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ISBN : 208129527X
Éditeur : Flammarion (2014)


Note moyenne : 3.71/5 (sur 3035 notes) Ajouter à mes livres
Résumé :
Emma Rouault, bercée depuis toujours par ses lectures romantiques, rêve de grandeur, d’émotion, d’amours passionnées. Elle épouse Charles Bovary, un homme honnête, veuf depuis peu, mais se trouve rapidement désillusionnée par un quotidien triste et monotone. Opprimée dans cette vie trop étroite pour elle, elle la fuit de toutes ses forces et s’éloigne peu à peu d’un mari qui la dégoûte. Elle tombe sous le charme d’autres hommes et se laisse porter par ces relations adultères. Des relations indéniablement vouées à l’échec, qui ne lui apportent que l’illusion du bonheur et la font tomber chaque fois un peu plus bas. La dépression s’immisce dans la vie d’Emma. En même temps que ses dettes augmentent, sa vie rêvée s’éloigne. Emma Bovary, l’éternelle insatisfaite, ne saura que s’approcher malgré elle d’une fin spectaculaire et d’un destin romanesque.

4e de couverture LDP 1985:
"Il y a peu de femmes que, de tête au moins, je n'aie déshabillées jusqu'au talon. J'ai travaillé la chair en artiste et je la connais. Quant à l'amour, ç'a été le grand sujet de réflexion de toute ma vie. Ce que je n'ai pas donné à l'art pur, au métier en soi, a été là et le coeur que j'étudiais c'était le mien. Flaubert défend ainsi son oeuvre dans une lettre à sa maîtresse, Louise Collet. L'amour si quotidien de Charles Bovary, les passions tumultueuses de sa femme Emma étaient décrites avec tant de réalisme que l'auteur et l'imprimeur furent traînés en justice pour offense publique à la morale et à la religion. On les acquitta. Flaubert n'avait peint que la réalité, les moisissures de l'âme. Une femme, mal mariée, dans une petite ville normande, rêve d'amour et le trouve"
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Critiques, analyses et avis

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    • Livres 4.00/5
    Par Ode, le 22 octobre 2012

    Ode
    Gustave Flaubert consacra plus de quatre ans à écrire "Madame Bovary" : voilà sans doute l'origine de la construction parfaite qui en fait, encore de nos jours, un des romans les plus lus et les plus étudiés. Quatre ans pendant lesquels Flaubert eut le temps de faire corps avec son personnage, au point de lancer le fameux : "Madame Bovary, c'est moi !", mais aussi de se préparer au scandale qu'allait déclencher sa publication en 1857.
    C'est en effet un sacré pavé que lance Flaubert dans la mare bien-pensante de l'époque ! Il montre qu'une femme peut avoir d'autres aspirations que ses devoirs d'épouse et de mère, ose décrire l'infidélité féminine et brise le tabou du suicide, en ce temps où la dépression portait le nom de mélancolie.
    Quel cynisme d'avoir intitulé son livre Madame Bovary et non Emma ! Il est vrai que Jane Austen avait déjà utilisé ce prénom pour son roman publié en 1815, et ce n'est certainement pas un hasard si l'héroïne de Flaubert se prénomme ainsi. Choisir "Madame Bovary" c'est rappeler combien la jeune Emma Rouault, nourrie de littérature sentimentale, est prise au piège de son terne mariage avec le médecin de campagne Charles Bovary. Son époux et sa vie sociale sont si différents des illusions forgées au fil de ses lectures que même la naissance de sa fille Berthe ne peut endiguer sa déception. Son ennui est rendu palpable par les longues descriptions que comporte le récit, comme un lent étirement du temps. D'exaltation en désespoir, mais toujours insatisfaite, sous les yeux d'un mari qui ne voit rien, Emma prend des amants - qui l'abandonneront - et s'étourdit de toilettes toujours plus onéreuses, au point de s'endetter de manière irrémédiable...
    A l'image d'Emma Bovary, mais aussi de l'écrivain ou de l'artiste en général, plus le rêve d'idéal est élevé, plus décevante est la confrontation avec les réalités de l'existence. Pour ceux qui ne savent pas s'en accommoder, la vie n'est que peine et frustration. Et il ne faut pas attendre de compassion de la société, comme l'illustre cette fable amorale où les méchants (le pharmacien qui vend le poison à Emma, le boutiquier qui l'a ruinée) ne sont pas inquiétés et où les innocents (comme la petite Berthe) voient leur vie brisée sans espoir de réparation.
    Du grand art !
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    • Livres 5.00/5
    Par peloignon, le 14 décembre 2012

    peloignon
    Madame Bovary, c'est le roman d'une âme sentimentale et romantique, qui cherchera « à savoir ce que l'on entendait au juste dans la vie par les mots de félicité, de passion et d'ivresse, qui lui avaient paru si beaux dans les livres. »(46) En faisant lire Paul et Virginie à la petite Emma, dans l'optique de la faire rêver à « ...la maisonnette de bambous, au nègre Domingo, au chien Fidèle, mais surtout à l'amitié douce de quelque bon petit frère, qui va chercher pour vous des fruits rouges dans des grands arbres plus hauts que des clochers, ou qui court pieds nus sur le sable, vous apportant un nid d'oiseau » (46), Flaubert ne pouvait trouver mieux pour la rendre parfaitement inepte au mariage bourgeois prosaïque que sera le sien. La pauvre petite fille en aura l'esprit tourné pour le reste de son existence dont nous verrons le petit fil brûler tout au long du roman, en écorchant tout ce qu'il touchera sur son passage.
    Ce personnage d'Emma Bovary n'est pas entièrement original puisqu'il trouve un précurseur direct dans celui de don quichotte, ce petit provincial à qui les romans de chevalerie ont tourné l'esprit à un tel point qu'il se croit réellement chevalier en mission dans un monde rempli de sortilèges et d'enchantements. Lui aussi a tellement lu avec passion qu'il a voulu vivre dans l'existence réelle des idéaux magnifiques présentés dans les romans.
    Par contre, en ce qui concerne la manière dont ces deux asociaux de cause littéraires sont présentés, on ne peut trouver deux romans plus différents que Madame Bovary et Don quichotte. Alors que Flaubert a un style dont le réalisme est d'un cynisme implacable, Cervantès présente plutôt les aventures de son héros sur le mode du tragi-comique où le comique prédomine largement.
    La réception de ces deux ouvrages monumentaux dans l'histoire de la littérature se fera aussi très différemment. Alors que le roman de Cervantès sera reçu dans l'enthousiasme, « le réalisme vulgaire et souvent choquant de la peinture des caractères » de Flaubert provoquera la controverse.
    Il s'agit évidemment d'un quiproquo un peu bête, puisque le but de Flaubert consistait à démontrer l'absurdité de la position d'Emma, mais le second degré n'est pas donné à tout le monde et l'on voulait tellement croire, à l'époque, en l'indéfectible pureté du féminin.
    En disant « Madame Bovary c'est moi! », Flaubert se montre extraordinairement ironique envers lui-même. En effet, tout au long de son œuvre, il a constamment, avec un acharnement indéfectible, dénoncé la bêtise, la médiocrité, la bourgeoisie, mais sans jamais montrer quoi que ce soit de mieux, en dehors de sa manière sublime d'exprimer ses dénonciations. Lui-même, à l'instar d'Emma, fut épris de tout son être d'un idéal indicible, hors de sa portée, et il n'a jamais rien su faire de mieux que d'exprimer rageusement son dégoût de tout ce qui ne correspondait pas à ses aspirations. Son combat, présenté avec un style d'un perfection, presque complètement absurde, puisqu'elle échappera à la grande majorité de son auditoire, comportera quelque chose d'une vanité absolue, risible, et sera poursuivi tout de même, sans espoir véritable, avec un cynisme envers lui-même frisant la volonté d'autodestruction. Oui, Madame Bovary c'était lui, Gustave Flaubert, dans toutes les grandeurs et les misères de son destin exceptionnellement tragi-comique.
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    • Livres 3.00/5
    Par isajulia, le 09 avril 2013

    isajulia
    Attention, avant toute chose, je n'ai nullement l'intention de casser Monsieur Flaubert.
    Emma Bovary, je la déteste, et ce depuis de nombreuses années. J'ai cru que ma première impression était due à la fougue de mon adolescence mais une relecture de cette oeuvre l'année dernière a renforcé la haine viscérale que je voue à cette héroine.
    Emma l'insatisfaite, qui sait mieux que son mari, qui s'embourbe dans des histoires d'amour abracadabrantes pour essayer de connaître un semblant de frisson...Non mais quelle sale bonne femme! Ce cher Charles Bovary est peut-être un peu benêt mais sa femme est indubitablement la pire des deux. Elle reporte inconsciemment sur ce pauvre diable toute la frustration qu'elle ressent vis à vis d'elle-même et là c'est le bouquet !
    Charles, je l'ai plaint et ce tout au long de ma lecture et je me suis délectée quand son poison de femme s'est faite avoir par les deux amants qu'elle a pris. Emma se regarde le nombril, il n'y a qu'elle et uniquement elle, sans se soucier le moins du monde de ce que peut engendrer une telle conduite...Après tout elle a semé le vent, elle a récolté la tempête et c'est bien fait...
    En ce qui concerne l'oeuvre en elle-même, c'est un bijou, un colossal portrait de femme d'une finesse incomparable. Emma est détestable, mais c'est chapeau bas pour Gustave Flaubert qui a reconstitué un tel caractère avec tant de détails. A travers cette femme il a poussé au plus loin l'exploration de l'âme humaine.
    C'est un grand roman, malgré les trois étoiles de notation que j'ai mis il faut le lire, au moins une fois pour se faire une idée.
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    • Livres 5.00/5
    Par 100choses, le 10 décembre 2011

    100choses
    Il m'aura fallu énormément de temps pour me décider à lire ce classique dont j'avais tant de fois entendu parler. Je n'osais pas me lancer par crainte de ne pas aimer, ce qui me paraissait inconcevable, inacceptable. Or, j'ai fini par me décider, la curiosité étant trop forte et j'ai tout simplement eu un énorme coup de cœur pour ce roman. Quelle bêtise d'avoir tant attendu !
    Je crois que mon billet sera assez bref dans la mesure où tant de choses ont déjà été dites à son sujet que je n'ai envie ni de rabâcher des poncifs éculés ni de sortir des banalités bien en deçà de l'éloge que mérite cet ouvrage.
    Pour faire simple, ce roman est juste absolument parfait. Les sentiments, Les Pensées d'Emma Bovary sont merveilleusement analysés et transmis au lecteur. Flaubert réussit à la rendre terriblement vivante et bouleversante. Une telle justesse dans la complexité du caractère de ce personnage est juste merveilleuse et c'est avec un peu d'effroi que je me suis au fil des pages, énormément reconnue dans ses traits. le drame d' Emma Bovary est d'autant plus terrible qu'elle n'a extérieurement aucune raison de se plaindre : un mari sage, tendre et aimant, une jolie petite maison, une charmante enfant, des revenus lui assurant un certain confort… Mais cette vie est trop étroite pour elle, elle y suffoque, elle qui se nourrit de romans et de chimères. Elle a besoin de rêve, de grandeur, d'émotions fortes. le quotidien l'étouffe et la tue à petit feu. Alors, elle le fuit de toute son âme, de toutes ses forces pour se sentir vivante, à la recherche d'un bonheur qui ne sera à chaque fois que de courte durée. Eternellement insatisfaite, Emma Bovary s'enlise peu à peu dans les soucis, refusant d'abord de les voir et se trace un destin funeste. Alors que la raison l'entoure, elle est incapable de changer et se dirige inexorablement vers une fin terrible et spectaculaire, à l'image de ses rêves, de la violence de ses émotions, de son goût du spectacle. Elle met sa vie en scène, croyant ainsi la maitriser, mais elle se retrouve prise au piège, et la mort est effectivement la seule délivrance qu'elle peut espérer. Seulement même cette dernière se fait attendre et sera l'occasion de nouvelles souffrances. Ce passage est à la fois magnifique et terrible.
    Emma Bovary est une écorchée-vive, incomprise par son entourage et utilisée puis jetée par les hommes qu'elle a aimé. Elle se nourrit d'illusions, ce qui rend ses chutes encore plus brutales et douloureuses, mais personne ne le voit. Elle est terriblement seule malgré ce ballet de personnages l'entourant et sa détresse m'a profondément émue.
    D'ailleurs, peu importe que l'on sache avant même d'ouvrir le livre comment tout cela termine, c'est le cheminement qui compte. Et dieu, que celui emprunté par Emma Bovary est tortueux ! Mais il n'aurait pu être autre. Et c'est ce qui fait toute la beauté, la force, la violence de ce roman. Pendant ma lecture, j'avais en tête, cette phrase d'Oscar Wilde "Dire d'un livre qu'il est moral ou immoral n'a pas de sens. Un livre est bien ou mal écrit – c'est tout." Elle convient parfaitement à ce roman. C'est vraiment un ouvrage terrible dont on n'a aucun mal à comprendre qu'il ait fait scandale. Oui ce livre est immoral, sulfureux et tout ce que l'on veut, mais peu importe ! Cela ne nous dit rien de lui, ça n'a pas de sens. Il est juste puissamment beau et bouleversant. Et c'est cela qui compte !
    Bref, une révélation littéraire. Ce roman est absolument parfait. Il mérite absolument d'être lu et relu. Gustave Flaubert est un génie absolu. C'est tout.

    Lien : http://leboudoirdemeloe.co.uk/2011/12/10/flaubert-gustave-madame-bov..
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    • Livres 5.00/5
    Par ThierryCABOT, le 31 décembre 2012

    ThierryCABOT
    Le Second-Empire hélas ! peut se targuer d'avoir jeté devant les tribunaux deux grands écrivains français : Flaubert avec "Madame Bovary" et Baudelaire avec "Les Fleurs du Mal".
    Le premier sera acquitté, le second subira injustement les foudres de la justice.
    Le recul du temps n'a jamais aussi bien mis en lumière l'étroitesse d'esprit dont on fait preuve les autorités de l'époque, lesquelles au nom d'une morale étouffante et sclérosée, ne se faisaient pas faute de stigmatiser les artistes.
    Un parfum de scandale donc suit la publication de "Madame Bovary" dont Flaubert se serait volontiers passé.
    Que dire sur ce roman qui n'ait déjà été dit ?
    D'abord présentons succinctement l'histoire. Une jeune femme insatisfaite et rêveuse s'ennuie en province aux côtés d'un mari falot et aimant. Après avoir réclamé en pure perte les secours de la religion, celle-ci par deux fois se réfugie dans l'adultère ( Rodolphe est cynique, Léon est pitoyable), ensuite Emma va faire des dépenses inconsidérées sous l'influence du patelin L'heureux puis, accablée de dettes, se donner la mort.
    Malgré une intrigue des plus minces, pourquoi cette oeuvre conserve-t-elle par- delà les années un si grand pouvoir de séduction ?
    En contemporain avisé et clairvoyant, Baudelaire en tout cas n'avait pas attendu que la postérité lui donnât son vrai visage pour en analyser finement le contenu :
    "Nous étendrons un style nerveux, pittoresque, subtil, exact sur un canevas banal. Nous enfermerons les sentiments les plus chauds et les plus bouillants dans l'aventure la plus triviale. Les paroles les plus solennelles, les plus décisives, s'échapperont des bouches les plus sottes.
    Quel est le terrain de sottise, le milieu le plus stupide, le plus productif en absurdités, le plus abondant en imbéciles intolérants ? La province. Quels y sont les acteurs les plus insupportables ? Les petites gens qui s'agitent dans de petites fonctions dont l'exercice fausse leurs idées. Quelle est la donnée la plus usée, la plus prostituée, l'orgue de Babarie le plus éreinté ? L'adultère."
    Chaque personnage, admirablement décrit, est une forme de condensé des bourgeois du dix-neuvième siècle. Qu'il s'agisse du boutiquier L'heureux ou du pharmacien Homais, leurs travers et leurs excès sont peints de manière incisive.
    Jouant un rôle essentiel à l'intérieur du roman, ce dernier incarne même avant la lettre le parfait esprit positiviste, chantre du progrès jusqu'à la caricature, contempteur du cléricalisme, imbu de sa personne et dur envers les faibles.
    C'est dans ce milieu qu'Emma, nourrie à satiété de romans de chevalerie et autres fredaines, rêve à l'amour mais ne le trouve pas, s'entiche de deux amants fats et pusillanimes, et s'étourdit par des achats qui la conduiront à sa perte.
    Sa fille Berthe qu'elle trouve laide, lui arrache peu d'élans maternels. Charles, son époux, homme bon et médiocre, ne suscite en elle qu'indifférence, irritation ou mépris. Emma apparaît en somme comme une héroïne du désenchantement face à la platitude et à la monotonie provinciales. Ses aspirations se brisent toutes contre les murs du convenu, de l'étriqué, du banal. Elle finira par en mourir.
    Parlons enfin du style de Flaubert. A l'épreuve du "gueuloir", chaque page dite à voix haute est le fruit d'un labeur surhumain. Pendant cinquante-six mois environ, avec des hésitations, des repentirs, des moments d'exaltation et des jours entiers de déprime, Flaubert cherche la formule juste, le trait saillant, le tour de langue heureux. Comme l'atteste sa correspondance, il souffre mille morts, promet qu'on ne l'y reprendra plus et, la semaine suivante, reprend confiance en lui.
    Au bout de ce véritable chemin de croix, de ce travail de Titan, l'oeuvre enfin voit le jour : belle, fluide, lumineuse.
    Superbement cadencée, forte, précise, vigoureuse, ample et aiguë, la phrase flaubertienne fait merveille. Les transitions sont menées de main de maître. Le moindre verbe, le moindre adjectif semble à sa place.
    Rarement la langue française n'a atteint un tel degré de plénitude, de perfection.
    Après avoir noirci des milliers de feuilles, raturé quantité de paragraphes, biffé un nombre vertigineux de mots, Flaubert impose son génie.
    Nous n'en sommes toujours pas revenus.

    Lien : http://www.p-o-s-i-e.over-blog.net
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Citations et extraits

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  • Par nastie92, le 16 avril 2014

    [...] le nouveau tenait encore sa casquette sur ses deux genoux. C’était une de
    ces coiffures d’ordre composite, où l’on retrouve les éléments du bonnet à poil, du chapska, du chapeau rond, de la casquette de loutre et du bonnet de coton, une de ces pauvres choses, enfin, dont la laideur muette a des profondeurs d’expression comme le visage d’un imbécile.

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  • Par Scriba, le 04 septembre 2009

    Ensuite le prêtre [...] trempa son pouce droit dans l'huile et commença les onctions : d'abord sur les yeux, qui avaient tant convoité toutes les sompuosités terrestres ; puis sur les narines, friandes de brises tièdes et de senteurs amoureuses ; puis sur la bouche, qui s'était ouverte pour le mensonge, qui avait gémi d'orgueil et crié dans la luxure ; puis sur les mains, qui se délectaient aux contacts suaves, et enfin sur la plante des pieds si rapides autrefois quand elle courait à l'assovissance de ses désirs, et qui maintenant ne marcheraient plus.
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  • Par peloignon, le 12 décembre 2012

    Tout ce qui l'entourait immédiatement, campagne ennuyeuse, petits bourgeois imbéciles, médiocrité de l'existence, lui semblait une exception dans le monde, un hasard particulier où elle se trouvait prise, tandis qu'au delà s'étendait à perte de vue l'immense pays des félicités et des passions. Elle confondait, dans son désir, les sensualités du luxe avec les joies du coeur, l'élégance des habitudes et les délicatesses du sentiment.
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  • Par Satyasaibaba, le 09 décembre 2012

    Elle souhaitait un fils; il serait fort et brun, elle l'appellerait Georges; et cette idée d'avoir pour enfant un mâle était comme la revanche en espoir de toutes ses impuissances passées. Un homme, au moins, est libre; il peut parcourir les passions et les pays, traverser les obstacles, mordre aux bonheurs les plus lointains. Mais une femme est empêchée continuellement. Inerte et flexible à la fois, elle a contre elle les mollesses de la chair avec les dépendances de la loi. Sa volonté, comme le voile de son chapeau retenu par un cordon, palpite à tous vents; il y a toujours quelque désir qui entraîne, quelque convenance qui retient.
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  • Par Zazette97, le 28 avril 2011

    N'importe! elle n'était pas heureuse, ne l'avait jamais été. D'où venait donc cette insuffisance de la vie, cette pourriture instantanée des choses où elle s'appuyait?
    Mais, s'il y avait quelque part un être fort et beau, une nature valeureuse, pleine à la fois d'exaltation et de raffinements, un coeur de poète sous une forme d'ange, lyre aux cordes d'ayrain, sonnant vers le ciel des épithalames élégiaques, pourquoi, par hasard, ne le trouverait-elle pas? Oh! Quelle impossibilité ! Rien, d'ailleurs, ne valait la peine d'une recherche ; tout mentait ! Chaque sourire cachait un bâillement d'ennui, chaque joie une malédiction, tout plaisir son dégoût, et les meilleurs baisers ne vous laissaient sur la lèvre qu'une irréalisable envie d'une volupté plus haute. p.335
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