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EAN : 9782259211420
462 pages
Plon (25/04/2013)
4.08/5   149 notes
Résumé :
Une légende raconte qu'il y a très longtemps un homme, pleurant son amour perdu, entendit en marchant sur une plage de l'île de Parla, une voix portée par le vent, ces mots comme soufflés par la mer : l'espoir existe. Il se tourna alors vers la mer, et vit un homme au loin, flottant à son aise dans l'eau déchaînée.

L'homme plongea et ne reparut pas. Il avait une queue de poisson. Certains le prirent pour un fou, d'autres le crurent, car cette île ava... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (49) Voir plus Ajouter une critique
4,08

sur 149 notes
Je suis assez fière de moi : je suis allée jusqu'au bout du roman, même si j'ai eu l'impression qu'il m'a fallu une éternité pour y parvenir...
En effet, ce n'est pas une lecture facile : si la plume de Susan Fletcher est très belle, le rythme est lent, le récit est assez répétitif, les personnages sont nombreux, tous aussi importants à première vue. Ce n'est qu'en avançant pas mal dans la lecture qu'on voit certains d'entre eux prendre plus d'importance. Même la narratrice est difficile à identifier, s'exprimant parfois à la première personne ou se décrivant comme un personnage parmi les autres, à la troisième personne. C'est assez étrange.

Les Reflets d'Argent, c'est d'abord la peinture d'une île et de ses habitants. La narratrice raconte les petites choses qui font le quotidien, parfois de loin avec un "grand-angle" qui montre le village de loin, nous permettant à peine d'apercevoir les personnages, et puis elle zoome, se rapproche d'un des habitants, entre dans son intimité, avant de zoomer sur un autre personnage ou de reprendre du recul.

Et de la même façon, l'autrice raconte son histoire, puis elle revient sur un point ou un autre pour compléter les blancs en donnant le point de vue d'un autre personnage, en remontant le temps, avant de poursuivre son récit pour s'interrompre à nouveau un peu plus loin. Elle dévoile les informations au compte-goutte, et cela donne l'impression qu'elle se répète beaucoup, certes en apportant des précisions à chaque fois, mais quand même on n'avance pas tellement...

Dans Les Reflets d'Argent, il est beaucoup question de famille et de deuil, l'arrivée de l'inconnu ravivant le souvenir d'un ilien disparu en mer quatre ans plus tôt. le roman comportent aussi plusieurs histoires d'amour, de Grand Amour même, tous différents et émouvants. C'est peut-être ce qui m'a le plus touchée dans le roman (et oui, toujours mon côté fleur bleue...).

L'explication sur le passé de l'homme-poisson (qu'on nous a dissimulé alors qu'il le raconte à un des personnages, ce qui m'agace toujours...) est un peu décevante. Je ne sais pas à quoi je m'attendais, mais j'aurais peut-être préféré qu'il garde finalement tout son mystère. de la même façon, la fin, la partie qui se passe en dehors de l'île, est trop en dehors du récit : j'aurais aimé que l'île fasse partie du happy-end...
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Il était une fois une île…
Une île où vivent trois ou quatre familles, une île où des secrets couvent, bien au chaud dans les fermes et les chaumières, une île où les épouses sont aimées tendrement ou très mal, une île où celui qu'on aime meurt, une île où les enfants rêvent d'histoires magiques, dont celle de l'Homme-Poisson qui se montre de temps en temps pour donner de l'espoir aux êtres vivants.

Atmosphère feutrée, personnages secrets dont on suit les contours à travers leurs allées et venues sur la plage ou la lande, chagrins enfouis qui ressurgissent soudain, tout dans ce roman mène à l'introspection.
Roman choral, mené par une femme, une jeune veuve au coeur meurtri, qui un jour se prend d'amour pour l'homme échoué sur le rivage.
Culpabilité, souvenirs, fidélité, puissance du deuil…

Tout m'est cher, mais malgré cela, l'ennui m'a guettée plus d'une fois. Beaucoup de redites lancinantes, énormément de personnages ayant chacun des rêves et des remords…Cela m'a été très difficile de suivre ces sinuosités obsédantes.
Heureusement que l'arbre généalogique en début d'ouvrage m'a servi de pilier, mais que d'agacement de devoir sans cesse le consulter !

Malgré tout, je peux dire que j'ai aimé ce livre. Il m'a tenu compagnie dix jours durant, et j'en ai même rêvé plusieurs nuits.
Car on ne peut se soustraire au pouvoir mystérieux de l'île et de ses habitants, de cette mer enveloppante et de la lumière aux reflets d'argent.
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Une île.
Tout autour, la mer.
Sur l'île, ses habitants. Quelques familles qui vivent là depuis plusieurs générations.
Des légendes. Un homme-poisson avec une immense queue aux reflets d'argent.
Et puis, Maggie, dont le mari a disparu il y a 4 ans, englouti par les eaux.

J'ai adoré ce roman.
Il se contemple, tranquillement, comme on contemple la marée montante sur des rochers, aveuglée par les faisceaux de lumière d'un phare.
Il se savoure ; il a le goût sauvage des baies qu'on trouve au détour d'un sentier.
Il est parfois doux comme la laine des moutons mais âpre comme la boue séchée sur l'échine des cochons.
Il a le parfum d'un bouquet de fleurs des champs ou d'un fragile bouton de rose.
Et puis, surtout...
Il résonne du bruit de la mer, du cri des mouettes, des froissements dans les herbes hautes, de la respiration d'un homme qui s'éveille, de coups de pied violents, de pleurs silencieux, du tintement de la cordelette aux clochettes dans le vent du nord.

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"Il existe une histoire...une vieille histoire, plus vieille que n'importe qui ici. C'est un homme avec une nageoire, il vit dans la mer. Il lui pousse des jambes et il rejoint la terre quand les gens ont besoin de lui."

Je vous engage au voyage...
Laissez le continent, partez pour Perla, ile battue par les vents, aux habitants en liens familiaux croisés, vivant d'élevage et de pêche, nourris aux légendes depuis des siècles.

La petite communauté d'insulaires est grandement perturbée par l'échouage d'un homme inconnu, épuisé et amnésique. Qui est-il et que veut-il?
Les blessures secrètes de chacun ressurgissent, perturbant une routine, une tranquillité trompeuse, en particulier pour Maggie, brisée par la disparition en mer de Thomas.
Il en est de même pour tous les autres, hommes bourrus et taiseux, adolescents fragiles, femmes industrieuses et courageuses, aux mains qui soignent, construisent, caressent.

L'ile est magnifiquement dépeinte, par couleurs, odeurs, paysages tourmentés, cotes escarpées, ciels illuminés. Et la mer omniprésente, partout. La vie se déroule dans les petites choses: un chat qui dort, un vélo qui grince, un robinet qui goutte. L' ambiance est au mystère, aux croyances anciennes des malédictions, à la tristesse du temps passé et de son lot de pertes et de deuil.

Susan Fletcher revisite le courant romantique en ancrant un mythe dans la modernité, entre espérance et enchantement. Elle nous parle d'amour conjugal, fraternel, filial, de toutes sortes d'amours, sans mièvrerie. L'écriture est poétique, descriptive, sensible, les mots sont posés au pinceau. le principe d'écriture mêlant les dialogues à la narration ajoute une touche intime, comme un chuchotement.

J'ai adoré!
Et pourtant, les histoires de contes et légendes ne sont pas mon "truc" et je m'interroge encore sur ce qui m'a fait entrer en apnée dans ce magnifique roman. Une alchimie entre l'histoire et la manière de la raconter, sans aucun doute!
L' Homme-poisson, doux géant bienfaisant, doit y être pour quelque chose...
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« Qu'est ce qui fait une bonne histoire ? Il faut qu'il y ait du bonheur -des gens qui le trouvent. Il faut un paysage qui nourrisse l'esprit, et soit si parlant qu'on ait l'impression d'y être. Il faut de l'amour. Peut-être un peu de tristesse. Et il faut un voyage d'une façon ou d'une autre. »…
Sur cette trame, Susan Fletcher va développer pendant 500 pages une histoire dans laquelle la mer joue un rôle crucial car, comme dit Maggie, la narratrice, « Il y a des histoires qui viennent de la mer, et ce sont de bonnes histoires. Les meilleures que j'ai entendues, de loin. Je connais tant d'histoires, mais aucune ne vaut celles qu'on m'a racontées dans les maisons de bord de mer, où les cirés à l'odeur âcre sèchent près du feu à côté des os de baleine d'une pâleur de craie posés à la verticale. »

Autant prévenir dès le départ : aborder ce roman est une vraie gymnastique pour la mémoire. L'île de Parla n'a beau compter que quatre familles (+ quelques branches rapportées), suivre une autrice qui jonglent entre les générations et des personnages qui changent à chaque sous-chapitre (quand ce n'est pas à chaque page) exige une attention soutenue… heureusement, il y a un tableau généalogique en début de roman, tableau auquel je me suis reportée à plusieurs reprises dans le premier tiers du roman pour situer le personnage en scène ; ensuite je me suis intégrée à cette communauté de taiseux pudiques, éleveurs de moutons, marins ou gardiens de phare ; une communauté où « c'est difficile de garder un secret. Quand il se passe quelque chose, l'île le sent. »

Parla est une île (écossaise ? irlandaise ?), une de ces îles au décor grandiose dont les légendes tissent l'histoire. A Parla c'est la légende de l'Homme-Poisson… un être mi-homme mi-poisson qui, lorsqu'il se matérialise au milieu des humains, leur apporte résilience et espoir («L'espoir. le plus fragile des mots.»). Je vous laisse donc découvrir comment celui qui surgit au milieu des Bundy, Halliday, Bright et Coyle va s'y prendre.

J'ai trouvé des longueurs dans cette histoire : un deuil avec, en périphérie, des histoires de vies dissemblables marquées par l'insularité, la violence, la tragédie et la culpabilité, mais aussi par l'amour sous toutes ses formes (filial, fraternel, conjugal). Les constants allers-retours de l'autrice entre le passé et le présent sont parfois déroutants. Mais j'ai apprécié le suspense habilement entretenu par Susan Fletcher, dont l'écriture imagée et poétique convient bien à ce récit qui commence dans la légende et finit dans la réalité.



PS – Je me suis demandé si ‘'Parla'' (‘'parler'' en italien), nom donné par l'autrice à cette île de taiseux, est un clin d'oeil, une sorte de second degré.
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Citations et extraits (52) Voir plus Ajouter une citation
Non, on ne peut se fier à la mer, même de nos jours. Même avec les satellites qui nous localisent. Même avec nos sonars, nos radars et nos cartes numérisées. Même avec nos voyages dans l’espace, nos vaccinations, nos bombes atomiques et nos brebis clonées, et quand bien même savons-nous fabriquer une nouvelle vie humaine dans une boîte de Petri, nous sommes encore incapables d’atteindre les plus profonds abysses. Nous sommes incapables de respirer sous l’eau ou de décrypter le chant des baleines.
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Il y a des moments qui deviennent importants dans notre vie. - des moments fondateurs, puissants. Parfois ils se produisent si discrètement qu'ils passent sans qu'on les remarque, de sorte qu'on ne se rend compte qu'après coup, en se retournant, qu'ils ont tout changé ; parfois nous les prenons exactement pour ce qu'ils sont.
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"Notre île est petite, ses contours sont harmonieux. Les falaises y sont hautes comme des tours et striées de blanc par les oiseaux nicheurs. Elles résonnent du bruit de la mer et du cri des oiseaux, et lever les yeux sur elles depuis un bateau qui tangue donne l'impression d'être minuscule, d'avoir froid. Des plumes descendent dans les airs pour atterrir à nos pieds. Elles dérivent à la surface de l'eau comme des rêves."
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...peut-être un mari voit-il sa femme comme un insulaire voit la mer, si souvent qu'il finit par ne plus remarquer son éclat.
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Combien de temps, quelqu'un peut-il vivre de ce qu'il ne veut pas ? Ou vivre de ce qui le rend malheureux ?
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Vidéo de Susan Fletcher
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