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Pierre Furlan (Traducteur)
ISBN : 2714446159
Éditeur : Belfond (02/09/2010)

Note moyenne : 2.95/5 (sur 11 notes)
Résumé :
Tout à la fois roman d'aventures, pastiche victorien, fresque sociale, dénonciation radicale des ravages de la colonisation, le nouveau chef-d'oeuvre d'un des plus grands écrivains australiens. Inspirée de faits réels, portée par une écriture étincelante de finesse et d'esprit, une oeuvre virtuose et sensuelle, une méditation troublante sur la lutte entre le désir et la raison.
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Critiques, Analyses & Avis (7) Voir plus Ajouter une critique
gerardmuller
19 février 2016
Désirer/Richard Flanagan
On est en 1839 : première photo d'un être humain, djihad d'Abd el Kader contre les Français, et publication de Oliver Twist de Charles Dickens.
En Tasmanie, colonie anglaise appelée à l'époque Terre de van Diemen, John et Jane Franklin adopte une petite aborigène, Mathinna, uen fillette charmante et discrète. Éducation à l'anglaise, bonne manières, la petite subit la métamorphose de l' « état sauvage » vers la « civilisation ». John est le gouverneur de la colonie et a tous les pouvoirs.
Pendant ce temps, les colons pour la plupart des convicts, traquaient les aborigènes et les abattaient à coup de fusil avec autant de joie et aussi peu d'hésitation qu'ils chassaient le kangourou.
Quel destin attend Mathinna ? Pourra –t-elle accepter la mutation ?
Plus tard vers 1854 on apprend la disparition de John Franklin parti en exploration dans l'Arctique. A-t-il vraiment mangé de la chair humaine au cours de l'expédition ?
Jane se tourne vers Charles Dickens, fantasque séducteur au sommet de sa gloire pour rétablir la vérité dans une pièce de théâtre qui va connaître un franc succès.
Il s'agit là d'un roman basé sur des faits avérés.
La colonisation anglaise dans cette île du bout du monde à partir de 1803 fit des ravages au sein de la population qui au fil des décennies a disparu. Une extermination systématique fut entreprise de 1826 à 1834.
Les survivants furent déportés dès 1834 vers l'île de Flinders située entre la Tasmanie et l'Australie :
« Robinson expliqua que dans cette guerre où les Aborigènes ne pouvaient plus gagner, il offrait la dernière solution réaliste possible : le sanctuaire sur les îles du détroit de Bass en échange de leur pays. Là on leur fournirait de la npourriture et toutes les bonnes choses du monde des Blancs : des vêtements, un toit, du thé, de la farine et Dieu. »
Les Aborigènes étaient là depuis 35 000 ans ! À l'arrivée des Anglais, ils étaient environ 10 000. En 1883, ils n'étaient plus que 300 !
La dernière Aborigène non métissée est morte en 1905.
Roman mais pas seulement : c'est aussi une fresque sociale de la vie à Londres au temps de Dickens et de la vie à la colonie.
Richard Flanagan est un écrivain australien : dans ce livre il a voulu mettre en scène une réflexion sur le désir.
Il faut avouer que l'on parfois un peu de mal à passer d'une époque et donc d'une histoire à une autre, avec pour seul lien la vie des Franklin. le fil conducteur reste très ténu et l'illustration de la phrase : « Nous avons tous des désirs, mais seuls les sauvages acceptent de les assouvir » ne m'a pas convaincu.

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Stemilou
31 décembre 2010
Désirer est un roman qui entrelace deux histoires, celle d'un Charles Dickens comédien et celle des aborigènes de la terre de van Diemen. le lien ? C'est une femme, Lady Jane et à travers elle il est surtout question d'une enfant Mathinna originaire de cette terre de guerriers qu'est la Tasmanie.

Les époques et les lieux ne sont pas les mêmes, on est en Tasmanie en 1830 auprès d'un catéchiste qui converti les aborigènes et à Londres aux alentours de 1850 auprès de Dickens. D'un côté on parle de colonisation et de disparition d'un peuple, de l'autre on parle du fantasque Charles Dickens, de son besoin de reconnaissance et de triomphe, de son manque d'égard envers sa famille et sa recherche de bonheur.

Ça peut paraître étrange et ça l'est car il n'y a pas vraiment de fil conducteur entre les différents chapitres, on passe de d'un récit à l'autre sans comprendre quel en est le but. Car le changement d'époque et de lieux au lieu de rythmer le récit le ralenti.
Pourtant l'histoire est assez plaisante, faite de tragédies et de sentiments cachés (les moeurs de la société de cette époque préconisaient de ne rien laisser paraître), ce n'est seulement à la fin que l'on comprend le sens caché de ce roman pour lequel un effort a été nécessaire pour arriver au bout : la liberté avec tout ce que cela comprend : la liberté d'agir, d'aimer et de vivre. « Nous avons tous des sentiments et des désirs, mais seuls les sauvages acceptent de les assouvir »
On garde la morale sauve au prix d'efforts terribles : « On peut avoir ce que l'on veut, mais on découvre qu'il y a toujours un prix à payer. La question est celle-ci : peux-tu payer ? »

Cela dit je ne le regrette pas car ce que nous transmet l'auteur est très poignant, dénonciation du colonialisme, de la morale chrétienne et de la supposée supériorité de la race blanche. Malgré ses défauts ce roman est toutefois passionnant dans ce qu'il raconte un segment de vie d'un grand auteur, Dickens, et un pan de l'Histoire australienne.

Lien : http://www.stemilou.over-blo..
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traversay
29 août 2012
Deux histoires composent Désirer et le lien entre les deux est plutôt vague. D'un côté, la Terre de van Diemen (Tasmanie), aux alentours de 1830, de l'autre, Londres, une vingtaine d'années plus tard. Dans la première, c'est la colonisation anglaise et le quasi génocide des aborigènes qui intéresse l'auteur, Richard Flanagan ; de la seconde, Dickens est le personnage principal, en plein triomphe, et qui va trouver une nouvelle jeunesse en se produisant sur scène et en séduisant une actrice. Flanagan passe d'un récit à l'autre sans transition à de nombreuses reprises, procédé assez fréquent dans la littérature d'aujourd'hui, mais qui ici est assez perturbant car paraissant gratuit.
Au fond, c'est à une critique sans concession du colonialisme et surtout à ce sentiment si "naturel" au XIXe siècle de la supériorité de la race blanche sur les autres que se livre Flanagan. Seulement, il le fait avec ironie en écrivant une sorte de pastiche de roman victorien, assez inégal dans son intérêt. L'écrivain australien nie avoir voulu livrer un roman historique. C'est pourtant là l'aspect le plus passionnant du livre, cette fiction qui se tisse à partir d'évènements avérés : les expéditions arctiques de John Franklin, une partie méconnue de la vie de Dickens et ses motifs d'inspiration, le portrait d'une jeune aborigène que l'on veut éduquer comme une anglaise.
Ce roman qui raconte le racisme, l'humiliation et la violence envers les "races inférieures" comme allant de soi, dans la société britannique du XIXe siècle, reste à distance du lecteur. Dommage, on aurait aimé aimer davantage.
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Rebka
19 septembre 2016
C'est le premier roman de Richard Flanagan que je lis et je dois dire que je n'ai pas été charmée, loin s'en faut. D'emblée, ce que je n'ai pas aimé, c'est le découpage en deux histoires distinctes sur des époques différentes. Normalement c'est quelque chose que j'apprécie justement, mais ici, je ne sais pas pourquoi exactement mais c'est “raté” ! J'ai bien accroché au départ avec l'histoire de Mathinna, cette jeune aborigène qu'on a voulu éduquer comme une anglaise à titre d'expérience scientifique, puis abandonnée, totalement perdue entre deux cultures, mais par contre j'ai trouvé que le récit concernant Charles Dickens tombait comme un cheveu sur la soupe et c'est sans aucun intérêt que j'ai suivi son parcours, ses difficultés conjugales, ses relations avec Wilkie Collins (un de mes auteurs fétiches pourtant) et ses angoisses de créateur. C'est brinquebalant, laborieux, et au final on se perd entre les deux histoires. du coup, je trouve la partie consacrée à la Tasmanie et aux aborigènes trop peu développée alors que c'est justement ce qui m'avait donné envie de lire ce livre. J'aurai vraiment aimé trouver une plus grande partie dédiée à la dénonciation du racisme colonial et de la violente humiliation qu'on a fait subir aux races dites inférieures en ces temps pourtant postérieurs au siècle dit “des lumières”.
Bref, un ensemble très inégal et une découverte pas vraiment motivante ; mais je vais essayer de ne pas juger l'auteur sur ce titre car j'en ai repéré d'autres de lui qui pourraient m'intéresser.
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hesbert3
05 juin 2017
Wanting est comme son titre l indique une histoire de désirs et de manque : d amour, de simplicité et de compréhension entre les Hommes.
Deux histoires parallèles : Charles Dickens, Grand écrivain mais aussi dramaturge, qui tente, en vain de contenir ses instincts primaires, son besoin d amour.
De l'autre, Mathinna, belle enfant aborigene, adoptée par deux colons.
Elle ne reçoit pas l amour qu elle attend.
Lady Jane et Sir John veulent transformer cette enfant, l'acculturer.
Cette absence de lien, d amour conduit inévitablement à un échec, un abandon.
Alors que C Dickens accepte de laisser libre cours à ses sentiments, Mathinna connaît un destin inverse.
Un roman dont qui laisse un petit goût amer.
Ce n est qu à la toute fin que j ai pu percevoir le lien entre ces 2 destins.
Et malgré une belle poésie, beaucoup d humanité j ai trouvé le tout laborieux.
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Citations & extraits (6) Voir plus Ajouter une citation
Emma-saruEmma-saru25 mars 2011
Ce livre se lit comme un puzzle, avec deux histoires croisées qui se rejoignent, s'éloignent et se rejoignent à nouveau avec pour fil rouge, le désir.
L'idée de départ est très belle, et cette réflexion à travers l'histoire de Dickens et de Mathinna, cette petite fille aborigène au destin tragique (reflet du destin de son peuple) est très bien menée.
On pourrait voir dans ce roman une réflexion historique sur le sort des peuples autochtones, mais si c'est l'un des sujets en toile de fond, la vraie question centrale reste ce désir qui nous fait choisir des chemins parfois totalement irrationnels voire cruels.

J'ai particulièrement aimé cet entrelacs entre deux époques qui se rejoignent, entre personnages liés et les réflexions que ce roman amènent. Pour moi, un très beau livre servi par une écriture délicate et juste. Et une galerie de portraits qui dévoile avec une certaine cruauté et ironie leur époque.

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RebkaRebka19 septembre 2016
Cette nuit où l'univers c'était engouffré en lui, il avait été ouvert à tout, sensible aux autres êtres humains et à lui-même comme il ne l'avait encore jamais été. Cette nuit là, il s'était senti suspendu entre les étoiles et les montagnes, les forêts et le feu. La danse était étourdissante, à la fois immorale et grisante. Tout cela n'avait aucun sens, défiait toute rationalité.
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RebkaRebka19 septembre 2016
Il arrive fréquemment que nous soyons obligés de faire violence à nos sentiments et, dans le combat que nous menons pour la vie, de cacher ce que nous avons sur le cœur.
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RebkaRebka19 septembre 2016
Il subissait une lente perte de vie, ou peut-être de vitalité, ou même d'autre chose, de la force qui le liait aux autres, et c'était se lier aux autres qu'il trouvait de plus en plus difficile.
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RebkaRebka19 septembre 2016
La vie ne l'ayant pas encore modelé, il continuait à croire que c'était lui qui modelait sa vie.
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