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Claudine Gothot-Mersch (Éditeur scientifique)Stéphanie Dord-Crouslé (Éditeur scientifique)
ISBN : 2070338940
Éditeur : Gallimard (29/06/2006)

Note moyenne : 3.94/5 (sur 18 notes)
Résumé :
Le thème de l'Orient obsède Flaubert depuis sa jeunesse. On le trouve dès ses premières œuvres. C'est grâce à son ami Maxime Du Camp qu'il fait le grand voyage de sa vie (1849-1851). Rien de commun avec les voyages d'aujourd'hui: la croisière sur le Nil dure quatre mois et demi.
Après six mois de préparatifs, les deux amis se rendent en Égypte, en Syrie-Palestine, et reviennent par la Grèce et l'Italie. Flaubert affirme "regarder sans songer à aucun livre "pa... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (3) Ajouter une critique
Henri-l-oiseleur
  10 janvier 2018
Les notes de voyage prises par Flaubert ne constituent pas un livre achevé, de l'aveu même de l'éditrice, Claudine Gothot-Mersch. Les quelque six cents pages du volume sont remplies d'énumérations, de détails précis du périple et de descriptions de paysages et de monuments dont l'accumulation est finalement très ennuyeuse. On subit tout cela en attendant la bonne page, la notation qui justifiera l'effort de lecture, et il est rare qu'on les trouve. Trente ans à peine après la redécouverte de l'Egypte ancienne par Champollion, l'art de cette civilisation n'avait pas encore pénétré dans les sensibilités esthétiques des hommes de 1850 : Flaubert s'ennuie des innombrables temples égyptiens qu'il ne sait pas voir ni apprécier, et de la foule de mosquées qu'il lui faut visiter et chroniquer. Les notes sur la Syrie, le Liban et la Grèce font alterner les récits de mésaventures sur le chemin, et des descriptions de temples, de ruines innommées, de curiosités sur lesquelles manque la plus petite information. En Italie enfin, on a droit à des catalogues des musées visités. Avec miséricorde, la préface dit bien "certains passages consistent en d'ennuyeuses énumérations" : mais c'est la plus grande partie du livre, qui aurait gagné à être présentée avec les magnifiques photographies d'Egypte et d'ailleurs que prit Maxime du Camp, compagnon de voyage de Flaubert.
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nathalie_MarketMarcel
  01 octobre 2015
Un mot tout d'abord sur les aspects pratiques de ce voyage. Les deux amis sont certes de riches occidentaux qui peuvent s'approprier le pays (les femmes, les jeunes filles, les objets curieux, une escorte), mais les conditions de voyage restent rudes : longues chevauchées dans les montagnes, sous la pluie ou sous la neige, nuit dans le froid avec les puces, eau non potable, passage des gués à cheval… Ces voyageurs, même privilégiés, endurent des conditions très difficiles, mais habituelles pour leur siècle.
Flaubert est un voyageur qui fait preuve d'une réelle curiosité. Son enthousiasme le plus grand est pour le Sphinx, les deux amis éprouvent une extase à la limite du malaise. C'est d'ailleurs un homme souvent mélancolique, qui confronte son imaginaire orientaliste et son bric-à-brac d'images pittoresques à une certaine réalité (odalisques, femmes voilées, derviches, dromadaires).
Flaubert, comme d'autres hommes du XIXe siècle, ressent une grande émotion pour les paysages grecs, qu'il découvre en plein hiver. Voyager, c'est visiter ses souvenirs de lecture et d'étude, renouveler ses rêveries sur un monde disparu.
Bien sûr, cela ne se lit pas comme un roman. le texte présente un caractère énumératif (les temples, les sculptures, les bas-reliefs) qui lasse et qui est heureusement interrompu par des descriptions plus intéressantes.
J'avais déjà eu l'occasion de noter le goût véritable de Flaubert pour la Méditerranée. Ici, il découvre une autre nature et s'acharne à décrire (sans doute pour garder en mémoire) chaque paysage. Il est particulièrement attentif aux couleurs et aux lumières du soleil, du ciel, des ombres, des eaux, de la végétation, du relief. Ses descriptions sont d'une réelle beauté, tout en étant apparemment d'une froide précision.
Lien : http://chezmarketmarcel.blog..
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Cielvariable
  16 juillet 2014
On ne sent pas la passion du voyage et de la découverte dans les écrits de Flaubert, mais plutôt une intellectualisation de l'acte de voyage qui ne me plaît vraiment pas.
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Citations et extraits (11) Voir plus Ajouter une citation
CielvariableCielvariable   05 mars 2018
La route tourne à gauche, nous descendons ; les montagnes calcaires entourant cette plaine rappellent le Mokattam. Le ciel est tout chargé de nuages, l'air humide, on sent la mer, nos vêtements sont pénétrés de moiteur. Je désire ardemment être arrivé, comme toutes les fois que je touche à un but quelconque : en toute chose j'ai de la patience jusqu'à l'antichambre. Quelques gouttes de pluie. Une heure après avoir quitté le puits, nous arrivons dans un endroit plein de roseaux et de hautes herbes marécageuses ; des dromadaires et des ânes sont au milieu, mangeant et se gaudissant ; de nombreux petits cours d'eau épandus coulent à terre sous les herbes, et déposent sur la terre beaucoup de sel ; c'est EI-Ambedja (endroit où il y a de l'eau). Les montagnes s'abaissent, on tourne à droite. Pan de rocher rougeâtre, à gauche, à l'entrée du val élargi qui vous conduit, d'abord sur des cailloux, ensuite sur du sable, jusqu'à Kosséir. Dans mon impatience je vais à pied, courant sur les cailloux et gravissant les monticules pour découvrir plus vite la mer. Dans combien d'autres impatiences aussi inutiles n'ai-je pas tant de fois déjà rongé mon cœur ! Enfin j'aperçois la ligne brune de la mer Rouge, sur la ligne grise du ciel. C'est la mer Rouge !
Je remonte à chameau, le sable nous conduit jusqu'à Kosséir. On dirait que le sable de la mer a été poussé là par le vent, dans ce large val ; c'est comme le lit abandonné d'un golfe. De loin on voit les mâts de l'avant des vaisseaux, qui sont désarmés, comme ceux du Nil. On tourne à gauche. Sur de petites dunes de sable voltigent et sont posés des oiseaux de proie. La mer et les bâtiments à droite ; Kosséir en face, avec ses maisons blanches. À droite, avant de tourner, quelques palmiers entourés de murs blancs : c'est un jardin. Comme cela fait du bien aux yeux !
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nathalie_MarketMarcelnathalie_MarketMarcel   01 octobre 2015
Soleil, liberté, large horizon, odeur de varech. De temps à autre la pente se retire et le chemin, tout à coup devenu bon, se promène au petit trop entre des pins-arbrisseaux qui forment comme des bosquets ; le paysage entier est d’un calme, d’une dignité gracieuse, il a le je ne sais quoi antique, on se sent en amour. J’ai eu envie de pleurer et de me rouler par terre ; j’aurais volontiers senti le plaisir de la prière, mais dans quelle langue et par quelle formule ?
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nathalie_MarketMarcelnathalie_MarketMarcel   01 octobre 2015
Soleil, liberté, large horizon, odeur de varech. De temps à autre la pente se retire et le chemin, tout à coup devenu bon, se promène au petit trop entre des pins-arbrisseaux qui forment comme des bosquets ; le paysage entier est d’un calme, d’une dignité gracieuse, il a le je ne sais quoi antique, on se sent en amour. J’ai eu envie de pleurer et de me rouler par terre ; j’aurais volontiers senti le plaisir de la prière, mais dans quelle langue et par quelle formule ?
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nathalie_MarketMarcelnathalie_MarketMarcel   01 octobre 2015
C’est alors que jouissant de ces choses, au moment où je regardais trois plis de vagues qui se courbaient derrière nous sous le vent, j’ai senti monter du fond de moi un sentiment de bonheur solennel qui allait à la rencontre de ce spectacle ; et j’ai remercié Dieu dans mon cœur de m’avoir fait apte à jouir de cette manière. Je me sentais fortuné par la pensée, quoiqu’il me semblât pourtant de penser à rien – c’était une volupté intime de tout mon être.
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CielvariableCielvariable   05 mars 2018
Je l’ai sucée avec rage ; son corps était en sueur, elle était fatiguée d’avoir dansé, elle avait froid... En contemplant dormir cette belle créature qui ronflait la tête appuyée sur mon bras, je pensais à mes nuits au bordel à Paris, à un tas de vieux souvenirs... Quant aux coups, ils ont été bons. Le troisième, surtout, a été féroce, et le dernier, sentimental. Nous nous sommes dit là beaucoup de choses tendres, nous nous serrâmes vers la fin d’une façon triste et amoureuse.
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Videos de Gustave Flaubert (88) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Gustave Flaubert
Rome Re?invente?e . L'Antiquité dans l'imaginaire occidental, de Titien à Fellini.
Rome : un fantasme, une énigme, un grand livre d?images qui a traversé les siècles, jusqu?aux séries d?aujourd?hui, aux jeux vidéo ou aux bandes dessinées. Dès la Renaissance, artistes et écrivains n?ont cessé en effet de puiser à la source intarissable de l?Antiquité. Gustave Flaubert dédia plusieurs années de son existence à la rédaction de "salammbô", Federico Fellini retrouva son énergie créatrice lors du tournage du "Satyricon", Cléopâtre, Spartacus ou Jules César donnèrent au cinéma ses plus grands succès publics, l?empereur Hadrien fournit à Marguerite Yourcenar la matière d?un best-seller et Oscar Wilde érigea l?éphèbe Antinou?s au rang de porte-étendard homosexuel? C?est l?objet de cet ouvrage que de montrer, à travers une dizaine d??uvres d?art, comment la référence à l?histoire romaine a nourri l?imaginaire collectif occidental, dessiné les contours de notre univers culturel, structuré nos représentations politiques, notre conception de la religion, du destin, ou encore des rapports entre l?homme et la femme. Et comment l?effondrement de l?Empire n?a cessé d?être un miroir dans lequel les sociétés projetaient les angoisses de leur temps.
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L'Éducation Sentimentale

Fumichon, concernant la propriété, évoque les arguments d'un homme politique dont Flaubert parle en ces terme dans une lettre à George Sand: "Peut-on voir un plus triomphant imbécile, un croûtard plus abject, un plus étroniforme bourgeois! Non! Rien ne peut donner l'idée du vomissement que m'inspire ce vieux melon diplomatique, arrondissant sa bêtise sur le fumier de la Bourgeoisie!". De qui s'agit-il?

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Thème : L'Education sentimentale de Gustave FlaubertCréer un quiz sur ce livre