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Jacqueline Huet (Traducteur)Jean-Pierre Carasso (Traducteur)
EAN : 9782020638890
416 pages
Éditeur : Seuil (17/03/2004)

Note moyenne : 3.77/5 (sur 268 notes)
Résumé :
Ils sont inséparables : lui, le jeune écrivain au langage déroutant, et son grand-père aux cheveux longs qui prétend être aveugle. En quête de leurs origines, partis à la recherche d'un improbable village sur les routes d'Ukraine, ils vont traverser la mer, la terre et l'Histoire : celle, de 1791 à 1942, du shtetl Trachimbrod, peuplé d'enfants trouvés, de kabbalistes et d'érotomanes... Un puzzle génial, d'une stupéfiante modernité.


Né en 1977 ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (27) Voir plus Ajouter une critique
kurisu
  25 mars 2012
"Tout est illuminé" m'est tombé dessus presque par voie détournée, à la suite de la découverte de l'adaptation au cinéma du roman. Surprenante bande annonce, si bien mise en valeur par la musique de Devotchka. Il me fallait lire le livre. Celui-ci fut bien différent de ce que j'avais pu imaginer. En effet, l'oeuvre est complexe et ne se laisse pas aisément enfermer dans une analyse synthétique : d'autres chroniques mettraient en avant des aspects ou un ressenti bien différent de ce qui pourrait être relaté ici.
Formellement, le roman est une alternance, d'une part, de lettres et de témoignages écrits dans un anglais approximatif ("broken english") par un ukrainien, Alex, à un américain juif, Jonathan Safran Foer à la recherche de ses origines en Ukraine, et, d'autre part, de la chronique poétique de Jonathan sur l'histoire d'un Shtelt, village juif local.
L'histoire proprement dite se déroule sur deux lignes temporelles, celle du voyage de Jonathan - alors qu'Alex lui servait de guide avec son grand père - et de ses conséquences sur les protagonistes, et celle de l'histoire des ancêtres de Jonathan dans le shtelt, de la fin du 18e siècle à la seconde guerre mondiale.
Après un instant de désorientation, la lecture des parties attribuées à Alex n'est jamais pesante et révèle autant la maitrise du langage de l'auteur que la grande qualité de la traduction ... En effet, s'il m'est déjà arrivé de lire des textes de personnes qui voulaient "ré-inventer" la langue, le résultat était souvent atroce, ou en tout cas "il piquait les yeux".
Ici, le décalage de langage de l'ukrainien, semble choisi avec attention, toujours avec sa cohérence propre, millimétré. En vérité, pour arriver à ce niveau là il est nécessaire d'avoir une grande maîtrise du style.
Quant à la partie relative à l'histoire du village, elle possède quelques très beaux passages au service d'une histoire dont le lyrisme n'est pas absent.
******

Si le voyage est l'occasion de s'interroger sur ses racines pour construire son identité, passion américaine s'il en est, d'autres niveaux de lectures semblent possibles, à l'instar de Macbeth et cet emboîtement de pièces de théâtre. La relation entre Jonathan, apprenti écrivain, et Alex laisse apparaître la construction d'un roman sur ce voyage, lequel est l'occasion de voir émerger certaines interrogations : le sens (et la légitimité ?) de la vérité derrière les mots en dehors de l'expérience sensible des "témoins de l'histoire", la possibilité d'un travail sur la mémoire ainsi que l'héritage que cette mémoire laisse. Aussi, la quête par Jonathan de la femme qui aurait sauvé son grand-père des nazis apparaît presque secondaire.

La dernière page tournée et le livre refermé, il reste une oeuvre, habitée par un humour rempli d'une certaine gravité, le seul moyen d'exprimer le plus justement possible la tristesse qui traverse les personnages et les événements relatés. Et l'amour... Mais au final tout est illuminé...

A noter que l'auteur, végétarien convaincu semble-t-il, a également publié "Faut-il manger les animaux". Quelques unes de ses convictions se retrouvent d'ailleurs dans le personnage de Brod (p96-97). Critique de l'ouvrage sur reflets de mes lectures...
PS : critique parue sur le blog : myowntoshokan
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stcyr04
  17 avril 2016
Tout est illuminé est un roman savoureux et drôle, basé sur des prémisses qui n'ont rien de réjouissant et qui sont, pour tout dire, dramatiques. Jonathan Safran Foer se met lui-même en scène, en jeune écrivain américain, débarqué en Ukraine afin de retrouver ses origines, à la recherche des vestiges d'un village, que les Nazis détruisirent en leur temps, en massacrant la quasi totalité de ses ressortissants juifs. Il y aurait eu évidemment de quoi sombrer dans le pathos le plus naturel : que nenni, c'est un roman qui s'avère à la lecture absolument débridé et original.
S'étant adressé à une agence de voyage russe apportant son concours aux touristes américains en quête des lieux où vivaient leurs ancêtres, Jonathan se voit affublé d'une sacrée équipe de bras cassés pour l'assister dans ses recherches. Alex Perchov, son "traducteur", baragouine un anglais des plus baroques, à la limite du compréhensible; le chauffeur-guide de l'équipée n'est autre que le grand-père de ce dernier : bourru, plutôt ignare pour un guide, disposé à la sieste impromptue et impérieuse, il est d'une utilité toute relative. Ajoutez une chienne pétomane, nommée Sammy Davis Junior, dont l'affection intempestive afflige notre héros cynophobe, vous obtiendrez notre fine équipe. Toute la narration de cette partie du récit est prise en charge par Alex, dont le jargon truffé de barbarismes, demande une bonne aptitude chez le lecteur à l'interprétation par analogie. S'intercale régulièrement, en interrompant cette trame, la chronique pittoresque et familiale, échelonnée sur cent cinquante ans, du village en question, et dont le héros-narrateur assume le récit. Enfin, quelque lettres savoureuses du dénommé Alex à Jonathan, devenu entre-temps son ami et rentré depuis au Etats-Unis, apporte un contrepoint et une mise en abîme des plus drolatiques, à un récit qui regorge d'humour malgré la gravité du sujet traité et le drame sous-jacent.

Certes, on peut considérer les passages de baragouinage du piteux traducteur comme de l'anti-littérature; il est vrai qu'un léger temps d'adaptation est nécessaire au lecteur, mais très vite on n'a de cesse d'attendre ces savoureux interludes du slave estropiant allègrement l'anglais, dans un choc des cultures cocasse. Roman polyphonique, burlesque, foisonnant, audacieux dans sa conception, ce roman est une prouesse, il accomplit le tour de force d'égayer une situation dont les fondements sont tragiques.
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Allantvers
  18 novembre 2014
Qui a dit que le creative writing desservait la littérature américaine en la normalisant à l'excès?!
(Réponse : ma libraire, et je ne suis pas d'accord avec elle)
En tout cas ici, l'écriture à plusieurs voix (un des gimmick du creative writing) enrichit le récit d'une manière qui m'a tout à fait séduite :
A la voix bouffonnante du road movie de ce jeune écrivain juif américain qui vient rechercher ses racines européennes, se mêle celle, tout en classicisme et délicatesse, de l'histoire ressuscitée de la civilisation juive des shetl d'Europe, haute en couleur et riche de sa longue culture, avant la grande désolation.
Et c'est bien ce jeu de contrastes saisissant: passé/présent, burlesque/tragique qui permet de redonner vie comme rarement à ce village ukrainien.
Une prouesse littéraire, qu'un peu de technique ne fait que renforcer!
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Hillel
  18 octobre 2012
Attention chef d'oeuvre.
Pour ma part mon livre par excellence! Celui qui allie tout ce que j'aime, humour, émotion, romance, L Histoire, une histoire...
Un de mes rares livres cultes.
Attention lecteurs classiques s'abstenir! Tout est original et surprenant!
Ce livre est certes décalé et drôle... mais tant d'intelligence, de finesse dans l'humour, d'émotion, de justesse!!!!
C'est un énorme détour littéraire. L'auteur a eu le talent d'écrire ce roman à 25 ans!!! Que de brio si jeune!
Impossible de rester insensible à ce récit à 3 voix... un narrateur ukrainien dans un langage impossible, un jeune américain en recherche de racines... et ces personnages d'une autre époque, haut en couleurs, qui ont vécu bien des épreuves et des persécutions...
Des larmes ont coulé, et pourtant jamais l'auteur ne tombe dans le pathétique. Tout le talent du roman est de jouer sur un fil, toujours à la limite entre humour et émotion, entre dérision et psychologie, entre souvenir et tabou!
Je le redis, c'est du très lourd! Certains le verront dans le premier sens du terme, moi je l'affirme c'est du lourd car pour moi c'est du très GRAND roman, de ceux qu'on n'oublie pas!!!
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cecile70
  05 août 2019
Ayant lu "extrêmement fort et incroyablement près", je me rappelais simplement que Jonathan Safran Foer avait une écriture particulière dans laquelle je souhaitais me replonger.
Ce n'est pas une lecture "facile", parfois saccadée, des flash back réguliers, des personnages qu'il faut comprendre, un auteur qui parle de lui à la troisième personne, certains passages dont on ne sait pas s'ils sont réels ou imaginaires mais... texte bourré d'humour, des petits passages partout où il faut en saisir le sens et beaucoup de réflexion... voilà une fois de plus la recette de Jonathan Safran Foer.
On le rencontre ici, à la recherche de son passé, en Ukraine, parmi une famille juive. Entre croyance et réalité, il faut arriver à suivre le fil mais j'ai beaucoup apprécié ce livre, tout comme je peux comprendre ceux pour qui ça n'a pas été le cas.
Un seul conseil : lisez-le afin de pouvoir vous faire votre propre opinion.
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Citations et extraits (25) Voir plus Ajouter une citation
EipocaEipoca   03 janvier 2012
"Pourquoi voulez-vous écrire?" "Je ne sais pas. Avant je pensais que j'étais né pour ça. Non, je ne l'ai jamais vraiment pensé. C'est un truc qu'on dit." "Non, pas du tout, je pense vraiment que je suis né pour être comptable." "Vous avez de la chance." "Peut-être vous êtes né pour écrire?" "Je ne sais pas. Peut-être. C'est terrible à dire. Minable." "Ce n'est ni terrible ni minable." "C'est si difficile de s'exprimer." "Je comprends ceci." "Je veux m'exprimer." "La même chose est vraie pour moi.""Je cherche ma voix." "Elle est dans votre bouche."
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rkhettaouirkhettaoui   08 février 2020
C’est très utile pour moi de connaître les expressions correctes. C’est nécessaire. Je sais que tu m’as demandé de ne pas altérer les fautes parce qu’elles font humoristique, et qu’humoristique est la seule véridique façon de raconter une histoire triste, mais je pense que je vais les altérer. S’il te plaît ne me déteste pas.
J’ai bien façonné toutes les autres corrections que tu commandais. J’ai inséré ce que tu as ordonné dans la partie de quand je t’ai rencontré la première fois. (Penses-tu en vérité que nous sommes comparables ?) Comme tu l’as commandé, j’ai retiré la phrase « Il était gravement petit », et inséré à sa place, « Comme moi, il n’était pas grand. » Et après la phrase « “Oh”, dit grand-père, et j’ai perçu qu’il se départait encore d’un rêve », j’ai ajouté, comme tu commandais, « Au sujet de grand-mère ? »
Avec ces changements, j’ai confiance que la deuxième partie de l’histoire est parfaite. J’ai été incapable d’ignorer d’observer que tu m’as encore posté de la numéraire.
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rkhettaouirkhettaoui   08 février 2020
Il s’éveillait chaque matin avec le désir de bien faire, d’être quelqu’un de bien et dont la vie aurait un sens, d’être, aussi simple que cela paraisse et aussi impossible que c’était en réalité, heureux. Et dans le cours de chacune de ses journées, son cœur descendait de sa poitrine à son ventre. Dès le début de l’après-midi, il était envahi par le sentiment que rien n’était bon, ou bon pour lui en tout cas, et par le désir d’être seul. Quand venait le soir, son désir était satisfait : seul dans l’immensité de son chagrin, seul dans sa culpabilité sans but,seul même dans sa solitude. Je ne suis pas triste, se répétait-il sans cesse, je ne suis pas triste. Comme s’il avait pu réussir à s’en convaincre un jour. Ou à se duper. Ou à en convaincre les autres – la seule chose qui soit pire qu’être triste, c’est que les autres sachent qu’on est triste.
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Bruno_CmBruno_Cm   26 décembre 2013
"Il faut que ce soit un secret entre nous."
C'est cette dernière chose qu'il dit qui laissait la marque la plus permanente sur mon cerveau. Je ne m'en étais pas avisé avant qu'il l'articule, mais nous avons un secret. Nous avons une chose parmi nous que personne d'autre au monde ne sait, ou ne pourrait savoir. Nous avons un secret ensemble, et nous ne sommes plus séparés.
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bibliophagebibliophage   17 juillet 2009
(incipit)

OUVERTURE AU COMMENCEMENT D'UN TRES RETIF VOYAGE

Légalement, je m'appelle Alexandre Perchov. Mais mes nombreux amis me surnomment tous Alex, version plus flasque à articuler de mon nom légal.
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Videos de Jonathan Safran Foer (59) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Jonathan Safran Foer
Jonathan Safran Foer L'Avenir de la planète commence dans notre assiette
Rencontre animée par Nelly Kaprièlian - Interprète : Marguerite Capelle
Le réchauffement climatique est la question cruciale de notre époque. Dans L'avenir de la planète commence dans notre assiette, Jonathan Safran Foer l'affronte à sa façon, une façon surprenante, créative et engagée. L'angle qu'il privilégie est celui de l'élevage intensif des animaux pour la consommation de viande, une aberration écologique et morale aux conséquences désastreuses, qui pourrait bien détruire notre planète. L'auteur analyse avec empathie et humour les défis auxquels nous avons à faire face et propose des solutions concrètes. Avec ce texte qui est peut-être, en fin de compte, un essai très optimiste il nous dit qu'il n'est jamais trop tard pour inverser la tendance.
Né en 1977, Jonathan Safran Foer est l'auteur de Tout est illuminé (L'Olivier, 2003), Extrêmement fort et incroyablement près (L'Olivier, 2006), Faut-il manger les animaux ? (L'Olivier, 2011) et Me Voici (L'Olivier, 2017) qui ont tous rencontré un grand succès public et critique.
À lire – Jonathan Safran Foer, L'Avenir de la planète commence dans notre assiette, trad. de l'anglais (américain) par Marc Amfreville, Éditions de l'Olivier, 2019. Le Mardi 15 octobre 2019 - 19H00
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