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Célia Flaux (Autre)
EAN : 9782376863342
Naos (22/01/2021)
3.93/5   23 notes
Résumé :
Angleterre XIXe siècle. Lady Liliana Mayfair est une garde royale, mais aussi une lyne capable de manipuler la magie. Elle et son compagnon Clement partent en Inde sur les traces d’une voleuse d’énergie. Leur unique piste : Amiya, la seule victime à avoir survécu à la tueuse.

De Surat à Londres, la traque commence. Mais qui sont véritablement les proies ?
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Critiques, Analyses et Avis (14) Voir plus Ajouter une critique
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DreamBookeuse
  22 février 2021
Bien entendu les mots « steampunk », « magie » et « aventure victorienne » avaient suffi à me convaincre mais c'est bien au delà de cela que Célia Flaux m'a entraînée, bien au delà d'une aventure et bien au delà de la magie. Non, l'autrice m'a entraînée dans une société pas si éloignée de la nôtre où les cases déjà bien définies sont difficiles à franchir et où, même en faisant partie de l'élite, les jugements, l'hypocrisie et le mépris sont bel et bien au rendez-vous. le roman s'ouvre sur une scène. Une scène de viol où un dena se fait aspirer son énergie par une lyne. Quoi qu'est ce ? Laissez-moi vous expliquer. Les Lynes et les Dénas sont les deux pendants d'une même facette : les uns ont besoin d'énergie pour produire leur sort, leur magie et les puisent ainsi dans les denas, des êtres dont l'énergie est délicieuse mais qui sont « incapables » de s'en servir voire même de s'en « soulager ». Les Lynes vivent donc dans une crainte teintée de méchanceté à l'idée de ne plus pouvoir se nourrir et donc de dépérir faute de denas à disposition et les denas vivent dans une crainte teintée de désespoir à l'idée de se faire aspirer toute crue leur énergie par un lyne trop vorace. Une nouvelle donnée dans l'équation de nos systèmes d'inégalités sociales puisque ce sont bien ceux qui peuvent « prendre » qui sont élevés au rang de héros, d'élite, et ceux qui peuvent seulement donner qui restent en bas de l'échelle. Un comble puisque ce sont finalement les producteurs qui restent en bas de l'échelle et ceux qui utilisent les productions qui « s'enrichissent ». Ça ne vous rappelle rien ? Et c'est bien cela que j'ai adoré, tout ce parallèle glaçant, réaliste et ô combien touchant aussi parfois, qui se produit entre Anergique et notre propre société.
Parce qu'en choisissant la société victorienne, Anergique s'est également ancré dans une époque : le XIXe siècle. Et on peut dire que cette époque ne fut pas tendre avec les marginaux, les outsiders, les anticonformistes, bref, toutes les personnes qui sortaient du rang. Sans parler des discriminations sociales, raciales, sexuelles qui faisaient fureur et continuent à prospérer allégrement par chez nous. Et bien sachez que Célia Flaux s'est employée à nous montrer des marginaux et des anticonformistes. Anticonformiste d'abord Lady Liliana Mayfair, lyne, héritière richissime mais aussi garde royale (au grand damn de son père qui y voit un caprice), fortement éprise de son dena, Clément qu'elle souhaiterait par ailleurs épouser malgré son statut social peu élevé (là aussi, encore un caprice d'après Mr. Mayfair). Bref, ses relations avec ses parents sont plutôt désastreuses, entre sa mère dena, complètement écrasée et son père, Lyne, se croyant intouchable. Mais celle qu'elle entretient avec Clément. Aah… C'est beau, tendre, émouvant, et il s'en dégage aussi une sensualité vibrante à laquelle la plume de Célia Flaux rend tout à fait justice.
De l'autre côté, marginal à son tour, nous avons Amiya, « celui qui a survécu », le seul ayant réchappé des mains d'une « violeuse », une Lyne qui s'en prend à différents denas et les vide entièrement de leur énergie jusqu'à ce qu'il n'en reste rien. Bien sûr cela vous fera sans aucun doute penser aux vampires avec le côté hémoglobine en moins. Bref, Amiya, depuis, vit dans la peur constante des denas et plus particulièrement du don. D'ailleurs jusqu'à il y a peu, jusqu'à ce que les meurtres reprennent, il ne ressentait même plus l'énergie qui parcourait son corps, et non plus son besoin impérieux de vider cette énergie ailleurs. C'est sur son insistance, que Lady Mayfair et Clément font le voyage depuis l'Angleterre jusqu'en Inde afin de débusquer la fameuse violeuse. Tout ne se passera pas comme prévu. Pas du tout même. Vous serez surpris, vous aurez le coeur serré, je vous préviens d'avance, vous crierez même, peut être, au scandale. C'est énergique, dépaysant, triste, mais aussi beau, alors que les oustiders s'apprivoisent les uns les autres. Et puis, bon, ça ne fait pas tout, mais il y a un chat. Et il jouera un rôle crucial. (je sais je suis cruelle je n'en dirai pas plus).
Bien sûr il y a un point que je souhaite aborder dans ma chronique et non des moindre : la notion de viol. Au début cela m'a dérangée que l'on parle de cela pour quelque chose de complètement fictif et imaginaire. Je me suis demandée pourquoi un autre mot n'avait pas été employé, et puis finalement… c'était parfait. Parce que ça entraîne une réflexion d'une part : qu'est ce que le viol au fond, si ce n'est pas d'une part un ressenti, celui de la victime, et d'autre part un acte abjecte qui vise à détruire, arracher, une partie de l'autre que ce soit une part de l'esprit, une part du corps, une part de l'intimité. Ainsi Amiya se sent à de nombreuses reprises impuissant, terrifié, faible mais aussi incompris par ses pairs pour qui l'acte de donner leur procure tant de bien.
« Si j'évoque mes craintes en public, certains se moqueront et d'autres partageront mon impuissance. Nul ne dispose de la force nécessaire pour arrêter cette femme. Pourtant je noircis les feuilles d'une lettre comme un naufragé jette une bouteille à la mer. »
Je crois que cette phrase, résume a elle seule tout ce qu'une personne victime de violence sexuelle, de viol, d'agression, peut ressentir. Et le pas de côté de cette femme, au lieu de bien souvent cet homme offre aussi un regard neuf, une traverse qui permet aussi d'appréhender autrement ce sujet, souvent trop « personnel » pour moi.
Autre (et dernier) point qui m'a agréablement surprise : la plume de Célia Flaux. N'ayant pas lu le Cirque Interdit chez Scrineo, ni aucun autre roman de celle-ci je ne savais pas vraiment à quoi m'attendre. Toutefois, faisant aveuglément confiance aux éditions dont je chronique les récits, je savais déjà qu'elle aurait quelque chose. Ce quelque chose a d'abord résidé dans son choix de temps narratif : le présent. Chose indubitablement rare dans les récits de l'imaginaire qui utilisent le passé pour mieux pouvoir exprimer le temps et toutes les choses qui se passent dans l'univers imaginé. Toutefois il colle parfaitement à ce récit d'enquête, à travers les points de vue de Liliana, Amiya et Clément qui se croisent au fil des rebondissements. D'ailleurs le rythme est plutôt rapide, sans aller trop vite sur les révélations, ce qui rend la lecture du roman très addictive. 286 pages, commencé à 22h30, terminé à 1h, sans pouvoir en décrocher les yeux. Si j'ai trouvé parfois que le texte aurait peut être mérité un peu plus de poésie, d'une certaine profondeur ou de maturité, j'en ai pour autant apprécié voire adoré chaque page ❤
En résumé
Anergique est une très belle lecture, vibrante de couleurs, d'énergie et d'émotions. C'est touchant, sombre, inquiétant mais d'une délicieuse sensualité avec des personnages forts et franchement attachants. On y parle magie, steampunk, de dérivés vampiriques et de tout un tas d'autres choses comme les cases sociales et leurs affranchis, la notion de caste et de marginalité, voire même de productivité, sisi. En bref, Célia Flaux aborde les travers de nos sociétés à l'aune de l'ère victorienne et c'est tout un programme d'ambiance, de réflexions et de ressentis qui nous y attendent.
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LesReveriesdIsis
  26 avril 2021
Anergique est un roman que j'ai repéré à sa sortie, lorsque la maison d'éditions faisait des offres dédicacées. Je suis tombée en pâmoison devant la couverture que je trouve très belle, et le résumé était très tentant, il ne m'en a pas fallu beaucoup plus pour me laisser tenter et découvrir par la même occasion la plume de Célia Flaux.
Dans ce roman, nous suivons Clément et Liliana, tous deux membres des gardes royaux. Après avoir été informés de la présence d'une violeuse qui s'en prend aux plus vulnérables et qui leur vole toute leur énergie par son Amiya, ils partent tous deux pour Surat, en Inde. Là bas, ils découvrent que le pire est possible. Mort, deuil, et bientôt la lutte contre cette criminelle se reporte à Londres et prend une tournure des plus terrible.
Le monde magique tel qu'il nous est proposé est très agréable. Au bout de quelques pages, nous sommes pleinement immergés et nous comprenons la différence entre les lynes et les dénas. Les premiers manipulent la magie mais ne fabriquent pas d'énergie magique, tandis que les seconds en produisent. Un lien étroit s'installe donc entre les lynes et leur compagnon / leur compagne. Si de l'extérieur, le lien semble biaisé et assurer le pouvoir aux lynes, les couples que nous propose l'autrice sont assez équilibrés. Finalement, c'est plus une communion entre deux êtres et un partage qu'un lien de pouvoir et d'ascendant – quoi que, pour certains couples, c'est le cas, mais en général, cela donne lieu à bien des catastrophes par la suite dans le roman!
Le récit s'ancre également dans le XIXe siècle, et force est de constater qu'ici, la séparation entre les classes sociales fait plus que jamais rage. le père de Liliana Mayfair, un lord particulièrement intransigeant, incarne à la perfection cette rigueur de caste qui érige des murs infranchissables entre les êtres. Les bas fonds londoniens et la misère en province sont parfaitement rendus, juste transformés pour coller à la fantasy : la prostitution devient ici vente d'énergie, les dénas pauvres puisent sans compter dans leurs réserves quitte à s'épuiser et à mourir jeunes pour essayer de survivre. Les magouilles et les mensonges sont aussi légions et nous croisons la route de quelques fripouilles assez peu sympathiques. Il est intéressant également que les agressions soient qualifiées de viol. Si au début il était surprenant de voir ce mot employé pour autre chose que ce que nous appelons, nous, un viol, c'est malgré tout justifié. En effet, dans ce livre, la criminelle aspire l'énergie de ses victimes jusqu'à la dernière goutte-, et le fait bien sûr sans leur consentement- ajoutez à cela la dimension sensuelle du partage d'énergie puisque cela se fait au niveau du coeur, de la gorge, du ventre (de la tête aussi, mais ce n'est pas le choix de la violeuse), et finalement, il s'agit bien d'attouchements non consentis également. L'agressivité et la férocité de la criminelle en font un Jack l'éventreur féminin insaisissable et détestable, une figure de monstre tout à fait réussie en somme.
J'ai beaucoup aimé la structuration en deux temps de ce roman : le voyage et passage à Surat d'abord. Un moment plein d'émotions et de drames. Les retrouvailles de Clément avec son ami sont très émouvantes, et ce d'autant plus que les changements de point de vue dans la narration sont très fréquents. Cela nous permet d'assister aux doutes de chacun puis de rendre palpables leurs émotions. Les drames qui se déroulent à Surat permettent d'humaniser au plus haut point les personnages et de laisser apparaître les failles de chacun : celles de Liliana, celles d'Amiya aussi. La partie à Londres insuffle une autre dynamique. C'est une forme de renaissance, une étape qui amène sur la voie de la guérison, de la reprise de confiance, une manière pour chacun de se réinventer. Mais ce renouveau est teinté d'ombres, de souffrances, d'hésitations et de bégaiements. Il est en effet bien difficile de voir toujours au-delà des apparences, et parfois, on ne veut pas croire ce que l'on a sous le nez. Cela fait aussi la saveur du livre, rien n'est simple, rien n'est linéaire, rien n'est manichéen.
Le personnage de Liliana est intéressant. Son anergie la rend à la fois forte et fragile, elle est un peu le vilain petit canard de sa famille, et, en même temps, elle est un personnage authentique que l'on prend plaisir à suivre. Nous pouvons faire le lien entre anergie et anorexie, et je pense que c'est similaire. Cette faille, chez elle trouve en écho chez Amiya qui, lui, répugne à donner son énergie suite à son agression.
Enfin, la plume de Célia Flaux est un régal. le livre fond entre nos doigts et les pages défilent, sans que nous ne puissions arrêter le court de la lecture. C'était exactement ce qu'il me fallait au moment où je l'ai lu.
Ainsi, Anergique de Célia Flaux est une très bonne lecture. le roman nous captive et nous emporte dans un monde intéressant, aux accents connus, mais à la saveur inédite. Il nous fait partager des aventures intenses et riches en émotions : de quoi nous faire oublier le quotidien durant quelques heures et nous dépayser.
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AmeliaChatterton
  21 mars 2021
Avec ce roman, j'ai voyagé en Inde pour pourchasser une tueuse insaisissable, bravé les conventions sociales victoriennes et surtout découvert un univers magique particulier où les personnages dépendent les uns des autres par un lien mystérieux. Tenté par l'aventure ? Suivez le guide !
Une enquête haletante
Célia Flaux nous emporte avec elle dans une enquête pleine de suspense et de mystère entre la moiteur d'une Inde luxuriante au temps des colonies et la capitale anglaise glaciale et polluée. Nous ferons la connaissance de colons anglais, grand propriétaires, installés en Inde, mais aussi de personnages locaux indiens comme la famille d'Amiya, et la police indienne dépassée par les évènements. Nous aurons affaire à des aristocrates anglais à Londres via la famille de Liliana, ainsi que le club très fermé des gardes royaux et leurs entraînements particuliers.
De nombreux rebondissements sont à prévoir avec une tueuse imprévisible, insaisissable qui amène une sensation d'impuissance et le sentiment d'un danger permanent. Même la présence des gardes royaux pour assister la police dans son enquête ne la dissuadera pas d'agir et les victimes se feront de plus en plus nombreuses au fil des pages.
Il faudra toute l'intelligence et la persévérance de Amiya et Lilianna pour en venir à bout, ce qui ne sera pas sans occasionner quelques surprises inattendues comme le fait que la tueuse est mystérieusement reliée à sa victime…
Une réflexion sur le statut de victime
Un viol d'énergie. C'est de là que part toute notre enquête autour du personnage d'Amiya, la victime, et de Lady Liliana Mayfair, la garde royale chargée de l'affaire. Mais qu'est-ce qu'un viol d'énergie ? Et en quoi est-il si grave ?
Le mot viol vous aura mis la puce à l'oreille, indiquant l'absence de consentement de la victime. Il s'agit dans cet univers particulier, d'aspirer toute l'énergie d'une personne jusqu'à la faire mourir. Heureusement pour le dena Amiya, son agresseure a été surprise et n'a pas eu le temps de le tuer, mais elle l'a laissé pour mort et surtout marqué à vie, déséquilibré dans son flux et méfiant vis à vis des lynes. Et cela ne l'aidera pas à se construire sainement de ses 10 ans à l'âge adulte. Il va devenir Anergique, avec un trop plein d'énergie qu'il préfère destiner aux plantes qu'aux humains, mais lui causant de foudroyantes migraines.
On aurait pu penser que ce personnage allait rester dans son statut de victime jusqu'à la fin de sa vie, décalé par rapport à la société, et surtout peu désireux de fournir en énergie des Lynes sans avoir peur d'en mourir, au grand désespoir de sa mère guérisseuse. Mais l'auteure n'a pas souhaité en rester là.
Amiya va évoluer, combattre ses démons de manière pacifiste, reprendre confiance en lui. Il faudra que la Lyne meurtrière refasse surface et qu'il rencontre la lyne Liliana pour peu à peur sortir de sa coquille, guérir et rééquilibrer son énergie et son état mental. Ici pas de grands éclats de bravoure, seulement un homme qui sort de son état dépressif après un acte traumatisant.
En ce sens, il offre une leçon de courage à toutes les victimes de traumatismes et un beau message d'espoir, ainsi qu'aux familles de personnes ayant été violentées.
Un univers envoûtant
J'avoue avoir eu quelques réticences au début à rentrer dans l'histoire à cause de son aspect magique. J'avais l'impression de lire un roman de vampires énergétiques ! Mais il s'est avéré que l'univers créé par Célia Flaux était plus complexe que cela.
Elle nous propose un monde oscillant entre roman policier victorien et magie. En ce sens, elle se rapproche de la gaslamp fantasy et non pas du steampunk comme j'ai pu le penser au premier abord. Ici, pas de d'inventions mécaniques anachroniques, mais plutôt un monde où deux espèces agissent en complémentarité pour réguler la magie omniprésente.
Tout d'abord, les Lynes qui naissent avec moins d'énergie et doivent par la suite se nourrir des Denas pour vivre. Ils sont plutôt représentés comme des personnes au caractère fort et à la magie destructrice. Ils régentent l'univers à des postes clés et sont censés protéger les Denas.
Les Denas à l'inverse sont remplis d'énergie magique, ce qui peut leur occasionner des migraines s'ils n'évacuent pas ce trop plein en le proposant aux Lynes. Ils sont représentés comme faibles, en retrait, et occupent des positions inférieures comme si être un « garde-manger » énergétique était compliqué à vivre.
Les points de circulation d'énergie sont régis par les chakras, ce qui donne un petit côté mystique à l'histoire et l'ancre un peu plus dans la tradition indienne. Pour donner de l'énergie, un Dena dévoilera un de ces points sur son corps, en fonction de son degré d'intimité avec la personne. Il y a des points dédiés à la famille, aux amants, etc… Les Lynes aspirent avec les doigts ou la bouche, avec le consentement du Dena.
L'auteure a introduit quelques subtilités dans ce mode de vie comme rendre sacrilège le don d'énergie aux plantes par un Dena car il apparaît comme égoïste vis à vis des Lynes, ou encore faire en sorte que les chats soient des passeurs d'énergie entre lyne et Dena. La mère d'Amiya qui est une guérisseuse, nous apprendra ce genre de détails associés à cet univers fort créatif.
Une réflexion sur les classes sociales
Si les relations entre les Lynes et les Denas semblent figées et fortement hiérarchisées, cela n'a pas d'incidence sur leur classe sociale. N'importe qui peut être Dena ou Lyne. Et les Dena ne sont pas toujours des femmes, l'auteure a su sortir de cet écueil d'objet féminin à protéger.
Pour lire la suite de ma chronique, rendez-vous sur :
Lien : https://lestribulationsdemis..
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zoelucaccini
  20 octobre 2021
Angleterre, 19eme siècle. Liliana Mayfair est une garde royale, et une Lyne, qui se nourrit d'énergie magique. Elle rejoint l'Inde avec son compagnon sur les traces d'une v-i-oleuse d'énergie; ils comptent sur l'aide de sa dernière victime, Amiya. Une longue traque commence…

Je le dis tout de suite comme ça, c'est fait : j'ai eu un peu de mal à rentrer dedans, à cause du présent et de la narration au « je ». Rien n'y fait, j'ai vraiment du mal avec ce parti pris dont je trouve qu'il manque de logique, selon les cas, et justement ici, ça ne marche pas très bien. Je ne rentre pas dans les détails car je vois bien, après plusieurs échanges, que je suis minoritaire sur ce sujet ^^, mais si vous voulez en savoir plus sur ce qui me chagrine, vous trouverez plus d'infos sur la chronique complète du blog.
Bref, je voudrais surtout mettre l'accent ailleurs, car j'ai trouvé ce livre très bon. Célia Flaux a une plume passionnante, qui m'a immergée dans une Inde réaliste, vivante, colorée. Et elle a su prendre son temps pour poser son décor. Et ça, j'adore, c'est ce qui m'a permis de passer outre cette narration perturbante.
Ainsi, une fois bien embarquée dans le récit, j'ai suivi cette intrigue trépidante, cette double traque (Liliana après la violeuse et la violeuse après ses victimes) avec passion. Les personnages sont consistants, complexes, notamment Amiya, complètement déraciné, psychologiquement instable. En cela, il est passionnant.
Et j'ai beaucoup aimé la figure du monstre que prend la violeuse. Elle n'est pas nuancée, mais elle représente un archétype qui es très bien traité et renvoie à un mix entre Jack l'éventreur et la figure traditionnelle du vampire.
Ce roman offre surtout une lecture passionnante d'une époque et d'une société très divisée socialement, mais sans caricature ni facilité.
Mieux, l'autrice intègre la magie dans l'ADN de ses personnages, rajoutant en ceci une inégalité parmi eux : consommateurs et producteurs de magie, avec des rapports de dominant/dominé différents de ceux que l'on connaît. C'est vraiment très fin : les habituels rapports homme/femme et riche/pauvre déséquilibrés deviennent ici annexes, au profit d'un autre rapport de force. Célia Flaux nous amène à réfléchir sur nos propres problèmes sociétaux en créant une sorte de calque dans un monde magique, avec quelques différences mais avec, dans le fond, un fonctionnement similaire. Et l'on voit bien, ici, en quoi tout déséquilibre, basé sur le rapport dominant/dominé est dysfonctionnel, honteux, et même ridicule quand on y pense.
J'ai adoré que la magie ici soit quelque chose de négatif, c'est très différent de ce qu'on a l'habitude de lire. Et en cela, l'autrice offre des pistes de réflexion multiples, très réelles. Comme quoi, la littérature imaginaire n'est jamais très loin du monde réel, et permet même d'offrir un regard décalé, différent, neuf, sur ce qui nous entoure.
Lien : https://zoeprendlaplume.fr/c..
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Strega
  26 janvier 2021
Anergique est un savant mélange de polar et de gaslamp fantasy, un roman prenant dont on tourne les pages avec frénésie, happé par les aventures des personnages et une traque dont on ne sait jamais vraiment qui est le chasseur et qui est la proie. Toutefois, l'enquête, aussi intéressante soit-elle, ne prend pas l'ascendant sur les réflexions sociétales qui sous-tendent l'intrigue et qui sont ce que j'ai préféré dans cette lecture.
Deux castes, si l'on peut les définir ainsi, se côtoient dans cet univers et dépendent l'une de l'autre. Les lynes sont la caste dominante. Ils boivent l'énergie des denas car ils ne sont pas capables d'en produire par eux-mêmes, en revanche ils peuvent user de magie. Toute technologie dans ce monde semble dépendre des lynes. Les denas, quant à eux, ne font pas de magie, mais produisent de l'énergie qui doit être régulée par les lynes pour leur éviter la surcharge. Sur le papier, cela pourrait être une relation équilibrée. Bien sûr, cela n'est pas si simple.
On pourrait alors imaginer que les denas, qui sont producteurs d'énergie, de force vive pourrait-on dire, auraient pris l'ascendant. Non, pas du tout. Les lynes sont taraudés par leur soif qu'ils maîtrisent plus ou moins. La peur du manque les pousse à traiter les denas en inférieurs, à les rendre dépendants pour s'assurer une source d'énergie inépuisable. En d'autres termes : ils dirigent la classe qui produit.
La façon dont les lynes conditionnent les denas, les tiennent à l'écart des postes importants ou les privent de leur héritage au profit des frères et soeurs lynes ne manque pas d'interpeler. On ne choisit pas d'être lyne ou dena. Il s'agit d'une condition génétique et, si elle évoque les différences de classes, elle n'est pas non plus sans rappeler les théories de genres.
Ce point de départ est en soi intéressant et l'autrice pousse assez loin la réflexion sur les disparités sociales. Celles-ci ne s'arrêtent pas au fait d'être lyne ou dena. Il faut y ajouter le genre et la classe sociale. Dans ce monde si codifié, ce rapport à l'énergie ne fait que mettre en relief l'injustice dont certains sont victimes.
La suite sur mon blog...
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Citations et extraits (3) Ajouter une citation
SioSio   28 janvier 2021
J'avais envie de découvrir l'Underground au lieu de prendre un cab. Père en serait scandalisé, car la bonne société londonienne n'emprunte pas ce mode de transport, mais les conventions sociales m'ennuient. En intégrant la Garde royale, j'ai fui la demeure familiale pour gagner ma liberté. Les représentants de Sa Majesté suivent leurs propres règles, ce qui me permet de défier allègrement l'autorité paternelle.
Clement m'adresse un sourire amusé depuis le banc d'en face. J'avoue que notre élégance détonne au milieu des pantalons informes et des robes sombres. Les autres passagers, ouvriers et domestiques pour la plupart, n'ont pas l'habitude des hauts-de-forme et des jupes à tournure. La mienne me rappelle la couleur des feuilles en automne, un brun roux qui réchauffe la pâleur de mon teint. Quand je vérifie dans la glace qu'une mèche rousse ne s'échappe de mon chignon, mes prunelles écarlates s'y reflètent.
- Vous êtes parfaite, déclare mon dena.
Sa gentillesse se répand en moi comme une douce chaleur. J'aimerais effleurer son visage d'ange en retour, mais les bonnes mœurs l'interdisent en public. Nous sommes tous esclaves de la politesse.
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faelifaeli   26 septembre 2021
Une lassitude familière m'envahit. Ceux qui abordent ce sujet ne comprennent pas pourquoi l'héritière des Mayfair, la future comtesse, s'abaisse à travailler. Rien ne me force à risquer ma vie en tentant d'arrêter des criminels. En général, je rétorque "Pour la reine" et toutes les bouches se ferment, mais aujourd'hui cette réponse ne me satisfait pas. Mes doigts serrent mon médaillon. Les fines gravures du couvercle représentent les armoiries royales, un lion sur une couronne. Je décide de me montrer plus franche que d'habitude.
- Pour gagner mon indépendance. Je voulais vivre pour moi, et non pour les Mayfair.
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faelifaeli   26 septembre 2021
Il existe plus d'une façon d'aimer.
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