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ISBN : 2364681812
Éditeur : Editions du sous-sol (02/03/2017)

Note moyenne : 3.83/5 (sur 49 notes)
Résumé :
Le surf ressemble à un sport, un passe-temps. Pour ses initiés, c'est bien plus : une addiction merveilleuse, une initiation exigeante, un art de vivre.
Elevé en Californie et à Hawaï, William Finnegan a commencé le surf enfant. Après l'université, il a traqué les vagues aux quatre coins du monde, errant des îles Fidji à l'Indonésie, des plages bondées de Los Angeles aux déserts australiens, des townships de Johannesburg aux falaises de l'île de Madère.
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Critiques, Analyses et Avis (17) Voir plus Ajouter une critique
Merik
  17 avril 2018
Une magnifique odyssée, un road movie épique du surf, voilà dans quoi nous plonge cette autobiographie d'un passionné, addict à la vague d'exception et au spot isolé. Difficile de ne pas penser à Kerouac tant l'esprit qui y souffle rappelle l'épopée des beatniks une bonne partie, même si l'on y croise plus souvent des beach bums, ces marginaux des plages océaniques.
De la Californie à l'Afrique du Sud en passant par l'Indonésie, Hawaï, la Thaïlande, l'Australie ou les iles Fidji, la bio de William Finnegan se déroule en suivant le fil de son obsession dévorante. Dès 10 ans il entrevoit ce jardin secret qui l'extrait du monde et des siens ; jeune adulte il laissera travail et compagne pour un périple à l'amitié tumultueuse dans le Pacifique Sud avec Bryan, tous deux en quête de la vague au sentiment d'immortalité ; enfin son séjour en Afrique du Sud ancrera sa vie dans une optique moins futile, plus politique et engagée.
L'on y croise quantité de vagues aux descriptions personnalisées et minutieuses, sources de sublimes « rides » ou de mémorables raclées. L'on y rencontre des surfeurs avides de plaisir égoïste capables de beaucoup pour la vague idéale, mais pas toujours d'entraide ou de respect. Un monde rebelle et ascétique, où la violence paraît consubstantielle à la puissance des vagues recherchées : « Les surfeurs appellent cette puissance le juice – le jus – et, quand les vagues deviennent sérieuses, le juice devient l'élément critique, l'essence même de ce que nous sommes venus chercher pour nous mettre à l'épreuve – tantôt en l'affrontant avec témérité, tantôt en l'évitant avec lâcheté. Ma propre relation avec cette quintessence, cette dose de violence pure, s'est faite plus vivace avec le temps. »
Loin d'être un manifeste exclusif pour le surf qui sombrerait dans le rébarbatif de technicité ou d'aveuglement prosélyte, c'est avant tout un superbe texte dense et exigeant, à la saveur littéraire avant d'être sportive, où il est aussi question de voyage, de sens de la vie, de famille ou de société. Le jargon du surfeur est certes bien là aussi, impossible en effet d'échapper aux takeoff, ride, lineup et autres subtilités du vocabulaire adéquat. Mais un glossaire retenu par un marque-page peut faire l'affaire, tandis que le talent et le souffle de conteur de William Finnegan s'occupent du reste.
Un auteur par ailleurs reconnu grand reporter, amateur diplômé de littérature, enclin tout au long du récit à discuter livres et auteurs, écrivant déjà des romans jeune adulte. Surf et littérature, ou quand une passion semble au final en cacher une autre.

« Se trouver au milieu des grosses vagues a un côté onirique. Terreur et extase rodent toutes deux ensemble, menaçant de submerger le rêveur. Une splendeur surnaturelle émane de la vaste arène d'eau mouvante, de ciel, d'une violence latente et explosions bien trop réelles. Ces scènes qui s'offrent à vous semblent déjà mythiques alors même qu'elles se déploient. Je suis toujours la proie d'une ambivalence féroce : j'aimerais être n'importe où ailleurs à cet instant et, en même temps, je n'aspire qu'à être ici.»
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Stelphique
  21 avril 2017
Ce que j'ai ressenti:… Screamer de coup de coeur…
« Les surfeurs sont des fétichistes de la perfection. »
Imaginez… Fermez les yeux… Et laissez la Vague Finnegan vous emporter…Il n'est lecture plus immersive, tempétueuse, dangereuse, mais aussi, plus follement addictive et sensationnelle…Du moment, où tu ouvres ces pages, tes pieds se posent sur la planche de surf de ce jeune gamin, et elle t'envoie dans les tourments de l'océan, te valdingue dans les déchaînements du temps, te transportent au delà des continents…Tu retiens ta respiration, tu vibres d'une fureur fébrile, tu ressens un vent de liberté, tu t'en prends plein la vue…Un voyage à l'intérieur des tubes et une splendeur extérieure à couper le souffle, racontés au rythme du reflux d'une vie épanouie, au contact de la mer…Génialissime!
« A l'instar des roses ou des diamants, les vagues sont des objets immuables de la nature. »
Tout l'enchantement de cette lecture tient à cette force d'écriture, au pouvoir incroyable qui te rend palpable toutes les sensations de ce sport exigeant. Même vertigineuses, ses descriptions sont époustouflantes! William Finnegan rend fabuleuses ses mémoires, avec cette passion de tous les dangers, cette invitation au voyage, cette petite porte ouverte pour comprendre cette envie démentielle de se confronter toujours, aux forces maritimes de la nature. Dans le ride, l'émerveillement , au top-turn, l'adrénaline, au Pull-out, la douleur...On fait le tour des émotions de ses hommes qui n'ont pas peur de se mouiller, qui osent défier les lois de la gravité avec leurs planches sur des hauteurs instables, qui affrontent vents et marées…Plus de 500 pages, pour saisir toute l'immensité d'une addiction aux chocs des vagues…
« le nouvel idéal émergeant était la solitude, la pureté, la perfection des vagues, loin de la civilisation.(…) C'était une piste qui nous éloignait de la citoyenneté au sens archaïque du terme, pour nous conduire vers une frontière à demi effacée où nous pourrions vivre comme des barbares de la fin des temps. »
Journaliste de guerre, nous avons presque en vision trouble, le théâtre des pires conflits mondiaux cachés derrière ses lignes. On devine la violence, elle est là, sous-jacente, mais l'auteur décide de nous parler que de beauté. C'est un homme avant tout, qui se frotte au danger, autant dans son métier que dans sa passion : il a comme une urgence dans sa manière de vivre, il a en lui, une fureur tranquille à louvoyer aux quatre coins du monde et affronter les aléas de la vie. Chaque vague se teinte du panorama d'une ville, chaque article s'empreinte des larmes versées, mais toujours le plaisir salvateur de la glisse…C'est un fascinant tour de force que de rendre ses océans démontés, un lieu de rendez-vous d'amitié et de félicité…
« On ne peut que haïr la façon dont le monde tourne. »
C'est une lecture qui ouvre sur le monde, ses joyaux et ses atrocités. Un récit de vie intense et mouvementé…Un roman qui te tient éveillé la nuit, et qui t'attire irrésistiblement vers les flots, le jour. L'appel du large devient violent et libérateur…Jours Barbares est un coup de coeur!
« L'enchantement me porterait là où il voudrait. »
Petit plus: Merci pour le glossaire du surf à la fin!
Ma note Plaisir de Lecture 10/10

Lien : https://fairystelphique.word..
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Horizon_du_plomb
  07 avril 2018
« Peut-être devrais-je m'en tenir à écrire sur… bon, sur un sujet que je connaissais intimement. Le surf. »
« De longs moments de grâces sous pression »
« Il y avait en lui une joie de vivre et une sorte de tendresse exempte de gentillesse idiote. » (Citant James Salter pour décrire un ami d'enfance.)
Si Hollywood sanctifie régulièrement le surf par des images prédigérées (voir encore le film « Chasing Mavericks »), ce livre est leur pendant underground et réel. C'est un roman d'initiation, de découvertes qui se lit facilement malgré les nombreux personnages, noms techniques liés au surf et autres références spécifiques, preuve s'il en est que l'écriture est agréable et bien construite, qu'elle témoigne d'une expertise. L'auteur décrit tellement bien ses premiers élans, ses souvenirs, qu'on s'y voit clairement, comme immergé à travers un passé limpide sous une écriture scintillante. Voir venir la vague, la cerner, l'amadouer pour mieux s'en libérer et la laisser aller, c'est tout simplement l'art de la rencontre raconté différemment. On revit ces époques avec leurs atmosphères bercées par les tempêtes des grands évènements du monde au lointain. Ce qui marche, c'est l'authenticité du récit, la narration allie l'émotion brute à l'analyse fine et en rétrospective sur les évènements ou les personnes. L'océan n'est qu'une facette de ce monde chaotique qu'on éprouve, ordonne, voire cultive suivant ses qualités d'homme.
«  Je prendrais tout ce qui me serait donné. Platon pouvait attendre. »
Une dynamique porte le livre, c'est celle que connaît bien tout nageur quand il nage en mer ou dans un courant plutôt qu'en piscine ou dans un lac. C'est le flot de la vie. J'ai beaucoup aimé l'énergie sauvage alliée à l'observation contenues dans ce livre. C'est un bouquin qui vous pousse dans le dos à paraphraser Janis Joplin « Honey, (get it) read it while you can. »
« Aussi ringard que ça puisse paraître, c'est à l'esprit humain que je m'intéresse, à la façon dont les gens réagissent au stress et à l'adversité. A leur manière de lutter, de riposter, de trouver le moyen de refaire surface. » (Propos de Mark « Doc » Renneker)
« J'avais un peu plus de plomb dans la tête. Je savais désormais qu'elles étaient créées par de lointains orages qui se déplaçaient à la surface des abysses. » (Parlant des vagues.)
Honnêtement, il est clair qu'on y parle beaucoup (trop ?) surf pour une autobiographie mais ce livre dépasse ce cadre pour aller bien plus loin. Il me fait penser à « Autoportrait de l'auteur en coureur de fond » de Murakami. Un de ses thèmes majeurs est clairement la ségrégation (générale) et l'intégration à un groupe. C'est aussi de sa pratique du métier de journaliste en zones de conflits dont nous parle l'auteur entre les lignes.
« Presque tout ce qui se passe dans l'eau est indicible - tout langage est inadapté. (…) et, sous-jacentes à tous ces éléments, les innombrables perceptions sous-corticales trop subtiles et fugaces pour qu'on puisse les exprimer oralement. »
En fait, c'est un livre qui nécessite de s'immerger, de ne pas chercher à retenir le flot des mots. Un peu comme la musique qui est présente dans ce livre et dont je me suis parfois amusé à écouter les morceaux cités (ex https://www.youtube.com/watch?v=UfmkgQRmmeE , https://www.youtube.com/watch?v=COZzsTwDghQ )
« En vérité, ceci est un livre sur ce lieu, cet espace incrusté dans l'ambre du mythe. »
« J'étais conscient d'avoir consacré au surf une quantité de temps et d'énergie qui relevait presque du sacrilège. En 1981, un magazine de surf avait publié une liste des dix vagues que ses éditeurs considéraient comme les meilleures du globe. J'ai constaté avec surprise que j'en avais surfé neuf. » (auxquelles il rajoutera Madère, Ocean Beach à San Francisco,…)
Il y a un coté énervant à voir l'auteur toujours en première ligne de la découverte d'un spot mais c'est l'authentique plaisir de la découverte, loin de la foule déchaînée, qui l'attirait comme un aimant. Quand on voit la richesse des détails, on se demande aussi quelle est la part de ce qui est mis en scène (autofiction), remémoré ou écrit à partir des notes de journal intime. À travers ses mémoires, c'est bien quasi toute l'histoire du surf et celles de nombreux spots célèbres que relate l'auteur d'un point de vue « amateur », underground.
« Elle remontait à la surface, enlevait son tuba et me demandait: « Humuhumu ? » »
Honnêtement, contrairement à bien d'autres livres, c'est une lecture où je me suis longtemps posé la question de la cotation. Je pense au final que cela vaut 3,5 si on ne s'attache pas à tous ces passages techniques de descriptions de spots qui forment la houle du livre tandis que le fond complexe, subtil et varié du livre émerge entre les lignes. Cela dit, il ne faut pas s'y tromper, les deux aspects, alliés par une écriture expérimentée, forment bien le tout d'un livre qu'on ne peut s'empêcher de critiquer à la lecture mais dont on perçoit la recherche de pureté originelle omniprésente et dont on sait qu'il laissera une trace indélébile dans la mémoire.
« « Jam berapa ? » (Quelle heure est-il ?) C'était une question que les gamins adoraient poser en montrant leur poignet nu.
« Jama karet » (L'heure caoutchouc.) Plaisanterie récurrente laissant entendre qu'en Indonésie l'heure exacte restait une notion élastique. »
PS: Les physiciens résument le monde a des ondes de probabilités (équivalent mathématique de vagues stationnaires ou pas) qui s'effondrent. De leur point de vue, ce livre parle bien de ces évènements qui jalonnent une vie et dont on ne cerne jamais toutes les potentialités mais qui nous marquent à tout jamais. Cette interprétation est particulièrement frappante quand l'auteur parle des deux points de vue: celui du surfeur pris dans le spot et celui d'observateurs extérieurs qui observent, par exemple, d'un point de vue surélevé à l'océan déchaîné.
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encoredunoir
  28 juin 2017
Journaliste pour le New Yorker, Finnegan y a mené à la fois des reportages sociétaux locaux et des enquêtes au long cours en Somalie, en Afrique du Sud, dans les Balkans, en Amérique latine ou au Soudan. de quoi certainement remplir une vie et même plusieurs. Ce n'est pourtant pas de cela qu'il parle dans Jours barbares. Car si tous ces sujets ont en partie forgé l'homme qu'il est devenu – en particulier son expérience de l'apartheid – c'est avant tout le surf qui a construit William Finnegan.
Né à New York en 1952, Finnegan a vite déménagé avec ses parents sur la côte sud de la Californie au moment où le surf commençait à véritablement s'y développer. Puis, à l'adolescence, une mutation de son père l'a mené à Hawaï. C'est ainsi qu'il a dès l'enfance été habité par cette passion dévorante pour les vagues. Une addiction qui n'a cessé de le poursuivre dans les décennies suivantes. C'est cette vie de surf que le journaliste choisit de nous livrer.
Ça pourrait ressembler à une interminable liste de vagues surfées avec, à l'appui, un jargon imbitable ou pire à un de ces terribles plaidoyers new age sur la connexion de l'homme à l'océan. On frôle parfois le premier écueil – mais Finnegan est assez pédagogue et surtout bon écrivain pour ne pas s'y échouer – et on évite de façon salutaire le second, que l'auteur se plaît même à démonter assez vite. Oui, William Finnegan parle de ses multiples sessions, en conte quelques-unes par le menu, mais il le fait toujours non seulement avec un talent qui permet à n'importe qui de s'y immerger avec plaisir comme on navigue sur les mers du sud avec Jack London, mais aussi avec un souci de démythifier. le surf apparaît dans Jours barbares comme un prétexte à une belle et parfois cruelle introspection, une réflexion sur l'addiction (« Quand j'ai emménagé à San Francisco, j'avais réussi à m'abstenir de surfer pendant deux années au moins. ») et une description par la marge de la génération de Finnegan, de son insouciance vite écorchée et de la manière dont les rêves peuvent finir par se briser sur la réalité.
Le coeur du livre de William Finnegan, consacré à une décennie de recherche ininterrompue de vagues dans les mers du sud, du retour de l'auteur à Hawaï en 1971 jusqu'à son arrivée en Afrique du Sud près de dix ans plus tard, ressemble ainsi bien souvent à la remontée d'un fleuve des ténèbres. Il y a l'aventure, certes, la découverte de vagues presque parfaites et encore désertes, mais aussi les tensions entre Finnegan et ses acolytes – petites amies, surfeurs qui partagent avec lui plus ou moins longtemps le voyage – les échecs, la façon dont on passe parfois à côté des gens qui vivent là où l'on vient pour surfer, le nombrilisme maladif du jeune homme qui ne veut pas être comme les autres.
Et derrière cet autoportrait sans concession, le monde change et le surf aussi. Là encore Finnegan aborde tout cela en évitant les pièges évidents, en particulier le détestable « tout était bien mieux avant ». Finnegan est là-dessus relativement clair : le surf n'a jamais été quelque chose de « pur » ; c'est un sport individuel, parfois égoïste, souvent égotique, et il s'agit avant tout de surfer des vagues que les autres n'auront pas (et mieux qu'eux, de préférence), c'est à la fois une quête intime et une recherche de reconnaissance par ses pairs. Bref, c'est ambigu et la mode actuelle du surf qui voit exploser le nombre de pratiquants l'est tout autant pour Finnegan.
Tout cela fait de Jours barbares un objet littéraire extrêmement original, très pointu mais susceptible de toucher le plus grand nombre, intimiste mais sans exhibitionnisme, qui fait voyager et réfléchir, bourré d'émotions mais sans laisser de côté la réflexion. C'est surtout un très beau livre de la part d'un écrivain de grand talent.

Lien : http://www.encoredunoir.com/..
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TmbM
  14 avril 2017
Journaliste et écrivain, William Finnegan a également fait ses preuves comme surfeur. C'est d'ailleurs en tant que tel qu'il oriente ses mémoires. le surf n'a jamais réellement fait partie de mes centres d'intérêt et n'a même jamais vraiment éveillé ma curiosité. Ma culture dans ce domaine se résumait jusqu'alors à Point Break et aux Beach Boys. C'est dire. Et pourtant, je me suis surpris à me passionner pour ce livre. Cela s'explique par plusieurs raisons.
Tout d'abord, William Finnegan raconte son d'histoire avec autant de talent que d'aisance. Il partage si bien sa passion qu'on entend gronder les rouleaux à la lecture des pages et il la communique à ce point que tout prend sens et devient poétique, des détails techniques du matériel à la physionomie des vagues et à la précision de leur brisure. Il évoque sa philosophie du sport, la vie au contact des éléments et de sa communauté, les corps malmenés, la pleine conscience du risque, de la douleur et du plaisir. Il explique sa conception du déracinement, du surfeur en perpétuelle vadrouille sur la planète, du besoin de constamment repousser ses limites et du paradoxe entre le total investissement et le caractère vain de la chose. En vrai puriste, il rend tout évident.
Mais ce n'est pas tout. J'ai le sentiment que, contrairement à ce qu'on pourrait penser, il n'est pas question de surf dans ce livre. Car voilà, William Finnegan s'est entre autre distingué comme reporter de guerre, arpentant le globe pour couvrir les conflits. Durant ma lecture, j'étais surpris qu'il n'en parle pas plus. Il aborde peu le sujet de l'écriture, presque pas ses reportages, ne cite que vaguement quelques unes de ses influences, mais je referme finalement cet ouvrage en me demandant si ce n'était pas ça le sujet. le surf comme une allégorie, les spots comme théâtres des opérations, les plages comme zones de conflit. le surfeur serait un premier degré de lecture, le reporter un second. Et donc, plus qu'un livre sur le surf, ce serait une présentation de l'état d'esprit qui motive le reporter de guerre et des dispositions indispensables aux risques encourus. C'est une phrase sortie de son contexte qui a fini d'influencer ma (très) libre interprétation du livre :
(La suite sur mon blog.)
Lien : http://touchezmonblog.blogsp..
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critiques presse (5)
Bibliobs   23 août 2017
Dans "Jours barbares", le journaliste américain raconte sa passion pour la glisse. Un récit autobiographique couronné du Pulitzer.
Lire la critique sur le site : Bibliobs
LeFigaro   16 juin 2017
Prix Pulitzer, le journaliste raconte une vie placée sous le signe du surf.
Lire la critique sur le site : LeFigaro
Lexpress   12 juin 2017
Les Jours barbares de William Finnegan brossent le portrait d'un homme insoumis, à la fureur tranquille, qui parvient à transformer son obsession de la Vague en une indestructible boussole.
Lire la critique sur le site : Lexpress
LeMonde   26 mai 2017
En écrivant Jours barbares, qui retrace sa vie par le prisme de cette obsession, et lui a valu le prix Pulitzer de l’autobiographie en 2016, William Finnegan livre ainsi les mémoires d’un addict. Les confessions, non d’un mangeur d’opium anglais, mais d’un boulimique de vagues américain.
Lire la critique sur le site : LeMonde
LaLibreBelgique   04 avril 2017
En retraçant sa vie de surfeur, William Finnegan dépeint une formidable épopée humaine menée à contre-courant. Quand toutes les réponses sont dans l’océan.
Lire la critique sur le site : LaLibreBelgique
Citations et extraits (14) Voir plus Ajouter une citation
TerrainsVaguesTerrainsVagues   08 mai 2018
Dans l'ancienne Hawaï, avant l'arrivée des Européens, le surf avait un caractère religieux. Après les prières et les offrandes, les maîtres artisans confectionnaient des planches dans le bois d'arbres sacrés, koas ou wiliwilis. Les prêtres bénissaient la houle, cinglaient l'eau de lianes pour la faire lever, et sur la plage de certains breaks se dressait un heiau (un temple) où les dévots pouvaient aller prier pour appeler quelques belles vagues. Cette conscience spirituelle n'excluait pas, apparemment, une rude compétition, ni même tout un système de paris. Selon les historiens Peter Westwick et Peter Neushul, « un concours entre des champions de Maui et d'Oahu comportait un prix de quatre cents cochons et de seize canoës de guerre ». Hommes et femmes, jeunes et vieux, rois et roturiers, tous surfaient. Quand les vagues étaient bonnes, « toute idée de travail s'évanouissait, ne restait que celle du sport », écrivait Kepelino Keauokalani, un universitaire du XIXe siècle. La journée entière était consacrée au surf. Nombreux étaient ceux qui sortaient en mer des quatre heure du matin. En d'autres termes, les anciens Hawaïens souffraient d'une fièvre du surf carabinée. Ils avaient aussi beaucoup de loisirs. Les îles bénéficiaient d'un gros surplus de vivres; leurs habitants n'étaient pas seulement d'habiles pêcheurs, chasseurs et cultivateurs de terrasses, mais ils construisaient aussi et géraient des systèmes sophistiqués de bassins de poissons. Leur festival hivernal des moissons durait trois mois, durant lesquels la pratique du surf triomphait fréquemment et où le travail était officiellement interdit.

Ce n’était sans doute pas le mode de vie que les missionnaires calvinistes avaient en tête pour les insulaires. Ils commencèrent d’arriver en 1820. Hiram Bingham, qui menait leur première mission et se retrouva au beau milieu d’une foule de surfeurs avant même de débarquer, écrivait que « la dissolution, l’avilissement et la barbarie manifestes qui régnaient au sein de ces sauvages bavards et presque nus, dont ni les pieds ni les mains, ni la majeure partie de la peau basanée et brûlée par le soleil n’étaient couverts, étaient effroyables. Certains d’entre nous se sont détournés de ce spectacle en pleurant à chaudes larmes. » Vingt ans plus tard, Bingham ajoutait : « Le déclin et l’arrêt définitif du surf, à mesure que la civilisation se répand, peut s’expliquer par les progrès de la pudeur, de l’industrie et de la religion ». S’agissant du déclin du surf, il ne se trompait pas. La culture hawaïenne avait été détruite et la population décimée par les maladies infectieuses venues d’Europe : entre 1778 et 1893, la population d’Hawaï, estimée au départ à huit cent mille âmes, s’était réduite à quarante mille. Et vers la fin du dix neuvième siècle, le surf avait entièrement disparu.
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BigDreamBigDream   22 novembre 2017
Voici comment se forment les vagues qu'on peut surfer. Une tempête bat la surface au large, hachurant la mer et créant des vaguelettes désorganisées qui grossissent peu à peu et finissent, pour peu qu'il y ait assez de vent, par s'amalgamer et former une mer démontée. Ce que nous guettons sur les lointains littoraux, c'est que l'énergie que libèrent ces orages se répande dans les eaux plus calmes sous la forme de trains de vagues - des séries de plus en plus organisées qui se déplacent ensemble. Chaque vague est une colonne d'énergie mise en orbite, dont la plus grande partie reste sous-marine. Tous les trains de vagues causés par une tempête constituent ce que les surfeurs appellent une "houle". Celle-ci peut traverser des milliers de kilomètres. Plus un orage est puissant, plus elle ira loin. En voyageant, elle s'organise davantage- la distance entre deux trains de vagues (l'intervalle) augmente. Un train de vagues à long intervalle signifie que l'énergie de chaque vague peut s'étendre à plus de trois cents mètres sous la surface de l'océan. Un tel train triomphera aisément de la résistance de la surface, comme par exemple, des vaguelettes ou d'autres houles moins fortes et moins profondes qu'il croisera ou rattrapera. Quand les vagues d'une houle approchent le rivage, leur extrémité inférieure commence à labourer le fond. Les trains de vagues deviennent alors des séries- des groupes de vagues plus grandes que leurs cousines , générées localement, et aux intervalles plus larges. Ces séries reflètent la forme du fond de l'océan et se déforment en fonction de son irrégularité. Leur partie visible grandit, tandis que l'énergie qu'elles contiennent est repoussée au-dessus de la surface. La résistance offerte par le fond croit à mesure que la vague devient moins profonde et ralentit la progression de sa partie immergée. La partie émergée de la vague devient à ce point plus escarpée. Elle finit par être instable et se prépare à basculer en avant- à "casser". La règle empirique est celle-ci : elle se cassera quand sa hauteur aura atteint 80% de la profondeur de l'eau - une vague de de deux mètres cinquante se cassera dans trois mètres d'eau. Mais de nombreux facteurs, parfois d'une subtilité infinie- vent, contours du fonds, houle, courants- , vont déterminer exactement l'endroit où chaque vague se cassera et de quelle façon.
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BigDreamBigDream   21 novembre 2017
Dans l'ancienne Hawaï, avant l'arrivée des Européens, le surf avait un caractère religieux. Après les prières et les offrandes, les maîtres artisans confectionnaient des planches dans le bois d'arbres sacrés, koas ou wiliwilis. Les prêtres benissaient la houle, cinglaient l'eau de lianes pour la faire lever, et sur la plage de certains breaks se dressait un heiau (un temple) où les dévots pouvaient aller prier pour appeler quelques belles vagues. Cette conscience spirituelle n'excluait pas, apparemment, une rude compétition, ni même tout un système de paris. Selon les historiens Peter Westwick et Peter Neushul, "un concours entre des champions de Maui et d'Oahu comportait un prix de quatre cents cochons et de seize canoës de guerre". Hommes et femmes, jeunes et vieux, rois et roturiers, tous surfaient. Quand les vagues étaient bonnes, "toute idée de travail s'évanouissait, ne restait que celle du sport", écrivait Kepelino Keauokalani, un universitaire du XIXe siècle. La journée entière était Honda rer au surf. Nombreux étaient ceux qui sortaient en mer des quatre heure du matin. En d'autres termes, les anciens Hawaïens souffraient d'une fièvre du surf carabinée. Ils avaient aussi beaucoup de loisirs. Les îles bénéficiaient d'un gros surplus de vivres; leurs habitants n'étaient pas seulement d'habiles pêcheurs, chasseurs et cultivateurs de terrasses, mais ils construisaient aussi et géraient des systèmes sophistiqués de bassins de poissons. Leur festival hivernal des moissons durait trois mois, durant lesquels la pratique du surf triomphait fréquemment et où le travail était officiellement interdit.
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StelphiqueStelphique   20 avril 2017
Le nouvel idéal émergeant était la solitude, la pureté, la perfection des vagues, loin de la civilisation.(…) C’était une piste qui nous éloignait de la citoyenneté au sens archaïque du terme, pour nous conduire vers une frontière à demi effacée où nous pourrions vivre comme des barbares de la fin des temps.
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BigDreamBigDream   05 décembre 2017
Tous les surfeurs sont des océanographes. Et, partout où les vagues viennent se casser, tous se livrent à des recherches approfondies de l"océan. On n'a pas besoin de leur expliquer que, quand une vague se casse, c'est l'eau elle-même qui se scinde en particules plutôt que la forme vagues qui continue d'avancer. Ils s'emploient à établir d'autres relations ésotériques, telles que ce lien entre la marée et l'homogénéité de la vague, entre la direction de la houle et la bathymetrie près du rivage. La science des surfeurs n'est pas une science pure, bien évidemment, mais elle est amplement appliquée. Son propos est de comprendre ce que font les vagues afin de pouvoir les prendre, Et, surtout, ce que vraissemblabement elles feront ensuite. Mais les vagues dansent sur une musique d'une infinie complexité. Pour un observateur qui attend dans le lineup et cherche à déchiffrer la structure d'une houle, l'énoncé du problème peut véritablement prendre une forme musicale ces vagues n'approchent elles pas sur un tempo de 13/8, à raison de sept séries par heure, et la troisième de chaque série n'oscille t elle pas largement selon une sorte de crescendo dissonant ? Ou bien : cette houle ne serait elle pas un solo de jaez de Dieu lui-même, dont l'architecture dépasserait tout entendement?
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Videos de William Finnegan (4) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de William Finnegan
Après avoir terminé ce livre, vous ne regarderez plus les vagues de la même manière. Et la vie elle-même. Jours Barbares de William Finnegan traduit de l'anglais (Etats-Unis) par Frank Reichert, une épopée inoubliable à retrouver en librairie.
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