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Gilles Berton (Traducteur)Raymond Clarinard (Traducteur)
ISBN : 2879297095
Éditeur : Editions de l'Olivier (06/01/2011)

Note moyenne : 4.02/5 (sur 277 notes)
Résumé :

Comment traitons-nous les animaux que nous mangeons? Convoquant souvenirs d'enfance, données statistiques et arguments philosophiques, Jonathan Safran Foer interroge les croyances, les mythes familiaux et les traditions nationales avant de se lancer lui-même dans une vaste enquête.

Entre une expédition clandestine dans un abattoir, une recherche sur les dangers du lisier de porc et la visite d'une ferme où l'on élève les dindes en pleine ... >Voir plus
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Critiques, Analyses & Avis (50) Voir plus Ajouter une critique
Luniver
06 juillet 2012
Je suis passé plusieurs fois devant le rayon avant de me décider à prendre ce livre au titre si accrocheur et à la couverture si moche (blanc sur vert, titre pas très lisible, ce n'est pas très réussi). Heureusement, le contenu était nettement mieux que l'emballage.
L'auteur se pose tout d'abord la question sur la frontière entre les animaux de compagnie et les animaux à manger, qui ne repose sur aucun critère objectif : nous mangeons de la vache et sommes horrifiés à l'idée de manger du chat ou du chien, tandis que de l'autre côté du globe, on mange du chien et on est horrifié à l'idée de manger de la vache.
On abandonne ensuite la question générale pour s'occuper de la situation actuelle : doit-on manger de la viande issue de l'élevage industriel ? L'auteur s'y refuse et met en avant quatre arguments principaux : tout d'abord, les conditions de vie des animaux. Même les gens qui mangent de la viande reconnaîtront qu'ils préfèrent éviter à l'animal des souffrances inutiles. Or, les animaux vivent entassés dans des cages, souvent sans voir la lumière du soleil et sans jamais marcher sur de la terre. Les conditions de transport et d'abattage sont également catastrophiques.
Le deuxième argument porte sur la santé des consommateurs : les poulets sont génétiquement modifiés pour grossir plus rapidement, mais leur constitution en est affaiblie : conséquence, on leur bourre d'antibiotiques, on les nourrit à l'hormone de croissance pour qu'ils atteignent un poids acceptable en un minimum de temps : tous ces produits resteront présents dans la viande que l'on consommera plus tard. le confinement des animaux favorise également l'apparition de pandémies.
Un des principales objections des industriels est le faible coût de la viande ainsi produite. L'auteur conteste cet argument en mettant en évidence les coûts engendrés par l'industrie que la société supporte, principalement la pollution : stockage du lisier, incinération des bêtes mortes, … Au final, si le prix au kilo de la viande est faible, le citoyen supportera les dommages collatéraux au travers des taxes.
Le dernier argument contre l'industrie alimentaire porte sur les conditions de travail des employés : faible salaire, travail à la chaîne et déshumanisant qui les conduit parfois à faire preuve de cruauté sur les animaux qui arrivent entre leurs mains.
Le plaidoyer est plutôt convaincant, il est difficile de nier en bloc les arguments avancés. Jonathan Safran Foer va au bout de ses idées puisqu'il annonce à la fin du livre qu'il compte créer un abattoir pour que les bêtes soient tuées dans de meilleures conditions, tout en restant lui-même végétarien.
Là où le bât blesse, c'est sur le manque de solutions proposées. C'est sans doute une volonté de l'auteur, qui ne veut pas mélanger les différents débats, et se refuse à mettre le végétarisme en avant. Cependant, si on pousse le raisonnement jusqu'au bout, l'agriculture présente les mêmes caractéristiques que l'élevage, souffrance des animaux exceptée : érosion des sols, utilisation de pesticides et d'engrais en grande quantité, plantes génétiquement modifiées.
Le livre présente la situation des États-Unis uniquement. On peut se poser la question de savoir ce qu'il en est exactement en Europe. On sait que l'Union Européenne impose des règles plus strictes pour les élevages, mais est-ce que ça améliore réellement la situation ?
Ce livre ne m'a pas converti au végétarisme, mis à part la semaine qui a suivi la lecture de l'essai, qui m'a littéralement coupé l'appétit ! Cependant, j'ai réduit ma consommation de viande, je fais un peu plus attention aux étiquettes et aux labels et j'ai intégré dans mon alimentation «de base» des plats végétariens. Une demi-victoire pour l'auteur !
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colimasson
10 décembre 2011
La question posée dans le titre du livre laisse déjà présager de la réponse de l'auteur. L'avis du lecteur, qui acceptera de consacrer quelques heures de son temps libre à l'étude de la question, est également fortement pressenti, et s'il n'est pas le même que celui de l'auteur, il est prêt en tout cas à subir quelques évolutions qui tendront à le rejoindre.
Si l'intérêt de ce livre ne tient donc pas uniquement à la conversion plus ou moins réussie d'un lecteur à l'opinion plus ou moins devinée de l'auteur, il faut tout de même lire ce Faut-il manger les animaux ?. Sous la forme d'un essai à visée écologique, ce livre relève finalement et surtout du roman et est imprégné des talents d'écrivain de Jonathan Safran Foer. Sommes-nous soumis à la manipulation lors de notre lecture ? Pas impossible, et ce d'autant plus que Foer se donne des airs de scientifique et de reporter objectif avant de glisser discrètement, au creux de sa démonstration, un ou deux paragraphes presque subliminaux, capables de faire pleurer le plus insensible des carnivores.

Ce qui est étonnant avec Jonathan Safran Foer, c'est qu'il insiste sur le fait qu'il n'est absolument pas certain de la pertinence de sa conversion au végétarisme, tout en essayant de convaincre son lecteur qu'il s'agit du meilleur choix qu'il soit possible de faire. Situation un peu paradoxale dans laquelle Foer s'empare du rôle de martyre –le seul être humain acceptant de sacrifier sa ration de chair quotidienne- pour mieux accuser ses lecteurs (les non-végétariens) de ne pas calquer leur conduite sur la sienne. Ce n'est peut-être pas fait exprès mais Foer semble ne pas être très sûr de lui lorsqu'il affirme que, suite à ses enquêtes, il ne pouvait pas faire d'autre choix que celui de devenir végétarien.
Peut-être cherche-t-il déjà à prévenir les attaques qui pourraient surgir s'il décidait plus tard de revenir sur sa décision et de retrouver le confort d'une alimentation normée ?
Cette situation marque bien le fait que son livre n'est pas un essai purement théorique puisqu'il fait jouer l'engagement personnel de son auteur ainsi que ses sentiments et idées personnelles. A côté du développement technique de l'argumentation vient donc s'ajouter un aspect plus narratif qui donne presque un second intérêt au livre : Jonathan Safran Foer va-t-il réussir ou non à relever durablement le défi du végétarisme ? Ne finira-t-il pas par craquer, comme ce fut déjà le cas lorsqu'il tenta une première fois de devenir végétarien au cours de son adolescence ?
Quoiqu'il en soit, pas question de lire ce livre uniquement dans l'objectif de trouver une réponse à cette question. La plus primordiale est celle qui concerne le sort des animaux dans l'industrie alimentaire et, comme la plupart le sait déjà, elle concerne aussi l'espèce humaine dans ses rapports avec les autres et les institutions, ainsi que l'économie et l'écologie prises dans le sens large.
L'enquête menée par Jonathan Safran Foer est profondément originale car elle s'inscrit dans une démarche personnelle. Les informations récoltées proviennent donc de sources très variées et parfois un peu éparses, mais assurent de nombreuses découvertes. le tout est renseigné avec beaucoup de précision –impossible donc de dire que Foer se base sur des sources frauduleuses ou dont la fiabilité laisse à désirer. Même ceux qui s'intéressent depuis longtemps à l'industrie agroalimentaire devraient s'étonner à la lecture des récits d'infiltration de couveuses ou d'abattoirs. Cerise sur le gâteau, Foer sait manier les images avec la puissance qui convient à son statut d'écrivain, et il en use avec une extrême justesse pour produire des comparaisons ou des aperçus choquants de la situation actuelle :
« Que se passerait-il si l'étiquetage d'un produit indiquait combien d'animaux ont été tués pour que celui que nous voulons manger se retrouve dans notre assiette ? Eh bien, pour ce qui concerne les crevettes d'Indonésie, par exemple, on pourrait lire sur l'emballage : POUR 500 GRAMMES DE CREVETTES, 13 KILOS D'AUTRES ANIMAUX MARINS ONT ETE TUES ET REJETES A LA MER. »

« Imaginez que l'on vous serve une assiette de sushis. Si l'on devait y présenter également tous les animaux qui ont été tués pour que vous puissiez les déguster, votre assiette devrait mesurer un peu plus d'un mètre cinquante de diamètre. »
De quoi faire réfléchir en tout cas. Et de quoi inciter à regarder autrement ses crevettes sauce calypso…
Faut-il manger les animaux peut être critiqué pour la conclusion « naïve » qu'il tire à la fin de sa démonstration. Ce serait avoir mal lu le livre, car Jonathan Safran Foer, qui connaît ce penchant caractéristique de l'être humain à tourner la moindre manifestation d'empathie en dérision, s'est déjà prémuni des critiques qu'on pourrait lui adresser à ce sujet. Il le fait de manière très intelligente, non pas en se défendant de n'avoir jamais eu un pincement au coeur à l'idée de manger un animal sacrifié pour son confort personnel, mais en revendiquant au contraire cette sensibilité qui lui a permis de remettre en question des habitudes de vie portées par des générations avant lui. L'autre questionnement porté implicitement par le livre serait le suivant : pourquoi serait-il mal de faire parfois preuve de compassion envers la souffrance d'un autre être vivant ? La sensibilité est-elle vraiment le sentiment le plus ridicule qu'il soit possible d'éprouver ?

« La sentimentalité est généralement considérée comme une attitude irréaliste, une preuve de faiblesse. Très souvent, ceux qui expriment leurs préoccupations (ou même un simple intérêt) à l'égard des conditions dans lesquelles les animaux de boucherie sont élevés se voient traiter de sentimentalistes. Pourtant il vaut la peine de prendre un peu de recul et de se demander qui est le sentimentaliste et qui est le réaliste. »

Si Jonathan Safran Foer ne convainc pas forcément son lecteur de se convertir au végétarisme, il donne toutefois une autre idée du végétarien, loin des clichés de la virulence et de la pugnacité que certains peuvent parfois leur prêter. Être végétarien n'est pas une décision irréversible. Elle implique le jugement d'un homme à un moment donné de son existence, et durera le temps qu'il aura envie de porter ses convictions. Alors, naïf Safran Foer ? A mon avis, simplement lucide et, bien entendu, sensible.

« Si plus rien n'a d'importance, il n'y a rien à sauver. »
Lien : http://colimasson.over-blog...
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Kittiwake
04 juin 2011
A la lecture du titre, on pourrait se dire que la réponse est non, et que donc c'est inutile de le lire, au risque de retrouver quelques scènes peu ragoutantes comme on en trouve sur Internet où dans des reportages télé. Ce n'est pas si simple que cela. La question est en fait celle d'un jeune père, qui veut savoir ce qu'il doit proposer comme nourriture à son fils. Et pour cela, il étudie la question avec soin et honnêteté. L'argumentaire est très bien construit, sans pour autant, quand cela est possible, être dénué d'humour (pourtant peu de situations portent à rire...). Impossible après cela de dire qu'on ne savait pas. Ce soir ce sera légumes....
Après une nuit peuplée de rêves agités, car ce livre est dérangeant :
Si je souscrit à sa thèse, il faut quand même noter que ces pratiques ne sont pas répandues à ce point en France. j'habite dans une zone rurale, et je connais bien lesvaches de mon amie Annyvonne, qui ont un nom, qui sont soignées quand elles sont malades (ce qui est rare) qui passent leur journée dans les champs autour de la ferme et semblent heureuses le soir de rentrer pour la traite. Je vois aussi tous les jours ces grands terrains oû gambadent et picorent des poulets. Par contre je ne connais rien de leur condition d'abattage....
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Bookworm84
18 mai 2011
"Faut-il manger les animaux ?" titre l'ouvrage en version française - dommage que l'on n'ait pas gardé la signification du titre original, à savoir "De Manger les animaux" (eating animals). le titre VF pose une question, à laquelle on peut répondre oui ou non. le titre VO pose un constat. Un constat sans appel, celui que l'auteur nous dévoile tout au long du livre. L'auteur, devenu père, se pose la question de ce qu'il va donner à manger à son fils. Ayant parfois tâté du végétarisme, sans jamais s'y tenir, le fait de devenir père révolutionne sa vie. Alors, il se lance dans une enquête, visite les lieux où sont fabriqués la viande vendue en supermarchés. Bienvenue dans le système agro-alimentaire industriel américain, bienvenue aux portes de l'Enfer ! Celui des animaux mais aussi le nôtre - car l'enquête de l'auteur le révèle, les conséquences sont *aussi* pour les hommes (dégradation de l'environnement, apparition de microbes résistants, risques sanitaires élevés, ....). bref, un constat alarmant. Certes, entièrement étatsuniens, mais ne copions nous pas sur leur modèle ?
A noter aussi que l'auteur tient à interroger toutes les parties. Les témoignagnes abondent, et l'auteur est aussi allé à la rencontre des rares et derniers éleveurs traditionnels qui sont si attachés à leurs animaux qu'ils leur demandent pardon lorsque vient l'heure fatidique de les envoyer à l'abattoir... tout en veillant à en trouver un correct.
Vient enfin les conséquences mondiales de cet immense gâchis, du à la course au profit, encore, quelqu'en soit le prix. Sauf que, comme le souligne l'auteur, la viande à bas prix que l'on achète dans notre hypermarché ne comporte aucune étiquette nous prévenant que le véritable prix à payer est, lui, énorme, et dure des années...
A lire absolument ! !!
Pour ma part, il me fait revoir ma façon de manger. Ce qu'il y a dans notre assiette a des conséquences sur nous et sur le monde. Je ne peux plus l'ignorer, maintenant.
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Blue-Face-Monkey
25 août 2015
J'ai eue pour Noël parmi mes cadeaux le roman « Faut-il manger les animaux ? » écrit par l'écrivain juif américain Jonathan Safran Foer (l'un de mes auteurs préférés, si ce n'est mon auteur favoris). Et dès le lendemain après l'avoir reçu, j'ai commencé à le lire parce qu'il me tentais depuis tellement longtemps... Et je l'ai fini deux jours plus tard. Oui, je l'ai dévoré, et j'avoue que ces deux nuits, j'ai pas très bien dormis. Ce que j'ai lu dans ce livre m'a pas mal dérangé, mais en faites, je m'y attendais un peu, puisque je ne suis pas sans savoir la souffrance que subissent les animaux afin de nous nourrir. Mais ceci n'est qu'une introduction, je vous en dirai plus dans le contenu de la chronique qui va suivre.
Un résumé accrocheur, une première de couverture appréciable, et l'écrivain de ce livre n'est autre que mon auteur préféré. Que demander de plus. Bref, je me faisais vraiment une joie de lire ce roman, j'avais déjà tellement lu d'avis dessus, et lorsque je l'ai reçue pour à Noël, ni d'une ni deux, je l'ai tout de suite lu. Et à la lecture du résumé, je suis persuadée que vous vous êtes mis dans la tête l'idée que ce sera un plaidoyer pour le végétarisme. Alors c'est exact, en quelque sorte. Mais c'est surtout un plaidoyer contre le fait de manger des animaux en batterie, avant tout. Et bien que ce soit un plaidoyer, c'est aussi avec des histoires, l'histoire de Jonathan Safran Foer (l'auteur) et de son rapport avec la nourriture, l'histoire de sa grand-mère, le témoignage d'hommes qui ont travaillés dans des élevages industriels, etc. Et des faits, rien que des faits. Mais des faits qui choquent, qui nous sont désagréables, qui remettent tout un système et toute une manière de penser en question : des faits sur les animaux que nous mangeons et que nous autorisons nos enfants à manger, des faits sur les effets que cela a sur nous et sur la planète, ce qui pourrait arriver si nous continuons comme nous faisons actuellement.

Mais outre cela, il y a le bien-être des animaux, et je vous avoue que, même en sachant un peu ce que subissent les animaux dans les élevages industriels avant d'avoir lu le livre, j'ai étais rongé par cette cruauté qui nous y est décrite. La simple vérité, il s'agit seulement de la vérité, de ce qu'il se passe. Et aussi des statistiques effrayantes : 99% des animaux qui sont mangé aux États-Unis proviennent d'élevages industriels (95% en France, il me semble), l'élevage industriel est responsable de 18% des émissions de gaz à effet de serre (soit le plus gros responsable des émissions de gaz à effet de serre, bien avant la totalité du secteur du transport), plus de 95% des poulets ont été victime d'une contamination à E. Coli durant leur élevage et entre 35 et 75% des poulets qui sont vendus dans le commerce en sont toujours infecté, etc. Je ne vais pas tout vous dévoiler, mais ce livre fait réellement peur sur ce qu'il y a dans nos assiettes. On est malade car on mange des animaux malades, on développe des maladies qui se soignent de plus en plus mal parce qu'on mange des animaux bourrés de médicaments. Et tout le monde se doute bien que ce que nous avons dans nos assiettes n'y est pas pour rien. Que manger des animaux infectés par diverses maladies potentiellement mortelles (E. Coli, Salmonelle, et j'en passe), nourris aux antibiotiques, génétiquement modifiés pour grandir et grossir le plus vite possible, ça n'a rien d'anodin pour notre propre santé. Bref, je n'en dirai pas plus, je ne vais pas vous gâcher tous les plaisirs de cette lecture en vous donnant tous les éléments de l'histoire, voyons ! Mais honnêtement, je me répète peut-être, mais ça remet clairement en question notre manière de voir la nourriture. Et pour ma part, tout cela m'a dégoûté de manger des animaux. On ne peux pas se dire aimer les animaux et en manger (sans se voiler les yeux sur la vérité sur les élevages industriels) . On ne peut pas se dire écologiste et manger des animaux. Ce n'est que mon avis, et ce que je pense après avoir lu ce récit.

A vrai dire, même si il ne s'agit pas d'un roman de fiction, j'ai retrouvé Jonathan Safran Foer dans ce livre tout de même. Dans sa manière d'écrire et sa manière de faire un livre, dans sa plume toujours très belle et toujours très vraie. Cette manière toujours très vivante, toujours très différente, d'écrire un récit. Et ici, bien que ce soit une enquête, il a réussi à faire ça sous forme de récit, qui se lit très bien, avec de la profondeur. Il réussi à émouvoir le lecteur et à le remettre en question. Et il est impossible, dans le fond comme sur la forme, de rester indifférent à ce livre.

Pour ma part, et comme pour tous les romans de Jonathan Safran Foer, il s'agit d'une grosse claque. Et je ne peux vraiment que conseiller ce roman à tout le monde, que ce soit les curieux ou les végétariens, jusqu'aux grands mangeurs de viande qui ne se voient pas sans. Je le conseille à ceux qui n'ont pas peur de voir la vérité en face et qui sont prêt à se remettre en question. Je vous préviens que ce roman ne fait pas rire, et qu'il ne vous laissera pas de marbre, sans doute serait un peu mal à l'aise en le lisant, parce qu'il s'y passe n'est pas des plus réjouissants. Vous serez sans doute révulsé, dégoûté, par ce que vous lisez parce que c'est terrible ce qu'il se passe. Et peut-être même remettrez vous en cause votre rapport avec la viande. En tout cas, « Faut-il manger les animaux ? » ne pourra pas vous laisser indifférent, j'en suis persuadé. Alors, n'hésitez plus, tentez !
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Citations & extraits (70) Voir plus Ajouter une citation
claudialuciaclaudialucia21 janvier 2011
Il n’y a plus de fermiers, mais des managers, des usines d’élevage, d’abattage, de découpe et de conditionnement dont les responsables n’ont plus aucune notion de ce qu’est un animal. Ils n’ont qu’une pensée : comment gagner plus en dépensant moins, et s’ils pensent que des animaux malades leur feront gagner plus que des animaux sains, ils le font. S’ils pensent que cela revient moins cher d’élever des animaux hors nature, à l’intérieur, sans voir le jour, ils le font. S’ils pensent qu’on peut les nourrir avec autre chose que de l’herbe et du fourrage, ce que jamais un fermier n’aurait pu penser il y a cinquante ans, ils le font et les nourrissent de maïs ou de tourteaux de soja, ou même de résidus animaux, faisant d’espèces herbivores des carnivores malgré elles. Savez-vous qu’un poulet dans la nature vit dix ans et celui que vous mangez au McDonald’s, quarante-cinq jours ? S’il vivait plus longtemps, ses pattes se casseraient sous son poids.

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colimassoncolimasson10 décembre 2011
La question de manger des animaux fait vibrer des cordes qui entrent en résonance profonde avec le sentiment que nous avons de nous-mêmes –nos souvenirs, nos désirs, nos valeurs. Ces résonances sont potentiellement sujettes à controverse, potentiellement menaçantes, potentiellement exaltantes, mais toujours chargées de sens. La nourriture importe, les animaux importent, et le fait de s’en nourrir importe plus encore. La question de manger des animaux dépend, au bout du compte, de la perception que nous avons de cet idéal que nous appelons, peut-être imparfaitement, « le fait d’être humain ».
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claudialuciaclaudialucia21 janvier 2011
Tyson Foods* est un des principaux fournisseurs de KFC**. Une enquête réalisée sur un grand site de Tyson a révélé que certains ouvriers avaient coutume d'arracher la tête des oiseaux parfaitement conscients (avec l'autorisation explicite de leur contremaître), qu'ils urinaient dans la zone de suspension (y compris sur le tapis roulant qui convoie la volaille), et qu'ils utilisaient sans jamais la réparer un équipement d'abattage automatisé défectueux qui entamaient le corps des poulets plutôt que leur cou.. Chez un des fournisseurs de l'année de KFC, Pilgrim's Pride, des poulets conscients étaient frappés, piétinés, lancés contre les murs, on leur crachait du tabac à chiquer dans les yeux, on leur faisait littéralement gicler la merde du corps et on leur arrachait le bec. Et Tyson et Pilgrim Pride ne fournissent pas que KFC. (p229)

*Tyson food :société agro-alimentaire américaine dont le siège social est à Spingdale en Arkansas

**KFC fast-food Kentucky Fried Chiken
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boadalioboadalio15 mai 2011
Les humains sont les seuls animaux qui font délibérément des enfants, tissent des liens entre eux ( ou pas ), fêtent les anniversaires, gaspillent et perdent leurs temps, se brossent les dents, éprouvent de la nostalgie, nettoient les taches, ont des religions, des partis politiques et des lois, portent des amulettes-souvenirs, s'excusent des années après avoir offensé autrui, chuchotent, ont peur d'eux-mêmes, interprètent les rêves, dissimulent leurs organes sexuels, se rasent, enterrent des capsules témoins et peuvent choisir de ne pas manger quelque chose pour des raisons de conscience. Les justifications pour manger et ne pas manger les animaux sont souvent les mêmes : Nous ne sommes pas des animaux.
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LuniverLuniver01 juillet 2012
Comme l'explique Pollan, «pour manger de la viande industrielle, il faut accomplir un acte presque héroïque dans le refus de savoir ou l'oubli». Un héroïsme nécessaire justement parce qu'il faut oublier bien plus que le simple fait de la mort de l'animal : il ne faut pas seulement oublier que les animaux sont tués, mais aussi COMMENT ils sont tués.
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