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EAN : 9782330114909
432 pages
Éditeur : Actes Sud (19/09/2018)

Note moyenne : 3.62/5 (sur 16 notes)
Résumé :
Aljaz Cosini, trente-six ans, est en train de se noyer dans une gorge de Tasmanie, sous les yeux hébétés des clients qu’il accompagnait sur un parcours de rafting. A mesure que l’oxygène se retire de son cerveau, il est submergé par un flot de visions. En un tourbillon d’images et de sensations, il revoit ainsi, dans le désordre, les détails de l’excursion sur la Franklin River qui a mal tourné au point de le mener jusqu’à cet ultime moment, sa vie avec Couta Ho et ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (4) Ajouter une critique
DocteurVeggie
  15 janvier 2019
Première lecture de l'année et première bonne découverte.
Il s'agit d'une oeuvre considérée, en Australie, comme un grand classique et qui vient seulement d'être traduit en français en 2018. Tout vient à point à qui sait attendre.
Dés le premier chapitre, nous sommes engloutis et nous assistons, impuissants, à la longue agonie du guide de rivière qui au fil des pages sombre dans des visions qui le ramènent vers son passé et ce à quoi il a échoué tout au long de sa vie.
C'est une lecture fort envoûtante et captivante que j'ai faite. La couverture de cette clé qui sombre dans les eaux et déjà indicatrice de quelque chose de beau. La présence de la nature y est tout bonnement omniprésente et omnipotente, et cela me semble être une caractéristique de la littérature du continent de l'Océanie qui est ici australienne. La voix des Anciens, la présence de la nature, les esprits des Aïeux, la colonisation marquent au fer rouge l'histoire tout entière. Au fil des pages et de ma lecture, il m'a été possible d'entendre le chant de l'Océanie. Perdue dans les eaux. L'eau et la fertilité. Cela semble clairement avoir marqué l'auteur qui baigne dans tout cela et narre, avec une forme de grâce douce amère, la brimade d'un homme qui s'en va retourner au sein de sa propre matrice. On y éprouve, à la lecture, de l'empathie pour les personnages du territoire colonial et du vécu des personnages qui sont décrits avec une grande forme de tendresse.
J'ai passé un joli moment à la lecture de ce livre.
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clairejeanne
  19 juillet 2020
Il s'appelle Aljaz Cosini et il est guide de rivière, cet homme qui nous raconte peu ou prou sa vie et aussi celle de ses ancêtres ; et puis, on comprend assez vite qu'il est en train de se noyer, sous les yeux des "aventuriers" qu'il accompagne dans une expédition, et que, pendant ce temps d'anéantissement, viennent à son esprit des souvenirs mais surtout des visions auxquelles il assiste impuissant.
" Je vous le dis, c'est loin d'être une chose facile, pour un pauvre type en train de se noyer, d'assister au dévoilement des lamentables vérités de sa famille. Assister à tout cela, cela revient en effet pour moi au même que si je vous le racontais, comme si j'étais simultanément le réalisateur du film, le projectionniste et le public dans la salle, et je ne suis pas certain que ce soit réellement une bonne chose de divulguer de cette manière nos secrets de famille, même à moi au fond de ce trou liquide." (p 77)
Première de couverture : une clé - un peu rouillée - qui s'enfonce dans l'eau, qui se noie ; une explication possible en lien avec le récit, chaque être humain qui disparaît, c'est une somme de souvenirs et de rêves qui s'en vont à tout jamais...
Aljaz avait toute une histoire, des parents, des amis, une épouse et même un enfant pendant quelques mois ; en regardant de près les relations familiales, l'auteur nous rappelle que chacun de nous est l'aboutissement de rencontres, d'existences différentes, surtout dans des contextes historiques et sociaux particuliers ; là nous sommes en Tasmanie, territoire encore sauvage peuplé à l'origine d'aborigènes rejoints au tout début de XIXème siècle par des anglais puis par des forçats.
De jour en jour d'expédition sur la Franklin River, le récit progresse, émaillé des récits des aventures des personnages plus ou moins proches de Aljaz ; son père Harry et sa mère Sonja, lui australien, elle européenne de Slovénie, alors pourquoi au décès de son père - sa mère déjà morte depuis longtemps - la vieille amie de ses parents lui tend-elle un miroir en lui disant "ça, c'est un abo" ?
La question des origines, celle des aborigènes et de la dépossession des terres est constamment en filigrane dans le livre ; la nature tropicale, la forêt dense et les grandes chutes, la voix des anciens et leurs rites nous emmènent loin, très loin dans le temps et dans l'espace.
Narration prenante, envoûtante, magnifique, par un auteur devenu "culte" en Australie, une façon de voir le monde, l'autre, qui frappe tout de suite par son originalité, mais aussi son pessimisme ; c'est très humain, émouvant, un récit puissant, un peu triste, mais écrit d'une façon magnifique.
On comprend que ce livre et son auteur soient "culte" dans cette région du monde que l'on ne connaît pas beaucoup et qu'on ne comprend pas toujours bien. Et pourtant, malgré les différences, que de similitudes dans les évènements et les ressentis des existences des habitants de la Tasmanie avec les nôtres !
Un livre superbe, à ne pas manquer !
Lien : https://www.les2bouquineuses..
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Rhodopsine
  16 octobre 2018
défi ABC 2018-2019
Un homme se noie en Tasmanie. Il est guide de rafting. Ses clients impuissants assistent au drame. Et dans son esprit en partance, les souvenirs affluent, les ancêtres se manifestent, la vie défile.
Un roman superbe, des histoires entremêlées, des légendes qui nourrissent le quotidien, une nature magnifique, qui prélève son tribut, en arbres, en animaux, en hommes, une nature qui donne et prend la vie.
Aussi puissant que La route étroite vers le Nord lointain, un roman superbe, un auteur peu connu ici, et une traduction superbe de Johan-Frédérik Hel-Guedj
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laplumevoyageuse
  20 novembre 2013
Lu en anglais, j'ai adoré ce livre. Qui aurait lu la traduction en français?
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Citations et extraits (14) Voir plus Ajouter une citation
rkhettaouirkhettaoui   26 septembre 2018
Il croit peut-être possible d’apprendre à voler comme les personnages de bandes dessinées. Il pourrait ne s’agir, pense-t-il, que d’une affaire de volonté et de magie, comme d’apprendre à marcher et à parler, deux événements dont il conserve le clair souvenir. Des deux, l’apprentissage de la parole avait été le plus difficile. Personne ne le comprenait. Il disait des choses adorables, des choses belles, des choses drôles. Les gens le regardaient d’un air interrogateur, et ensuite avec pitié. Il n’avait pas envie de pitié. Il avait envie de conversation. Il avait envie d’être compris. Avec le temps, il acquit une connaissance des mots de plus en plus grande. Il écoutait désormais l’usage que l’on en faisait, en quoi un mot pouvait être porteur de quantité de significations différentes, en quoi chaque mot pouvait se révéler un arbre chargé de fruits.
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rkhettaouirkhettaoui   26 septembre 2018
C’est une comédie qu’il faut jouer d’un bout à l’autre du trajet. C’est l’antidote à la peur, qui se propage comme une maladie contagieuse dès qu’un guide en admet l’existence. Voilà qui comporte une triste leçon : il faut que les gens croient en quelque chose – en un mensonge au besoin –, sinon tout est perdu. Et pourtant, comme toutes les croyances aveugles qui paraissent aller à ce point à l’encontre de la réalité la plus évidente, ces dernières comportent à leur tour leurs propres vérités. Tant que l’on ne se reconnaît aucune peur, de grandes choses restent possibles et les clients sont susceptibles d’actes d’endurance et de courage dont ils ne se seraient jamais crus capables.
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rkhettaouirkhettaoui   26 septembre 2018
Le monde n’avait pas de place pour moi, et je le voyais, ce monde, avec ses coutumes risibles et dingues, mais lui ne me voyait pas, et je dois reconnaître qu’il y avait là-dedans une étrange liberté. Et pour sa part le monde ne voyait pas non plus les maux, les fléaux, les erreurs, ni ceux qui souffraient en conséquence. Je ne suis pas en train de dire que j’ai protesté, ni même que je m’y suis intéressé. J’avais juste légèrement l’impression qu’il y avait dans le monde un peu de laisser-aller et ça me faisait rire, ce qui me semble préférable aux larmes.
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rkhettaouirkhettaoui   26 septembre 2018
C’est si facile, ça se passe tellement en douceur. La mort violente peut survenir avec une grâce trompeuse ; si rapide, si naturelle, à ce point silencieuse que ce qui vient d’avoir lieu n’est pas tout de suite visible. Certaines personnes se retournent en se disant que l’autre est peut-être là, debout derrière eux, qu’il leur prépare une surprise, alors qu’en fait cela n’a rien d’une farce, parce qu’il y a un mort. Un mort, tout simplement. Une phrase assez parlante en soi – la mort n’est pas l’affaire complexe qu’est la vie. Du moins pas pour les morts.
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rkhettaouirkhettaoui   26 septembre 2018
J’ai peut-être tort. Je vous l’accorde. Mais j’ai toujours été du genre à ne pas m’en faire, c’est vrai. Paresseux, prétendraient certains, mais là, non, je ne serais pas d’accord. Ou peut-être bien que si. Tout ce qu’on raconte à mon sujet, ma paresse, ma dérive de paumé, mon absence d’avenir, que je ne sais pas ce que je veux dans la vie, il se peut que tout soit vrai.
Peut-être que je me suis toujours noyé.
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Vidéo de Richard Flanagan
Rencontre avec Richard Flanagan à la librairie La Galerne du Havre pour la parution de "Première personne". 11 septembre 2018.
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