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EAN : 9782253120704
381 pages
Éditeur : Le Livre de Poche (30/11/-1)

Note moyenne : 3.81/5 (sur 640 notes)
Résumé :
La ville de Wind Gap dans le Missouri est sous le choc : une petite fille a disparu. Déjà, l'été dernier, une enfant avait été sauvagement assassinée...
Une jeune journaliste, Camille Preak, se rend sur place pour couvrir l'affaire. Elle-même a grandi à Wind Gap. Mais pour Camille, retourner à Wind Gap, c'est réveiller de douloureux souvenirs.
A l'adolescence, incapable de supporter la folie de sa mère, Camille a gravé sur sa peau les souffrances qu'el... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (136) Voir plus Ajouter une critique
nameless
  20 juin 2019
Wind Gap, bourgade de 2 120 âmes au fin fond du Missouri, dans le talon de la botte, à deux pas de la frontière du Tennessee et de l'Arkansas. Réputée pour ses élevages industriels de porcs et poulets où travaillent des Mexicains aisément exploitables, équipée d'une quincaillerie, d'une armurerie florissante, de nombreux bars, d'une église pour la messe obligatoire du dimanche, Wind Gap est un charmant patelin où les rumeurs et cancans servent de carburant aux conversations, où chacun connaît les secrets des autres et s'en sert. Camille Preaker s'en est enfuie de nombreuses années auparavant pour aller faire la journaliste au Chicago Daily Post, à Chicago. Mais voilà ! Peut-on jamais échapper à son passé ? Après le meurtre de deux fillettes, Wind Gap est en ébullition, la police sur les dents, et Curry, le rédacteur en chef de Camille, flairant le scoop, pense qu'étant native du bled, elle est la personne idéale pour écrire un article du tonnerre. Accessoirement, puisqu'elle logera chez sa mère, son déplacement ne coûtera pas cher au journal.

Autant prévenir les lecteurs, le retour à Wind Gap de Camille n'est pas une promenade de santé, ni une bluette, car depuis son enfance, elle est en grande souffrance, tailladant, scarifiant et mutilant son corps sur lequel, comme dans un livre ouvert, on peut lire le récit de ses douleurs, de son dégoût d'elle-même, de ses addictions alcoolique et sexuelle. L'enquête policière est subsidiaire et le coupable se devine rapidement. Gillian Flynn met l'accent aigu (et grave aussi) sur la famille de Camille, au sein de laquelle elle a vécu ses premières années. Sa mère Adora est riche, excentrique, puritaine et hypocrite ; elle n'a jamais aimé Camille, fruit d'une éphémère aventure de jeunesse avec un homme qui n'a rien su de sa grossesse. Plus tard, mariée à un homme falot, elle a perdu sa seconde fille. Pour Camille, la mort de Marian, sa demie-soeur, a été une perte irréparable. La troisième fille d'Adora, Amma, à peine âgée de 13 ans et dont Camille fait la connaissance lors de ce séjour journalistique chez sa mère, est détraquée, dévergondée, perverse.

Premier roman de Gillian Flynn publié en 2006, avant que Les apparences la rendent célèbre, Sur ma peau possède déjà les qualités qui ont fait son succès, style soigné, intrigue travaillée et surtout étude approfondie des personnages. Cependant, même s'il n'y a pas d'intention voyeuriste ou malsaine de la part de l'auteure, il s'agit d'un roman dérangeant dont la lecture peut mettre mal à l'aise. C'est mon avis !
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kateginger63
  04 décembre 2018
Une jeune américaine retourne dans son enfer familial
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Un thriller psychologique assez dérangeant. La preuve: je l'ai lu il y a quelques mois déjà et je n'ai pas pû vous en écrire un seul mot :)
Ce n'est pas le gore ou le trash qui hantent ces pages mais bien la violence dans ces personnages tourmentés et la déchéance d'une famille particulièrement toxique pour tous ses membres féminins.
La cerise sur le gateau: un lieu malsain, une petite ville paumée dans le Missouri, une grande maison ténébreuse riche de secrets inavouables.
*
Une intrigue lente et assez simpliste dans sa construction mais tout de même captivante dans le déroulement de cette enquête . D'abord policière et journalistique puis devenant familiale et très intimiste. La jeune héroine de par son caractère fermé et mystérieux est le pivot central de ce chaos.
La description psychologique de ce personnage est finement décrite. On sent que sa souffrance n'est pas feinte (cf la peau: dernier rempart du corps contre l'inconnu). La suite nous donnera raison. La tension est extrême et ce huis-clos nous conduira à une fin digne des plus grandes tragédies grecques.
*
Où la barrière est fine entre la bienveillance et la toxicité entre membres d'une même famille. Est-ce que le schéma familial peut être rompu ou doit-il se reproduire indéfiniment? (exemple: les petites filles doivent-elles suivre le même chemin que leurs mères?).
*
Un roman noir captivant, violent par les mots et les maux, d'une brutalité assourdissante. Un drame qui saisit toute cette petite ville malade en perte de repères.
*
Bonus: La série TV "Sharp objects" est d'une grande fidélité et très bien interprétée. L'ambiance malsaine et délétère est bien restituée grâce au jeu des actrices.
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gruz
  05 décembre 2013
Voilà un thriller tout en ambiance, pas de rebondissements à profusion, pas d'agent des forces de l'ordre comme personnage principal, mais une journaliste.
Comme elle l'utilisera également dans son second roman, le fond de commerce de Gillian Flynn, c'est une violence dans la description de personnages tourmentés et d'une Amérique profonde à la dérive.
Sur la base d'une enquête classique, qui est même mise en retrait lors d'une bonne partie du bouquin, l'auteur axe l'histoire (écrite à la première personne) sur une "héroïne" écorchée (en sens propre comme au figuré), étalant sa souffrance psychologique tout au long des 300 pages.
L'histoire de ce drame familial est particulièrement malsaine, d'une violence psychologique inouïe, de nombreux passages font froid dans le dos rien qu'à voir l'état de délabrement mental du personnage et de la société qui l'entoure.
Les femmes de cette petite ville sont toutes plus ou moins atteinte psychologiquement, du fait d'un désoeuvrement et d'une perte des repères. Les hommes quant à eux sont relégués pour la plupart au rang de gentils demeurés.
Mais rien de simpliste dans cette description. L'analyse psychologique est du force rare, d'une brutalité peu commune, le tout particulièrement bien rendu par l'écriture sèche et précise de l'auteur.
Un magnifique roman, dérangeant, qui se lit sans temps mort. A ne pas conseiller aux âmes sensibles, la violence des mots nous atteint plus puissamment que les scènes baignant dans le sang d'autres romans.
Les prémisses de l'oeuvre de Flynn, qui est devenu depuis une voix incontournable de ce genre de thrillers qui fait la part belle à la psychologie des personnages.
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michfred
  27 février 2015
Vous avez aimé l'Epatante Amy de "Apparences" ?
Vous adorerez l'Admirable Adora et l'Amusante Amma de Sur ma peau!! A moins que vous ne préfériez l'Habile Camille, sa demi-soeur, avec ses mots qui frétillent et sa peau qui vibrille...
Je vous laisse découvrir les péripéties de ce polar féminin, toxique comme les femmes qui le hantent,et perpétuent syndromes et psychoses dans une filiation maladive dont on a le plus grand mal à rompre la chaîne...
Camille, l'héroïne, est journaliste, et son patron qui est aussi une sorte de père de substitution, l'envoie enquêter sur de probables crimes en série commis sur de très jeunes filles , retrouvées égorgées et édentées. Cette horreur a pour théâtre une petite ville chic et cancanière du Missouri, Cape West, d'où Camille est native...et comme justement elle ne va pas très bien, Camille, ce retour aux sources pourrait être une sorte de psychanalyse.
De choc, la psychanalyse.
La tension, les ragots, le harcèlement, les violences sexuelles en réunion, les relations perverses, l'alcool, la drogue, l'auto-mutilation, le S.M.P. (je vous laisse découvrir de quelle malfaisance il s'agit là) , tous les ingrédients sont réunis pour vous donner l'envie farouche d'une bonne parthénogénèse des familles - non, surtout pas des familles!!!- qui vous évite du même coup d'avoir une mère, un père, une soeur, et toute cette sorte de plaies..
Encore un mot malheureux, les plaies : ce n'est pas cela qui manque Sur (la) Peau de Camille. Son épiderme - on le découvre progressivement et avec quel art de l'approche, dans ce récit- est un abécédaire ambulant, un palimpseste vivant, un grimoire torturé ...
Si le suspense n'est pas la qualité première de ce polar psychologique -on devine assez vite les mystères et énigmes auxquels la pauvre Camille frotte sa pauvre peau martyrisée- la tension et le malaise sont garantis!
Vous ne regarderez plus jamais du même oeil les tendres soins de votre infirmier/infirmière personnel(le), père, mère, soeur, amant(e), conjoint(e)...
Vive l'automédication et l'homéopathie!
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stokely
  05 janvier 2016
Cela fait quelques années que ce livre trône dans ma Pal, j'avais beaucoup aimé Les Lieux Sombres de la même auteur mais je n'avais pas accroché à son dernier livre Les Apparences. J'avais donc encore mis de côté la lecture de sur ma peau, je remercie donc le challenge Pioche dans ma Pal de décembre (merci PC37Shu) de m'avoir permis d'exhumer ce bouquin.
J'ai énormément aimé il est très difficile à lâcher pour preuve je l'ai commencé dimanche après-midi et je l'ai terminé mardi matin à 1 heures du matin. J'ai tout de suite accroché au personnage principale de Camille journaliste de Chicago qui est envoyé dans sa ville d'enfance Wind Gap pour couvrir le meurtre de deux petites filles. La venue de Camille dans sa ville d'enfance, les retrouvailles avec sa mère et sa demi-soeur Amma vont réveillé en elle de douleurs souvenirs. Le mal être de Camille s'étale tout le long de son corps avec les scarifications que celle-ci s'est infligé et ses mots gravés dans sa chair. Avec l'aide d'un policier Camille va pouvoir avancer dans son enquête (échange de tuyau entre le policier et la journaliste, celle-ci connaissant mieux les habitants de Wind Gap). On sent également dans ce récit très fortement l'absence de Marian soeur de Camille décédé prématurément.
Le destin de ces deux petites filles mortes et de sa soeur Marian parti prématurément semble liés et l'on est tenu en haleine jusqu'à la fin. Une lecture que je recommande aux amateurs de policiers polars.
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Citations et extraits (58) Voir plus Ajouter une citation
namelessnameless   18 juin 2019
L'élevage consiste à étiqueter des porcelets et à les mettre en cage, à féconder des truies puis à les parquer, à s'occuper des fosses à fumier. Le côté abattoir est pis. Des ouvriers chargent les porcs et les poussent le long d'un couloir où les attendent les assommeurs. D'autres leur empoignent les pattes arrière, qu'ils ligotent, puis l'animal se retrouve soulevé, tête en bas ; les bêtes hurlent et se débattent. On leur tranche la gorge avec des couteaux de boucher aux pointes affilées, et le sang qui jaillit sur le carrelage est aussi épais que de la peinture. De là, on les plonge dans la cuve où ils seront ébouillantés. Les cris incessants - des cris frénétiques, métalliques, aigus - obligent la plupart des ouvriers à porter des protège-tympans...
p. 81
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namelessnameless   20 juin 2019
Les reproductrices sont inséminées inlassablement, portée après portée, jusqu'à épuisement du corps, après quoi elles sont conduites à l'abattoir. Mais tant qu'elles peuvent encore servir, on les oblige à allaiter, sanglées sur le flanc, dans une cage de mise bas, pattes écartées, tétines exposées. Les cochons sont des créatures extrêmement intelligentes, sociables, et cette promiscuité de chaîne d'usine à laquelle on contraint les truies qui allaitent leur donnent envie de mourir. Ce qu'elles font, sitôt que leur lait est tari.
Le seule idée de ces méthodes est répugnante. Mais les voir à l'oeuvre pour de vrai, ça laisse des traces, ça vous rend moins humain.
p. 156
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verobleueverobleue   12 avril 2011
Je me coupe, voyez-vous. Je me taillade la peau. Je l'incise. Je la creuse. Je la troue. Je suis un cas très particulier. Je n'agis pas ainsi sans raison : ma peau hurle. Elle est couverte de mots - cuire, bonbon, minou, boucles -, comme si un élève de cours préparatoire avait appris à écrire sur ma chair avec un canif. Parfois - parfois seulement - j'éclate de rire. Quand je sors de la baignoire et que, du coin de l'oeil, j'aperçois sur le flan d'un mollet ; "babydoll". Quand j'enfile un pull et que soudain, "nocive" flashe sur mon poignet. Pourquoi ces mots-là en particulier? Des milliers d'heures de thérapie ont inspiré quelques idées à de brillants cliniciens. Il s'agit souvent de mots à connotation féminine. Ou bien négative. J'ai gravé sur ma peau un certain nombre de synonymes pour "anxieux" : onze en tout. Tout ce que je sais, c'est que, sur le moment, c'était crucial de voir ces lettres sur moi - et pas simplement de les voir, mais de les sentir, aussi. Comme cette brûlure sur ma hanche gauche : jupon.
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AmbagesAmbages   27 juillet 2015
Les infirmières nous donnaient des médocs pour soulager nos peaux fourmillantes. Et d'autres médocs pour apaiser nos cerveaux incandescents. Deux fois par semaine, nous avions droit à une fouille au corps, au cas où nous aurions caché un objet tranchant, et nous participions à des séances de groupes censées, en théorie, nous purger de notre colère et de notre haine de soi. Nous apprenions à ne retourner ni l'une ni l'autre contre nous-même. A rejeter la responsabilité à l'extérieur. Au bout d'un mois de bonne conduite, nous avions droit à des bains et des massages aux huiles. On nous apprenait les bienfaits d'un toucher tout en douceur. (p102)
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pyrosthapyrostha   16 janvier 2011
Dans quelque débat que ce soit, je n'étais jamais vraiment de mon côté.


Oui, je suis là, ai-je dit, et ça a été un choc de découvrir à quel point ces mots me réconfortaient. Quand je panique, je les prononce à voix haute. Je suis là. En général, je n'ai pas l'impression d'être là. Je me sens comme quelqu'un qu'une simple bourrasque de vent tiède suffirait à effacer, à faire disparaître à jamais, sans laisser de trace. Certains jours, je trouve cette pensée apaisante ; d'autres, elle me glace.
Cette sensation d'impondérabilité vient, je pense, du fait que je sais si peu de choses sur mon passé - c'est du moins les conclusions auxquelles a abouti le psy, à la clinique.
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Bande annonce du film Les veuves (2018), dont le scénario a été ecrit par Gillian Flynn
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