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ISBN : 2264072075
Éditeur : 10-18 (16/08/2018)

Note moyenne : 3.24/5 (sur 43 notes)
Résumé :
Cela fait plus de cinquante ans que la famille Turner habite Yarrow Street, rue paisible d'un quartier pauvre de Detroit. La maison a vu la naissance des treize enfants et d'une foule de petits-enfants, mais aussi la déchéance de la ville et la mort du père.
Quand Viola, la matriarche, tombe malade, les enfants Turner reviennent pour décider du sort de la maison qui n'a désormais plus aucune valeur, la crise des subprimes étant passée par là.

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Critiques, Analyses et Avis (33) Voir plus Ajouter une critique
viou1108
  14 août 2017
Detroit, 2008. En pleine crise des subprimes, les enfants Turner se réunissent pour décider du sort de la maison familiale, vide depuis que la matriarche, Viola, est tombée malade et a emménagé chez Cha-Cha, l'aîné de la fratrie. Pendant plus de 50 ans, cette maison a vu naître les treize enfants de cette famille afro-américaine, les a vus grandir, s'aimer et/ou se disputer, quitter le nid pour en construire d'autres ailleurs. Aujourd'hui, à l'heure où le marché immobilier est en pleine débâcle, deux choses sont certaines : vendre la maison ne rapportera rien faute d'acheteur (hormis les banques vautours), et la garder constitue une ruine puisqu'il faut continuer à rembourser l'emprunt. Dans ces conditions, difficile de mettre tout le monde d'accord. Entre palabres et chamailleries, désintérêt ou tentative de sauvetage pas très nette, on fait plus particulièrement la connaissance de deux des enfants : Cha-Cha et Lelah, la plus jeune. A quelques années de la retraite, Cha-Cha, conducteur de poids lourd, vient d'avoir un accident de la route et se voit contraint de consulter une psychologue. Une relation particulière s'instaure entre eux, qui fera littéralement resurgir un fantôme du passé. Quant à Lelah, la quarantaine, elle se débat avec d'autres démons : son addiction au jeu lui a fait perdre boulot et appartement, et la voilà obligée de squatter sa propre maison d'enfance à l'insu de la famille.
Dit comme ça, ce roman ne serait qu'une saga familiale drôle et touchante, aux personnages attachants. Mais ce serait sans compter sans l'autre grand « personnage » du livre : la ville de Detroit. Dans les remerciements en fin d'ouvrage, l'auteure écrit « qu'on ne peut pas parler de l'histoire de Detroit sans évoquer la discrimination [raciale] dans le logement ». L'histoire des Turner est en effet indissociablement liée à l'évolution de la ville, dans laquelle Francis et Viola, les parents, se sont installés à la fin de la deuxième guerre mondiale, alors que la ségrégation battait encore son plein. S'étant extirpés de leur Arkansas de misère, ils se sont peu à peu hissés de la pauvreté à la classe moyenne. Mais après l'apogée des années 50-70, le déclin industriel frappe la région, qui devient la « Rust Belt » du pays. Précarité, alcool, drogue, violence, la suite est une spirale connue dans laquelle il faut s'efforcer de ne pas s'enfoncer. Jusqu'au crash financier de 2007-2008, qui porte le coup fatal à une ville déjà exsangue.
C'est tout ce pan de l'histoire des Etats-Unis qui est ici dépeint entre les lignes. Un premier roman aux portraits psychologiques qui sonnent très juste (même si l'histoire du fantôme laisse un peu sur sa faim), et au style réjouissant. Auteure à suivre !
Lien : https://voyagesaufildespages..
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tynn
  01 octobre 2017
Avec ce genre de titre, on a tendance à imaginer une saga familiale. Et on n'en est pas loin, car la maison Turner a abrité l'éducation de 13 enfants: une bouillonnante tribu afro-américaine de Détroit-Michigan, depuis les années 60.
Mais dans la réalité, les choses sont souvent moins romanesques.
Les enfants sont tous devenus adultes, parfois grands parents, certains toujours sur place quand d'autres se sont envolés vers d'autres destinées. C'est donc une famille réduite qui vit autour de la vieille mère malade que Charles, l'aîné, héberge. La maison d'enfance ne vaut plus rien, son emprunt est astronomique à rembourser, elle va être bradée... une décision en fratrie s'impose.
Mais à 13, c'est très compliqué et sources de conflits et de malentendus.
Une narration touchante et un peu décousue dans le décor d'une ville de Détroit en ruine de son industrie automobile et de la crise du logement de la période des subprimes.
Suivre les différents personnages dans les galères ou inquiétudes du quotidien dresse un diaporama contemporain: chômage, racisme, problèmes financiers, conjugaux, dépendance de la vieillesse, addiction au jeu et à l'alcool, etc...
Quand on rétrécit le champ visuel, c'est une mini société qui interroge sur les racines familiales, sur le poids de responsabilité des aînés, sur l'inconséquence des plus jeunes mais qui met aussi en avant l'entraide, la solidarité indéfectible et l'amour fraternel.
Un livre sur la complexité des liens familiaux, inspiré de l'histoire personnelle de l'auteur, et qui se lit agréablement.
Remerciements à NetGalley
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sylvaine
  06 décembre 2017
La maison des Turner ! Je viens de tourner la dernière page et je reste songeuse. Une lecture en demi-teinte . La maison de Yarrow Street , dans le quartier Est de Détroit; a beau être spacieuse, imaginer vivant sous le même toit 2 adultes et 13 enfants relève du défi. Bien sur la tribu s'est dispersée, le père est décédé , les enfants ont plus ou moins bien tournés , mais au final n'est-ce pas la ville de Détroit le personnage principal de cette saga familiale ? Détroit de 1944 à 2008 . Détroit la ville industrielle de l'après-guerre où il y avait du travail pour beaucoup, ville vers laquelle migraient les noirs du Sud , ville où chacun espérait moins de ségrégation ...Détroit aujourd'hui après la crise des sub-prime, avant l'élection d'Obama....
Un premier roman de très bonne facture, une approche de la réalité américaine qui échappe au focus de l'actualité, la réminiscence des émeutes de 1967 rendent cette lecture intéressante, par contre la multitude de personnages, la ronde incessante des protagonistes m'ont par moment pesé.
Je remercie très chaleureusement les Editions Escales et Netgalley pour m'avoir permis de rencontrer la famille Turner .
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alainmartinez
  31 janvier 2018
Pour son premier livre, Angela Flournoy, jeune écrivaine américaine, nous offre un grand roman familial.
À travers l'histoire des Turner, famille afro-américaine de treize enfants, l’auteure raconte une histoire américaine avec Detroit comme décor, cette ville du Michigan qui a connu un essor important dans les années 20 et 30 avec l'industrie automobile mais qui, crises après crises, a du mal à se trouver une âme.
En suivant Cha-Cha l'ainé de la fratrie, Lelah la cadette, Viola la mère et les autres, Angela Flournoy aborde les grands thèmes de la société des États-Unis : le racisme, le délabrement des villes, la criminalité. Elle touche aussi des sujets comme le vieillissement, la dépendance, la précarité, la religion, l'alcoolisme, le jeu.
« La maison des Turner » est un roman agréable à lire avec des personnages attachants mais qui manque d'émotions. Un premier roman bien propre qui m'a laissé sur ma faim.
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MAPATOU
  17 septembre 2018
« La maison des Turner » , en 2008, est une des rares encore debout et habitable de Yarrow Street dans le quartier pauvre de Detroit. Les maisons voisines ont été abandonnées ou rachetées à découvert par les banques à des prix extrêmement faibles.
Il y avait d'ailleurs une blague qui circulait à Detroit dans les pires années de cette crise, beaucoup d'habitants étant contraints de quitter la ville : « le dernier à partir éteint la lumière » !
Mais la maison des Turner, elle, est toujours debout. Bien que petite, elle a abrité pendant 50 ans Francis et Viola Turner et vu grandir leurs treize enfants. Elle a toujours été le centre, le point d'ancrage de cette grande famille. Et si aujourd'hui elle est vide est silencieuse, c'est que Viola, veuve et malade est partie vivre chez son fils aîné.
Les enfants Turner vont devoir prendre une décision quant à cette maison : faut-il la garder, la vendre ? de l'aîné (65 ans) à la plus jeune (41 ans), chacun a son avis et entend bien le défendre.
Et nous, lecteurs, découvrons ce qu'a pu être la vie de cette famille nombreuse afro-américaine dans ces trois pièces et demi. Comment les enfants ont évolué, les voies prises par chacun, les réussites ou les échecs professionnels.
« Je sais que ça existe, la dépression, dit Francey, je ne suis pas une de ces vieilles Noires attardées qui croient que la santé mentale, ça ne compte pas, mais les critères évoluent selon les époques. Autrefois, beaucoup de gens avaient des ribambelles de gosses ; ça se faisait, c'est tout, maman venait d'une famille de dix enfants. Et souviens-toi : les parents et les grands-parents de papa et maman étaient métayers. Bonté, c'est ce boulot de fermier qui a tué le père de papa.Et leurs arrière-grands-parents ont dû naître esclaves. Esclaves, Cha. Qu'est ce que ça change, une grande famille et un boulot minable à Detroit, quand ça fait pas deux générations qu'on est sortis des champs ? »
Ainsi que les responsabilités qui ont pesé très tôt sur les épaules des aînés et qui arrivés à la soixantaine sentent cette charge mentale devenir de plus en plus lourde :
» Trop d'émotions s'agitaient dans le coeur de Cha-Cha. La rage : il aurait voulu pulvériser Troy, lui faire passer le goût du pain. La déception : Alice lui avait dit que son rôle dans la famille lui valait du respect mais pas d'amitié. Et là, il s'apercevait bien qu'il n'y avait même jamais eu de respect (…) Il eut envie de laisser tomber, de prendre sa retraite anticipée, vendre sa maison et déménager là où il serait unique, pas un parmi treize. Il ne voulait plus consacrer son existence à ces gens-là ».
Ce roman est un beau portrait de famille (l'auteure dit s'être inspirée de la famille de son père). Ce portrait est touchant, dérangeant parfois, et surtout empreint d'une grande humanité.
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Citations et extraits (12) Voir plus Ajouter une citation
alainmartinezalainmartinez   30 janvier 2018
Elle dirait quelque chose sur la petite marge qui les séparait tous d’une relative pauvreté, un mauvais mois suffirait, même pour Cha-Cha, avec sa maison de luxe presque payée, qui ne pourrait pas survivre avec sa pension s’il était forcé de prendre une retraite anticipée. Ils tiraient tous sur la corde.
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TheaBibTheaBib   22 juillet 2017
Les maisons sont plus hantées par des humains que par des fantômes. Les hommes et les femmes accordent de la valeur à la brique et au mortier, associent leur identité aux remboursements effectués à temps. Par les nuits d'hiver glacial, les jeunes mamans traînent leurs bébés agités de pièce en pièce, apprenant à l'occasion par où passent les courants d'air et où craquent les lattes du parquet. Dans la chaude moiteur de l'été, les papas s'asseyent dans la véranda, parfois inquiets, souvent fatigués, mais réconfortés de sentir l'abri d'un toit au-dessus de leur tête. Les enfants maculent les murs de traces de mains sales, trouvent des recoins pour cacher leurs étonnants trésors ou pour se cacher eux-mêmes en cas de besoin. Nous vivons et mourrons dans des maisons, nous rêvons de revenir dans des maisons, et prenons grand soin de réfléchir à qui en héritera à notre mort.
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ThyuigThyuig   23 octobre 2017
- (...)Qu'est-ce que ça change, une grande famille et un boulot minable à Detroit quand ça fait pas deux générations qu'on est sortis des champs ?
L'esclavage. Est-ce qu'on pourrait trouver une façon plus irritante encore de faire comprendre à un noir d'aujourd'hui que ses problèmes étaient insignifiants, qu'il ferait mieux de se contenter du lot minable que la société lui avait consenti ?
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alainmartinezalainmartinez   22 janvier 2018
L’esclavage. Est-ce qu’on pouvait trouver une façon plus irritante encore de faire comprendre à un noir d’aujourd’hui que ses problèmes étaient insignifiants, qu’il ferait mieux de se contenter du lot minable que la société lui avait consenti ? Cha-Cha trouvait que non. Le raisonnement était faussé : c’était justement parce que le père de son grand-père était né esclave que lui devait attendre davantage de la vie, davantage de son pays, pour au moins rattraper le temps perdu.
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autempsdeslivresautempsdeslivres   03 novembre 2017
C’était là l’une des nombreuses différences entre la façon de prier de Tina et la sienne. « Jésus attend ton appel, dis-Lui ce que tu veux » devait être la chanson la plus idiote qu’on ait jamais écrite depuis que les noirs avaient mis la main sur un tambourin, mais Tina adorait cette chanson. Alors que lui voyait la beauté et le profit qu’il y avait à chanter « Chaque heure j’ai besoin de toi », car c’était reconnaître la nécessité d’être toujours en faveur auprès de Dieu plutôt qu’une tentative d’utiliser le Seigneur Tout Puissant comme un drive-in de fast-food ouvert 24h/24, ou une touche de commande instantanée sur un site d’achat à domicile en ligne.
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