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Jacqueline Huet (Traducteur)Jean-Pierre Carasso (Traducteur)
ISBN : 2020638894
Éditeur : Seuil (17/03/2004)

Note moyenne : 3.81/5 (sur 215 notes)
Résumé :
Jonathan Safran Foer fait partie de ces écrivains inventifs qui conçoivent la littérature comme "un désordre des dents".

Maniant le verbe avec une rare dextérité, il fait subir au langage toutes les distorsions possibles sans que cela jamais ne vire à l'exercice de style ou à l'incompréhension fumeuse.

Parce que ce jeune auteur américain a trouvé en littérature le meilleur prétexte qui soit pour nous entraîner à la suite de ses phrase... >Voir plus
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Critiques, Analyses & Avis (21) Voir plus Ajouter une critique
stcyr04
17 avril 2016
Tout est illuminé est un roman savoureux et drôle, basé sur des prémisses qui n'ont rien de réjouissant et qui sont, pour tout dire, dramatiques. Jonathan Safran Foer se met lui-même en scène, en jeune écrivain américain, débarqué en Ukraine afin de retrouver ses origines, à la recherche des vestiges d'un village, que les Nazis détruisirent en leur temps, en massacrant la quasi totalité de ses ressortissants juifs. Il y aurait eu évidemment de quoi sombrer dans le pathos le plus naturel : que nenni, c'est un roman qui s'avère à la lecture absolument débridé et original.
S'étant adressé à une agence de voyage russe apportant son concours aux touristes américains en quête des lieux où vivaient leurs ancêtres, Jonathan se voit affublé d'une sacrée équipe de bras cassés pour l'assister dans ses recherches. Alex Perchov, son "traducteur", baragouine un anglais des plus baroques, à la limite du compréhensible; le chauffeur-guide de l'équipée n'est autre que le grand-père de ce dernier : bourru, plutôt ignare pour un guide, disposé à la sieste impromptue et impérieuse, il est d'une utilité toute relative. Ajoutez une chienne pétomane, nommée Sammy Davis Junior, dont l'affection intempestive afflige notre héros cynophobe, vous obtiendrez notre fine équipe. Toute la narration de cette partie du récit est prise en charge par Alex, dont le jargon truffé de barbarismes, demande une bonne aptitude chez le lecteur à l'interprétation par analogie. S'intercale régulièrement, en interrompant cette trame, la chronique pittoresque et familiale, échelonnée sur cent cinquante ans, du village en question, et dont le héros-narrateur assume le récit. Enfin, quelque lettres savoureuses du dénommé Alex à Jonathan, devenu entre-temps son ami et rentré depuis au Etats-Unis, apporte un contrepoint et une mise en abîme des plus drolatiques, à un récit qui regorge d'humour malgré la gravité du sujet traité et le drame sous-jacent.

Certes, on peut considérer les passages de baragouinage du piteux traducteur comme de l'anti-littérature; il est vrai qu'un léger temps d'adaptation est nécessaire au lecteur, mais très vite on n'a de cesse d'attendre ces savoureux interludes du slave estropiant allègrement l'anglais, dans un choc des cultures cocasse. Roman polyphonique, burlesque, foisonnant, audacieux dans sa conception, ce roman est une prouesse, il accomplit le tour de force d'égayer une situation dont les fondements sont tragiques.
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kurisu
25 mars 2012
"Tout est illuminé" m'est tombé dessus presque par voie détournée, à la suite de la découverte de l'adaptation au cinéma du roman. Surprenante bande annonce, si bien mise en valeur par la musique de Devotchka. Il me fallait lire le livre. Celui-ci fut bien différent de ce que j'avais pu imaginer. En effet, l'oeuvre est complexe et ne se laisse pas aisément enfermer dans une analyse synthétique : d'autres chroniques mettraient en avant des aspects ou un ressenti bien différent de ce qui pourrait être relaté ici.
Formellement, le roman est une alternance, d'une part, de lettres et de témoignages écrits dans un anglais approximatif ("broken english") par un ukrainien, Alex, à un américain juif, Jonathan Safran Foer à la recherche de ses origines en Ukraine, et, d'autre part, de la chronique poétique de Jonathan sur l'histoire d'un Shtelt, village juif local.
L'histoire proprement dite se déroule sur deux lignes temporelles, celle du voyage de Jonathan - alors qu'Alex lui servait de guide avec son grand père - et de ses conséquences sur les protagonistes, et celle de l'histoire des ancêtres de Jonathan dans le shtelt, de la fin du 18e siècle à la seconde guerre mondiale.
Après un instant de désorientation, la lecture des parties attribuées à Alex n'est jamais pesante et révèle autant la maitrise du langage de l'auteur que la grande qualité de la traduction ... En effet, s'il m'est déjà arrivé de lire des textes de personnes qui voulaient "ré-inventer" la langue, le résultat était souvent atroce, ou en tout cas "il piquait les yeux".
Ici, le décalage de langage de l'ukrainien, semble choisi avec attention, toujours avec sa cohérence propre, millimétré. En vérité, pour arriver à ce niveau là il est nécessaire d'avoir une grande maîtrise du style.
Quant à la partie relative à l'histoire du village, elle possède quelques très beaux passages au service d'une histoire dont le lyrisme n'est pas absent.
******

Si le voyage est l'occasion de s'interroger sur ses racines pour construire son identité, passion américaine s'il en est, d'autres niveaux de lectures semblent possibles, à l'instar de Macbeth et cet emboîtement de pièces de théâtre. La relation entre Jonathan, apprenti écrivain, et Alex laisse apparaître la construction d'un roman sur ce voyage, lequel est l'occasion de voir émerger certaines interrogations : le sens (et la légitimité ?) de la vérité derrière les mots en dehors de l'expérience sensible des "témoins de l'histoire", la possibilité d'un travail sur la mémoire ainsi que l'héritage que cette mémoire laisse. Aussi, la quête par Jonathan de la femme qui aurait sauvé son grand-père des nazis apparaît presque secondaire.

La dernière page tournée et le livre refermé, il reste une oeuvre, habitée par un humour rempli d'une certaine gravité, le seul moyen d'exprimer le plus justement possible la tristesse qui traverse les personnages et les événements relatés. Et l'amour... Mais au final tout est illuminé...

A noter que l'auteur, végétarien convaincu semble-t-il, a également publié "Faut-il manger les animaux". Quelques unes de ses convictions se retrouvent d'ailleurs dans le personnage de Brod (p96-97). Critique de l'ouvrage sur reflets de mes lectures...
PS : critique parue sur le blog : myowntoshokan
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Allantvers
18 novembre 2014
Qui a dit que le creative writing desservait la littérature américaine en la normalisant à l'excès?!
(Réponse : ma libraire, et je ne suis pas d'accord avec elle)
En tout cas ici, l'écriture à plusieurs voix (un des gimmick du creative writing) enrichit le récit d'une manière qui m'a tout à fait séduite :
A la voix bouffonnante du road movie de ce jeune écrivain juif américain qui vient rechercher ses racines européennes, se mêle celle, tout en classicisme et délicatesse, de l'histoire ressuscitée de la civilisation juive des shetl d'Europe, haute en couleur et riche de sa longue culture, avant la grande désolation.
Et c'est bien ce jeu de contrastes saisissant: passé/présent, burlesque/tragique qui permet de redonner vie comme rarement à ce village ukrainien.
Une prouesse littéraire, qu'un peu de technique ne fait que renforcer!
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Hillel
18 octobre 2012
Attention chef d'oeuvre.
Pour ma part mon livre par excellence! Celui qui allie tout ce que j'aime, humour, émotion, romance, L Histoire, une histoire...
Un de mes rares livres cultes.
Attention lecteurs classiques s'abstenir! Tout est original et surprenant!
Ce livre est certes décalé et drôle... mais tant d'intelligence, de finesse dans l'humour, d'émotion, de justesse!!!!
C'est un énorme détour littéraire. L'auteur a eu le talent d'écrire ce roman à 25 ans!!! Que de brio si jeune!
Impossible de rester insensible à ce récit à 3 voix... un narrateur ukrainien dans un langage impossible, un jeune américain en recherche de racines... et ces personnages d'une autre époque, haut en couleurs, qui ont vécu bien des épreuves et des persécutions...
Des larmes ont coulé, et pourtant jamais l'auteur ne tombe dans le pathétique. Tout le talent du roman est de jouer sur un fil, toujours à la limite entre humour et émotion, entre dérision et psychologie, entre souvenir et tabou!
Je le redis, c'est du très lourd! Certains le verront dans le premier sens du terme, moi je l'affirme c'est du lourd car pour moi c'est du très GRAND roman, de ceux qu'on n'oublie pas!!!
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Eric75
29 janvier 2011
J'avais acheté ce livre car la dernière de couverture me faisait penser immanquablement à l'extraordinaire livre de Daniel Mendelsohn "Les Disparus". Presque la même histoire : un américain d'origine juive et en quête de ses origines recherche les traces de sa famille en Ukraine, on apprend que ses ancêtres sont tous originaires du même shtetl (village) quasiment rayé de la carte par les nazis au cours de la seconde guerre mondiale. Mais ici s'arrête la ressemblance.
Autant le livre de Mendelsohn est prenant, sincère et émouvant, rigoureux et honnête, profondément humain, autant ici, il semble que l'on ait affaire à une mauvaise blague de potache. Un style cabotin, m'as-tu-vu, des digressions pseudo-intellectuelles pour faire du remplissage (l'indigeste Livre des antécédents), des anecdotes farfelues façon Tex Avery et hors de propos (la scie), des personnages peu crédibles (à peu près tous : le grand-père chauffeur et supposé aveugle, le "héros" qui n'interagit jamais avec sa propre histoire, le chien cinglé, Augustine et ses cartons...) et une écriture insupportable, surtout lorsqu'il s'agit du narrateur ukrainien parlant mal l'anglais et donc difficilement traduisible en français (à ce propos, je tire mon chapeau aux traducteurs pour ce travail ingrat : comment reproduire fidèlement un mauvais texte bourré d'erreurs sans que cela passe parfois pour une mauvaise traduction ?)
Là où certains ont vu une originalité de style, je n'ai vu qu'artifices infligés au lecteur. J'attendais autre chose du "meilleur livre de l'année 2002" selon le Times.
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Citations & extraits (10) Voir plus Ajouter une citation
EipocaEipoca03 janvier 2012
"Pourquoi voulez-vous écrire?" "Je ne sais pas. Avant je pensais que j'étais né pour ça. Non, je ne l'ai jamais vraiment pensé. C'est un truc qu'on dit." "Non, pas du tout, je pense vraiment que je suis né pour être comptable." "Vous avez de la chance." "Peut-être vous êtes né pour écrire?" "Je ne sais pas. Peut-être. C'est terrible à dire. Minable." "Ce n'est ni terrible ni minable." "C'est si difficile de s'exprimer." "Je comprends ceci." "Je veux m'exprimer." "La même chose est vraie pour moi.""Je cherche ma voix." "Elle est dans votre bouche."
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bibliophagebibliophage17 juillet 2009
(incipit)

OUVERTURE AU COMMENCEMENT D'UN TRES RETIF VOYAGE

Légalement, je m'appelle Alexandre Perchov. Mais mes nombreux amis me surnomment tous Alex, version plus flasque à articuler de mon nom légal.
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bibliophagebibliophage17 juillet 2009
Je pensais autrefois que l'humour est la seule façon d'apprécier combien le monde est merveilleux et terrible, la seule façon de célébrer l'énormité de la vie. [...] Mais maintenant, je pense que c'est le contraire. L'humour est une façon de se recroqueviller pour échapper à ce monde merveilleux et terrible.
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Bruno_CmBruno_Cm26 décembre 2013
NOUS, LES JUIFS
Les juifs sont ces choses que Dieu aime. Puisque les roses sont belles, nous devons supposer que Dieu les aime. Par conséquent, les roses sont juives. Selon le même raisonnement, tous les enfants sont juifs, l'"art" joli est juif (Shakespeare n'était pas juif, mais Hamlet l'était, et la sexualité, accomplie entre mari et femme dans une position bonne et convenable, est juive. La chapelle Sixtine était-elle juive ? Il t'est vivement conseillé de le croire.
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Bruno_CmBruno_Cm26 décembre 2013
(Je dois t'informer Jonathan, que je suis une personne très triste. Je suis toujours triste, je crois. Peut-être cela signifie-t-il que je ne suis pas triste du tout, parce que la tristesse est quelque chose d'en-dessous de notre disposition normale et que je suis toujours la même chose. Peut-être suis-je la seule personne au monde, alors, qui ne deviens jamais triste. Peut-être que j'ai de la chance.)
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