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ISBN : 1027800548
Éditeur : Le Castor Astral (07/01/2016)

Note moyenne : 4.8/5 (sur 5 notes)
Résumé :
« Écrivons, nom d’un pétard ! Ficelons nos phrases, serrons-les comme des andouilles et des carottes de tabac. Masturbons le vieil art jusque dans le plus profond de ses jointures. Il faut que tout en pète, monsieur. »

Le Gueuloir réunit les principales fulgurances glanées dans la correspondance de Gustave Flaubert. Les femmes, les bourgeois, les gens de lettres, l’art, la morale, la politique, la religion : en grand pourfendeur de la bêtise, l’Excess... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (5) Ajouter une critique
fanfanouche24
  16 juillet 2018
Un petit trésor déniché en 2016...offrant les extraits les plus savoureux de la correspondance colossale de Gustave Flaubert, publié par un petit éditeur de qualité, le Castrol astral... avec le plaisir supplémentaire des dessins très caustiques de Daniel Maja...
Un florilège qui balaye avec brio tous les sujets : la bourgeoisie qu'il pourfend, l'hypocrisie et la superficialité du monde des Lettres, l'Art , la politique, les classes sociales, la bêtise, ....les nationalismes,l'Amour, les conventions sociales, les minorités, etc.
Jubilatoire et excessif... de quoi avoir envie de se plonger dans cette célébrissime correspondance réputée pour son intelligence et sa causticité !
...et sujets éminemment redondants et récurrents, qui reviennent en boucle : le difficile travail de l'écrivain, les souffrances de l'Ecriture !!
Observateur sans concessions de la "Comédie Humaine", polémiste virulent, rebelle, ainsi que boulimique d'art et de travail [d'écriture ]...mais aussi un "ours bourru " bienveillant, combattant tous les racismes, et intolérances :
"Je ne suis pas plus moderne, qu'ancien, pas plus français que Chinois, et l'idée de la patrie, c'est-à-dire l'obligation où l'on est de vivre sur un coin
de terre marqué en rouge ou en bleu sur la carte, et de détester les autres coins, en vert ou en noir, m'a paru toujours étroite, bornée, et d'une stupidité féroce. Je suis le frère en Dieu de tout ce qui vit, de la girafe et du
crocodile comme de l'homme, et le concitoyen de tout ce qui habite le grand hôtel garni de l'Univers. " (p. 27)
Tous les tons: de la truculence la plus vive au lyrisme, à la poésie mélancolique, en passant par le verbe haut et misanthropique [ le titre donné à ce petit ouvrage est fort bien choisi !!...]

Un florilège à emporter , et "à picorer" au fil des humeurs ! A savourer , partager et à offrir , sans réserve !
"Je me suis pâmé, il y a huit jours, devant un campement de Bohémiens qui s'étaient établis à Rouen. Voilà la troisième fois que j'en vois et toujours avec un nouveau plaisir. L'admirable, c'est qu'ils excitaient la -haine- des bourgeois, bien qu'inoffensifs comme des moutons. (...)
C'est la haine que l'on porte au bédouin, à l'hérétique, au philosophe, au solitaire, au poète, et il y a de la peur dans cette haine. Moi qui suis toujours pour les minorités, elle m'exaspère. - A George Sand, vers le 15 juin 1867 "(p. 130)

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Eve-Yeshe
  21 février 2016
Il s'agit d'un recueil de correspondances échangées par Gustave Flaubert et ses « amis » au fil de sa vie, de son évolution, de son oeuvre, regroupées par Thierry Gillyboeuf, accompagnées de dessins de Daniel Maja aux éditions « le Castor Astral ». Ce livre est déjà un petit bijou par sa présentation, sa mise ne page, les dessins en noir et blanc ressemblant à des caricatures qui donnent du cachet à cet ouvrage. Donc un bel objet.
« le gueuloir réunit les principales fulgurances glanées dans la correspondance de Gustave Flaubert. Les femmes, les bourgeois les gens de lettres, l'Art, la morale, la politique, la religion : en grand pourfendeur de la bêtise, l'Excessif (tel qu'il aimait à se surnommer lui-même) n'épargne personne. Ripailleur et tonitruant, il se montre tout autant épris d'absolu que sensible jusqu'à la mélancolie», nous annonce la quatrième de couverture.

Ce que j'en pense :

Ces perles tirées des "correspondances" sont classées par ordre chronologique et s'étendent du 13 septembre 1838 au 3 mai 1880 et s'adressent à différents personnes. Elles sont accompagnées d'illustrations proches de la Caricature qui leur donnent du relief.
Tout d'abord, quelques mots sur le titre, "Le Gueuloir": Flaubert s'enfermait dans une pièce de sa "boîte" du Croisset qu'il arpentait de long en large en récitant, en grondant les phrases qu'il venait d'écrire pour mieux se les approprier, les améliorer.
On trouve ainsi Ernest Chevalier, avec lequel il a formé un journal manuscrit «Arts et progrès », Maxime du Camp et Louis Bouilhet, qui l'ont encouragé à se lancer dans l'écriture de Madame Bovary, Laurent Pichat, Ernest Feydeau, (à partir de 1858), aux frères Goncourt (à partir de 1862).
On trouve des femmes aussi avec une privilégiée Louise Colet, jusqu'en 1857, mais aussi sa nièce, Caroline Flaubert Hamard, avec la quelle il correspondra toute sa vie, Madame Roger des Genettes, la Princesse Mathilde 1866, George Sand que l'on rencontre en 1867 sans oublier sa mère.
On croise au passage Guy de Maupassant, et même Tourguéniev
Bien sûr, j'ai eu envie d'en savoir davantage sur Louise Colet, poétesse qui a côtoyé tout le monde littéraire de l'époque, et fut la maîtresse de Flaubert alors qu'il était loin d'être connu, mais aussi celle de Vigny, Musset et d'autres encore. Leur rupture en 1856 fut douloureuse et Louise est tombée dans l'oubli, alors qu'elle a reçu le prix de l'Académie Française… (Petite digression qui ne figure pas dans le livre)
Non seulement les correspondants sont variés mais les thèmes également, il aborde aussi bien l'amour, que l'Art qu'il écrit toujours avec une majuscule, le talent, la critique, la politique, la religion…
Ce livre est jubilatoire. Flaubert a un esprit malicieux, caustique parfois, lucide, sans concessions qui me plaît énormément. Certaines phrases sont toujours d'actualité, hélas, preuve qu'on ne retient rien des enseignements de l'Histoire.
On le voit tour à tour lucide, caustique, puis survient la sphère de l'intime, qui se glisse subrepticement dévoilant un être sensible, qui se fait peu d'illusions sur ses contemporains. Il nous surprend, c'est un magicien des mots. Qui oserait écrire ainsi de nos jours sans narcissisme.
Bref, j'ai adoré le style, j'aime l'auteur donc c'était sûr que ce gueuloir me plairait. Je l'ai consommé comme une gourmandise, par petits bouts, pour bien apprécier chaque phrase, y revenir, souligner certaines. Il est assez court, 164 pages, mais d'une telle densité. C'est un peu comme manger des yeux la carte d'un chef étoilé.
Bref, je remercie vivement Masse Critique Babelio, et les éditions « le Castor Astral » pour ce magnifique cadeau que je conseille à tous de lire. Il n'est nul besoin d'aimer Flaubert pour l'apprécier, et quand on l'aime, on n'a qu'une envie le relire. Ce qui était déjà dans mes prévisions… le Castor Astral publie également "Le Candidat" et "Le Dictionnaire des idées reçues"
Note : 9,5/10
dithyrambique comme d'habitude quand j'aime particulièrement un livre
Lien : http://eveyeshe.canalblog.co..
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Claire45
  18 février 2016
Le titre renvoie au lieu où Flaubert aimait "gueuler" ses phrases avant de les imprimer.
Ici, dans ces "perles" choisies, il laisse aller sa plume, sa fantaisie et sa verve en fonction de son humeur et de ses correspondants. On retrouve ses cibles favorites : les bourgeois, les femmes, les dogmes, la politique et la Critique, les masses populaires et en général les "esprits poitrinaires à gilet de flanelle". le ton est satirique à souhait, le style pamphlétaire même s'il est bon de nuancer, par les circonstances, des propos tels " Je hais la démocratie","Je crois que la foule, le troupeau sera toujours haïssable".
Par delà les saillies littéraires, c'est l'homme lui-même qui se dévoile. Sa vie est entièrement consacrée à l'Art et un travail acharné ("labeur atroce") est nécessaire. "Nous devons travailler malgré tout; c'est le moyen de ne pas sentir le poids de la vie."
Il conseille à ses correspondants la lecture, l'écriture. "Faites de grandes lectures, tout est là." écrit-il à Mademoiselle Leroyer de Chantepie. Les adeptes de Babelio ne peuvent qu'être d'accord avec lui sur ce point!
Cette édition est agrémentée des dessins de Daniel Maja : une caricature d'abord de Flaubert puis des illustrations amusantes avec des jeux de miroir et de double.
L'ensemble constitue un petit chef- d'oeuvre, merci Babelio!
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sandrine68
  29 octobre 2016
un recueil de citations extraites des lettres de Flaubert à ses amis, à Louise Collet, à d'autres écrivains. Une vision critique du monde, un rejet des conventions, et un refuge dans l'Art et dans ses exigences. On comprend en le lisant à quel point l'écriture a été le refuge de l'auteur de Madame Bovary, sa raison de vivre.
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karaokepda
  16 février 2016
Ce n'est que récemment que j'ai découvert au travers des réseaux sociaux que j'ai découvert des citations de Gustave Flaubert et cela m'a donné l'envie tout d'abord de lire son Dictionnaire des idées reçues, puis dans un second temps dans le cadre de la Masse Critique, de me positionner pour lire "Le Gueuloir" et enfin découvrir cet "Autre Flaubert", injustement méconnu et je n'ai pas été déçu de ma lecture.
J'ai pris plaisir a redécouvrir au travers de ces aphorismes qui parleront à plus d'un, je pense, un Gustave FLAUBERT que je n'imaginais pas, bien loin du cliché Bovaryen. et j'en suis particulièrement heureux, cela va me donner l'occasion de me plonger davantage dans son oeuvre avec un tout autre regard.

Lien : http://carnetsvie.blogspot.f..
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Citations et extraits (21) Voir plus Ajouter une citation
fanfanouche24fanfanouche24   12 juillet 2018
Je ne crois pas plus que vous aux distinctions des classes. Les castes sont de l'archéologie. Mais je crois que les pauvres haïssent les riches et que les riches ont peur des pauvres. Cela sera éternellement. Prêcher l'amour aux uns comme aux autres est inutile. Le plus pressé est d'instruire les riches, qui, en somme, sont les plus forts. Eclairez le bourgeois, d'abord, car il ne sait rien, absolument rien. Tout le rêve de la démocratie est d'élever le prolétaire au niveau de bêtise du bourgeois. Le rêve est en partie accompli. Il lit les mêmes journaux et a les mêmes passions. - ---A George Sand, 4 ou 5 octobre 1871
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fanfanouche24fanfanouche24   16 juillet 2018
Je me suis pâmé, il y a huit jours, devant un campement de Bohémiens qui s'étaient établis à Rouen. Voilà la troisième fois que j'en vois et toujours avec un nouveau plaisir. L'admirable, c'est qu'ils excitaient la -haine- des bourgeois, bien qu'inoffensifs comme des moutons. (...)
C'est la haine que l'on porte au bédouin, à l'hérétique, au philosophe, au solitaire, au poète, et il y a de la peur dans cette haine. Moi qui suis toujours pour les minorités, elle m'exaspère. - A George Sand, vers le 15 juin 1867 (p. 130)
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fanfanouche24fanfanouche24   13 juillet 2018
Quand on écrit bien, on a contre soi deux ennemis : 1° le public, parce que le style le contraint à penser, l'oblige à un travail; et 2° le gouvernement, parce qu'il sent en nous une force, et que le pouvoir n'aime pas un autre pouvoir. (p. 163)---A Guy de Maupassant, 16 février 1880
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Eve-YesheEve-Yeshe   22 février 2016
Ecrivons, nom d’un pétard ! Ficelons nos phrases, serrons-les comme des andouilles et des carottes de tabac. Masturbons le vieil art jusque dans le plus profond de ses jointures. Il faut que tout en pète, Monsieur.
A Ernest Feydeau, décembre 1858.
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Eve-YesheEve-Yeshe   21 février 2016
La bêtise est quelque chose d’inébranlable ; rien ne l’attaque sans se briser contre elle. Elle est de la nature du granit, dure et résistante.
A Louis Bouilhet, 6 octobre 1850.
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