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Note moyenne : 2/5 (sur 1 notes)
Résumé :
Premiers Écrits : Gustave Flaubert à seize ans, en classe de seconde, écrivait, dans ses cahiers scolaires, nouvelles et drames. Nous vous présentons parmi ces « Premiers écrits » : « Ivre et Mort » où Flaubert nous décrit un cabaret séduisant et agréable où l’histoire nous amène, du rêve de l’ivresse, à une conclusion meurtrière. Il s’essaie à des nouvelles historiques parmi lesquelles « La Mort du Duc de Guise », « Deux mains pour une couronne », « Un secret de Ph... >Voir plus
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Citations et extraits (21) Voir plus Ajouter une citation
genougenou   29 juin 2015
C’était dans quelque bon gros bourg de Touraine ou de Champagne, le long de ces fleuves qui arrosent tant de vignobles, par une pluvieuse et froide soirée, alors que toutes les lumières s’étaient éteintes, et le cabaret du Grand-Vainqueur resplendissait seul de clarté au milieu du silence et du brouillard. Ceux qui passaient dans la route voyaient, à travers les vitres et les rideaux rouges, se dessiner des formes vagues et chancelantes. Parfois, si l’on ouvrait les portes et que la petite sonnette fit entendre ses cris répétés, on entendait des chansons folles et endormies, des cris, des bravos, des paroles bruyantes comme l’éclat des verres, et une exhalaison de chaleur, de fumée et d’eau-de-vie s’élançait au dehors en épaisses rafales.

Dites-moi un plus beau lieu d’asile qu’un tel lieu, en hiver contre le froid, en été contre le chaud, les uns pour s’y réchauffer, les autres pour s’y rafraîchir, et presque tous finissant par s’échauffer en se rafraîchissant.
IVRE ET MORT
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genougenou   29 juin 2015
Le personnage le plus grave se tenait au milieu, assis dans un large fauteuil à bras, devant une cheminée où pétillait un feu vif et clair. À ses deux côtés étaient debout et la tête nue deux autres hommes qui paraissaient ses confidents ou du moins ses valets, car à leur air respectueux et soumis on les aurait pris pour tels.
Le plus jeune des deux était vêtu de noir de la tête aux pieds, il portait au cou un médaillon où était enfermé un morceau de la vraie croix, et ses doigts étaient couverts de bagues de saint Hubert ; il était grand, maigre, avait le front pâle, les cheveux blonds, les joues creuses, et sa figure naturellement triste était encore allongée par une petite royale noire qui faisait un singulier contraste avec l’air recueilli, sournois et dévot qui était empreint sur son visage. Quelque chose de sombre, de doux et de mélancolique à la fois, annonçait une âme qui avait souffert, un corps qui s’était usé dans les jeûnes et un esprit qui s’était rapetissé dans les croyances.
Cet homme, si petit devant cet autre homme assis devant lui et se chauffant à son feu, n’était rien moins que Philippe II, roi d’Espagne et de Navarre. (p47/48)
UN SECRET DE PHILIPPE LE PRUDENT ROI D’ESPAGNE. (Conte historique)
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genougenou   29 juin 2015
À la danse, les morts ! À la danse quand minuit sonne et que toute la nef s’ébranle aux sons de sa lugubre harmonie. Alors le ciel se couvre de nuages noirs, les hiboux volent sur les ruines et l’immensité se peuple de fantômes et de démons, et l’on entend des voix du sépulcre, et des cris, et des soupirs ; alors les tombes s’entr’ouvrent, les squelettes défont leurs linceuls que la terre a collés sur leurs os ; ils se lèvent, ils marchent, ils dansent. À la danse, les morts ! Voici l’heure, sortez de vos tombes ; entendez-vous le bourdon des cloches qui mur-mure en chantant : Ne vous lassez pas ? Dansez maintenant que vous êtes morts, maintenant que la vie et le malheur sont partis avec vos chairs. Allez ! vos fêtes n’auront plus de lendemain, elles seront éternelles comme la mort, dansez ! Réjouissez-vous de votre néant ; pour vous plus de soucis ni de fatigues, vous n’êtes plus ; pour vous plus de malheur, vous êtes morts. Oh ! les morts, dansez ! (p84)
LA DANSE DES MORTS
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genougenou   29 juin 2015
Effrenati se jette à ses jambes, Saint-Malines lui porte un autre grand coup de poignard de la gorge dans la poitrine, Saignac lui enfonce l’épée dans les reins, Sariac s’approche de lui avec un stylet à lame écossaise et le lui enfonce dans le dos jusqu’à la garde. Le duc de Guise ne peut plus se soutenir, et il va mourir sur le lit du roi son assassin.
Il fallait donc que ce lit si honteux, témoin des débauches des rois, vît mourir en un seul homme toute la gloire d’un siècle !
Quelques minutes après, quand le cadavre fut froid comme le marbre, quand les épées et les poignards furent retirés, alors Henri entra pour contempler sa victime ; il lui donna un coup de pied à la tête en lui crachant au visage.
Un instant pourtant, ayant bien considéré toutes ces plaies profondes, cette terrible et mâle figure et dont les yeux ternes et livides semblaient lui reprocher son crime, oui, un instant, Henri trembla devant le cadavre du duc de Guise.
(p31)
UN ASSASSINAT PAR UN ROI.
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genougenou   29 juin 2015
Pendant que le duc de Guise discutait avec ses amis sur le moyen de s’emparer du trône d’Henri III, celui-ci discutait avec les siens sur celui qui serait propre à le conserver. Catherine l’avait prévu ; l’assassinat était alors à la mode. Ayant convoqué son conseil, le roi se leva tout à coup en disant :
— Mes chers amis, il y a trop longtemps que le duc est roi et le roi duc. Maintenant il faut que tout change et rentre à la place où la Providence l’a placé. Oui, oui, M. de Guise voudrait gouverner, il voudrait un trône et je lui donnerai un cercueil ; je veux que, dès demain, la France soit débarrassée de cet autre monarque, et moi de ce compagnon à la royauté.
(p28/29)
LE CONSEIL DU ROI.
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Videos de Gustave Flaubert (88) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Gustave Flaubert
Rome Re?invente?e . L'Antiquité dans l'imaginaire occidental, de Titien à Fellini.
Rome : un fantasme, une énigme, un grand livre d?images qui a traversé les siècles, jusqu?aux séries d?aujourd?hui, aux jeux vidéo ou aux bandes dessinées. Dès la Renaissance, artistes et écrivains n?ont cessé en effet de puiser à la source intarissable de l?Antiquité. Gustave Flaubert dédia plusieurs années de son existence à la rédaction de "salammbô", Federico Fellini retrouva son énergie créatrice lors du tournage du "Satyricon", Cléopâtre, Spartacus ou Jules César donnèrent au cinéma ses plus grands succès publics, l?empereur Hadrien fournit à Marguerite Yourcenar la matière d?un best-seller et Oscar Wilde érigea l?éphèbe Antinou?s au rang de porte-étendard homosexuel? C?est l?objet de cet ouvrage que de montrer, à travers une dizaine d??uvres d?art, comment la référence à l?histoire romaine a nourri l?imaginaire collectif occidental, dessiné les contours de notre univers culturel, structuré nos représentations politiques, notre conception de la religion, du destin, ou encore des rapports entre l?homme et la femme. Et comment l?effondrement de l?Empire n?a cessé d?être un miroir dans lequel les sociétés projetaient les angoisses de leur temps.
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L'Éducation Sentimentale

Fumichon, concernant la propriété, évoque les arguments d'un homme politique dont Flaubert parle en ces terme dans une lettre à George Sand: "Peut-on voir un plus triomphant imbécile, un croûtard plus abject, un plus étroniforme bourgeois! Non! Rien ne peut donner l'idée du vomissement que m'inspire ce vieux melon diplomatique, arrondissant sa bêtise sur le fumier de la Bourgeoisie!". De qui s'agit-il?

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Thème : L'Education sentimentale de Gustave FlaubertCréer un quiz sur ce livre