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EAN : 9782290367315
480 pages
J'ai Lu (09/03/2022)
4.38/5   614 notes
Résumé :
Au cœur d'une période de désordre politique et religieux, dans l'Ecosse des massacres et des rois rivaux du XVIIe siècle, Corrag, jeune fille maudite accusée de sorcellerie, attend le bûcher.

Le révérend Charles Leslie a fait le voyage depuis l'Irlande pour venir l'interroger sur les massacres dont elle a été témoin. Dans le clair-obscur d'une prison putride, les ombres du révérend et de la « sorcière » Corrag se frôlent et tremblent à la lueur de la... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (193) Voir plus Ajouter une critique
4,38

sur 614 notes

LydiaB
  10 septembre 2013
De l'Histoire de l'Écosse, je ne connais que ce que j'en ai lu dans la fabuleuse trilogie de Nathalie Dougal, "La mèche de guerre des Mac Donald". J'ai replongé avec délice dans cette période tourmentée (oui, je sais, cela peut paraître paradoxal) en lisant "Un bûcher sous la neige". Cette pauvre jeune femme, Corrag, vit ses dernières heures dans un cachot. le révérend Charles Leslie se rend à ses côtés afin qu'elle lui en dise plus sur le massacre auquel elle a assisté : celui de Glencoe. Il a besoin de savoir si le commanditaire de cette tuerie est bien le roi Guillaume.

Mais pourquoi Corrag se retrouve-t-elle dans cette situation ? Sa seule faute est d'être "libre" dans ce monde résolument encadré, aux normes parfois douteuses mais que l'on ne conteste pas et, surtout, que l'on ne contourne pas. Comme si cela n'était pas suffisant, elle a le don de "double vue" comme elle le dit. Et avoir des visions à cette époque n'est guère apprécié... On la traite de tous les noms d'oiseaux, dont le fatal "sorcière". Fatal car comme vous le savez, les "procès" (si on peut appeler cela ainsi) étaient vite réglés...

J'ai vraiment apprécié ce livre à double voix (le récit de Corrag d'un côté et la correspondance du révérend de l'autre). Je me suis retrouvée catapultée dans cette Écosse sauvage du XVIIe siècle, dans ce clan des MacDonald, dans cette société où tous les coups étaient permis. L'écriture est belle, empreinte de poésie là où l'on aurait pu attendre un style plus incisif. Je vous le conseille. Et je termine en remerciant la personne qui me l'a offert. Elle se reconnaîtra. Merci, merci, merci !

Lien : http://www.lydiabonnaventure..
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colka
  12 avril 2018
Un roman époustouflant ! Conte philosophique, roman historique, initiatique, il y a un peu de tout cela dans le récit de Corrag. Sorcière de mère en fille, c'est la seule hérédité qu'elle puisse revendiquer puisque sa génitrice Cora, a été pendue haut et court pour faits de sorcellerie. Cette étiquette lui colle à la peau, fait d'elle une paria, une hors-la-loi qui n'aura bien souvent d'autre issue que celle de fuir jusqu'au jour où elle va se retrouver dans une prison du clan Campbell, sale, pleine de vermine, avec aux pieds et aux mains de lourdes chaînes. le bûcher l'attend. Son crime : avoir aidé des membres du clan MacDonald à échapper au massacre perpétré par les soldats du roi Guillaume alors sur le trône d'Angleterre , un soir d'hiver de l'an 1692.
Le récit s'organise autour du récit tendu, échevelé de Corrag et des lettres du Révérend Charles Leslie venu en Ecosse pour recueillir son témoignage sur le massacre de Glencoe. Récit et lettres reposent sur des dialogues en décalé qui interpellent constamment le lecteur en l'obligeant à prendre la place de l'interlocuteur absent. Même habileté au niveau de l'effet miroir que créent toutes les remarques et les réflexions que se fait le Révérend concernant Corrag et qui vont l'amener progressivement à prendre une décision qui va à l'encontre de tous ses principes !
Mais c'est à la magie de l'écriture de Susan Fletcher qu'il faut rendre grâce avant tout. Elle a su combiner à merveille tous les détails réalistes découlant du contexte historique ; rudesse des moeurs, violences multiples liées aux querelles politico-religieux avec d'autres éléments liés à l'évocation des Highlands. Si le récit du Révérend fourmille de ces précisions qui ancrent l'histoire dans une Ecosse du XVIIème siècle où il ne faisait pas toujours bon vivre, les longs passages du récit de Corrag laissent à la place à des descriptions éminemment poétiques et suggestives. La langue très sensorielle de l'auteure donne à voir, à humer , à sentir les Highlands sous tous les cieux et au fil des saisons. Parfaite osmose enfin entre ces passages d'une grande densité poétique et ceux qui nous livrent, dans un langage enfantin, les ressentis, les émotions de Corrag et sa vision du monde.
J'ai cependant refermé ce roman sur un amer constat : toutes les époques ont leurs sorcières et la nôtre n'en manque pas hélas !
D'autres thématiques moins sombres aussi se dessinent en filigrane : la nécessité de témoigner, de prendre en main le cours de sa vie en repoussant le plus loin possible tous les déterminismes qui nous gouvernent.
Bref, un beau roman qui pour moi, sort des sentiers battus par sa richesse et sa complexité.
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Cannetille
  28 juin 2019
En 1692, l'Angleterre envoya ses soldats massacrer par traîtrise les membres du clan McDonald, qui avait tardé à prêter allégeance à Guillaume III d'Angleterre : ce fut le massacre de Glencoe, dans les Highlands écossais. A partir de ce fait historique, l'auteur a brodé sa propre légende autour d'un personnage imaginaire : Corrag, jeune Anglaise issue d'une lignée de femmes ostracisées pour leur indépendance et exécutées pour sorcellerie.

Corrag attend le bûcher, lorsqu'elle reçoit dans son cachot la visite du révérend Charles Leslie, personnage réel qui, fervent jacobite, tenta de soutenir la cause des Stuart contre le roi Guillaume : c'est lui qui rendit public ce qui advint à Glencoe. Dans le roman, il vient secrètement interroger Corrag en tant que témoin du drame. La jeune femme raconte : son enfance persécutée en Angleterre, sa fuite solitaire jusqu'à Glencoe où elle fut accueillie sans préjugés, et finalement, la tragédie qui intéresse tant Charles Leslie.

Mêlant fiction et faits historiques, cette longue et vaste fresque bien construite présente plusieurs points d'accroche : campé dans le magnifique écrin de nature des Highlands qu'il met avantageusement en valeur, le récit fait agréablement découvrir un fait historique qui a marqué l'Ecosse. C'est aussi un hommage aux plus de cent milles femmes considérées "sorcières" et tuées en Europe entre les XIV et XVIème siècles, qui m'a fait penser à celui de Catherine Hermary-Vieille dans sa trilogie Les Dames de Brières.

Je n'ai malheureusement pas pu vraiment m'attacher aux personnages insuffisamment crédibles : Charles Leslie, peu fouillé, est plutôt inconsistant, basculant trop rapidement des pires préjugés à une grande estime pour la prisonnière, bêlant d'amour dans ses lettres à son épouse, où il expose en détails et sans crainte des prises de position politique qui pourraient lui valoir la mort. Jusqu'à son emprisonnement, Corrag se tire de tous les mauvais pas avec une facilité bien improbable, et fait preuve de raisonnements sans doute assez incongrus chez une paysanne sans éducation de cette époque. La fin est quant à elle un peu décevante de facilité.

On pourra aussi trouver l'ensemble parfois trop lyrique et débordant d'un excès de bons sentiments, affaibli par quelques longueurs et répétitions. Nonobstant ces défauts, le roman reste intéressant et se lit avec plaisir, porté par un souffle épique, la beauté des paysages d'Ecosse et un hommage à des hommes et des femmes qui connurent un destin cruel, causé par une diablerie toute humaine.

Prolongement sur le massacre de Glencoe de 1692 dans la rubrique le coin des curieux, à la fin de ma chronique sur ce livre sur mon blog :
https://leslecturesdecannetille.blogspot.com/2019/06/fletcher-susan-un-bucher-sous-la-neige.html

Lien : https://leslecturesdecanneti..
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latina
  19 février 2022
Elle est toute petite. Ses yeux gris brillent sous sa chevelure emmêlée. Ses mains dansent quand elle parle d'une voix douce et fluette. On dirait une fée. Mais c'est une sorcière.
Une sorcière ? Mais oui, vous savez ? Celle qu'on brûle en la traitant de gueuse, de putain du diable. Celle qui est obligée de vivre à l'écart car elle fait peur.
Elles ont été nombreuses, ces femmes, à être pourchassées aux 16e, 17e, 18e siècles, parce qu'elles guérissaient à l'aide de leurs plantes, parce qu'elles avaient le coeur tourné vers les racines de la vie, parce qu'elles nourrissaient un lien intime et profond avec le ciel, l'herbe, les animaux, les montagnes.
En Ecosse, particulièrement.
Susan Fletcher nous emmène dans les Highlands en 1692, à travers la route parcourue par Corrag, cette petite jeune fille fragile, et qui pourtant a sauvé une partie de la population de Glencoe. L'auteure mêle un fait réel, le massacre du clan Mc Donald par les soldats du roi Guillaume d'Orange ayant pris le pouvoir sur le roi Jacques, à des faits inventés.
Corrag est-elle fictive ? J'espère que non, car des femmes comme ça devraient être réhabilitées, proclamées toutes-puissantes. Partie d'Angleterre, elle avait cherché refuge à proximité de ce clan perdu dans les hautes terres d'Ecosse après que sa mère – également une « méchante sorcière » - ait été sur le point d'être capturée pour être pendue. Elle avait su s'en faire aimer, car la bonté est reconnue par les gens simples. Mais le massacre a quand même eu lieu, malgré son intuition, malgré la force avec laquelle elle a essayé de convaincre ses amis de partir.
Et la voilà captive, jetée dans un sombre cachot, auprès duquel se déposent une à une les bûches avec lesquelles elle sera brûlée.
Mais Charles Leslie (il a existé), un révérend jacobite (càd pro-roi Jacques) lui rend visite et l'écoute raconter « ses quatre vies ». Il l'écoute, il l'écoute, il l'écoute. Et il écrit à sa femme. Et il prendra une grande décision…
Susan Fletcher a un talent particulier pour décrire la nature, grandiose et minuscule et tous les lieux. de la petite abeille au cerf sauvage et curieux, de la cabane au fond des bois aux rochers surplombant une vallée encaissée, de l'église abandonnée où nichent les pigeons à la garnison hérissée de barreaux et au cachot infâme, on est mêlé sans le vouloir à tous les endroits de cette histoire balayée par les vents et dominée par le ciel. Les saisons secouent les humains, mais Corrag, elle, préfère l'hiver.
Corrag qui est pleine de poésie et de compassion, Corrag qui proclame son amour de la vie, de chaque moment, mais qui voit le mal et voudrait tellement l'arracher de ses petites mains de fée.
Chasse aux sorcières, guerre des clans, traitrise, massacre.
Conte philosophique, liberté, bienveillance, ode à la vie.
C'est mon amie Claire qui m'avait parlé de ce roman, Claire qui était aussi un peu sorcière, et qui nous a quittés voilà déjà trois ans. Quel message lumineux tu m'as laissé à travers ce livre ! Merci !
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saphoo
  20 janvier 2018
Magnifique roman, tant par la plume, la construction du récit, les faits historiques, les descriptions et bien sûr le petit truc qui fait qu'on adhère totalement au livre et qu'on aimerait qu'il ne se finisse jamais.
Les faits se passent au XVII siècle en Ecosse, un massacre a eu lieu, les sorcières sont aussi pourchassées, brûlées, noyées, pendues... l'ignorance de l'homme mène à bien des horreurs.
notre petite sorcière, est pourtant pure, simple, en harmonie totale avec la nature, elle nous livrera sa vie au coeur de cette Ecosse, ce fut de réels moments de bonheur de partager cette vie en symbiose avec les éléments, la faune et la flore.
Mais d'un autre côté, il y les hommes avec leurs préjugés, leurs croyances, leurs peurs, et par peur, ils sont capables de tout et même de pire horreur.
L'homme convoite aussi toujours plus, pour un trône, pour une terre, quelques coups d'épée et l'affaire est faite...
Corrag, dit avec ses mots simples avec son amour et son respect de chaque être, cette évidence, que ce sont eux "les méchants" et non elle, pleine de bonté, de simplicité. Et puis le représentant de Dieu, le révérend qui rend visite à la petite sorcière, il l'écoute, chaque jour, et petit à petit, il commence à ôter les ornières, il voit et entend le coeur pur de Corrag, il a compris, il changera, et il deviendra aussi un homme au service de l'homme.
Très juste, bien équilibré entre les récits de Corrag, et les lettres du révérend , on est complètement emporté dans cette contrée sauvage à courir sur les crêtes, et tendre une pomme au cerf qui a faim (ceux qui liront ou ont lu le livre comprendront)
très beau récit, très belle plume, certes qui pourrait décourager certains, car il faut être patient pour connaitre la fin. Corrag a besoin de dérouler son histoire fait par fait, elle doit dire pour que le révérend retransmettre cette vérité.
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Citations et extraits (218) Voir plus Ajouter une citation
LydiaBLydiaB   10 septembre 2013
Je ne me suis pas arrêtée. C'est seulement arrivée sur l'autre face de la corniche que j'ai fait halte, car j'entendais des voix des Lowlands. Dans la neige, j'entendais des voix d'hommes. J'ai cligné des yeux. Pensé cache-toi. Deux habits-rouges grimpaient le col et s'approchaient, alors je me suis tapie. J'ai creusé une congère avec mes mains, me suis enfouie dans le trou et plaqué les mains sur la bouche pour museler mon souffle haché tandis qu'ils passaient devant moi. Ils se hâtaient. Un d'eux a dit je ne veux pas prendre part à ça ! Non ! Je ne peux pas... et l'autre a répondu c'est contraire à toutes les lois que je connais ! Et ils étaient aussi tourmentés que moi, ces deux hommes qui s'échappaient.
Ils se sont éloignés. Et j'ai pensé vas-y vite ! Cours ! Cours ! Je suis sortie de mon trou, et tandis que je descendais vers le glen j'ai trébuché, ce qui m'a fait tomber, rouler sur la pente comme une pierre, j'avais mal et je me sentais impuissante mais c'était une descente rapide, tout ce que je voulais. Puis j'ai couru vers l'ouest pour pénétrer dans le glen, par le même chemin que la première fois, une nuit silencieuse au clair de lune, et en atteignant le Mélange des eaux qui étaient gelées et d'un bleu luisant, j'ai regardé la vallée et vu une splendeur. Tout était blanc. Tout se taisait et brillait.
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DavidG75DavidG75   30 octobre 2021
Gormshuil a dit 𝘵𝘶 𝘷𝘦𝘶𝘹 𝘭𝘦 𝘥𝘰𝘯 𝘥𝘦 𝘥𝘰𝘶𝘣𝘭𝘦 𝘷𝘶𝘦 ? 𝘓’𝘢𝘱𝘱𝘳𝘦𝘯𝘥𝘳𝘦 ? 𝘗𝘦𝘵𝘪𝘵𝘦 𝘤𝘳é𝘢𝘵𝘶𝘳𝘦 𝘶𝘯 𝘱𝘦𝘶 𝘧𝘰𝘭𝘭𝘦... 𝘛𝘶 𝘭’𝘢𝘴 𝘵𝘰𝘶𝘫𝘰𝘶𝘳𝘴 𝘦𝘶.
Elle disait vrai. Je l’avais. Agenouillée là, je l’ai compris. Je l’avais toujours eu, comme nous tous, comme tous les gens venus au monde avec un cœur ont le don de double vue car c’est la voix du coeur. C’est la chanson de l’âme. Je l’ai reçu de chaque ciel étoilé, de chaque abeille qui se cognait contre moi en s’envolant hors d’une fleur. Je l’ai reçu de la bonté, la mienne et celle des autres. Je l’ai reçu de mes poils qui se dressaient quand j’entendais un clan chanter autour du feu, de mes yeux remplis de larmes devant des choses belles et simples. Car c’est en ces moments-là que le coeur parle. Il dit 𝘰𝘶𝘪 ! ou 𝘭𝘶𝘪 ! ou à 𝘨𝘢𝘶𝘤𝘩𝘦 ou à 𝘥𝘳𝘰𝘪𝘵𝘦. Ou 𝘤𝘰𝘶𝘳𝘴.
Nous l’avons tous, ce don. Mais je crois que les gens comme nous - solitaires, épris du monde bouillonnant - entendent mieux leur cœur. Nous entendons son souffle, sentons ses mouvements. Nous voyons ce qu’il entrevoit.
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DavidG75DavidG75   02 novembre 2021
Alors, quand le terrain a commencé à s’élever, et qu’il est devenu plus rocheux, et que j’ai bu une eau fraîche et épaisse sur ma langue, au goût de tourbe, et que mes genoux se sont couverts d’une terre noire là où je les appuyais pour boire, et qu’il y avait de la brume sur les lochs, et que les oiseaux s’envolaient vers les pics, et que les châteaux devenus plus petits, nichés plus hauts dans les coins plus sombres, venteux, et que les foyers se faisaient plus rares et aussi les chevaux, et quand je suis descendue de ma jument pour traverser à gué une rivière, faute d’avoir trouvé un pont depuis des lieues et d’en voir un plus loin, si bien que je me suis demandé 𝘶𝘯 𝘦𝘵𝘳𝘦 𝘩𝘶𝘮𝘢𝘪𝘯 𝘦𝘴𝘵-𝘪𝘭 𝘫𝘢𝘮𝘢𝘪𝘴 𝘱𝘢𝘴𝘴é 𝘱𝘢𝘳 𝘪𝘤𝘪 𝘢𝘷𝘢𝘯𝘵 𝘮𝘰𝘪, je n’étais pas effrayée. Pas du tout. Debout dans l’eau jusqu’à la taille, j’ai dit 𝘭𝘦𝘴 𝘏𝘪𝘨𝘩𝘭𝘢𝘯𝘥𝘴. Je le savais.

Et ces gens-là, oui, on les avait traités de 𝘣𝘳𝘶𝘵𝘦𝘴. On les avait traités de sauvages, de violents. Et leurs tribus n’avaient-elles pas été appelées 𝘣𝘢𝘳𝘣𝘢𝘳𝘦𝘴 ? Debout dans l’eau d’une rivière, par une nuit d’été, j’ai dit 𝘲𝘶’𝘦𝘴𝘵-𝘤𝘦 𝘲𝘶𝘪 𝘱𝘦𝘶𝘵 𝘦𝘵𝘳𝘦 𝘱𝘭𝘶𝘴 𝘣𝘳𝘶𝘵𝘢𝘭 ? 𝘘𝘶𝘦 𝘤𝘦 𝘲𝘶𝘦 𝘫’𝘢𝘪 𝘤𝘰𝘯𝘯𝘶 ? J’ai dit aux insectes qu’on m’avait attaquée, et craché dessus, et pourchassée, et traitée de 𝘴𝘰𝘳𝘤𝘪è𝘳𝘦, et qu’on avait fait du mal à ma jument, et que ma mère était morte.

Nous avons traversé la rivière et continué de cheminer.

A l’aube, nous entrions dans la contrée des Highlands.
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MELANYAMELANYA   28 octobre 2021
A minuit, j’étais avec le cerf, je l’espérais et il est venu. Ça m’a calmée de le voir. Comme s’il attendait que le serment soit prêté, il est redescendu et m’a regardée. J’ai souri et pensé : mon ami.
(...) Je lui ai tendu ma dernière pomme. Je la tendais en lui disant viens. Et tandis que la vieille année s’achevait et que naissait une année nouvelle, il est venu plus près de moi qu’il ne l’avait jamais fait. (…) Puis il a penché en arrière sa ramure. Si bien que son museau s’est avancé, et comme deux mains avides ses narines ont flairé la pomme.(…) Il n’aurait pu fuir. Il était nu, fatigué, et avait envie du fruit que j’avais gardé pour lui tout ce temps.
j’ai senti ses dents peser soudain sur la pomme. Il l’a mordue. Elle s’est cassée en deux et il a trébuché en arrière, emportant sa moitié.
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blandine5674blandine5674   25 mars 2019
La dernière exécution d’une prétendue sorcière en Grande-Bretagne eut lieu en l’an 1727. Le Witchcraft Act de 1735 mit fin à la peur et aux persécutions qui sévissaient depuis des lustres. On estime que durant les trois siècles précédents, ce sont plus de cent mille femmes – pour la plupart instruites, indépendantes, âgées ou ayant leur franc-parler – qui furent traduites en justice, accusées de sorcellerie. La torture était couramment pratiquée pour obtenir des aveux. En Europe, le nombre de ces meurtres se monte à quarante mille.
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Vidéo de Susan Fletcher
Rebecca (Nouvelle traduction) de Daphné du Maurier aux éditions Livre de Poche https://www.lagriffenoire.com/?fond=produit&id_produit=39181&id_rubrique=12 • Un jardin de mensonges de Susan Fletcher et Isabelle Chapman aux éditions Presses de la Cité https://www.lagriffenoire.com/1097456-litterature-anglophone-un-jardin-de-mensonges.html • Avis de tempête de Susan Fletcher et Marie-Claire Pasquier aux éditions J'ai Lu https://www.lagriffenoire.com/?fond=produit&id_produit=24190&id_rubrique=21 • Un bûcher sous la neige de Susan Fletcher et Suzanne V. Mayoux aux éditions J'ai Lu https://www.lagriffenoire.com/24295-poche-un-bucher-sous-la-neige.html • • • Chinez & découvrez nos livres coups d'coeur dans notre librairie en ligne lagriffenoire.com • Notre chaîne Youtube : Griffenoiretv • Notre Newsletter https://www.lagriffenoire.com/?fond=newsletter • Vos libraires passionnés, Gérard Collard & Jean-Edgar Casel • • • #lagriffenoire #bookish #bookgeek #bookhoarder #igbooks #bookstagram #instabook #booklover #novel #lire #livres #conseillecture #editionslivredepoche #editionspressesdelacite #editionsjailu
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