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ISBN : 2754803750
Éditeur : Futuropolis (08/03/2012)

Note moyenne : 4.19/5 (sur 164 notes)
Résumé :
L’histoire se passe dans l’archipel de Lamu, au large du Kenya. Günter est un marin hollandais qui n’hésite pas à jouer les trafiquants si les commandes légales ne suffisent pas. Naim, un gamin d’une dizaine d’années, orphelin, habite chez sa tante. Il refuse d’aller à l’école coranique (il est peu enclin à la discipline), et fait souvent l’école buissonnière. Il vit de petites magouilles (plutôt que d’éplucher des crevettes pour « l’Indien »). À quelques encablures... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (41) Voir plus Ajouter une critique
Laurence64
  06 décembre 2012
Comme il y a les livres avec papier épais, couverture onctueuse et typographie soignée qui éveillent les sens et multiplient les plaisirs (Vade Retro bouquinus numericus!), il y a les bandes dessinées dessinées. Oui, oui. Des bandes dessinées qui cachent un artiste avec pinceaux et couleurs. Des bandes dessinées qui font chanter les yeux comme des aquarelles égarées dans une pile de moches sérigraphies. Kililana song compte parmi celles-ci.
Grand bourlingueur devant l'éternel, Benjamin Flao ramena un bout de l'ile de Lamu dans ses bagages et une galerie de personnages gravitant autour du garnement Naïm.
Naïm, 11 ans, cavalcade dans les rues de sa bourgade kenyanne afin d'échapper à l'école coranique dans laquelle son frère veut à tout prix le fourrer. Au cours de ses tentatives pour échapper à l'idée fixe détestable, Naïm côtoie, frôle, rencontre moult protagonistes qui composent une Afrique oscillant entre tradition et modernité, écrasée par un nouveau colonialisme rachetant ses maisons, faisant de ses jeunes des domestiques. Il y a du Gary et des racines du ciel ici. Sans les éléphants. Avec des mots en moins et des dessins en plus.
Le très mal léché Günter, capitaine alcoolique, trafiquant de drogue, ferait pâlir son homologue Hadock. Les moules à gaufre, bachi bouzouk et autres sabords par paquet de mille font pâle figure devant "la grosse putain de sa race de grosse tuile de nom de Dieu de Bordel de chiotte"; il s'avère pourtant fort sympathique, le mal élevé Günter, blond et bedonnant, dans ses démêlés avec l'Europe riche, ridicule, vulgaire. Car la vulgarité n'est pas toujours où l'on croit. Les rifflars qui viennent poser leurs grosses villas comme des étrons sur toutes les plages du monde, ça le débecte à Günter. On lui pardonne bien volontiers quelques écarts langagiers.
Le Nacuda, vieillard impotent, que Naïm approvisionne en qat raconte une époque révolue et mâchonne son amphétamine écologique. On poserait bien nos fesses à ses côté juste pour l'écouter. Pas comme Naïm qui continue de courir, toujours poursuivi par son musulman de frangin increvable et entêté, parmi les touristes naïfs que l'on embrouille et les djinns cachés. Elle reste magique, cette Afrique, flanquée de ses prostituées et de ses promoteurs véreux (bouh le vilain pléonasme) car elle abrite aussi un vieux shaman, voleur de bateau à ses heures aux fins de protéger un territoire sacré.
La suite, c'est quand Benjamin Flao le voudra. En attendant, les esprits chantent. Et l'on peut écouter Sélim, ami de Naïm, "muet comme un pot et bavard à coup de bruits et de signes".
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jamiK
  19 février 2018
Le graphisme est magnifique, c'est comme une sorte de carnet de voyage, et le dépaysement est total, dans ce petit port du Kenya. Tout y est décrit avec tendresse, les gens, le soleil, la mer, où se mélange croyances anciennes et modernité, un monde loin d'être parfait, c'est le monde de la débrouille, où les enfants se font exploiter, il est question d'école religieuse, de conserverie de crevettes, d'école buissonnière, mais aussi de drogue, de trafic. le ton est très juste, ne tombe jamais dans le pathos condescendant, plein de tact et de subtilité. Les illustrations sont réalisées au trait noir et à l'aquarelle, et possèdent une force, un puissance narrative formidable. Les personnages sont aussi très riches en subtilité, le grand frère obnubilé par la religion, le copain muet, la tantine, trop affectueuse, le capitaine de navire, ancien légionnaire, au langage cru, et surtout, il y a Naïm, espiègle, touchant, et tellement vrai. Un premier tome très touchant, très beau, très juste.
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Macha_Loubrun
  27 juin 2014
En suivant Naïm, qui préfère l'école de la rue à l'étude des versets du Coran, on découvre tous les habitants de l'archipel de Lamu dans l'Océan indien. Son grand frère lui court après afin de le ramener dans le droit chemin, mais il s'enfuit, se faufile dans les ruelles, observe tout ce qui passe. Il faut dire qu'il est débrouillard, hardi, et je suis tombée immédiatement sous le charme de sa belle petite frimousse.
La galerie de personnages qui gravitent autour de l'adolescent de onze ans toujours coiffé de son petit bonnet en laine, est assez conventionnelle. Il y a le vieux Nacuda auquel il rend des services, les touristes naïfs, les prostituées, les expatriés aux projets immobiliers peu scrupuleux, le capitaine Günter, trafiquant de drogues fort en gueule dont le bateau est coincé au port et enfin Ali, le chamane, gardien d'un immense arbre sacré peuplé d'esprits ancestraux.
Mais cela ne gâte en rien le plaisir enchanteur de ce conte initiatique tant les illustrations sont belles, aux allures de croquis de voyage. La narration est fluide et je n'ai qu'une hâte, retrouver Naïm dans la suite de ses aventures…
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trust_me
  14 mars 2012
Archipel de Lamu, au large du Kenya. Une région paradisiaque pour l'instant encore épargnée par le tourisme de masse où les pêcheurs utilisent des bateaux traditionnels à voile et où chacun vit dans une grande simplicité. le petit Naïm, 11 ans, préfère passer ses journées au grand air plutôt qu'à l'école coranique, au grand dam de son frère. Ce dernier le pourchasse dans les rues tortueuses du port pour le ramener par la peau des fesses sur les bancs de la classe. Suivant les traces de Naïm, le lecteur rencontre une galerie de personnages hauts en couleur : un capitaine hollandais traficoteur qui passe son temps à jurer comme un charretier, une jeune femme usant de ses charmes pour plumer des expat' français snobinards et affairistes, un vieux sage philosophe où encore un sorcier animiste sur le point d'être exproprier. Une intrigue un brin décousue qui sert surtout de prétexte à la découverte d'une région naturelle n'étant pour l'instant par encore passée sous le rouleau compresseur de la modernité.
Au départ, l'auteur comptait réaliser un carnet de voyage classique. Mais à force de rencontres, d'anecdotes glanées ici ou là et surtout d'une envie irrépressible de faire une BD plutôt qu'une compilation d'aquarelles, Benjamin Flao s'est lancé dans ce diptyque au premier tome plus que prometteur. Naïm, son gamin débrouillard et cynique a tout de Tom Sawyer. L'histoire se déroule d'ailleurs à hauteur d'enfant, c'est ce qui fait tout son charme.
L'autre point fort de l'album tient évidemment à la qualité du dessin. Un trait proche du crayonné, des décors somptueux et des couleurs chaudes. C'est splendide ! Surtout, l'alternance entre les séquences dynamiques et celles plus contemplatives donne beaucoup de variété au récit. de la même manière, l'auteur fait se succéder des cases ultra fouillées et d'autre beaucoup plus épurées. A l'arrivée, ce parti pris graphique rend la narration très lisible et lui enlève toute lourdeur.
Des reproches ? Difficile de savoir où l'histoire va nous mener (même si pour moi, l'intérêt de l'album est ailleurs). Certains ne manqueront pas non plus de souligner que Benjamin Flao présente une Afrique de carte postale et ignore quelques réalités kenyanes comme l'intégrisme religieux, la grande pauvreté, le sida ou les guerres ethniques. Certes, mais on n'est pas ici dans le reportage à la Joe Sacco, plutôt dans le dépaysement version Hugo Pratt. La filiation avec le père de Corto Maltese est d'ailleurs évidente et assumée par l'auteur. Pour moi, le but est atteint, j'ai passé un moment de lecture délicieux qui m'a emmené loin, très loin de ma tristounette Picardie. Rien que pour cela, chapeau bas Mr Flao et merci pour la balade.

Lien : http://litterature-a-blog.bl..
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badpx
  13 janvier 2018
C'est encore l'histoire d'un rencontre au hasard dans ma petite médiathèque... Décidément, il y a là pas mal de pépite.
Je fouillais dans les bacs, de façon méthodique, dans l'ordre alphabétique, à la recherche du livre dont la couverture me donne envie de l'ouvrir.
J'avais déjà identifié quelques volumes attrayants, mais ce n'était pas encore le coup de foudre. Et dans un bac trop rempli, duquel il fallait obligatoirement sortir les livres pour voir les couvertures, je suis tombée sur cette peinture d'un petit garçon au regard dans le lointain, pas rêveur, mais plutôt préoccupé, concentré sur quelque chose.
Alors j'ai ouvert les pages au hasard, et j'ai vu de magnifiques dessins pleine page, ou des 3 dessins (tout aussi magnifiques) par page, et parfois aucun texte.....
C'était le coup de foudre que je cherchais.
Et j'ai découvert un récit tout de même assez rude, sur l'exploitation par les occidentaux des pays africains, des trafics divers et variés dans lesquels les populations locales s'engouffrent pour survivre, enfin des choses pas très reluisantes, tout ça au travers des déambulations de ce petit garçon de la couverture.
C'était un plaisir pour les yeux, c'était aussi très bon pour développer les réflexions sur certains sujets.
J'ai donc ADORE, et cette BD fait partie de celle qu'il va falloir que j'achète.
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critiques presse (10)
LesEchos   10 août 2012
Pour cette première bande dessinée dont il assure aussi bien les dessins que le scénario, Benjamin Flao a puisé dans son expérience et tout ce qu'il raconte sonne vrai.
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BoDoi   11 juin 2012
Intense, la poésie qui se dégage de ce premier tome — l’attente va être difficile — réveille des vocations de voyageur chez son lecteur.
Lire la critique sur le site : BoDoi
Lexpress   10 mai 2012
Le charme de l'oeuvre tient beaucoup au dessin. Celui de Benjamin Flao, auteur complet, est à la fois juste et enlevé, sublimé par une grande science des couleurs.
Lire la critique sur le site : Lexpress
BDSphere   27 avril 2012
Embarqué dans une balade poétique au sein de l’archipel de Lamu, au large du Kenya, le dessinateur de Mauvais Garçons et de Ligne de fuite, Benjamin Flao, signe son premier album solo. Son âme de griot nous transporte dans les dédales d’un récit graphique d’une rare intensité. Depuis les ruelles jusqu’aux sommets des toits percent les paysages chaleureux du petit port soutenus par le crayonné vif du dessinateur. Dans la course d’un enfant défilent les milles visages de l’Afrique à la manière des carnets de voyages, croquis à l’aquarelle rehaussés à l’encre de chine. Les planches respirent, transpirent, soufflent la mélodie de cette “Kililana song” qui creuse les racines mystérieuses de ce conte contemporain. A cet arbre né d’une légende et gardé par un vieux sorcier, le dessinateur accroche aux branches ses histoires glanées au fil de ses voyages entre l’Erythrée et le nord-est du Kenya. Le dessin saute entre les cases, rythme la fuite en avant du jeune Naïm, une enfant espiègle et insubordonné, qui se jette à la mer pour échapper à son frère et à l’école coranique. Le grand plongeon pour cet abonné à l’école buissonnière livré par le destin à l’école de la vie. Un premier tome pour un diptyque qui donne la cadence d’une initiation. Un hymne à la liberté et à l’aventure.

Kililana song, tome 1, Benjamin Flao, Futuropolis, 128 pages, 20 euros.

ISBN-13: 978-2754803755
Lire la critique sur le site : BDSphere
ActuaBD   06 avril 2012
Si le patchwork de l’intrigue est encore un peu confus dans ce premier volet, « Kililana Song » compte son lot de personnages extrêmement bien campés. Cette fine observation des mœurs donne à l’histoire justesse et réalisme.
Lire la critique sur le site : ActuaBD
Culturebox   26 mars 2012
Ce récit initiatique est empreint d'une poésie ensorcelante et douce, propre au travail de Benjamin [Flao], qu'il est toujours délicieux de retrouver.
Lire la critique sur le site : Culturebox
Actualitte   19 mars 2012
Quelle fraîcheur et quelle malice dans ce regard d'enfant, quel bonheur de partager ses réflexions si vivantes et si pittoresques !!!
Lire la critique sur le site : Actualitte
LaLibreBelgique   14 mars 2012
Bon sang, que cette histoire est belle illustrée par la plume et les pinceaux de Benjamin Flao !
Lire la critique sur le site : LaLibreBelgique
LeSoir   12 mars 2012
Kililana Song est un chant initiatique à la beauté de l'Afrique, de la nature et de ses mythes, gorgé de soleil, grondant de tonnerre.
Lire la critique sur le site : LeSoir
Sceneario   20 février 2012
Bien au delà du récit en lui même cet album est un véritable régal pour les yeux.
Lire la critique sur le site : Sceneario
Citations et extraits (30) Voir plus Ajouter une citation
alouettalouett   05 avril 2012
On finit par s’habituer de se coltiner un frère aussi borné. Mais à la longue, c’est fatiguant… il a en tête de me dresser comme un petit animal parfaitement idiot. Évidemment, comme tous les adultes, il m’explique que c’est pour mon bien ! Et les coups de canne que je prends à la madras c’est sans doute pour mon bien aussi ?… Pourquoi les adultes croient toujours qu’ils peuvent faire gober aux enfants n’importe quelle salade ? D’accord, j’ai onze ans. Mais je ne suis pas débile. Je le sais bien moi pourquoi Hassan se donne autant de mal pour me ramener dans le droit chemin… il croit qu’il va gagner plus de points pour aller au paradis ! (…) Je ne sais pas à partir de combien de points on peut aller au paradis, mais ça m’a l’air de coûter cher ce truc-là !
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tchouk-tchouk-nougattchouk-tchouk-nougat   30 novembre 2013
Selim il est muet come un pot, pour parler il fait des bruits et des signes. Pourtant c'est le mec le plus bavard que je connaisse! Parfois je me dis heureusement qu'il est muet, ça ne serait pas supportable un type qui cause autant que ça ! Il doit croire que plus il parle et moins il est muet, mais ça ne marche pas comme ça, il est muet quand même.
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alouettalouett   05 avril 2012
Aujourd’hui, c’est le 1er décembre, les premiers jours du Kazkazi, Le vent du travail, avec lui arrivent les touristes et les grandes pêches. Chez nous, il y a ceux qui pêchent le poisson et d’autres qui pêchent le touriste. Moi, je ne pêche rien, je me cache pour pas que mon frère m’attrape
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lunchlunch   21 octobre 2012
Lors, on peut se demander, qu'est-ce que l'homme sinon, lui aussi, une machine parfaitement réglée et extrêmement complexe qui, avec un art infini, transforme en urine le vin rouge de Chiraz ! … Oui... Et au final, quel est le plus grand plaisir, boire ou pisser ? … Et qu'est-il arrivé dans l'intervalle ? …
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jovidalensjovidalens   20 juillet 2014
Les gens sont des bavards Naïm, ils ne te voient pas pendant un mois et ils se sentent obligés de raconter leur vie en détail !...
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