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EAN : 9782754811187
160 pages
Éditeur : Futuropolis (06/11/2014)

Note moyenne : 3.75/5 (sur 34 notes)
Résumé :
Au printemps 2014, Troubs et Benjamin Flao partent sur l'archipel de Tuamotu, au large de Tahiti, suivre une mission scientifique qui veut relancer la fabrication des Va'a Motu, les bateaux traditionnels polynésiens. La mission ne se fera malheureusement pas immédiatement, mais nos deux compères n'en profitent pas pour se tourner les pouces. Prenant leur courage à quatre mains, ils fabriquent eux mêmes des pirogues, vont à la rencontre des autochtones, parcourent le... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (12) Voir plus Ajouter une critique
Presence
  04 février 2017
Il s'agit d'un récit complet indépendant. Il est initialement paru en 2014, écrit et dessiné à 4 mains par Benjamin Flao et Troubs (Jean-Marc Troubet).
Ce tome commence par 5 pages avec une grande illustration centrale (sur une page ou sur deux) avec des pavés de texte présentant rapidement les Tuamotu (un archipel de la Polynésie française) et l'atoll de Fakarava, avec ses 800 habitants pour 16km² de terres émergées. Il est entre autres rappelé que cet atoll a été classé comme une réserve de biosphère par l'UNESCO. Au vu du savoir-faire ancestral des Paumotu (les habitants des Tuamotu) pour construire des pirogues et naviguer sur l'océan, Julien Girardot et Ato Lissant ont monté le projet de favoriser le retour de la pirogue à voile (supplantée dans les années 1960/1970 par le canot à moteur) dans la vie quotidienne des Paumotu, projet appelé Va'a Motu (= pirogue des îles en dialecte Paumotu). C'est dans ce cadre que les 2 auteurs sont invités à séjourner à Fakarava.
Les 2 compères arrivent donc à Fakarava, avec une belle vue du ciel, et découvrent la simplicité du site, ainsi que leur première maison. Ils notent les différents équipements implantés alentours : la maison de leurs hôtes, la douche en extérieur, la cuve de récupération de l'eau de pluie, les panneaux solaires, la végétation pour protéger des embruns, les cocotiers pour se baigner à l'ombre. Ils ressentent l'effet de la chaleur au soleil de midi et ils apprécient les bienfaits des spirales anti-moustiques. Ils apprennent à se méfier des noix de coco qui peuvent tomber des arbres. Ils s'habituent au bruit incessant de la mer contre le récif de corail. Ils récupèrent la pirogue du propriétaire et la rafistolent pour pouvoir sortir sur le lagon. Ils comprennent vite que ce modèle de pirogue avec un seul balancier nécessite un peu d'expérience pour pouvoir être manoeuvrable, même sur l'eau très calme du lagon.
Dès la couverture, le lecteur peut avoir un aperçu des choix graphiques des 2 dessinateurs. Ils préfèrent l'un et l'autre détourer les formes avec des traits parfois non jointifs, parfois un peu gras, parfois au contraire très secs. Ils se représentent de manière filiforme, un peu dégingandée, sans trop insister sur les traits de leur visage. Ils sont avant les narrateurs, plus que les acteurs de ce journal de bord. Ils représentent les autres personnages avec plus de détails, qu'il s'agisse d'Ato Lissant, Désiré (un voisin), Titéré (un Paumotu polynésien), la mère de Titéré, une charmante voisine avec une fleur de tiaré dans les cheveux, le groupe de touristes en surpoids, Pierrette une autre voisine plus âgée, Daniel Snow un vieux Paumotu, le vieux Firi un asiatique, et d'autres encore. Les tenues ne sont pas très variées car un short et un teeshirt suffisent pour affronter tous les temps. Néanmoins les coupes ne sont pas toutes les mêmes, en fonction de la morphologie des individus.
Avec ces traits de contour un peu lâches, Flao et Troubs ont le chic pour donner de la vie à n'importe quelle scène. Les postures des personnages sont naturelles et le parti pris de ne pas se donner d'importance à eux-mêmes permet de conserver le centre d'intérêt sur les locaux. La première double page consacrée à Fakarava est réalisée à l'aquarelle, en laissant beaucoup de place à la couleur blanche. D'ailleurs les auteurs l'indiquent explicitement en page 19 : il fait si chaud que […] rien n'est plus fort que le blanc. Ce choix leur permet de rendre compte de l'éblouissante luminosité. Cette bande dessinée prend la forme d'une forme hybride de journal et de courtes explications. Les auteurs prennent le parti de montrer par les dessins, laissant les explications à une poignée de phylactères un peu plus importants quand ils font parler un autochtone (en plus des 5 pages d'introduction). du coup, ils privilégient les grandes cases un tiers, la moitié d'une page, un dessin en pleine page, un dessin en double page. Cela permet au lecteur d'observer l'atoll, le ciel, le lagon, les poissons. En outre la variation de la mise en page correspond à l'état d'esprit du moment des auteurs, et introduit une forme de variété.
C'est tout le paradoxe de cet ouvrage qui installe le lecteur sur un atoll de belle taille, mais où il n'y a que le soleil, la mer, la barrière de corail et quelques habitants, et qui en même temps en montre toute la richesse et la diversité. Si le lecteur n'a jamais eu l'occasion de se rendre dans un de ces endroits paradisiaques, il bénéficie pleinement de la dimension touristique, mais un touriste qui prend le temps de séjourner, de vivre au rythme des habitants, de les connaître, de s'acculturer autant que c'est possible. S'il a déjà séjourné en Polynésie, il retrouve les sensations qu'il a pu éprouver, ainsi que les mots de vocabulaire spécifiques comme le Fare, la patate (de corail), le coprah (albumen séché de la noix de coco dont on tire le beurre de coco), etc. En particulier le lecteur apprécie la capacité des auteurs à rendre compte de la beauté du lagon et de la blancheur du corail. Dans un premier temps, Fao et Troubs montrent la surface étale de l'eau du lagon, ainsi que sa couleur pâle. Puis il dessine quelques vagues formes visibles depuis la pirogue, qui correspondent aux patates de corail. À partir de la page 49, ils commencent à jouer avec la transparence de l'eau, à montrer quelques poissons exotiques et un requin de lagon (requin pointes noires). En page 74, un homme nage en faisant du snorkeling (randonnée subaquatique avec masque et tuba), rendant admirablement compte du calme régnant sous l'eau et de la sensation d'être coupé du monde. Il y aussi quelques images dans lesquelles la pirogue semble suspendue dans le vide au-dessus du fond du lagon, du fait de la transparence exceptionnelle de l'eau. Magique. D'ailleurs les auteurs adressent un clin d'oeil au lecteur en faisant observer : Regarde ça, on est beau comme un dessin d'Hugo Pratt.
Non seulement Benjamin Flao et Jean-Marc Troubet rendent compte de la beauté du lagon et de son eau comme si le lecteur avait les pieds dans l'eau, mais en plus ils savent montrer les caractéristiques de la terre ferme. Il y a les cocotiers, et ce sol composé de sable, de débris de coquillages et corail blanc. Il y a une végétation d'une grande vitalité du fait de l'ensoleillement, même si elle n'est pas très dense du fait du manque de terre végétale. Il y a la douceur de l'ombre sous le soleil implacable, la vie sans chichi du fait que tous les produits manufacturés doivent être amenés en bateau. Il y a une forme de langueur et d'indolence dans le rythme de vie que l'on ressent quand on vit dans un environnement où le temps semble immuable, où chaque jour ressemble au précédent, avec la même possibilité d'aller boire une bière au bord du lagon (occupation peut-être un peu sous-estimée dans cet ouvrage) et d'aller se baigner dans une eau calme et chaude.
Toujours par les images, le lecteur peut voir les occupations du quotidien : la baignade, la cuisson des poissons sur un barbecue improvisé, les différents types de pêche (avec canne à pêche, à avec filet attaché sur des pieux fixés dans le sol, avec des gants sur la barrière de corail pour attraper des homards), ramer sur la pirogue, récupérer ce que la mer a ramené sur la plage, se déplacer à pied ou en vélo, fumer un peu de tabac (le pakalolo n'est pas évoqué malgré sa haute teneur en alcaloïdes), un peu de couture avec une vieille machine à coudre, réparer une gouttière, etc. L'intelligence narrative des auteurs fait qu'il ne s'agit jamais de leçon, mais de tranches de vie organiques, comme si le lecteur se trouvait à leurs côtés, voyant ce qui les entoure, bénéficiant des conseils et des explications succinctes des Paumotu.
Cette bande dessinée ne se limite pas à une immersion de très haute qualité dans le mode de vie des Paumotu sur l'atoll de Fakarava, ce qui est déjà très agréable. Au début du récit, Benjamin Flao et Troubs ont une mission clairement établie : participer à la réintroduction des pirogues à voile dans leur milieu naturel, ou plutôt redonner aux Paumotu un moyen de développement autonome, qui ne dépendent ni des approvisionnements par bateau, ni d'un combustible fossile. Une bonne moitié des séquences de cette chronique tourne donc autour de la construction d'une pirogue de ce type qui soit viable. le lecteur peut voir les auteurs bricoler différentes pirogues, à partir de certaines délaissées par leurs propriétaires, avec l'aide d'un vieux Paumotu disposant encore du savoir-faire correspondant. Il constate donc rapidement que leur mission n'est pas de construire une pirogue entièrement avec les matériaux disponibles sur l'atoll. Il ne comprend pas forcément bien leur relation avec Julien Girardot et Ato Lissant, même si ce dernier apparaît dans une séquence. Dans la mesure où il s'agit de tranches de vie, le lecteur ne doit pas s'attendre à une résolution, ni même à un point d'étape sur le succès ou non du projet de Va'a Motu. Il n'y a pas donc pas d'intrigue.
Néanmoins les auteurs ne se contentent pas de tranches de vie, comme aller naviguer sur le lagon, pêcher avec les Paumotu, ou chasser les insectes. Ils ajoutent également des commentaires, souvent informatifs, sur le détail de la vie quotidienne, avec un dispositif narratif qui s'avère aussi efficace qu'humoristique, en faisant parler des animaux (des poules, des moustiques, des oiseaux), chacun le temps d'une séquence, ou en faisant parler des objets (une pirogue, une voile) également le temps d'une séquence. Tout ceci contribue à une atmosphère détendue et sereine. Au fil des discussions avec les Paumotu, ils en apprennent plus sur l'histoire de cet atoll et de cet archipel. Il y a donc de brefs rappels historiques, à commencer par les conséquences financières des essais nucléaires. Dans un phylactère copieux, ils rappellent que la France a indemnisé la Polynésie de 1966 à 1996, ce qui a pour double effet un apport d'argent et un bouleversement du mode de vie, aux dépends du mode de vie traditionnel. À l'instar du phénomène de désertification des campagnes, les jeunes des atolls et des îles ont préféré aller étudier à Tahiti, et s'y installer, pour profiter des avantages de la technologie. Ils insèrent également une remarque sarcastique sur Gaston Flosse, sa façon très particulière d'exercer le pouvoir, et sa relation privilégiée avec Jacques Chirac, juste le temps d'une phrase ou deux, mais c'est suffisant pour comprendre.
Les habitants de Fakarava interrogés évoquent également le mode de vie traditionnel, le système des secteurs : une communauté sous la responsabilité d'un chef qui se déplaçait tous les 3 mois pour aller occuper une autre partie de l'atoll ou une autre île le temps que les ressources naturelles se régénèrent. Ils évoquent également le savoir-faire des anciens en termes de navigation, en particulier le fait qu'à l'époque de la colonisation des îles polynésiennes, vers 1000 avant JC, les occidentaux ne faisaient encore que du cabotage en Méditerranée. le lecteur peut ainsi prendre la mesure de l'intelligence économique et écologique du mode de vie des Paumotu jusqu'à la fin des années 1960. le ton de la narration ne s'apparente ni à c'était mieux avant, ni à un discours catastrophique et alarmiste sur le pillage des réserves de la planète. Les auteurs ont fait le choix de décrire et suggérer que l'autosuffisance est encore possible. Mais la mère de Titéré déclare sans ambages qu'on ne reviendra pas en arrière. On ne peut pas aller contre le progrès à ce qu'il paraît.
De séquence en séquence, le lecteur constate que Flao et Troubs dressent un portrait à partir de multiples points de vue, certains revenant à différentes reprises, avec différents interlocuteurs. Il y a le regard croisé sur les touristes que les auteurs regardent avec mépris comme des individus trop pressés, animés d'un esprit trop marchand, incapables de saisir l'essence de la vie sur l'atoll. D'un autre côté les Paumotu les accueillent avec bienveillance, appréciant de pouvoir vendre leurs produits locaux, et de profiter de cet apport d'argent. Même si le lecteur peut éprouver l'impression que la construction de la pirogue à voile et la maîtrise des techniques de navigation ne sont qu'un prétexte, les 2 artistes incluent de nombreux schémas de conception de bateaux, attestant qu'ils ont dû effectuer de nombreuses esquisses pour représenter ce que leur expliquaient les anciens. Enfin, ils se montrent honnêtes en indiquant que la vie sur l'atoll présente de nombreux aspects paradisiaques, sous réserve de jouir d'une bonne santé, car il n'y a pas de médecin proche. Par ailleurs ils n'évoquent pas la lassitude existentielle que peut ressentir l'individu à bénéficier de ces conditions, jour après jour, sans grand changement notable, provoquant une forme de vague à l'âme désigné sous le mot de fiu par les locaux.
Cet ouvrage s'avère exceptionnel car il permet au lecteur de séjourner sur l'atoll de Fakarava dans l'archipel des Tuamotu comme une personne qui y vit et non pas comme un touriste de passage, pour un prix modique au regard de ce qu'il en coûte réellement. Non seulement le lecteur bénéficie de magnifiques visuels, de représentation enchanteresse du lagon, de la rencontre avec des Paumotu accueillants, mais en plus les auteurs lui offrent une vision élargie de cet endroit, par le biais de quelques éléments historiques, économiques et écologiques.
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spleen
  07 janvier 2015
Venez avec moi dans l'archipel des Tuamotu, un chapelet d'atolls qui fait partie de la Polynésie française.
Des ilots plantés de cocotiers, entourés de plages de sable blanc et cernés de lagons aux eaux turquoise...
Ca, c'est pour le cliché et ma foi, cela fait rêver...
Nos deux dessinateurs partent là-bas dans le cadre du projet baptisé Va'a Motu de construction de pirogue traditionnelle et de réhabilitation de ce mode de navigation .
Le début de l'ouvrage explique la situation géographique, historique et économique de l'archipel, la nature du projet Va'a Motu à la façon d'un documentaire , puis l'installation de nos amis et de leur famille sur un des atolls.
Ensuite, il faut bien avouer que cela dérape un peu, car de la fébrilité du départ, on sent que peu à peu un certain dilettantisme prend le dessus .
Les auteurs décident d'expérimenter par eux mêmes la navigation en pirogue et parcourent les iles à la recherche de conseils chez les anciens et de pirogue à retaper, cela donne lieu à des scènes drolatiques .
Mais la réalité de la vie dans ce coin perdu est différente de l'image idyllique que l'on en a.
Car, depuis une cinquantaine d'années, le mode de vie a totalement changé, l'abandon de la pirogue traditionnelle n'est que la face immergée de la transformation : les polynésiens ont quitté leurs atolls pour travailler dans le cadre des essais nucléaires entre 1966 et 1996 et sont restés dans les plus grandes localités comme Tahiti, abandonnant leur coutumes, allant jusqu'à oublier l'art ancestral de la navigation.
Certes, il y a des projets pour faire revenir les populations vers leurs ilots mais en ont-ils vraiment envie ?
En tout cas, cette histoire donne l'occasion aux dessinateurs de "s'éclater" et de nous offrir de nombreux dessins, paysages de toute beauté et hommes et femmes très expressifs , de se moquer d'eux-même car ils font souvent penser à une équipe de branquinols et de faire parler les oiseaux et les poissons avec ironie mêlée d'une pointe de nostalgie ...
Merci à Babelio et aux Editions Futuropolis pour ce voyage dans ces belles îles lointaines !
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Didili
  21 janvier 2015
Tout d'abord merci sincèrement à BABELIO et sa masse critique BD du mois de décembre 2014 !
Oui merci, car cette après-midi j'ai pu m'évader grâce à cette lecture loin du temps de neige. Passer en un après midi de la froideur hivernale au soleil des Tuamotu c'est quand même génial. J'adore ce dépaysement !
Flao et Troubs vont vivre sur l'archipel des Tuamatu en bricolant des petits voiliers, le projet Va'a n'ayant pas pu être commencé.
Cette BD est d'avantage un assemblement de planches souvenirs concernant leurs séjours là bas qu'une vraie histoire. C'est un peu le seul reproche que je pourrais faire à cette BD.
Il y a des rencontres avec les habitants de l'archipel, ceux qui racontent leurs histoires, ceux qui restent ou sont revenus. Il y a de l'histoire , de la géographie, de la sociologie...
Il y a des impressions entre ciel et mer.
Il y a aussi de l'humour, très souvent mis dans la bouche des animaux croisés.
et de la poésie en image !
On a un florilège de toutes ces impressions, comme des instantanés des deux auteurs. On passe d'un style à l'autre.
J'ai beaucoup aimé les traits du dessinateur Flao, ceux de Troubs m'ont moins plus, même si je les ai aimés tout de même.
Une belle immersion dans ces îles qui survivent à peine car abandonnées par les vrais habitants. le tourisme semble une voix possible mais avec ses excès....
Sauver le patrimoine naturel des Tuamotu voilà un bien beau projet, espérons que ce site sera préserver... Il a eu déjà son lot d'exploitations désastreuses ...
La découpe des planches en largeur sur deux pages m'a sur le coup surprise ...La mixité des dessins aussi.
Mais au final c'est un bien joli carnet de voyage des Tuamotu, dessiné à 4 mains (ou deux ils ne sont peut être pas ambidextres ;-) qui m'a embarqué loin d'ici !
Les couleurs sont très belles, les aquarelles rendant de bien belles manières les couleurs de ces paysages idylliques et lointains...
Nous sommes appelés au grand large,
sur et sous les eaux cristallines du lagon.
A l'ombre des feuilles des cocotiers.
le livre matériellement est un très bel objet de très bonnes factures. Papiers épais belles impressions et format extra large. Un objet aussi beau que le lieu de cet archipel.
Allez, on y Va'a !

Lien : http://imagimots.blogspot.fr..
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MarcoPolo85
  17 novembre 2014
Nous sommes dans les confins du monde, dans une région faite de confettis terrestres où l'homme, la nature et l'océan semblent vivre dans une harmonie que l'on ne trouve nulle part ailleurs.
C'est dans ce milieu Polynésien (l'Archipel des Tuamotu, pour être plus exact) que deux dessinateurs de talent sont venus poser leurs palettes, pinceaux et crayons : Benjamin Flao & Troubs.
En les accompagnant dans ce livre, on est comme bercé par ce périple aux antipodes : patchwork de bleu, cocotiers à gogo, faune sous marine multicolore, et un temps de vivre que l'on ne connaît pas sur notre bon vieux continent.
Et que font nos deux acolytes à part peinturlurer des lagons, des cases ou des récifs coralliens ? Eh bien pas grand chose...ah ! Si, pardon..faire la sieste et surtout construire une pirogue en essayant de reproduire ce que faisaient les anciens de ces îles.
Mais bon, les choses se perdent de nos jours. Vivre selon les traditions, çà ne se fait plus chez les jeunes. Ces derniers quittent ces atolls pour une vie plus confortable. On préfère aller pêcher dans les supermarchés que dans le lagon. En attendant, nos deux dessinateurs ont l'air d'avoir passé de bons moments sous les tropiques, sans avoir trop à réfléchir...
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outofzebra
  11 novembre 2014
L'archipel des Tuamotu est un ensemble de 78 îles ou atolls situés en plein coeur de l'océan Pacifique, à l'Est de Tahiti.
Cette BD de Benjamin Flao & Troubs, publiée par Futuropolis, est comme une ode à la Polynésie française, un poème de bric et de broc, tout comme le « hobby cat* » rafistolé dont les deux compères poètes-dessinateurs se servent pour se promener entre ces îles-confettis, protégés de l'océan par une barrière de corail. Croquis, caricatures, portraits, camaïeux s'efforçant de rendre les cinquante nuances de bleu, tout ça se mélange de façon un peu hétéroclite, sans doute, mais ça flotte. Et les objets parlent, ce qui ajoute une dose de surréalisme au poème.
C'est un poème moderne, car il parle d'abord de la mort de la poésie. La Polynésie n'est qu'un beau prétexte. D'ailleurs comme Rimbaud, Benjamin Flao & Troubs sont un peu branleurs. le « Projet Va'a Motu », utopie écolo qui vise à réapprendre aux Polynésiens à naviguer sur des pirogues traditionnelles les a conduits dans l'archipel. Mais, faute de crédits suffisants, Flao & Troubs se retrouvent réduits à « peindre, manger, dormir, fumer, nettoyer la cocoteraie, pêcher lorsqu'on a faim ou ne rien foutre pendant des heures. Comme ce clebs vautré dans le sable. Heureux de son sort. »
Les essais nucléaires ont fait basculer les Tuamotu dans le progrès ; la population indigène s'est enrichie, équipée de canots à moteurs plus rapides ; l'art quasi inné de la navigation s'est perdu ; les jeunes générations ont perdu le respect des anciens, l'intérêt pour leurs us et coutumes simples. Bref, la poésie est partie en fumée. Quant à l'argent, il s'est peu à peu évaporé.
On se remet plus facilement d'un typhon que de la mort de la poésie, et le bleu lagon des aquarelles de nos poètes-vagabonds n'empêche pas leur aubade d'être mélancolique, presque sépulcrale. Heureusement les auteurs évitent, grâce à l'ironie, de tomber dans les pleurnicheries écolo ou la description manichéenne ; dans les troupeaux de touristes qui débarquent en Polynésie, en mal d'exotisme, les autochtones ne voient pas des envahisseurs, mais de braves clients – ils ne comprennent pas la cruauté de nos caricaturistes.
Ce n'est pas la première BD qui donne l'impression que ces îles lointaines de l'Océan Pacifique empiètent sur l'au-delà et la mort. Située beaucoup plus à l'Ouest, à Sumatra, mais cependant dans des décors semblables, le récent « Tsunami » de Pendanx et Piatzszek (également chez Futuropolis) montrait aussi l'importance de la conversation entre les vivants et les morts dans la culture locale primitive.
Comme les sociétés modernes ultra-sophistiquées cultivent elles aussi une telle nécromancie, collectant les reliques du passé, en remplissant des musées sans perdre une miette, numérisant, mémorisant tout, ce grand écart dans le temps paraissant soudain si petit, la fin comme identique à l'origine, on retire de cette ode en BD l'impression que la boucle du temps est bouclée, et que l'humanité a fini son tour de piste.
*Petit catamaran de loisir moderne dont les clubs de voile sont tous dotés.
Lien : http://fanzine.hautetfort.co..
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critiques presse (2)
BoDoi   28 janvier 2015
Entre pédagogie et poésie, l’encre noire de Troubs et les aquarelles vibrantes de Benjamin Flao se mêlent amicalement et font naître un album contemplatif, parfois lent. Le cadre du reportage est rapidement débordé : les liens entre les deux auteurs, les scènes de leur quotidien, leur implication dans la vie locale font du livre un objet intime.
Lire la critique sur le site : BoDoi
Sceneario   11 décembre 2014
On est dans un carnet de voyage, de séjour sans grande ambition qui propose juste une ambiance légèrement immersive ou l'on finit par simplement laisser de côté cette vague idée de construire une pirogue...
Lire la critique sur le site : Sceneario
Citations et extraits (11) Voir plus Ajouter une citation
PresencePresence   11 février 2017
C'est comme leur biosphère… C'est bien joli tout ça mais ils auraient dû commencer par supprimer le moteur. Enfin, on ne reviendra pas en arrière. On ne peut pas aller contre le progrès à ce qu'il paraît.
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PresencePresence   11 février 2017
L'archipel des Tuamotu est un ensemble de 78 îles ou atolls situés en plein cœur de l'Océan Pacifique, à l'Est de Tahiti. En polynésien, Tuamotu signifie Îles du large. Elles comptent environ 11.000 habitants, les Paumotu, qui, tout en faisant partie de la grande famille des polynésiens, possèdent leurs propres langues et traditions. La plupart de ces îles sont encore préservées de l'urbanisation dégradante que subissent d'autres archipels de la région.
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DidiliDidili   21 janvier 2015
Arrivent les heures chaudes.
Dans les plis des ombres, dorment les secrets de la lumière.
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mikaelunvoasmikaelunvoas   31 mars 2019
Il y a sept courants qui la traversent et chacun d'eux porte un nom qui est aussi celui d'une direction, d'une route maritime.
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PresencePresence   04 février 2017
Regarde ça, on est beau comme un dessin d'Hugo Pratt.
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