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Suzanne V. Mayoux (Traducteur)
ISBN : 2259211410
Éditeur : Plon (26/08/2010)

Note moyenne : 4.38/5 (sur 304 notes)
Résumé :
Au cœur d'une période de désordre politique et religieux, dans l'Ecosse des massacres et des rois rivaux du XVIIe siècle, Corrag, jeune fille maudite accusée de sorcellerie, attend le bûcher.

Le révérend Charles Leslie a fait le voyage depuis l'Irlande pour venir l'interroger sur les massacres dont elle a été témoin. Dans le clair-obscur d'une prison putride, les ombres du révérend et de la « sorcière » Corrag se frôlent et tremblent à la lueur de la... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (111) Voir plus Ajouter une critique
LydiaB
  10 septembre 2013
De l'Histoire de l'Écosse, je ne connais que ce que j'en ai lu dans la fabuleuse trilogie de Nathalie Dougal, "La mèche de guerre des Mac Donald". J'ai replongé avec délice dans cette période tourmentée (oui, je sais, cela peut paraître paradoxal) en lisant "Un bûcher sous la neige". Cette pauvre jeune femme, Corrag, vit ses dernières heures dans un cachot. le révérend Charles Leslie se rend à ses côtés afin qu'elle lui en dise plus sur le massacre auquel elle a assisté : celui de Glencoe. Il a besoin de savoir si le commanditaire de cette tuerie est bien le roi Guillaume.

Mais pourquoi Corrag se retrouve-t-elle dans cette situation ? Sa seule faute est d'être "libre" dans ce monde résolument encadré, aux normes parfois douteuses mais que l'on ne conteste pas et, surtout, que l'on ne contourne pas. Comme si cela n'était pas suffisant, elle a le don de "double vue" comme elle le dit. Et avoir des visions à cette époque n'est guère apprécié... On la traite de tous les noms d'oiseaux, dont le fatal "sorcière". Fatal car comme vous le savez, les "procès" (si on peut appeler cela ainsi) étaient vite réglés...

J'ai vraiment apprécié ce livre à double voix (le récit de Corrag d'un côté et la correspondance du révérend de l'autre). Je me suis retrouvée catapultée dans cette Écosse sauvage du XVIIe siècle, dans ce clan des MacDonald, dans cette société où tous les coups étaient permis. L'écriture est belle, empreinte de poésie là où l'on aurait pu attendre un style plus incisif. Je vous le conseille. Et je termine en remerciant la personne qui me l'a offert. Elle se reconnaîtra. Merci, merci, merci !

Lien : http://www.lydiabonnaventure..
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colka
  12 avril 2018
Un roman époustouflant ! Conte philosophique, roman historique, initiatique, il y a un peu de tout cela dans le récit de Corrag. Sorcière de mère en fille, c'est la seule hérédité qu'elle puisse revendiquer puisque sa génitrice Cora, a été pendue haut et court pour faits de sorcellerie. Cette étiquette lui colle à la peau, fait d'elle une paria, une hors-la-loi qui n'aura bien souvent d'autre issue que celle de fuir jusqu'au jour où elle va se retrouver dans une prison du clan Campbell, sale, pleine de vermine, avec aux pieds et aux mains de lourdes chaînes. le bûcher l'attend. Son crime : avoir aidé des membres du clan MacDonald à échapper au massacre perpétré par les soldats du roi Guillaume alors sur le trône d'Angleterre , un soir d'hiver de l'an 1692.
Le récit s'organise autour du récit tendu, échevelé de Corrag et des lettres du Révérend Charles Leslie venu en Ecosse pour recueillir son témoignage sur le massacre de Glencoe. Récit et lettres reposent sur des dialogues en décalé qui interpellent constamment le lecteur en l'obligeant à prendre la place de l'interlocuteur absent. Même habileté au niveau de l'effet miroir que créent toutes les remarques et les réflexions que se fait le Révérend concernant Corrag et qui vont l'amener progressivement à prendre une décision qui va à l'encontre de tous ses principes !
Mais c'est à la magie de l'écriture de Susan Fletcher qu'il faut rendre grâce avant tout. Elle a su combiner à merveille tous les détails réalistes découlant du contexte historique ; rudesse des moeurs, violences multiples liées aux querelles politico-religieux avec d'autres éléments liés à l'évocation des Highlands. Si le récit du Révérend fourmille de ces précisions qui ancrent l'histoire dans une Ecosse du XVIIème siècle où il ne faisait pas toujours bon vivre, les longs passages du récit de Corrag laissent à la place à des descriptions éminemment poétiques et suggestives. La langue très sensorielle de l'auteure donne à voir, à humer , à sentir les Highlands sous tous les cieux et au fil des saisons. Parfaite osmose enfin entre ces passages d'une grande densité poétique et ceux qui nous livrent, dans un langage enfantin, les ressentis, les émotions de Corrag et sa vision du monde.
J'ai cependant refermé ce roman sur un amer constat : toutes les époques ont leurs sorcières et la nôtre n'en manque pas hélas !
D'autres thématiques moins sombres aussi se dessinent en filigrane : la nécessité de témoigner, de prendre en main le cours de sa vie en repoussant le plus loin possible tous les déterminismes qui nous gouvernent.
Bref, un beau roman qui pour moi, sort des sentiers battus par sa richesse et sa complexité.
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nadiouchka
  15 août 2016
Quand j'ai vu dans une librairie ce livre UN BUCHER SOUS LA NEIGE de Susan Fletcher et après avoir lu la quatrième de couverture, je me suis dit : une histoire de sorcière en Ecosse ? Pourquoi pas ? Ça changera du monstre du Loch Ness. Je ne m'attendais pas du tout à ce que j'ai lu. Il y avait bien le résumé et malgré cela j'ai été tout de suite surprise et passionnée par l'histoire.
C'est un roman à deux voix, celle de Corrag la sorcière et celle du Révérend Charles Leslie venu la rencontrer dans son cachot et qui écrit à sa femme, Jane, chaque soir le compte-rendu de sa journée.
Corrag raconte comment elle a été arrêtée et se trouve dans l'attente de la fonte des neiges pour être brûlée vive. Sa principale faute a été de vivre libre dans un monde où il valait mieux être soumis à un suzerain.
Les faits ont lieu en Ecosse, dans les montagnes sauvages des Highlands où sa mère Cora lui a dit de fuir; de toujours aller vers le nord-ouest.
Corrag est tellement petite et frêle, physiquement, qu'elle ressemble à une enfant. Mais elle a un moral très fort et une volonté farouche. Tout ce qu'elle veut, c'est vivre libre et aider les autres à sa façon aussi humble soit-elle : donner un oeuf (à quelqu'un qui a faim), un morceau de tourbe (pour se chauffer), donner une pomme à un cerf et surtout, soigner avec ses plantes médicinales. Elle a la chance d'être acceptée ainsi sur les terres du clan des MacDonald.
Son récit est entrecoupé par les lettres du révérend Charles Leslie, venu d‘Irlande pour l'interroger sur des massacres dont elle a été témoin. Dans ses lettres à sa femme Jane, il relate donc, le récit de Corrag et petit à petit il est moins convaincu d'avoir affaire à une sorcière. Il raconte le trouble qui l'envahit au fur et à mesure de ses rencontres avec celle que l'on prétend sorcière. Il ne sait plus que penser et il est touché par la bonté de la jeune femme, par son amour du prochain – que ce soit des êtres humains que des animaux – par son humilité. Elle comprend qu'elle ne représente rien pour les puissants de cette terre. Mais elle ne comprend pas pourquoi, elle si humble et sans malice, on veut lui faire subir ce sort extrême. Elle redoute donc la fonte des neiges car cela signifie que bientôt son heure approche. le bûcher est prêt et n'attend plus qu'elle. D'ailleurs, en la voyant un jour, le bourreau se réjouit de la voir si menue car ainsi il aura moins de bois à brûler !
Susan Fletcher a écrit ce roman d'une façon plus que touchante. Elle a su exprimer le désarroi d'une frêle créature innocente mais qui a le tort d'avoir le don de double vue. Le récit est très poignant et le lecteur est envahi par une foule de sentiments. de plus, nous avons droit à des faits historiques dans cette Ecosse du XVIIème siècle, au cours d'un hiver très rigoureux. Mais c'est la saison de Corrag, la saison où elle est née, dans la neige, la saison qui la maintient en vie et on voit approcher avec angoisse le dégel.
Que va-t-il se passer ? L'heure approche à grands pas. Le révérend est de plus en plus tourmenté et ne sait plus que faire.
Le lecteur reste accroché à son livre pour en connaître le dénouement qui ne laissera pas de surprendre à moins que …
Vraiment, BRAVO Susan Fletcher pour ce magnifique roman qui a tenu en haleine la lectrice passionnée que je suis.
Il serait long de décrire par quels sentiments je suis passée mais je garde au fond de moi la beauté de l'histoire et l'émotion ressentie.
A vous de découvrir ce livre si ce n'est déjà fait.
Bonne lecture !
Nota : Dans la postface, Susan Fletcher nous explique quelques faits historiques sur le Massacre de Glencoe dont les écrits ont certainement été faits par le révérend Charles Leslie. D'autres faits sont également expliqués et nous disent que la légende de Corrag est très attachée à ces lieux.
Il y a également un Bref Rappel du Contexte Historique.
En prime, l'écrivaine nous offre le premier chapitre d'un autre roman : LES REFLETS D'ARGENT.
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saphoo
  20 janvier 2018
Magnifique roman, tant par la plume, la construction du récit, les faits historiques, les descriptions et bien sûr le petit truc qui fait qu'on adhère totalement au livre et qu'on aimerait qu'il ne se finisse jamais.
Les faits se passent au XVII siècle en Ecosse, un massacre a eu lieu, les sorcières sont aussi pourchassées, brûlées, noyées, pendues... l'ignorance de l'homme mène à bien des horreurs.
notre petite sorcière, est pourtant pure, simple, en harmonie totale avec la nature, elle nous livrera sa vie au coeur de cette Ecosse, ce fut de réels moments de bonheur de partager cette vie en symbiose avec les éléments, la faune et la flore.
Mais d'un autre côté, il y les hommes avec leurs préjugés, leurs croyances, leurs peurs, et par peur, ils sont capables de tout et même de pire horreur.
L'homme convoite aussi toujours plus, pour un trône, pour une terre, quelques coups d'épée et l'affaire est faite...
Corrag, dit avec ses mots simples avec son amour et son respect de chaque être, cette évidence, que ce sont eux "les méchants" et non elle, pleine de bonté, de simplicité. Et puis le représentant de Dieu, le révérend qui rend visite à la petite sorcière, il l'écoute, chaque jour, et petit à petit, il commence à ôter les ornières, il voit et entend le coeur pur de Corrag, il a compris, il changera, et il deviendra aussi un homme au service de l'homme.
Très juste, bien équilibré entre les récits de Corrag, et les lettres du révérend , on est complètement emporté dans cette contrée sauvage à courir sur les crêtes, et tendre une pomme au cerf qui a faim (ceux qui liront ou ont lu le livre comprendront)
très beau récit, très belle plume, certes qui pourrait décourager certains, car il faut être patient pour connaitre la fin. Corrag a besoin de dérouler son histoire fait par fait, elle doit dire pour que le révérend retransmettre cette vérité.
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litolff
  17 septembre 2012
Inverary, XVIIe siècle, au coeur des Highlands : en plein hiver, Corrag, une jeune fille accusée de sorcellerie croupit dans un cachot sordide. Elle a été témoin des massacres qui ont ensanglanté Glencoe et le clan MacDonald et, en attendant le dégel et son bûcher, elle est interrogée par Charles Leslie, pasteur anglican qui enquête sur ces massacres en pleine révolution jacobite.
Celui-ci est venu interroger la « sorcière », il découvre une jeune fille étrange, presque une enfant, qui lui raconte l'existence qui fut la sienne et qui lui a valu le qualificatif de « sorcière ».
La voix confiante et naïve de Corrag s'élève dans un hymne poétique à la nature, décrivant avec force détails les landes et les montagnes écossaises balayées par les vents glacés, la pluie et la neige, la faune et la flore et s'entrecroise avec les lettres de Charles à sa femme qui peu à peu, abandonne ses préjugés et oublie la sorcière pour voir la jeune fille, sa différence et à sa pureté.
Véritable réquisitoire pour la tolérance, un récit émouvant et très poétique qui, à partir d'un fait historique, met en exergue la différence, et la méfiance, voire la violence qu'elle suscite.
Et en refermant ce livre, on n'a qu'une envie, aller découvrir les Highlands, les lochs et les glens, les Campbell et les MacDonald en sirotant un single malt !
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Citations et extraits (137) Voir plus Ajouter une citation
LydiaBLydiaB   10 septembre 2013
Je ne me suis pas arrêtée. C'est seulement arrivée sur l'autre face de la corniche que j'ai fait halte, car j'entendais des voix des Lowlands. Dans la neige, j'entendais des voix d'hommes. J'ai cligné des yeux. Pensé cache-toi. Deux habits-rouges grimpaient le col et s'approchaient, alors je me suis tapie. J'ai creusé une congère avec mes mains, me suis enfouie dans le trou et plaqué les mains sur la bouche pour museler mon souffle haché tandis qu'ils passaient devant moi. Ils se hâtaient. Un d'eux a dit je ne veux pas prendre part à ça ! Non ! Je ne peux pas... et l'autre a répondu c'est contraire à toutes les lois que je connais ! Et ils étaient aussi tourmentés que moi, ces deux hommes qui s'échappaient.
Ils se sont éloignés. Et j'ai pensé vas-y vite ! Cours ! Cours ! Je suis sortie de mon trou, et tandis que je descendais vers le glen j'ai trébuché, ce qui m'a fait tomber, rouler sur la pente comme une pierre, j'avais mal et je me sentais impuissante mais c'était une descente rapide, tout ce que je voulais. Puis j'ai couru vers l'ouest pour pénétrer dans le glen, par le même chemin que la première fois, une nuit silencieuse au clair de lune, et en atteignant le Mélange des eaux qui étaient gelées et d'un bleu luisant, j'ai regardé la vallée et vu une splendeur. Tout était blanc. Tout se taisait et brillait.
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nadiouchkanadiouchka   19 août 2016
Ils lançaient entre leurs dents : on sait ce que tu es… Le savaient-ils ? Ils le croyaient. Quand j’étais encore en Angleterre, ils se servaient de vieilles vérités – ma naissance enneigée, mon goût des marécages – pour forger de pures menteries, par exemple qu’on m’avait vue lever une épaule et me transformer en corneille. Jamais je n’ai fait ça.
J’ai vécu dehors. Sur des landes, à tous les vents. {...]
Et à présent ? A présent je suis ici.
Dans un cachot, enchaînée. P.19
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steppesteppe   26 août 2014
Et voilà qu'est venue une journée de couleur brune. Je me la rappelle, les feuilles qui s'envolaient, les fougères qui ployaient et prenaient le roux foncé de l'automne. La plupart des gens n'aime guère cette saison-là, l'humidité dans l'air, le brun. Mais moi elle ne m'a jamais déplu. Pourquoi nous déplairait-elle ? Les flaques qu'elle met dans le creux des troncs abattus font le bonheur des oiseaux, et les mois d'après l'herbe pourra reverdir grâce à cette saison. Elle argente les toiles d'araignées. Quand je serai morte, le brouillard me manquera, ça me manquera de marcher dans le brouillard, de le humer.
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NadaelNadael   12 avril 2011
La manière de mourir peut nous faire peur. Nous pouvons craindre la douleur, je la crains, tellement fort... Mais le mot mort, c'est comme ailleurs, il parle d'un autre endroit, l'endroit où sont les autres. A dire le moins, monsieur, il y a cette vérité : une vie laisse toujours des traces. Des enfants, des récits, des paroles sorties de la bouche de cette personne. Les noms qu'elle a donnés à des endroits. Les empreintes qu'elle a laissées dans la terre, les marques sur une écorces. Les gens qu'elle a aimés, et à qui elle l'a dit.
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claraetlesmotsclaraetlesmots   29 octobre 2010
Quand même j'ai un réconfort. Il est petit, mais je l'ai, ce réconfort, je me le chuchote au creux de mes mains. Des gens sont en vie grâce à moi. C'est vrai. Il sont en vie parce que je les ai sauvés, parce que j'ai écouté la voix de mon âme, la chanson de mes os, les paroles de la terre.J'ai écouté mes entrailles, mon ventre, ma poitrine. Mon instinct.
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