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ISBN : 233006053X
Éditeur : Actes Sud (06/04/2016)

Note moyenne : 3.87/5 (sur 31 notes)
Résumé :
Dans un couloir du métro parisien, Anne, la soixantaine bourgeoise mais progressiste, vole au secours de Destiny, jeune femme arrivée du Nigéria dans des circonstances tragiques. Elle entre peu à peu avec elle dans une relation où son tropisme humanitaire d’Occidentale bien-pensante rencontre parfois ses limites, au fil d’une confrontation avec la résilience et la rébellion profondes, elle va réapprendre le sens du verbe « aider » qu’une seule lettre sépare du verbe... >Voir plus
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Critiques, Analyses & Avis (12) Voir plus Ajouter une critique
Fleitour
  01 avril 2017
Que sait-on vraiment de tous les migrants qui accostent sur les rivages de l'Europe, migrants ou survivants à leurs traversées chaotiques, venus sur des barques de fortune, chargés parfois de leur famille, enfants et bébés.
Que sait-on de leurs parcours, des obstacles surmontés, du racket, des prix prohibitifs réclamés, des mois de galère, rien ou presque rien, ou si peu..
"Anne prend le bras de la future mère, elle a le sentiment que la femme n'a pas besoin de son aide, elle regarde sa protégée...p8 " Ce sont les premiers mots, les premières pensées d'Anne bientôt mamie, qui ouvrent ce récit, appelé Destiny, du nom de la dame, africaine, et qui ne parle qu'Anglais.
Dans ce livre de Pierrette Fleutiaux, Anne tend une main à Destiny, à une femme enceinte qui se trouve mal, puis hésite, revient sur ses pas. C'est en l'accompagnant à l'hôpital qu'elle prend la mesure des problèmes que rencontre destiny depuis 4 mois, depuis qu'elle est en France, elle a un mari des enfants.
Elle a promis de revenir la voir le lendemain. Pas possible, pourquoi? les problèmes commencent...
" Il n'y a rien dans la vie d'Anne, qui puisse lui servir de point de comparaison, qui puisse lui servir à comprendre vraiment, de l'intérieur la vie de cette femme."p17
Ce récit est ce long apprentissage, de la vie de cette jeune femme, qui distille des informations fragmentées, invérifiables, mais essentielles pour avancer et lui donner les moyens de survivre.
Dialogues et écoutes enclenchent une relation chaotique fragile, faite de malentendus où il faut surmonter les doutes, les déceptions, les coups durs.
Pas à pas, comme la traversée dans un labyrinthe, la lumière et la sortie se dérobent sans cesse, patience, Anne et Destiny apprendront à se déjouer des pièges, une expérience singulière se dessinera au fil du temps dans l'émotion et la fatigue sous le regard de Glory la petite fée née en France.
La simplicité de l 'écriture et la lucidité du récit donne à ce livre Destiny, une force de vie, une bouffée d'oxygène dans l'air malsain que nous respirons parfois.
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trust_me
  02 juin 2016
Anne tombe sur Destiny dans un couloir du métro. Elle la dépasse, s'arrête, puis revient vers elle. « La femme appuyée contre le mur est jeune, noire, enceinte et semble en souffrance ». Dans un anglais approximatif, Destiny explique qu'elle se rend à l'hôpital. Anne, sans se poser de question, décide de l'accompagner. le début d'une étrange relation entre une sexagénaire un peu bobo et une migrante d'origine nigériane, arrivée d'Italie après un long et douloureux périple. Anne ne sait pas, ne comprend pas pourquoi elle va revoir Destiny le lendemain de leur première rencontre. Certes, elle lui en a fait la promesse, mais il lui serait facile d'oublier cette promesse. Pourtant, quelque chose la pousse, une sorte d'altruisme mêlé de fascination pour cette femme dont elle admire le parcours. le bébé vient au monde et Anne est toujours là. Destiny ne manifeste pas vraiment d'affection envers sa bienfaitrice, elle cherche un toit, fait appel chaque soir au 115, se débrouille comme elle peut. Au fil des semaines, la dépression la gagne, les crises se succèdent, l'internement devient inévitable. L'enfant lui est retiré mais Anne ne l'abandonne pas. Malgré sa propre vie, sa propre famille, les vacances qui l'éloignent de Paris. Elle vient aux nouvelles, apporte son soutien, modestement et avec une certaine retenue.
Un roman qui dresse le portrait sans concession d'une relation aussi particulière que fragile. Aucun angélisme dans cette rencontre, dans ces rapports à la fois bienveillants et distants. On se demande si l'attitude d'Anne relève de la charité chrétienne, d'une volonté de se donner bonne conscience. On se demande pourquoi elle fait subitement de Destiny sa « protégée » et pourquoi cette dernière, sans aller jusqu'à mordre la main qui lui est tendue, ne montre jamais de signe de reconnaissance.
Anne est parfois traversée par des pensées négatives, venant à se demander si son « amie » ne cherche pas uniquement à profiter de sa bonté. Elle ne poussera d'ailleurs jamais cette bonté jusqu'à inviter la migrante chez elle : « Son appartement lui paraît trop étroit pour la contenir, pour contenir Destiny et son énorme cargaison de malheur. Il lui semble que si Destiny entrait dans son appartement, celui-ci, tel un bateau surchargé, pourrait sombrer. Elle voit littéralement Destiny posant le pied dans l'entrée et aussitôt les murs tanguer, le parquet s'incliner. »
En fait, le lien entre les deux femmes reste impossible à définir et c'est dans cette complexité permanente que le roman prend toute son ampleur et déploie une image d'équilibre instable où, sans fard et sans surjouer, chacune trouve sa place en toute sincérité. Un très beau texte qui, au-delà de la question des migrants et de « l'accueil » qui leur est réservé dans nos contrées, traduit magistralement l'aspect fluctuant, inquiet et incertain de la plupart des rapports humains.

Lien : http://litterature-a-blog.bl..
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fuji
  23 juin 2016
Les couloirs du métro peuplés et bruyants déversent ses flots comme le fleuve charrie son limon.
Anne rentre, juste pressée de retrouver l'intimité de son chez elle, quand sa route croise celle de Destiny enceinte et en apparente difficulté au milieu de cette marée humaine.
Anne s'arrête et accompagne Destiny jusqu'à l'hôpital en lui promettant de revenir lendemain.
Très vite Anne prend conscience d'une multitude de choses qui lui font ressentir que la barrière entre elles deux, n'est pas celle de la langue, mais plutôt celle des codes de la vie qu'elles n'ont pas en commun.
Elle traque, au départ de cette relation, tout ce qui peut faire lien et repousser les zones d'ombres qui enveloppent toute personne qui migre.
Destiny a un point de repère la gare de Lyon et un sésame le 115...
A partir de là, avec émotion mais sans pathos, le lecteur suit l'auteure, comme un néophyte suivant un plongeur dans les profondeurs de l'océan.
Car c'est véritablement une plongée dans la vie d'une personne où il est très difficile de démêler l'écheveau des réalités et des fantasmes.
La vie de Destiny se révèle à Anne, comme une poupée gigogne, impossible qu'un tête à tête, dans un café ou un restaurant ait la normalité que nous lui connaissons tous. Non, la vie de Destiny est loin très loin de nos stéréotypes.
Anne avec bienveillance et respect doit réinventer un langage, car l'aide à apporter n'est pas seulement matérielle. Comment faire, reste la question sous-jacente.
De plus Anne découvre qu'il y a de multiples réseaux d'aides et que c'est un véritable labyrinthe.
C'est une véritable cartographie des migrants qui se dessine sous nos yeux, avec son universalité mais toujours par le prisme des singularités de Destiny, car Destiny est elle et pas une autre, pas interchangeable.
Toute la beauté de ce récit réside dans cette grande humanité de Pierrette Fleutiaux, ce respect qu'elle montre, avec une multitudes de détails où sans fard elle avance dans ce lien à l'autre, à la fois si différent et si semblable à nous. 
Elle met également en exergue la force qu'il faut déployer pour traverser cet océan qu'il soit fait d'eau, d'hommes et de tracasseries administratives pour arriver à survivre.
Un beau regard nous est offert pour nous faire avancer tous vers plus d'humanité.
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claraetlesmots
  13 juin 2016
Dans les couloirs du métro parisien, Anne retraitée blanche et française des beaux quartiers est chargée de sacs d'achat pour la future naissance de sa petite fille. Appuyée contre un mur, une jeune femme noire enceinte semble mal en point. Continuer son chemin ou s'arrêter ? C'est ce qui s'inscrit dans l'esprit d'Anne. Elle la dépasse mais revient sur ses pas. Un acte de bonne conscience, l'envie ou le besoin d'aider celle qui en a besoin? La jeune femme Destiny s'exprime dans un anglais approximatif, patiné de mots qui comme des cailloux retracent son parcours. Mais nous n'en sommes pas là. Anne réussit à la comprendre et à l'accompagner à l'hôpital. Elle lui promet de revenir le lendemain.
Pourquoi cette promesse ? Pour souffler un peu d'espoir à Destiny ? Pour lui faire comprendre qu'elle se préoccupe d'elle ? Depuis son Nigéria natal, Destiny à vingt-sept ans a parcouru des kilomètres, fuit les armes et le hommes menaçants. Elle a payé de son corps son passage en Italie ballotée sur un bateau avec d'autres migrants. Et là voici maintenant en France. Exclue, abonnée à la misère mais elle croit en son prénom. Tout sépare ces deux femmes " que s'imaginait donc Anne ? Qu'elle avait à faire à une gamine ignorante à prendre par la main et guider ! Ne sait-elle pas que celle-ci a des années de tourments derrière elle, des années d'enfer ? Oui, elle le sait, mais non, elle ne sait pas vraiment. Il n'y a rien dans la vie d'Anne, qui puisse lui servir de comparaison, qui puisse lui servir à comprendre vraiment, de l'intérieur, la vie de cette femme."
Destiny met au monde Glory, Anne entreprend des démarches qui jusque là lui étaient inconnues. Car Destiny n'a aucun endroit où loger, n'a pas d‘argent. Anne aimerait ou voudrait en qualité de celle qui aide en savoir plus, que Destiny lui soit reconnaissante pour les vêtements et l'argent donnés, la nourriture achetée. de Paris, Destiny connaît le "CentQuinze" mais pas la Tour Eiffel. Malgré les vacances familiales où la jeune femme s'estompe de son esprit, Anne revient toujours vers Destiny sans trop comment s'y prendre.
Car Destiny est fière, rebelle, elle veut faire venir ses deux autres enfants, trouver un emploi, ne veut pas se faire d'ami, sombre dans le dépression… Autant de quoi noyer Anne dans un océan de perplexité.
De cette relation fragile avec ses incompréhensions mutuelles, Pierrette Fleutiaux nous rappelle que l'aidant n'a pas tous les droits, que Destiny si elle ne déverse pas des torrents de gratitude possède sa liberté bien à elle. Et ces deux femmes vont s'apprivoiser avec leurs différences et chacune d'elle va gommer ce qu'elle ne peut pas comprendre de l'autre et s'enrichir.
Dans cette cartographie complexe des rapports humains, Pierrette Fleutiaux nous offre un regard lucide : des moments de complicité aux petites pensées égoïstes par instinct de protection d'Anne ou encore les mensonges de Destiny "Vérité et mensonge ne sont pas des concepts de référence très utiles quand on côtoie les miséreux du monde". Anne et Destiny s'ancrent en nous et nous questionnent à la façon d'un miroir.
Un livre rare et essentiel avec une sincère humanité car il fait partie de ces lectures qui mettent à mal les préjugés et nous interrogent. Un coup de coeur entier et total !

Lien : http://claraetlesmots.blogsp..
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jo75
  19 septembre 2016
Cette histoire nous est donnée comme un récit, et pas un roman. Elle s'inscrit dans notre réalité contemporaine et raconte comment une femme en aide une autre, qui ne lui demandait rien : Anne, parisienne, classe moyenne, bientôt grand-mère, croise dans le métro Destiny, 27 ans, nigériane, sans papiers, enceinte. Obéissant à une injonction intérieure, Anne propose à Destiny de l'accompagner à l'hôpital, et lui promet de revenir le lendemain, ce qu'elle fera.
A partir de cette rencontre de hasard, une relation se noue entre ces deux femmes, fragile, hésitante : difficultés linguistiques – elles se parlent en anglais, qui n'est pas leur langue –, culturelles, méfiance, malentendus… Pierrette Fleutiaux montre toute la complexité de leur apprivoisement mutuel. Anne donne des vêtements, de l'argent, de son temps, mais se sent « perdue entre donner tout et ne donner rien », elle doit se défendre contre ses préjugés, les clichés qui lui viennent à l'esprit et faussent sa perception des choses. Si Anne voit au début Destiny comme « sa protégée », très vite elle se rend compte que la jeune femme est forte, déterminée, rétive.
On suit deux ans de leur histoire commune, deux ans pendant lesquels Destiny vit dans une extrême précarité, à la merci d'une expulsion, tandis que les barques continuent d'amener sur les rives de l'Europe des milliers de migrants, puisque c'est ainsi qu'on appelle maintenant ceux qui fuient la violence et la misère de leurs pays.
Pierrette Fleutiaux, avec ce récit subtil, nous donne à voir derrière les chiffres et les statistiques, des destins individuels, des hommes et des femmes qui, comme Destiny, n'aspirent qu'à « travailler, faire les courses, conduire [leurs] enfants à l'école. Aller au parc. L'ordinaire. Atteindre à l'ordinaire de la vie ».
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Citations & extraits (5) Ajouter une citation
nnbnnb   24 juillet 2016
La belle excuse.
Ceci, concernant Anne : quand elle croise une mendiante accroupie dans ses jupes sur le trottoir, elle pense à Destiny. quand elle entend à la radio l'effroyable odyssée d'un navire de migrants en perdition, elle pense à Destiny. Quand elle apprend que les subventions aux associations caritatives vont être réduites, elle pense Destiny. Quand elle regarde à la télévision un documentaire sur les Restaurants du coeur, elle pense à Destiny.
Destiny est le nom d'un flux de pensées qui circulent sans arrêt dans le cerveau, ce flux n'est pas le seul, il en rencontre d'autres, entre en interaction avec eux, s'en sépare, reprend son cours, c'est la vie d'un cerveau, tel qu'il cahote aujourd'hui dans les rues de nos villes.
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KikiliKikili   13 mai 2016
La multitude d'Anne : toutes les entités qu'elle abrite, floues, trouées, se déformant au moindre choc, la personne qu'elle n'est pas, qu'elle pourrait être, voudrait être, ne voudrait pas être, ne sait être, croît être, et d'autres venues du dehors, une foule vaguante, pas plus sans doute que chez quiconque. ou plus peut-être, comment savoir.
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KittiwakeKittiwake   30 juin 2016
Les migrants sont capables d’exploits qui relèvent du miracle. C’est dans le grand livre des migrants que se trouvent les miracles d’aujourd’hui.
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claraetlesmotsclaraetlesmots   13 juin 2016
Rien d'éteint, dans les yeux de Destiny et de son mari Victor. Ce qui y brille, il lui faudra plusieurs heures avant de réussir à l'identifier, il lui faudra contourner des amas de clichés et de préjugés pour arriver à cette simple certitude : ce qui brillait dans leurs yeux, c'était le bonheur anticipé de deux parents devant la joie de leurs enfants. Cela, rien de plus.
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claraetlesmotsclaraetlesmots   13 juin 2016
C'est dans le grand livre des migrants que se trouvent les miracles aujourd'hui.
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Videos de Pierrette Fleutiaux (9) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Pierrette Fleutiaux
Pierrette Fleutiaux - Loli le temps venu .Pierrette Fleutiaux vous présente son ouvrage "Loli le temps venu" aux éditions Odile Jacob. Préface Françoise Héritier. http://www.mollat.com/livres/fleutiaux-pierrette-loli-temps-venu-9782738130259.html Notes de Musique : 04 New Life - Free Music Archive
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