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EAN : 9782130834250
Presses Universitaires de France (02/02/2022)
3.5/5   5 notes
Résumé :
Peut-on jouir, dans un monde injuste, sans être complice de l'injustice ? La question se pose aujourd'hui alors que nos plaisirs, qu'ils soient érotiques, alimentaires ou festifs, semblent formatés par le capitalisme contemporain et butent sur des impératifs politiques nouveaux : le refus de la violence patriarcale, la préservation du vivant, les exigences sanitaires. Plutôt que de céder à l'ascèse, ce livre nous invite à redécouvrir la dimension politiquement subve... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (2) Ajouter une critique
Chestakova
  28 avril 2022
Une réflexion originale et intéressante sur le plaisir comme élément constituant à part entière de la sphère du politique. Je ne suis pas particulièrement familière des ouvrages de philosophie mais cette plongée dans les idées m'a séduite, parce qu'elle est étroitement liée à nos sociétés contemporaines. Elle a pu ainsi me donner des pistes nouvelles d'interrogation, autant d'occasions de mesurer mes engagements aux nombreux impératifs de changement du monde. L'avant-propos fait entrer de plein pied dans la dimension politique du plaisir à travers ses réalités contrastées dans le contexte des classes sociales ; l'auteur puise ses exemples dans l'histoire et la littérature : la joie affirmée fièrement dans les occupations d'usine et les grèves du front populaire et, sous la plume se Zola, le regard envieux du bourgeois Hennebeau qui surprend dans les fourrés les étreintes à peine cachées des ouvriers. Oui, le plaisir immédiat des corps renvoie à la question de ce qu'il représente dans l'ordre social, à la fois dans le concret du réel et dans l'imaginaire rêvé d'une autre société à construire. L'auteur développe cette idée et recherche leur écho dans les écrits philosophiques qui ont marqué la deuxième moitié du vingtième siècle en France. Il nous propose ainsi d'explorer les écrits de Gilles Deleuze et Michel Foucault mais aussi ceux de Georges Friedmann. Il brosse par souci d'une démonstration par l'absurde, le portrait du « réactionnaire bon vivant » dans son rapport au plaisir et démontre ainsi que la gauche en est fort éloignée, les renoncements de la social-démocratie mis à part. On retiendra l'évocation heureuse de la Commune de Paris et le Manifeste de la Fédération des artistes rédigé par Eugène Pottier, qui évoque le « luxe communal » appliqué loin de toute utopie, à l'éducation gratuite et laïque (bien avant les lois de 1981 et 1905) une éducation « polytechnique » qui abolit l'opposition entre travail manuel, intellectuel et artistique. L'épilogue du livre nous confronte aux défis du temps présent, le plaisir est affirmé comme une donnée incontournable de toute réalité sociale autant que de sa transformation, mai 68 bien sûr est évoqué mais au-delà, les enjeux des révolutions à venir sont cités : renverser la destruction programmée de la planète par la logique du capitalisme, rétablit à gauche la dimension désirable des projets politiques.
Une lecture stimulante.
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BlackRadis
  11 mai 2022
Cet essai de philosophie est consacré au plaisir.
Mais ses motifs immédiats sont politiques : il est devenu urgent de réfléchir (à nouveau) sur la dimension émancipatrice du plaisir.
L'auteur commence en convoquant Zola et Simone Weil.
Le plaisir (charnel ou à occuper les usines) n'attend pas, nous disent-ils...
Et l'auteur aussi...
N'attendons pas la révolution pour prendre du plaisir...
Et que contrairement à ce que pensent certains, jouir dans un monde injuste n'est pas forcément une compromission.
Le plaisir se partage, il ne faut pas le confondre avec l'individualisme consumérisme...
L'auteur à la fin de cet essai aussi passionnant que revigorant, explore une troisième voie, entre une domestication des corps par le consumérisme et une protestation ascétique contre un monde injuste...
Il y a un passage amusant sur les jeunes et vieux réactionnaires bon vivant (Onfray, Ferry sont cités mais on peut aussi penser à Badiou, Bruckner, Finkelkraut, liste hélas non-exhaustive....).
Quant aux jeunes, certains font du Nietzsche mal compris, avec une interprétation du surhomme digne des Monty Pithon...
Longtemps on a associé plaisir, comme Deleuze, au bourgeois repu.
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critiques presse (2)
Telerama   04 mai 2022
Vous partagez la mélancolie de gauche de Vincent, François, Paul et les autres, ou vous préférez la gaillardise gourmande des Tontons flingueurs, aujourd’hui revendiquée par la droite ? Résumé abrupt, forcément trop abrupt, d’une question explorée philosophiquement (avec moult références au cinéma) par Michaël Fœssel dans son dernier essai, Quartier rouge.
Lire la critique sur le site : Telerama
Bibliobs   04 février 2022
Le philosophe Michaël Fœssel invite la gauche à renouer avec les traditions qui articulent plaisir et émancipation.
Lire la critique sur le site : Bibliobs
Citations et extraits (1) Ajouter une citation
BlackRadisBlackRadis   22 avril 2022
En politique, les seules expériences prometteuses sont celles d'où la terreur et la honte sont absentes. Si elle s'en souvient, la gauche découvrira peut-être que même minoritaire dans les esprits, elle demeure majoritaire dans les corps.
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Videos de Michaël Foessel (10) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Michaël Foessel
Peut-on encore être de gauche et aimer le steak frites? C'est la question que semble poser le dernier livre, "Quartier Rouge ", du philosophe Michaël Foessel. Dans ce nouvel essai, il montre le pouvoir politique du plaisir, des occupations joyeuses d'usines à la colère suscitée par la fermeture des théâtres et des bars lors des confinements.
La gauche progressiste est en effet accusée d'être de plus en plus moraliste et ascétique, entre obligation de modération à l'aune de la crise climatique et souci de l'auto-critique face aux minorités. La droite hédoniste aurait pris la défense du plaisir.
L'auteur montre qu'il est devenu urgent de réfléchir à nouveau sur la dimension émancipatrice du plaisir. En effet, on a aujourd'hui tendance à porter une attention de plus en plus exclusive à la souffrance ou au désir comme origine de la critique sociale. Or le plaisir a une vraie valeur politique. Il permet au discours de rejoindre le réel.
Le plaisir devrait donc redevenir un enjeu pour la gauche. Ses principes n'ayant plus d'effet dans le réel. le parti socialiste a en outre abandonné la promesse que portait son emblème - le poing et de la rose dont les épines servent d'avertissement : le plaisir et la joie ont le pouvoir de subvertir l'ordre établi. Un pouvoir de subversion et d'émancipation du plaisir qu'il faudrait réhabiliter aujourd'hui, à l'heure où le capitalisme prétend avoir formaté notre bonheur.
Olivia Gesbert invite à sa table Michaël Foessel, philosophe et professeur à l'Ecole polytechnique.
#philosophie _____________
Prenez place à La Grande Table pour rencontrer d'autres personnalités qui font l'actualité des idées https://www.youtube.com/watch?v=JDYyX3huGpU&list=PLKpTasoeXDrpsBVAaqJ_sANguhpPukaiT&index=3&ab_channel=FranceCulture ou sur le site https://www.franceculture.fr/emissions/la-grande-table-2eme-partie
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