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Critique de Ode


Ode
  10 avril 2013
Un chef-d'oeuvre ne devrait pas avoir de suite...

Dans "Un monde sans fin", le souffle qui animait "Les Piliers de la Terre" s'est tari, découvrant les ficelles d'un roman qui n'est qu'un ersatz du premier. Je comprends que pour un auteur, il est difficile de s'abstenir de surfer sur la vague d'un tel succès que celui des Piliers. D'ailleurs, pour produire cette suite en 2007, Ken Follett a pris sa mission au sérieux : il y a du texte (1300 pages), une ribambelle de personnages, des rebondissements, de belles descriptions d'architecture... Mais cette fois, la quantité l'emporte sur la qualité et c'est bien dommage.

J'aurais tant aimé en savoir plus sur les descendants de Jack et d'Aliena. Or deux siècles plus tard, en 1327, tout a changé à Kingsbridge et seul Merthin présente une parenté avec les héros du premier roman. Nous voilà parachutés dans de nouvelles familles et d'autres intrigues, avec pourtant une forte impression de déjà lu.

La scène d'ouverture et son mystérieux parchemin annoncent de nouveau un complot touchant la royauté. Pour Merthin, les difficultés techniques de la construction du pont remplacent celles du toit de la cathédrale de Kingsbridge. le manichéisme des protagonistes est encore plus marqué que dans l'opus précédent, avec des gentils qui confinent à la bêtise, et des méchants carrément malsains. La personnalité de Caris rappelle celle d'Aliena, bien que son esprit d'entreprise et d'indépendance, poussé à l'extrême, semble trop moderne pour le XIVe siècle. Les sombres manigances de frère Godwyn se font l'écho de celles de Waleran...

Mais la plus flagrante similitude touche un autre roman de Ken Follett, écrit en 1993 : "La Marque de Windfield", se déroulant dans l'Angleterre victorienne. La malfaisance de Micky Miranda (accueilli comme un fils par la famille Pilaster) et son trouble pour Mrs Augusta Pilaster sont repris dans le personnage abject de Ralph (élevé comme le frère du bon Merthin) et son obsession pour dame Philippa. Dans Les Piliers de la Terre, William Hamleigh était infâme, mais on pouvait encore comprendre ses motivations. Ici, Ralph incarne le mal jusqu'à l'indigestion. Ses délires pervers et sa violence gratuite – surtout envers les femmes – m'ont gâché la lecture.

Celles et ceux qui n'ont pas encore lu "La Marque de Windfield" et qui auront pris le temps d'oublier "Les Piliers de la Terre" apprécieront sans doute le divertissement offert par "Un monde sans fin". Pour ma part, je n'ai pas détesté, mais la grâce s'est enfuie.
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