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EAN : 9782013549028
562 pages
Éditeur : Hachette Livre BNF (01/04/2016)

Note moyenne : 3/5 (sur 2 notes)
Résumé :
J'ai entrepris la rédaction de mes souvenirs sur l'invitation trop amicalement persuasive de mes estimés collègues, et puisqu'un certain nombre de lecteurs de mes ouvrages ont également insisté pour les voir publiés en volumes comme complément de ces ouvrages, je le fais avec plaisir. C'est surtout pour
eux sont écrits.
J'ajouterai que des Mémoires ne doivent pas être étroitement personnels, et que leur lecture doit laisser derrière elle des notions de... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (1) Ajouter une critique
Arthur409
  18 juillet 2020
Camille Flammarion (1842 – 1925), a publié ses mémoires en 1911, à l'âge de 69 ans. Cependant les souvenirs évoqués sont surtout ceux de sa jeunesse, jusqu'à l'époque de la guerre de 1870 où il atteignait la trentaine. Il précise dans sa préface qu'on pourrait donner comme sous-titre à ce volume « Comment se fait une vocation ».
On y suit en effet le parcours d'un jeune homme de famille modeste, mais qui dès l'enfance a développé une curiosité insatiable pour les sciences, et pour l'astronomie en particulier. Sa situation familiale fait que, malgré des études prometteuses, il doit travailler pour gagner sa vie, mais étudie le soir et manifeste très tôt le goût de la discussion scientifique et du questionnement des idées reçues.
Remarqué par un médecin, qui le recommande auprès du « pape » de l'astronomie de l'époque, (on aurait dit de nos jours un « mandarin »), Urbain le Verrier, il entre à seize ans à l'Observatoire de Paris. Il en est renvoyé quatre ans plus tard, par le même le Verrier, après avoir publié son premier ouvrage « Pluralité des mondes habités » : ce livre allait à l'encontre de l'opinion des scientifiques de l'époque qui considéraient que seule la Terre pouvait abriter la vie.
Par la suite, et durant toute sa carrière, Flammarion n'aura en tête qu'une idée : dépoussiérer l'astronomie, la débarrasser de l'image qu'on trouve dans le « Dictionnaire des idées reçues » de Flaubert : « Belle science. N'est utile que pour la marine ». Dépassant totalement l'aspect mathématique du calcul des positions des astres, il introduit une vision de l'Univers comme un tout, en imaginant les conditions qui peuvent régner sur les planètes du Système Solaire, et sur les astres beaucoup plus lointains.
Mais il n'exerce pas ses talents d'écrivain vulgarisateur que dans le domaine de l'astronomie : il s'intéresse aussi à la météorologie, à la géographie, à la géologie, à la vulcanologie, il profite d'ascensions en ballon pour réaliser des observations… Très rapidement sa renommée grandit et il est sollicité pour des conférences, des articles dans les revues scientifiques et des livres. On peut le considérer comme le premier d'une grande lignée de propagateurs de la science auprès du grand public, comme le seront un siècle plus tard Albert Ducrocq, Hubert Reeves ou André Brahic.
Elevé dans un milieu catholique pratiquant, Camille Flammarion éprouve assez rapidement des difficultés à concilier une foi naïve et sa vision scientifique. Il devient plutôt agnostique, mais se tourne aussi vers le spiritisme, alors très en vogue dans les cercles intellectuels. Il fut en particulier un ami d'Allan Kardec, dont il prononça l'éloge funèbre. Il voulut appliquer la méthode scientifique à l'étude des manifestations spirites, mais sans succès.
Ecrivain très prolifique, il collabore à de nombreuses revues, publie beaucoup, et propose un jour à un de ses éditeurs, qui recherche un collaborateur, son propre frère Ernest : celui-ci est le fondateur de la grande maison d'édition que nous connaissons toujours…
Les mémoires de Camille Flammarion ne parlent que peu d'astronomie, en revanche on y trouve quantité d'anecdotes sur la vie en France à la fin du XIXème siècle, de portraits de célébrités de l'époque, dont beaucoup ont été un peu oubliées depuis. L'auteur y montre une profonde érudition, un sens de la narration et de l'humour, et surtout une foi immense, qui pourra nous paraître un peu naïve, dans l'apport de la science au progrès de la civilisation humaine. Après la guerre de 1870 qui l'a profondément marqué, et à la veille de la Première Guerre Mondiale, il écrit en 1911, en conclusion de ses mémoires :
« Le Progrès est la loi suprême. le principe de l'arbitrage tend de plus en plus à s'établir entre les peuples. Ayons confiance en l'avenir. La culture scientifique agrandira les esprits, éclairera les consciences, abolira l'esclavage politique. Les chaînes de la matière et de l'animalité héréditaire tomberont peu à peu, et l'affranchissement de la pensée humaine s'élèvera graduellement dans la lumière et dans la liberté. »
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Citations et extraits (8) Voir plus Ajouter une citation
JacopoJacopo   24 octobre 2018
Déjà je m'étais formé, comme je l'ai dit, une petite bibliothèque, qui, à l'âge de six ans, se montait à une vingtaine de volumes, à une trentaine à l'âge de sept ans, à une cinquantaine à l'âge de huit ans, volumes que je conserve encore aujourd'hui. On peut lire sur la couverture de l'un d'eux, de mon écriture «Nouveau Testament de Nôtre-Seigneur Jésus-Christ, appartenant à Camille Flammarion, 13 novembre 1848». On' voit que ce livre n'avait rien de récréatif. Un autre a pour titre Manuel de l'orateur et du lecteur, par Duquesnois. Ce sont des exercices de récitation choisis, avec les règles de la prononciation, et des figures pour les gestes, des exemples, des sermons des grands orateurs, et, en fait, à l'âge de sept, huit et neuf ans, il se trouva que je réunis, pendant le carême, une douzaine de braves femmes du quartier, qui venaient entendre le soir, à la maison, mes lectures de Massillon et de Bossuet. L'hiver de 1852-1853 a été consacré dans presque toutes ses soirées à ces lectures, que l'on écoutait comme des sermons. Cette vie très sérieuse m'intéressait plus que les amusements de mes anciens camarades d'école.
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JacopoJacopo   24 octobre 2018
Le plus curieux peut-être encore, c'est de remarquer que cette assimilation entre les molécules, composées d'atomes, et le système du monde, qui faisait l'objet de nos conversations il y a près d'un demi-siècle, et qui était exprimée par Canchy longtemps avant nous, est reprise, en ce moment, comme nouvelle hypothèse (!) par les plus éminents mathématiciens de notre époque. Elle paraît être vraiment l'expression de la vérité. Il n'y a ni petit ni grand dans la nature.
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Arthur409Arthur409   29 juin 2020
A propos de bibliothèque, un conseil pratique peut être utile à ceux de mes lecteurs qui comprennent l'intérêt provenant de la fréquentation des livres. N'ayez pas de bibliothèque fermée, de meuble que l'on soit obligé d'ouvrir pour prendre un ouvrage : c'est là un empêchement latent pour la lecture. Il faut disposer les livres sur des rayons et qu'il n'y ait qu'à étendre la main pour les saisir. De plus, que tous soient visibles ; pas de doubles rangs. Pour être bien employée, la vie doit être à moitié préparée.
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Arthur409Arthur409   18 juillet 2020
Il y a ici un exemple remarquable de la différence qui existe entre le travail personnel et le travail des employés de l’Etat. Lalande a observé, en son petit observatoire de l’Ecole Militaire, pendant la Révolution, à l’aide d’un instrument de la plus haute précision, 47.390 étoiles. L’Observatoire de Paris a mis plus de cent ans à réobserver ces étoiles. Le catalogue définitif vient d’être terminé, et je ne suis pas bien sûr qu’il renferme toutes les étoiles de Lalande.
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Arthur409Arthur409   18 juillet 2020
Les livres sont de bons amis ! Ce sont les meilleurs. Nous les choisissons à notre goût, nous les consultons, ils nous sont fidèles, ils nous instruisent, nous éclairent, nous guident, nous consolent. C’’est une société intellectuelle, intelligente, distinguée, de tous les temps, de tous les pays, que nous associons à notre esprit en nos heures de rêverie, de méditation et de repos. C’est notre famille spirituelle d’élection.
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