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Maurice Nadeau (Préfacier, etc.)
Éditeur : Editions Rencontre (15/04/1964)

Note moyenne : 3/5 (sur 1 notes)
Résumé :
Flaubert a commencé d'écrire la première Education sentimentale en février 1843. Il l'a achevée le 7 janvier 1845.

On a remarqué que cette première Education sentimentale et celle de 1869, si elles portaient le même titre, ne se ressemblaient guère.
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Citations et extraits (6) Voir plus Ajouter une citation
JcequejelisJcequejelis   06 mars 2015
A Alfred Le Poittevin, août 1845

J’ai lu hier soir, dans mon lit, le premier volume de « Le rouge et le noir », de Stendhal ; il me semble que c’est d’un esprit distingué et d’une grande délicatesse. Le style est français ; mais est-ce là le style, le vrai style, ce vieux style qu’on ne connaît plus maintenant ?

384 - [p. 454]
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JcequejelisJcequejelis   06 mars 2015
A sa sœur, décembre 1843

Tu t'attends à des détails sur Victor Hugo. Que veux-tu que je t'en dise ? C'est un homme comme un autre, d'une figure assez laide et d'un extérieur assez commun. Il a de magnifiques dents, un front superbe, pas de cils ni de sourcils. Il parle peu, a l'air de s'observer et de ne vouloir rien lâcher ; il est très poli et un peu guindé. J'aime beaucoup le son de sa voix. J'ai pris plaisir à le contempler de près ; je l'ai regardé avec étonnement, comme une cassette dans laquelle il y aurait des millions et des diamants royaux, réfléchissant à tout ce qui était sorti de cet homme assis alors à côté de moi sur une petite chaise, et fixant ses yeux sur sa main droite qui a écrit tant de belles choses. C'était là pourtant l'homme qui m'a le plus fait battre le cœur depuis que je suis né, et celui peut-être que j'aimais le mieux de tous ceux que je ne connais pas. On a parlé de supplices, de vengeances, de voleurs, etc. C'est le grand homme et moi qui avons le plus causé ; je ne me souviens plus si j'ai dit des choses bonnes ou bêtes, mais j'en ai dit d'assez nombreuses.

380 - [p. 405]
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JcequejelisJcequejelis   06 mars 2015
A Alfred Le Poittevin, août 1845

J’analyse toujours le théâtre de Voltaire ; c’est ennuyeux, mais ça pourra m’être utile plus tard. On y rencontre néanmoins des vers étonnamment bêtes. Je fais toujours un peu de grec ; j’ai fini l’Égypte d’Hérodote ; dans trois mois j’espère l’entendre bien et dans un an, avec de la patience, Sophocle. Je lis aussi Quinte-Curce. Quel gars que cet Alexandre ! Quelle plastique dans sa vie ! Il semble que ce soit un acteur magnifique improvisant continuellement la pièce qu’il joue. J’ai vu dans une note de Voltaire qu’il lui préférait les Marc-Aurèle, les Trajan, etc. Que dis-tu de ça ? Je te montrerai plusieurs passages de Quinte-Curce qui, je crois, auront ton estime, entre autres l’entrée à Persépolis et le dénombrement des troupes de Darius. J’ai terminé aujourd'hui le « Timon d’Athènes » de Shakespeare. Plus je pense à Shakespeare, plus j’en suis écrasé. Rappelle-moi de te parler de la scène où Timon casse la tête à ses parasites avec les plats de la table.

383 - [p. 454]
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JcequejelisJcequejelis   06 mars 2015
A Louis de Cormenin, 7 juin 1844

Je suis flatté de voir que vous vous unissez à moi dans la haine du Sainte-Beuve et de toute sa boutique. J’aime par-dessus tout la phrase nerveuse, substantielle, claire, au muscle saillant, à la peau bistrée : j’aime les phrases mâles et non les phrases femelles, comme celles de Lamartine, fort souvent, et, à un degré inférieur, celles de Villemain. Les gens que je lis habituellement, mes livres de chevet, ce sont Montaigne, Rabelais, Régnier, La Bruyère et Le Sage. J’avoue que j’adore la prose de Voltaire et que ses contes sont pour moi d’un ragoût exquis. J’ai lu Candide vingt fois ; je l’ai traduit en anglais et je l’ai encore relu de temps à autre. Maintenant je relis Tacite. Dans quelque temps, quand j’irai mieux, je reprendrai mon Homère et Shakespeare. Homère et Shakespeare, tout est là ! Les autres poètes, même les plus grands, semblent petits à côté d’eux.

382 - [p. 417]
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JcequejelisJcequejelis   06 mars 2015
A Ernest Chevalier, 6 septembre 1842

Je lis du Ronsard, du Rabelais, de l’Horace, mais peu et rarement, comme l’on fait de truffes. C’est de journaux, d’histoire et de philosophie que se compose pour presque tous la nourriture littéraire, de même que les bourgeois mangent journellement des pommes de terre frites, du bouilli, des haricots, des côtelettes de veau, le tout accompagné de cidre ou d’eau et de vin. Les gourmets de style, les becs fins, veulent de plus hautes épices, des sauces moins délayées, des vins plus hauts. Quel homme que ce Ronsard ! Pour ne pas en dire tant, lis-moi ça, vieil amateur :

…Quand au lit nous serons
Entrelassés, nous ferons
Les lascifs selon les guises
Des amants qui librement
Pratiquent folâtrement
Dans les draps cent mignardises.

379 - [p. 364]
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Videos de Gustave Flaubert (77) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Gustave Flaubert
5/5 Le procès de "Madame Bovary" de Gustave Flaubert (France Culture)
Création Radiophonique : Le procès de "Madame Bovary" de Gustave Flaubert pour l'émission "Fictions / Le Feuilleton", diffusée du lundi au vendredi de 20h30 à 20h55 sur les ondes de France Culture.
Adaptation de Sylvie Péju Réalisation Jean Couturier Rediffusion de 2009
Flaubert a mis cinq ans à écrire « Madame Bovary », à en proférer chaque phrase dans son gueuloir. Il n’y a pas laissé un mot qui n’a été pensé, choisi. Il a brisé ses élans lyriques naturels pour exprimer les désastres de l’éducation morale et religieuse qu’une femme a pu subir en province. Flaubert se fiche de la politique comme du monde littéraire et se complaît à répéter qu’il n’aurait jamais dû publier et qu’il est mieux dans sa province rouennaise. Mais le succès l’a déjà rattrapé le jour où le procès commence en février 1857. Déjà l’automne précédent, alors que Bovary était publié en feuilleton dans la Revue de Paris, il avait bataillé pour qu’on ne censurât pas son roman. Que reproche-t-on à Madame Bovary, à Emma ? D’avoir cédé ? Non. Mais d’avoir aimé ce moment d’abandon, cette ivresse passagère, donc d’avoir été « vraie ». On reproche donc à Flaubert d’être vrai, ce qui s’appelle alors « réaliste ». Il n’y a rien de pire, parce que l’époque ne veut pas que l’on montre les femmes et les hommes tels qu’ils sont, mais tels qu’ils devraient être : des héros et des saints. Flaubert a un bon avocat, une parentèle provinciale honorable, des appuis. Dédaigneux sur son banc « des assassins et des escrocs » il sait qu’en cette chambre correctionnelle il perd quelque chose de précieux : son temps.
Épisode 5
La semaine du procureur Ernest Pinard
1857. Cette même année, le procureur Ernest Pinard se fait connaître au cours des deux grands procès littéraires du Second Empire : celui de Madame Bovary en février et en août celui des Fleurs du Mal. Avec Arnaud Bédouet (Flaubert), Vincent Grass (Nettement), Olivier Claverie (Ernest Pinard), Alys-Yann Schmitz (narratrice 1), Neta Landeau (narratrice 2) et les voix d’Alexandra Sallé et Alexandre Styker. Assistante à la réalisation : Anne-Laure Chanel Compléments au « Procès de Mme Bovary“ lus par Patrice Bornand Choix des textes Hélène Bleskine
Thème(s) : Création Radiophonique| Littérature Contemporaine| France Culture| Gustave Flaubert| Sylvie Péju
Source : France Culture
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L'Éducation Sentimentale

Fumichon, concernant la propriété, évoque les arguments d'un homme politique dont Flaubert parle en ces terme dans une lettre à George Sand: "Peut-on voir un plus triomphant imbécile, un croûtard plus abject, un plus étroniforme bourgeois! Non! Rien ne peut donner l'idée du vomissement que m'inspire ce vieux melon diplomatique, arrondissant sa bêtise sur le fumier de la Bourgeoisie!". De qui s'agit-il?

Benjamin Constant
Adolphe Thiers
Proudhon
Frédéric Bastiat
Turgot

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Thème : L'Education sentimentale de Gustave FlaubertCréer un quiz sur ce livre