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ISBN : 2404010190
Éditeur : Gallmeister (07/03/2019)

Note moyenne : 3.82/5 (sur 54 notes)
Résumé :
Cape Cod, 1957. Dans cette petite communauté tranquille, une série de meurtres d’enfants paralyse la population. Une famille disparaît dans d’étranges circonstances, un homme se fait violemment tabasser et refuse de dénoncer ses agresseurs. Le lieutenant Warren, de la police locale, découvre la difficulté de mener à bien son enquête dans un service corrompu. Sa position devient intenable quand arrive dans la région Stasiak, officier légendaire de la Police d’État au... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (23) Voir plus Ajouter une critique
nameless
  18 août 2019
Le plus frappant dans ce premier roman de Joe Flanagan, c'est son atmosphère. Cape Cod, le cap aux morues, à la fin des années 50, est un endroit sauvage avec ses marais, ses phares, ses plages encore désertes, ses restaurants et stations-service, sa population rurale dont la mentalité étriquée accepte mal la présence d'un couple d'antiquaires homosexuels mais admet plus volontiers la corruption de la police. La police, parlons-en... Le lieutenant Warren fait une carrière sans grand relief ; il est encore marqué par ses trois ans et demi dans le Pacifique durant la seconde guerre mondiale, accomplis peu après son mariage avec Ava. Après sa démobilisation, la vie « d'avant » n'a pas repris son cours parce qu'Ava a changé et lui aussi. La naissance de Little Mike, leur petit garçon souffrant d'une déficience intellectuelle, signe l'arrêt de mort du couple et Warren élève seul son fils, soucieux de lui offrir les meilleures chances éducatives et un avenir épanoui.

La disparition d'enfants puis la découverte de leur corps, leur innocence bafouée, met la communauté en émoi, au point que les autorités envoient sur zone Stasiak, un policier fédéral star dans son domaine, teigneux, aux méthodes brutales et parfois illégales, pour superviser l'enquête. Warren le discret et Stasiak le hâbleur, deux hommes aux convictions marquées mais antagonistes s'affrontent, deux conceptions du même engagement professionnel se frictionnent.

Pour ce premier roman, l'auteur frappe fort, trop fort peut-être. Le travail est soigné, l'intrigue solide, les dialogues utiles ; le style est ample, descriptif et dessine parfaitement un cadre spatio-temporel robuste et crédible, qui évoque avec force les grands films hollywoodiens en noir et blanc des années 50-60. Cependant, ce souci extrême du détail, cette pointillosité dans la reconstitution de cette époque, entraînent quelques ralentissements dans le déroulement de l'histoire, et la rendent parfois confuse. Je note également, mais ce n'est que mon avis, une petite faiblesse dans l'épilogue, pour des motifs que je ne peux révéler. Au final, une excellente découverte dont les défauts minimes ne sont qu'Un moindre mal.
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BillDOE
  24 mars 2019
Très bon premier polar de Joe Flanagan. Roman à la construction atypique où se mêlent plusieurs enquêtes. Disparitions, viols et meurtres d'enfants, flics ripoux mêlés à des trafics de paris illicites, un prêtre étrange qui s'absente pour des ballades en pleine nature et un psychiatre spécialisé dans les maladies mentales déviantes. Beaucoup d'éléments qui peuvent provoquer la confusion au début du roman mais l'action prends vite le pas et la lecture devient prenante et addictive. Agréable traduction de Janique Jouin de Laurens.
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JIEMDE
  21 juin 2017
Un coup d'essai et un coup de maître ! Pour son premier roman, Joe Flanagan récite ses gammes du polar noir, et le moins que l'on puisse dire, c'est qu'il connaît la musique !
Dès les premières pages d'Un moindre mal, l'atmosphère est posée : les années 50, la côte est des US, Cape Cod, ses happy fews, les flics locaux, les nationaux et les fédéraux. Et des gangsters, du jeu, des paris, des prêts sur gages à rembourser non remboursés. Et des enfants qui disparaissent.

William Warren est lieutenant de police dans ce petit coin paisible qui va se retrouver plongé dans un certains chaos lorsque ces enfants sont retrouvés sauvagement assassinés et mutilés. Les flics d'Etat s'en mêlent. Pas très nets, eux non plus. Tout comme quelques ecclésiastiques aux comportements mystérieux.
Warren et son adjoint Jenkins vont enquêter, officiellement puis un peu moins, mais avec efficacité : pas de bla-bla, du résultat ! Avec Warren, ça déménage !
L'intrigue est parfaitement ficelée - certes parfois un brin compliquée à suivre - et Flanagan réussit parfaitement à faire monter son histoire en puissance, ajoutant ci-et-là une dose d'émotion lorsqu'il évoque Little Mike, le fils de Warren, ou sa platonique attirance pour la jolie Jane.
C'est joliment écrit, noir juste comme il faut et redoutablement efficace !
PS : et pas besoin de nous le vendre comme le L.A. Confidential de Cape Cod...
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encoredunoir
  07 juin 2017
En 1957, sur la presqu'île de Cape Cod, des enfants sont assassinés. William Warren, lieutenant et chef par intérim de la police locale devrait s'y intéresser de près, de même qu'à la disparition d'une famille, mais l'ambitieux procureur local qui voit là l'occasion de mettre un coup d'accélérateur à sa carrière, le dessaisit de ces affaires au profit de la police d'État et en particulier de l'enquêteur Dale Stasiak. Flic violent et certainement corrompu, Stasiak semble vouloir saboter les affaires dont il a la charge et même celle qui reste encore entre les mains de Warren, le tabassage en règle d'un homme qui refuse de parler à la police.
Incarnation de l'honnêteté, Warren voit d'un bien mauvais oeil ce qui lui arrive et, lorsqu'il tente malgré tout de faire son travail, se heurte bien vite à l'hostilité des notables et conseillers locaux, ceux qui peuvent faire ou défaire sa carrière. Or, Warren vit seul avec son fils souffrant de retard mental qu'il a décidé de scolariser dans une institution privée. Il se trouve dès lors face à un dilemme : faire ce qu'il croit juste et risquer de perdre son emploi, ou fermer les yeux, courber l'échine et laisser les choses suivre leur cours.
Dans ce premier roman, Joe Flanagan se montre ambitieux, bien décidé qu'il est à ancrer son histoire dans un lieu et une époque très particuliers. On est là dans une région encore tiraillée entre son caractère de communauté plutôt fermée composée de notables dominant un peuple de pêcheurs pauvres et celui de lieu de villégiature de la bonne société de la côte Est, au moment où cette Amérique du Nord-Est profite de l'incroyable développement des années d'après-guerre sans pour autant avoir abandonné ni le carcan de ses croyances religieuses ni celui d'une société fortement hiérarchisée, inégalitaire et par bien des aspects discriminatrice. Cela, Flanagan le montre bien ; il recrée ce monde avec talent, fait apparaître assez finement les courants parfois contradictoires qui traversent cette société en mutation et les questions morales que cela pose.
Il peint par ailleurs un Bill Warren et son inspecteur, Ed Jenkins, tous les deux épris de justice mais sans cesse confrontés à la corruption et aux arrangements – au nom bien entendu d'un impérieux besoin de conserver l'union de la communauté – des notables qui dirigent le comté.
Ce sont là les deux points forts, et pas des moindres, du roman de Joe Flanagan. Mais le sont-ils suffisamment pour contrebalancer les points faibles du livre ? Car il y en a. À commencer par ce personnage de méchant ultime que représente un Dale Stasiak qui n'est pas sans rappeler parfois le Dudley Smith de James Ellroy. Et peut-être d'ailleurs, à trop s'être inspiré de ce genre de personnage sans arriver pour autant à lui donner une véritable épaisseur ni, surtout, à le rendre réellement ambivalent, Flanagan en fait un salaud très monolithique et donc moins intéressant qu'il ne devrait l'être. Et il en va de même de toute une cohorte de personnages secondaires qui se partagent entre faire-valoir de Warren ou de Stasiak et potentiels coupables destinés à fournir un nombre conséquent de fausses pistes pour égarer le lecteur. Lecteur qui, d'ailleurs, peut légitimement se sentir manipulé quand les différentes intrigues finissent par se résoudre à coup d'informations qui arrivent toujours au bon moment ou même, du retour surprise de certains personnages, voire, purement et simplement de miracles divins qui finissent par mener à une fin qui va sans doute trop loin dans les bons sentiments.
Pas foncièrement mauvais et même souvent agréable à lire, Un moindre mal se révèle toutefois décevant dans l'ensemble, peinant à réaliser les promesses portées par la belle ambiance mise en place par l'auteur. À trop vouloir en faire, Joe Flanagan semble finir par sacrifier la structure de son histoire et ses personnages à cette atmosphère qui, en fin de compte ne fait que dissimuler un peu le côté convenu et relevant même souvent du cliché, de l'intrigue.

Lien : http://www.encoredunoir.com/..
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Sharon
  16 décembre 2018
480 pages. Autant vous dire que, quand je l'ai commencé, je savais que cette lecture me prendrait du temps. Je me suis trompée, il ne m'a fallu que deux sessions de lecture pour le terminer. Il fallait seulement que je trouve la meilleure manière de rédiger ma chronique. Je n'ai pas opté pour l'originalité, j'ai opté pour la sincérité.
Ce qui m'a plu ? le personnage du lieutenant Warren. Il est un des rares policiers intègres de Cape Cod – je dirai en fait qu'ils sont deux. Warren est un homme rare dans cette petite communauté fermée. Pour lui, toutes les affaires méritent d'être traitées. Toutes. Y compris quand la boutique des deux seuls hommes ouvertement homosexuels est régulièrement cambriolée et que toute la police s'en moque – sauf lui. En effet, il est des faits plus graves que des cambriolages à répétition chez des personnes que l'on a choisi d'ignorer ouvertement/superbement, en espérant qu'un jour, ces deux hommes se décident à comprendre qu'ils ne sont pas les bienvenus dans cette petite communauté.
Oui, il est des faits plus graves, j'en demeure d'accord, sauf que – lapalissade – la police se doit d'enquêter sur toutes les infractions et que la sus-dite police a bien du mal à trouver une piste en ce qui concerne cette série de meurtres d'enfants. Je suis d'ailleurs partagée quant à leur manière d'enquêter. Sont-ils tous aussi incompétents qu'ils en ont l'air ? Ou s'agit-il simplement de la corruption qui les empêche de mener une enquête correctement ? C'est vrai : quand on est très occupé à se remplir les poches et à couvrir ses arrières en causant le minimum de dégâts pour soi, et le maximum pour les autres, on ne peut pas sérieusement se pencher sur la mort de jeunes garçons.
Puis, n'ayons pas peur du sujet. Ces jeunes garçons ne semblent pas vraiment appartenir à des familles aisés. Cape Cod, en 1957, c'est un mélange, entre les personnes qui commencent à s'enrichir grâce à l'expansion économique américaine, et ceux qui n'ont pas encore été touchés, simples pêcheurs, membres de la communauté désargentée, sans oublier les parents d'enfants différents. le lieutenant Warren est de ceux-là, lui dont le fils Mike est « attardé ». Sa mère est partie un jour, et n'a même pas prétexté l'achat de cigarettes. Prendre soin de son fils est l'une des préoccupations, pour ne pas dire la préoccupation principale du lieutenant, et cela passe par le fait de payer une école, privée, qui puisse prendre soin de lui, de trouver quelqu'un qui prenne soin de lui quand les horaires du lieutenant sont distendus, mais aussi de trouver l'argent pour que son fils reste, en dépit des tourments, dans cette école. N'oublions pas non plus que les enfants différents sont des cibles faciles pour les moqueries, les persécutions. Aujourd'hui, l'on affirme vouloir tout mettre en oeuvre pour mettre fin au harcèlement – affirmation pas toujours suivie d'effet, il faut aussi avoir le courage de le reconnaître. En 1957 ? Trop facile de s'en prendre aux plus faibles.
Je ne vous ai pas encore parlé de l'adversaire du lieutenant, le dénommé Stasiak. Il est un héros, il arrive auréolé de ses faits d'armes à Iwo Jiwa. Il a démantelé à lui tout seul un réseau de mafieux. Il est forcément l'homme de la situation et dispose de suffisamment de complices, pardon, d'hommes qui lui sont dévoués et de supérieurs qui sont tout prêts à lui accorder leur confiance puisqu'il sait si bien dissimuler certaines choses qu'il peut tout se permettre. Il n'est sympathique à aucun moment, si ce n'est, peut-être, et encore, quand l'on évoque ses parents. Autant dire que ce n'est qu'un moment fugace au cours de ses 480 pages. Son parcours illustre cependant un adage que j'ai fait mien : il ne faut pas déléguer les tâches véritablement importantes. le lieutenant Warren, lui, ne peut guère se le permettre puisqu'il est quasiment seul. Stasiak aurait dû être un peu plus scrupuleux sur le choix de ses auxiliaires, et le roman aurait basculé autrement. Joe Flanagan, pour un premier roman, connaît bien les codes du roman noir et sait satisfaire les attentes de ses lecteurs.
Il est cependant des personnages auxquels je me suis attachée, comme ces prêtres, ces religieuses, qui effectuent leur tâche avec humilité, ferveur parfois et prouvent qu'il ne faut surtout pas se fier aux apparences.
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Citations et extraits (12) Voir plus Ajouter une citation
namelessnameless   17 août 2019
Certaines personnes avaient besoin d'une cause – une guerre, une maladie, une idée – et ils n'étaient vraiment eux-mêmes qu'en s'y attaquant. Les qualités qui les distinguaient étaient celles-là mêmes qui leur rendaient la vie difficile et qui parfois les détruisaient.
p. 141
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JIEMDEJIEMDE   18 juin 2017
Je vais en heurter certains. En blesser d'autres. Je vais casser de la vaisselle. Bon sang, je vais retourner toute la cuisine s'il le faut. J'ai été très franc avec les familles dans cette enquête. J'ai posé des questions qui font mal. Il le fallait. Parce que demain, il est possible qu'on sorte un autre petit garçon d'un ruisseau quelque part. Et je n'ai pas le temps de m'occuper de mondanités.
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fannyvincentfannyvincent   08 février 2017
Il y eut un coup à la porte, Warren se retourna et vit le sergent Garrity passer la tête dans l’entrebâillement. Garrity regarda le sol et observa un silence avant de parler, ce qui signifiait que le sergent se réjouissait d’être porteur de mauvaises nouvelles et savourait l’instant avant de les transmettre.
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Armony22Armony22   09 juin 2017
Quelque chose approchait, flottant sur l'eau. L'objet avait accroché une touffe d'herbes marines qu'il poussait dans l'eau en se dirigeant lentement vers eux. Il y avait quelque chose d'inexorable dans cette avancée, comme si son apparition n'avait rien à voir avec le hasard ou la marée. Cette procession le long du ruisseau ressemblait à un rituel, comme s'il était prévu qu'il atteigne les garçons par un calme matin d'été. Les quelques brins d'herbes marins qui pendaient donnaient l'impression qu'on l'avait orné de guirlandes avec une sobriété de bon goût, et les mouches qui l'accompagnaient en une escorte chorégraphiée lui conféraient presque un air festif.
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rkhettaouirkhettaoui   13 avril 2017
Nous ne suivons pas le même programme que les écoles classiques. Nous donnons des cours toute l’année parce que les enfants ont besoin d’attention et de structure. Nous n’avons pas de classes à proprement parler. À la place, nous tirons le maximum de certaines compétences et nous aidons les élèves à progresser, s’ils le peuvent, jusqu’au niveau fin de primaire, début du collège, aussi loin que nous pouvons les amener. Donc, plutôt que des classes, nous avons des niveaux de compétence, et aucun temps défini pour les atteindre. Nous nous concentrons sur les bases, lecture, écriture, arithmétique. Mais nous travaillons aussi sur des aspects pratiques : l’hygiène, s’habiller, acheter des articles dans un magasin. Résoudre les problèmes quotidiens. Nous les amenons aussi loin que possible pour qu’arrivés à l’âge du lycée, ils puissent plus ou moins fonctionner comme les autres jeunes.
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Video de Joe Flanagan (1) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Joe Flanagan
Cercle Polar : de Cape Cod au Tennessee via le désert de l'Utah, la crème du roman noir américain .Quels sont les bons polars américains du moment ? En voici trois, très différents, trois romans d'écrivains véritables, princes des atmosphères à la limite de l'étrange, capables de faire vibrer les paysages autant que de faire vivre leurs personnages. Même si nous avons des réserves sur l'un d'entre eux, ils méritent tous votre attention. N'hésitez pas, après lecture, à partager vos impressions. "Petite soeur la mort" de William Gay (Seuil, coll. "Cadre noir") "Un moindre mal" de Joe Flanagan (Gallmeister, coll. "Noire") "Desert Home" de James Anderson (Belfond)
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