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EAN : 9782358871051
355 pages
Éditeur : La manufacture de livres (10/09/2015)

Note moyenne : 3.8/5 (sur 5 notes)
Résumé :
Entre 1982 et 1985, vingt-huit personnes, hommes, femmes et enfants, ont été abattues dans une série de hold-up et de cambriolages particulièrement violents en Belgique et dans le nord de la France. Ces vingt-huit personnes ont été tuées par une bande jamais identifiée : les tueurs fous du Brabant.

Qui étaient ces assassins ? Des prédateurs avides de butins faciles ? Des terroristes ne revendiquant pas leurs actes ? Des racketteurs s'en prenant à une ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (1) Ajouter une critique
benleb
  30 septembre 2015
Entre 1982 et 1985, une bande de truands commit une série de cambriolages et braquages sanglants en Belgique et dans le nord de la France, assassinant 28 hommes, femmes et enfants. Il n'ont jamais été identifiés et on ignore leurs mobiles.

Dans une première partie, les auteurs font le récit de ces crimes. Une première vague d'attaques en 1982-83 provoqua la mort de 12 personnes. Puis à la fin de 1985, deux attaques de supermarchés firent seize victimes de plus. La gratuité de ces assassinats par rapport à la maigreur du butin, l'aspect physique des assaillants - en particulier la présence d'un géant blond particulièrement violent - provoquèrent une psychose dans le pays. La bande finit par jeter ses armes dans une rivière et par se disperser, après sa dernière tuerie.

Ensuite les auteurs s'intéressent à toutes les pistes explorées par les enquêteurs et elles sont nombreuses : terroristes d'extrême droite, d'extrême gauche, complot de la gendarmerie pour renforcer ses moyens, réseaux Gladio, grand banditisme belge, néerlandais, français, services secrets bulgares ou russes, chantage sur une chaîne de supermarchés, adeptes du "practical shooting"...

Les policiers ont cherché partout et n'ont rien trouvé, mais ils ont inquiété certaines personnes qui voyaient leurs secrets révélés. Cherchant à résoudre une série de crimes hors-normes, dans toutes leurs enquêtes, ils sont évidemment tombés sur quelques affaires d'état. Mais en se limitant aux pistes suivies par la police, les auteurs évitent les pièges du complotisme même si ceux-ci sont parfois effleurés.

Surtout dés le départ, ce fut un désastre judiciaire et policier. Il y eut des rivalités entre magistrats wallons et flamands, entre services de police, entre personnes. Alors que les magistrats savaient qu'il avaient affaire à une seule bande, ils ne constituèrent un pôle unique d'enquête que très tard. Des voyous furent arrêtés, condamnés puis relâchés; surs de leur culpabilité, les policiers et le procureur n'examinèrent pas d'autres hypothèses. Plus tard des pièces à conviction furent détruites, des analyses d'experts négligées. Ce désastre, auquel succéda l'affaire Dutroux, entraîna une réforme du système judiciaire et policier.

La postface de Patricia Finné, fille d'une des victimes, renforce cette impression de négligence, sinon de sabotage. Elle évoque son ressenti personnel de l'affaire, insistant sur l'abandon des familles de victimes par les autorités judiciaires et policières.
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Citations et extraits (12) Voir plus Ajouter une citation
lrntvlrntv   13 août 2020
Les unités de paras commandos, les bérets rouges, sont appelées à participer à des patrouilles mixtes dans les rues avec la gendarmerie. Certains points névralgiques font l'objet d'une surveillance renforcée : l'aéroport national de Zaventem, le siège de l'OTAN à Bruxelles, certaines ambassades importantes. Des centaines d'autres militaires dont les légendaires chasseurs ardennais sont déployés dans les grandes villes comme Anvers, Liège, Charleroi ou Gand. Le gouvernement fait ainsi la preuve par l'absurde de son impuissance à contrer les terroristes d'extrême gauche des CCC et les attaques des tueurs du Brabant. Les dix-huit mille gendarmes et les milliers de policiers communaux ne sont pas suffisants pour assurer l'ordre public et la tranquillité des citoyens, missions essentielles d'un État démocratique. Les partisans des droits de l'Homme s'inquiètent devant ce qu'ils considèrent comme une dérive sécuritaire dangereuse pour le régime démocratique et un premier pas vers un régime dictatorial. Mais ils ne sont pas entendus. À situation exceptionnelle, mesure exceptionnelle.
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lrntvlrntv   13 août 2020
Cette première vague des tueries du Brabant wallon ouvrit les yeux des Belges quant à l'état pitoyable de leur justice qui n'a jamais été en mesure de contrer la bande. Les moyens matériels et humains étaient dramatiquement insuffisants. La guerre des polices faisait des ravages, gendarmerie et police judiciaire s'observaient en chiens de faïence et ne collaboraient que très peu. Les magistrats croulaient sous des milliers de dossiers dont beaucoup étaient classés sans suite. Les écoutes téléphoniques demeuraient illégales malgré le souhait des magistrats éminents. Les permanences de nuit dans certaines villes n'étaient pas ou plus assurées. Le matériel était archaïque. Les victimes d'actes de violence n'étaient jamais entendues. Les tueurs du Brabant ont profité des carences graves de la justice et se sont engouffrés dans ses failles.
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lrntvlrntv   13 août 2020
Le 15 novembre, le ministre de la Justice propose de placer des tireurs d'élite sur le toit des grandes enseignes et de placer des hélicoptères en stand-by. La Belgique, du nord au sud, semble en état de guerre. Les Belges vont se ruer chez les armuriers pour se procurer un riot-gun dans un réflexe d'autodéfense. Aussi incroyable que cela puisse paraître, cette arme, tout comme le 22 LR, était en vente libre. Les armuriers vont faire des affaires en or pendant quelques mois. Les acquéreurs, dans leur grande majorité, ignorent le mode de fonctionnement. Un climat de psychose va s'installer dans le pays. Si tel est l'objectif des tueurs fous, ils l'ont atteint. En ce sens, les trois attaques de 1985 peuvent être considérées comme du terrorisme au sens premier du terme : semer la terreur dans la population. 
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lrntvlrntv   13 août 2020
Rien n'est pire qu'un crime inexpliqué et donc impuni. Cela provoque chez tout un chacun un sentiment d'injustice d'autant plus qu'ici il ne s'agit pas d'un seul crime, mais de vingt-huit assassinats. Vingt-huit personnes, hommes, femmes et enfants abattus dans une série de hold-up et de cambriolages d'une violence inouïe commis entre 1982 et 1985 en Belgique, mais aussi dans le nord de la France. Tués par une bande d'hommes insaisissables et diaboliques jamais identifiés à l'heure où vous lisez ces lignes : les tueurs du Brabant, du nom de cette province belge encore unifiée à l'époque où furent commis leurs méfaits. Et cela malgré l'existence d'une prime record de deux cent cinquante mille euros qui sera attribuée à quiconque permettra leur identification.
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lrntvlrntv   13 août 2020
Les méfaits criminels des tueurs du Brabant ont été commis en deux vagues distinctes. Une première débute en août 1982 et se termine en décembre 1983 entraînant la mort de douze personne, une seconde durant l'automne 1985 au cours de laquelle seize autre perdront la vie. Les objectifs de ces tueries semblent être très différents, mais il est admis qu'elles ont été le fait d'une même bande, et ce même si certains enquêteurs pensent qu'elles auraient pu être l’œuvre d'au moins deux groupes ayant puisé dans le même stock d'armes pour mieux brouiller les pistes. L'acte fondateur des tueries du Brabant a eu lieu à Maubeuge, en France. 
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