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ISBN : 2234064368
Éditeur : Stock (04/01/2012)

Note moyenne : 3.17/5 (sur 6 notes)
Résumé :
Alors qu'Otto Nebelung enterre son compagnon d'armes Paul Damaskus, ancien nazi, il se souvient de leur amitié. Un lycée bourgeois dans les années 1930 à Munich. Heidegger est professeur, Gebhard Himmler proviseur et l'élite tout entière voit Adolf Hitler comme un prophète. Puis la guerre éclate, au nom de l'Ordre nouveau qui érige l'homme aryen en être supérieur et condamne les êtres inférieurs à l'exil ou à la mort. 1950 : les nazis sont jugés, mais Otto et Paul, ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (2) Ajouter une critique
horline
  05 juin 2012
Le roman de Kjartan Floøgstad n'a rien d'ordinaire, il entrecroise la petite et la grande histoire au sein d'une fresque formidable et glaçante qui traverse l'Europe du Nord, à la frontière ô combien cruciale entre la Norvège et la Russie, des années 30 à nos jours.

On peut lire ce roman historique richement documenté comme un révélateur éclatant des stratégies politiques qui, dans l'ombre des grandes tragédies de ce siècle, ont accompagné la construction de l'Europe. Décryptage de l'idéologie totalitaire nazie, mise à nu de la dialectique national-socialiste et des valeurs philosophiques associées … sur un ton didactique, l'auteur évacue avec rigueur la dimension émotionnelle de la guerre de 1939-45 pour exposer froidement voire cyniquement la conscience collective allemande de l'époque. Loin des discours humanistes, le récit est implacable, le réalisme glaçant lorsque l'auteur rapporte l'intellectualisation du génocide juif et de tous ceux considérés juridiquement malades, subversifs ou agitateurs intellectuels.
Le réalisme est tout aussi implacable lorsque l'auteur s'attarde non seulement sur l'emprise du nazisme chez les élites bourgeoises, réalisée par l'appropriation des valeurs traditionnelles, mais aussi en seconde partie sur la réinsertion des dignitaires nazis à la fin de la guerre dans la lutte contre le communisme avec la collaboration des américains sous couvert de l'OTAN. On découvre alors le pragmatisme, l'opportunisme politique et les luttes d'influence rarement évoqués en littérature, laissant l'impression saisissante finalement que la politique est la seule à porter en elle les germes de la perversion et la corruption des esprits.

On peut également lire cette fiction comme une quête spirituelle, la quête d'idéal de trois hommes, deux SS allemands et un policier norvégien, trois hommes aux convictions opposées mais réunis par la force des évènements. Trois hommes convaincus, parfois enthousiastes, parfois désabusés, mais toujours guidés par leur intransigeance morale et leur souci de vérité qui ont voulu écrire leur histoire au sein de la grande Histoire. Face à l'évolution des moeurs, des mentalités, ils découvrent au fil du temps que la vérité peut être relative se réduisant à n'être que leur vérité, et même que « les anti-utopistes ont tous une utopie secrète, un jardin d'Eden mythique ».
Pour ma part, je préfère retenir la réflexion qui transparait en filigrane dans ce récit complexe à double narration mais passionnant : celle qui déshabille avec force le fascisme de tous ses apparats et le montre tel qui il est, c'est-à-dire comme le détournement des valeurs universelles, une idéologie non naturelle construite sur le mensonge, la perversion, une rhétorique « séduisante » pour donner à l'utopie véhiculée une apparence morale…
C'est un roman déroutant dans sa construction oscillant entre étude sociologique, témoignage historique et essai au regard de la richesse de la réflexion, tant est si bien qu'on a du mal à envisager cette oeuvre comme une simple fiction, on est tenté de lui prêter une ambition autrement plus grande.

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traversay
  27 août 2012
Au sortir la guerre, bon nombre de serviteurs zélés du 3ème Reich s'en tirèrent sans dommage et, certains, retrouvèrent même, quelque temps plus tard, une place privilégiée au sein des cercles du pouvoir de la RFA. D'un point de vue historique, le sujet du roman très érudit du norvégien Kjartan Fløgstad, Des hommes ordinaires, suscite, au moins a priori, une très grande attention. Mais en choisissant de ne pas intervenir, de laisser ses personnages (fictifs mais plus que réalistes) s'exprimer par eux-mêmes, il a écrit un livre d'une incroyable froideur, dominée par la suffisance et l'arrogance des élus d'une "classe supérieure". Une phrase telle que : "Seuls les plus forts et les plus purs étaient capables de tuer des femmes et des enfants et en sortir indemnes", dépasse largement les limites du cynisme et a pour double effet de glacer les sangs et de se demander si la barbarie mérite d'être romancée. Une question qui se posait déjà, à un degré moindre, à la lecture de Limonov et plus encore d'Avenue des Géants. Si l'on pouvait éprouver une certaine fascination/répulsion pour les forces du mal en action dans les deux livres précédents, il n'en est pas question dans Des hommes ordinaires, tellement la monstruosité assumée par cette élite nazie, issue des milieux bourgeois et universitaires, est insupportable. du coup, l'intérêt de voir la façon dont les compétences (sic) de ces hommes furent "récupérées" et utilisées par le monde occidental contre le communisme, des années 50 à 80, retombe singulièrement. Et pourtant, Fløgstad le fait de façon magistrale, avec une précision diabolique et vertigineuse. du point du vue du style, le roman est de très haute volée, brillant notamment par son ironie et la qualité de ses dialogues. La construction du livre, très complexe, ne facilite pas la tâche du lecteur auquel il est demandé une constante attention, avec des ellipses temporelles hardies et des changements de narrateur constants. Malgré des qualités littéraires certaines et un sujet riche en contrastes, et posant des questions pertinentes, Des hommes ordinaires est en définitive un livre décourageant, dont la densité et l'apparente neutralité devant l'horreur majuscule provoquent un sentiment proche de l'aversion. Question de point de vue, évidemment, mais autant alors lire un véritable ouvrage historique, si tant est que l'honnêteté intellectuelle puisse en être garantie.
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critiques presse (1)
LeMonde   20 février 2012
Ni témoignage, ni enquête, ni folklore, Des hommes ordinaires revisite le second conflit mondial à sa frontière. Une réussite.
Lire la critique sur le site : LeMonde
Citations et extraits (2) Ajouter une citation
horlinehorline   06 juin 2012
Le fascisme en Occident ne viendra pas en bottes de cuir, avec des autodafés, des meetings et une démagogie énervée, ni non plus avec des hélicoptères noirs ou des tanks dans les rues. Il ne viendra pas comme une tempête – mais plutôt comme un changement de temps, comme le passage soudain d’une saison à une autre que l’on peut remarquer quand le vent tourne un soir d’octobre. Tout est pareil, mais tout a changé.
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art-bsurdeart-bsurde   06 juillet 2017
Je pense qu'il faut toujours regarder l'obscurité, sinon l'obscurité vous rattrape.
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