résolues : pourquoi les autres pays s'offusquent-ils de la laïcité française ? qu'est-ce qui justifie fondamentalement, à l'heure de la mondialisation, la version française de la laïcité si l'essai prétend, en s'appuyant sur Claude Lévi-Strauss, que la communauté culturelle française a bien le droit, comme les autres (mais pas plus ni moins que les autres), d'exister... Bon, disons que j'ai dû lire trop vite...
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critiques presse (4)
LActualite   01 juillet 2014
La question de l’intégration des immigrés est une question politique trop souvent escamotée en faveur d’un débat idéologique qui polarise les « démons de l’identité face à ceux de l’universel ». Mais peu importe, même Finkielkraut devra admettre qu’aux trois principes républicains de « liberté, égalité et fraternité », il faudra désormais ajouter « diversité ». Les nations occidentales en sont là.
Lire la critique sur le site : LActualite
Bibliobs   28 octobre 2013
Finkielkraut règle ses comptes avec lui-même. C'est intéressant, c'est légitime. Mais pas sur le dos d'une catégorie de la population parmi les plus fragiles.
Lire la critique sur le site : Bibliobs
LeMonde   25 octobre 2013
Toutefois la nouveauté du livre se situe bien du côté du lexique et du ton. Le vocabulaire, d'abord, se fait toujours plus national. Hier, Finkielkraut veillait sur la République, aujourd'hui il escorte "l'identité française".
Lire la critique sur le site : LeMonde
Telerama   16 octobre 2013
Tout au long de ce voyage en « identité malheureuse », Alain Finkielkraut entend faire la preuve qu'« on peut éviter le politiquement correct sans tomber dans le politiquement abject » — l'enfer identitaire, nationaliste, raciste, qui conduit à Auschwitz.
Lire la critique sur le site : Telerama
Citations et extraits (24) Voir plus Ajouter une citation
MarpesseMarpesse   08 juin 2014
Jamais l’école ne m’a fait honte de mes origines. Jamais elle ne m’a demandé de renier ma généalogie. Jamais non plus elle ne m’a invité à m’en prévaloir. Elle me demandait d’être attentif, d’apprendre mes leçons, de faire mes devoirs, et elle me classait selon mon mérite. L’origine était hors sujet.
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philippraimbaudphilippraimbaud   14 novembre 2013
"Nous ne produisons du neuf qu'à partir de ce que nous avons reçu. Oublier ou excommunier notre passé, ce n'est pas nous ouvrir à la dimension de l'avenir : c'est nous soumettre, sans résistance, à la force des choses."
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Jean_AvesnesJean_Avesnes   10 novembre 2016
La jeunesse est, si l’on ose dire, une réalité aussi vieille que l’humanité, mais ce qui différencie le jeune des enfants et des adolescents de toujours, c’est qu’il campe désormais sur lui-même, qu’il est un être plein, un individu à part entière, juge de ses intérêts, fort de ses opinions, titulaire de ses gouts et aversions, jaloux de son idiome, de sa musique, de ses choix vestimentaires. Il sait ce qui lui plaît, il sait ce qui est nul, et si d’aventure il ne le sait pas, ses pairs se chargeront de lui faire savoir. Le marché, qui plus est, entérine ses désirs et s ‘applique à les satisfaire avec tous les égards que l’on doit à un consommateur insatiable. Courtisé, honoré, adulé par l’industrie du divertissement, il ne se définit plus par son inachèvement. Rien ne lui manque. Il ne peut vouloir qu’on l’élève : il est sur un trône.
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MarpesseMarpesse   08 juin 2014
L’enracinement des uns est tenu pour suspect et leur orgueil généalogique pour “nauséabond”, tandis que les autres sont invités à célébrer leur provenance et à cultiver leur altérité. Ici on dénonce tout à la fois un privilège exorbitant et un fantasme mortifère; là on encourage ardemment le sens de la continuité et de la fidélité à ses racines.
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enkidu_enkidu_   15 septembre 2017
En 1925, soit vingt ans après la méditation proustienne sur la lecture, le grand romaniste allemand Ernst Robert Curtius observe encore que « la littérature joue un rôle capital dans la conscience que la France prend d’elle-même et de sa civilisation » et qu’« aucune autre nation ne lui accorde une place comparable ». Dans les mêmes années, son ami Charles Du Bos affirme sans crainte d’être démenti ou discrédité qu’« il existe un grand dialogue dont il nous faut souhaiter qu’il dure autant que notre race, car il s’en dégage la musique la plus compréhensive et la plus solennelle que le génie français ait fait rendre à l’instrument qui lui est propre : le dialogue Montaigne-Pascal. Un Français est profond dans la mesure où, à son rang, il sait maintenir ce dialogue vivant en lui ». Albert Thibaudet, enfin, élargit la proposition. Le Français est dialogique, dit-il, car il habite une littérature qui vit « sous la loi du couple : Montaigne et Pascal, mais aussi Bossuet et Fénelon, Corneille et Racine, Voltaire et Rousseau, Hugo et Lamartine… »

Ces réflexions nous parviennent comme des échos lointains d’un monde disparu. Le Français dépeint par Du Bos appartenait à la bourgeoisie. Et le bourgeois, ce n’était pas seulement l’homme économique, c’était aussi un héritier. Il avait certes édifié une société nouvelle gouvernée par l’intérêt mais il s’était bien gardé, en dépit des proclamations révolutionnaires, de faire table rase de l’Ancien Régime, c’est-à-dire, pour parler comme Hume dans le lumineux essai cité plus haut, de la « monarchie civilisée ». « Les républiques favorisent davantage le développement des sciences et les monarchies civilisées celui des arts polis », écrit Hume (...) les monarchies civilisées permettent et même exigent l’alliance de la pensée et du style.

Les démocrates jusqu’au bout des ongles que nous sommes devenus aimeraient pouvoir faire dériver de l’idée d’égalité l’ensemble des vertus humaines et l’intégralité des bienfaits de la civilisation. Mais l’histoire ne l’entend pas de cette oreille : c’est sous le règne de Louis XIV, quand tout se passait à la cour, que « dans le domaine de l’éloquence, dans la poésie, dans la littérature, dans les livres de morale et d’agrément », les Français furent « les législateurs de l’Europe », comme le souligne Voltaire, un autre penseur des Lumières. Ils ne remplissaient plus cet office en 1925.
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