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EAN : 9782702141236
304 pages
Calmann-Lévy (08/09/2010)
3.6/5   24 notes
Résumé :
Le destin d’une couturière lorraine au lendemain de la guerre de 1870. En 1919 à Vézelise, en Lorraine. Quand Henri, électricien à la brasserie du village, annonce son désir d’épouser Marguerite, la réaction hostile de son oncle Charles le surprend et le peine. Que Marguerite soit plus âgée de six ans que lui ne saurait constituer un obstacle sérieux au bonheur du couple. Sa mère, Marie-Victoire, sœur de Charles, est morte alors qu’il avait quatre ans. Il est né de ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (6) Voir plus Ajouter une critique
Élise FISHER. Les noces de Marie-Victoire.

Nous sommes en Lorraine en 1919. Henri, électricien à la brasserie de Vézelise désire épouser Marguerite. Son oncle, Charles, est hostile à cette union. Pourquoi, cette jeune femme ne recueille-t-elle pas l'assentiment de cet homme? C'est Charles qui a élevé le jeune homme, sa mère, marie-Victoire est décédée alors qu'il n'avait que quatre ans, vraisemblablement de la tuberculose. Henri est né de père inconnu. Quel est le motif qui interdit l'union de Henri et de Marguerite : la différence d'âge, non une relation plus complexe qui nous est dévoilée au cours du récit.

Élise FISHER nous entraîne dans une histoire de famille au début du XX ème siècle. La femme est soumise à ses parents et ensuite à son époux. Marie-Victoire a conquis sa liberté avec ses aiguilles et ses tissus. Orpheline très jeune, aînée d'une fratrie de cinq enfants, sa mère éprouvant des difficultés pour nourrir ses enfants la petite fille a vite intégrée la vie sociale; elle a du travailler de ses mains pour participer à l'éducation et la vie de sa famille. Elle a été élevée par sa grand-mère paternelle, Marie, une femme très dure et peu maternelle. Contrairement à son époux, qui a apporté de la tendresse, de l'amour et de bons conseils à sa petite-fille. Celle-ci, grâce à ses talents de couturière va créer un atelier de couture à Charmes et embaucher, une, deux, trois, huit petites mains. Sa notoriété parviendra jusqu'à Strasbourg où le patron des magasins Bauer va lui demander de collaborer à sa production. C'est à la suite du récit de sa jeunesse que nous apprendront les raisons pour lesquelles Charles s'oppose au mariage de son neveu. le nom de jeune fille de leur grand-mère est Bauer. C'est cependant un nom très répandu dans cette région.

A la mort du patron des établissements Bauer, c'est son fils, Herbert qui va lui succéder, momentanément. Les deux jeunes gens sont follement amoureux et Marie-Victoire tombe enceinte. Une fille-mère, à l'époque, est très mal vue, mal jugée. Elle est indépendante et élève seule son petit garçon, son Riri. Elle va devoir fermer sa petite usine. Herbert ne la demande pas en mariage. Seule elle fait face à son destin mais elle est malade... Les paysages sont pittoresques et nous évoluons dans la société de l'époque. Les relations ferroviaires maillent les campagnes et réduisent l'isolement, rendant le commerce plus facile. L'industrialisation désenclave les petites bourgades. le féminisme, les conditions de travail, la société ouvrière, sont des thèmes récurrents des livres de cette auteure.

le talent d'Elise FISHER consiste, au gré de sa narration à mêler l'histoire locale au roman sentimental. Elle l'a déjà fait dans d'autres récits dont « Trois reines pour une couronne ». Je vous recommande également « Appelez-moi Jeanne ». Sa plume est alerte, incisive. Un bon roman régional qui met à l'honneur, sa région natale, la Lorraine et son patrimoine tant immobilier que culturel et ses célèbres brasseries. Je la remercie d'avoir inclus à la fin de son roman des annexes, sur Vézelise, l'histoire de la Brasserie Moreau, de nous confier les paroles des chansons : Auprès de ma blonde, A la Claire Fontaine, Vous n'aurez pas l'Alsace et la Lorraine, etc, et le poème de GOETHE : Erlkönig, le rois des aulnes que tous les germanistes ont appris au cours de leur scolarité. Merci de nous rafraichir un peu la mémoire. Bonne lecture.
( 02/02/2023).
Lien : https://lucette.dutour@orang..
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Du vécu, ce roman régional d'Elise Fischer : les noces de Marie-Victoire.
L'histoire se situe à Vézelise, petite bourgade du Saintois, en Lorraine, elle débute en 1919.
Henri, fils de Marie-Victoire, fille-mère, décédée alors qu'il n'avait que 4 ans, est électricien aux Brasseries de Vézelise. Il a été élevé par sa grand-mère Marie et son oncle Charles. Quand il annonce qu'il souhaite épouser Marguerite son oncle se montre réticent. Il parviennent tout de même à se marier et deux enfants naissent.
C'est une belle histoire racontée en deux parties :
-la partie histoire d'Henri et de son entourage, la vie et les moeurs de l'époque,
- la partie "lecture" des trois cahiers écrits par Marie-Victoire avant sa mort. Elle y explique à son fils, sa vie de couturière à Charmes, son amour avec Herbert et leur séparation. On y apprend les histoires de famille, l'amour qu'ils ont vécu. Leur séparation, la très grave maladie de cette dernière.
Ce roman régional, bien documenté et commenté, est une histoire vraie. La plume d'Elise Fischer est fluide et ça se lit avec facilité.
J'ai bien aimé mais évidemment c'est l'histoire d'une famille, point final. Il manque un peu de dynamisme dans l'écriture.
Il est vrai que lorraine moi-même j'y retrouve, des termes, des coutumes, des endroits qui me sont familiers, et c'est ça qui m'a fait apprécier le livre.
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Je n'avais pas eu encore l'occasion de lire mon premier roman de cette auteure, Elise Fischer originaire de ma région et plus précisément de Champigneulles, à quelques kilomètres de chez moi. Tous les ingrédients étaient réunis pour que l'histoire m'attire : un roman historique, un roman de terroir, ma région pour contexte…

Le petit Henri est élevé par sa grand-mère et surtout son oncle Charles à Vézelise, jolie bourgade de Meurthe et Moselle, de la « France de l'intérieur » à cette époque, zone restée française après la défaite de 1870 «(contrairement à l'Alsace et à la Moselle voisines). Sa mère est décédée quelques années plus tôt. Il avait 4 ans. Il n'a jamais connu son père, un père mystérieux. En 1919, lorsqu'il annonce qu'il souhaite épouser Marguerite, son oncle est réticent. Henri ne comprend pas, il est déçu et peiné. Henri ne remet pas en cause sa décision. Charles finit par accepter cette union. La vie des deux familles suit son cours. Charles est victime d'un accident dont l'issue est fatale. Selon la volonté de Charles, sa femme, Marguerite, remet alors à Henri 3 carnets rédigés par Marie-Victoire, la mère d'Henri.
La seconde partie de ce roman est entièrement consacré à la lecture de ces carnets. Henri trouvera-t-il les réponses qu'il se pose sur la vie de sa mère, sur son père ?
Ce roman est avant tout un roman sur la condition féminine à cette époque, la condition des filles-mère et l'amour inconditionnel d'une mère.
J'ai trouvé qu'Elise Fischer était un peu trop « maîtresse d'école » dans sa façon d'écrire la moitié de son roman, de donner des informations historiques, beaucoup d'informations avec le sentiment qu'il fallait qu'elle les « case» à tout prix. C'était pour moi le côté désagréable de cette première moitié de lecture. Trop d'informations tue l'information et sortent le lecteur de son histoire. Ceci-dit, j'ai pris plaisir à me plonger dans la vie de cette famille, ses deuils, son histoire. J'ai aussi pris beaucoup de plaisir, au travers cette famille, à vivre dans ce bout de Lorraine avec ces brasseries qui font aujourd'hui partie du patrimoine lorrain mais qui n'existent plus, avec les communications entre la France annexée et la France de « l'intérieur », en somme avec une partie de l'histoire de ma région dont j'aime m'imprégner.
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Ce livre, en deux parties, emmène le lecteur dans la vie d'Henri, jeune homme élevé par sa grand-mère et son parrain Charles. Il se marie, fonde une famille mais le traumatisme du décès de sa mère quand il avait 4 ans le hante. Il écrit dans des cahiers ses angoisses et ses interrogations. Au décès de son parrain, il aura accès aux journaux intimes de sa mère qui mettra en lumière toutes les zones d'ombres de l'histoire maternelle. Un roman émouvant dans lequel on découvre les difficultés d'être fille-mère au début du 20e siècle. A découvrir.
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Un roman facile à lire mais qui parle des femmes du début du XXème siècle et de leurs difficultés face aux grossesses hors mariage. Des questions soulevées lorsqu'un secret apparaît. La couverture, signée Carl Holsoe, est très belle.
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Citations et extraits (45) Voir plus Ajouter une citation
Je suis dans ce cimetière, je sais ce que contient cette terre : des dépouilles, des squelettes vidés des sentiments de haine comme d’amour. Ce ne sont que des os, des enveloppes humaines en décomposition. L’essentiel des personnes que nous avons choyées n’est pas ici, on ne peut accepter une telle chose. C’est là qu’il fait bon croire en un ailleurs, or malgré notre désir de croire, nous sommes dans une nébuleuse. Nous pouvons ressentir une présence fugitive, mais nos yeux demeurent clos. On se sent égaré. Je voudrais être certaine que ce qui est dérobé à nos regards aujourd’hui, nous pourrons le contempler dans la clarté quand notre tour viendra. Mais que c’est difficile et douloureux, la foi !
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Ta mère avait tout pour elle, la beauté – tu lui ressembles –, l’ardeur au travail – une qualité de famille, j’ose le dire, tu n’en manques pas –, et le goût pour les belles œuvres. Je la revois penchée sur les tissus, occupée à tracer à la craie les contours du patron épinglé sur le tissu. C’est elle qui dessinait, imaginait les robes et même les chapeaux. Les chapeaux, c’étaient ses chefs-d’œuvre. Elle avait le chic pour trouver les rubans assortis aux tailleurs et aux robes dont elle les ornait. Audacieuse, elle y glissait des plumes d’oiseau rare qu’elle allait acheter à Nancy. Parfois, elle ajoutait des dentelles empesées qu’elle m’avait fait broder… Elle se levait avant le jour et fermait son atelier bien tard, quand toute la ville dormait. J’ai été si fière de cette fille, ma fille. Une artiste… qui n’eut qu’un défaut : tourner son cœur vers quelqu’un qui ne la méritait pas. Voilà qui était ta mère…
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Cette nouvelle vie a déjà révolutionné l’existence des êtres humains. Je vois s’avancer le progrès. En médecine, on guérit des maladies qui faisaient mourir bien jeune. On sait presque vacciner contre la rage, on peut protéger le bétail contre certaines maladies. On connaît l’origine du choléra et d’autres grands maux. Pasteur nous aura beaucoup appris sur la conservation des aliments et l’hygiène. Quant à l’ingéniosité des hommes qui construisent des machines facilitant le travail des hommes, elle paraît presque sans limites.
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C’était une honte, une fille mère. Aujourd’hui encore, on montre du doigt ces jeunes femmes qui se sont données derrière l’église, comme on dit. Mais c’est injuste, les hommes aussi sont responsables, en tout cas, ils n’endossent pas le péché et ne sont jamais l’objet des railleries et des mises à l’écart.
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Je continue de croire que ce qui est enseigné est parfois une monstrueuse hypocrisie, mais j'ai rencontré si peu d'adhésion à ce sujet. Peut-être même ai-je inquiété. Mieux valait ne pas me fréquenter. On devient vite suspect quand on ose réfléchir, refuser l'ordre établi jusqu'à l'indignation. Pourquoi cette idée de se garder jusqu'au mariage est-elle réservée aux jeunes filles ? Pourquoi, du reste, un homme aurait-il plus de droits et de liberté dans ce registre ?
pages 351-352.
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Videos de Élise Fischer (7) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Élise Fischer
Elise Fischer présente son rapport à la lecture. Elle explique comment, selon elle, le lecteur doit s?approprier l?histoire. En savoir plus sur « Sur le fil » : http://bit.ly/2i4htZN
Des coups de c?ur aux coups au ventre, Lena a tout vécu. C?est en prison, accusée de la mort d?un mari tyrannique, qu?elle libère les mots et les souvenirs de sa vie tumultueuse marquée par l?exil, l?univers du cirque, une passion amoureuse et la violence conjugale. Un roman poignant qui met en lumière une cause toujours de triste actualité.
1960, Nancy. Dans sa cellule de prison, Lina attend sans illusions l?issue de son procès. C?est au parloir, grâce à sa visiteuse, s?ur Marie-Bernadette, toute de patience et de douceur, que Lina peut malgré tout libérer sa parole, sa mémoire, et remonter le fil de son histoire : son enfance sous le soleil du Sud, sa vie de bohème dans les cirques, sa folle passion pour un danseur juif allemand pendant l?Occupation. Jusqu?à sa rencontre avec René? Parce qu?il lui avait montré un visage avenant, parce qu?il semblait réellement épris, elle, la jolie saltimbanque, a accepté de s?unir à lui. Mais comment se relever de l?épreuve quotidienne des coups, de l?humiliation, de la honte ? Un jour, à bout, elle l?a laissé mourir?
Un roman intense et plein d?espoir sur la dignité des femmes.
+ Lire la suite
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