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EAN : 9782075195812
72 pages
Gallimard Jeunesse (17/08/2023)
4.4/5   272 notes
Résumé :
Rosalie a cinq ans et demi. Son père est au front et sa mère travaille à l'usine. Alors, même si elle n'a pas encore l'âge, Rosalie passe ses journées à l'école, dans la classe des grands. On croit qu'elle rêve et dessine en attendant le soir. Mais Rosalie s'est fabriqué une mission, comme celles des véritables soldats. Elle est capitaine et elle a un plan.
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Critiques, Analyses et Avis (137) Voir plus Ajouter une critique
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Aujourd'hui c'est mercredi et mercredi, c'est... ?
« Les histoires à Berni ! » Cette fois, les enfants ont crié à l'unisson ces quelques mots comme un cri de ralliement.
La maîtresse d'école, Sandrine s'est tout d'abord adressé à ses élèves avant de me laisser la parole. « Aujourd'hui, nous accueillons une nouvelle élève, la petite Sylvie ». Elle a fait un geste pour accueillir la petite Sylvie. Tous les élèves ont dit d'une seule et même voix : « Bonjour, Sylvie ! » Celle-ci sans se laisser intimider leur a répondu : « Salut les poteaux ! »
Une fois n'est pas coutume, la petite Doriane est arrivée en retard. Elle est entrée dans la classe, tout essoufflée, la bouche barbouillée de chocolat.
La petite Nico lui a lancé d'un air narquois : « Oh qu'il était bon le petit déjeuner ! Hein ? », tandis que le caméléon posé sur les épaules de son voisin le petit Paul lui faisait des yeux gourmands.
« J'avais oublié mon cahier et mon crayon, je suis revenu à la maison les chercher », avoua la petite Doriane pour se justifier. « Héhé, ricana la petite Nico on n'en a pas besoin, on est là juste pour écouter Berni ». La petite Doriane s'est approchée de sa camarade comme pour la narguer de son air pincé, en relevant la tête fièrement : « Mais moi Madame, je prends des notes parce que ce que dit Berni, c'est très intéressant ! »
« Ah, soupira Sandrine la maîtresse d'école en souriant et me regardant d'un air complice, ces deux-là, un vrai numéro de duettistes, je te jure... »
Alors, je me suis avancé vers les élèves, montrant la couverture du petit roman illustré que je tenais dans la main, Capitaine Rosalie.
« Je vais vous parler d'une guerre qui s'est déroulée dans notre pays il y a de nombreuses années, la guerre 14-18 qu'on appelle aussi la première guerre mondiale. Ma grand-mère a d'ailleurs connu cette guerre, elle avait vingt-quatre ans lorsque cette guerre commença, à peu près l'âge de la maman de Rosalie, le personnage dont je vais vous parler aujourd'hui. Et tout comme la maman de Rosalie, ma grand-mère fabriquait des obus dans une usine, car pratiquement tous les hommes en âge de combattre étaient déjà sur les champs de bataille. C'est pourquoi cette histoire me touche un peu aussi. »
Un long silence s'est posé dans l'assistance.
« Ta grand-mère a connu la guerre 14-18 ? Waouh ! », s'exclama alors la petite Anne-Sophie, me regardant de la tête aux pieds, j'ai eu alors l'impression qu'elle me prenait pour un vieux Monsieur et je vous avoue avoir été un peu vexé.
L'histoire se passe durant l'hiver 1917. Rosalie a cinq ans et demi. Son papa est à la guerre depuis trois ans déjà. Sa mère travaille à l'usine.
Alors, je demande pour savoir si tout le monde m'a bien écouté depuis le début : « Et que fabrique-t-elle à l'usine, la maman de Rosalie ? »
- Des chocolats ? a suggéré la petite Doriane avec un large sourire.
- C'est bien la peine de prendre des notes, s'est alors exclamé la petite Francine en haussant les épaules. Mais non, elle fabrique des bombes.
Alors, j'ai continué de raconter le récit.
Parfois son papa peut revenir leur rendre visite lorsqu'il obtient une permission, mais cela devient de plus en plus rare. Alors il écrit des lettres depuis le front, pour donner de ses nouvelles. Comme Rosalie ne sait pas encore lire, c'est sa maman qui lui lit les lettres. Rosalie aimerait apprendre à lire pour savoir lire à son tour les lettres expédiées par son papa, mais elle est encore trop petite...
Je leur montre les images de Rosalie traversant le paysage gris de ce roman illustré, puis dans la classe avec les autres élèves et l'instituteur qui est très gentil.
« Très gentil comme Sandrine ? », demanda la petite Anna. Et je crois que la maîtresse d'école a un peu rougi en souriant.
Les enfants ont alors remarqué que l'instituteur était amputé d'un bras, un bras qu'il avait perdu à la guerre...
Elle est toute petite, Rosalie, avec son grand béret noir vissé sur sa chevelure rousse, mais elle a du caractère et elle est déterminée. Alors, même si elle n'a pas encore l'âge, Rosalie passe ses journées à l'école, dans la classe des grands. On croit qu'elle rêve et dessine sur son cahier en attendant le soir. Elle est très discrète au fond de la classe, presque invisible. Rosalie s'est même investi d'une mission très importante à accomplir, comme celles des véritables soldats. Elle est capitaine et elle a un plan.
« Quelle mission ? a alors demandé le petit Jean-Michel très intrigué.
- Pour l'instant c'est encore une mission secrète, ai-je répondu d'un air mystérieux.
- Allez, on veut savoir ! dit le petit Pat.
- Oh, qu'il est impatient celui-là. Il veut toujours tout savoir lui, fit la petite Chrystèle en levant les yeux au plafond.
Alors, j'ai poursuivi le récit jusqu'au bout de l'histoire. J'ai raconté le destin de cette Rosalie traversant le paysage, traversant les pages de ce roman de sa silhouette à la fois fragile et si déterminée, sa chevelure rousse donnant une touche de chaleur au décor si gris, si froid de l'hiver...
Le fait que ce soit Rosalie qui raconte son récit a peut-être rendu plus crédible encore cette histoire, plus touchante aussi. La voix de Rosalie s'est imposée d'elle-même à mon auditoire. On aurait entendu une mouche voler. Jamais je ne les avais vu aussi attentifs, aussi pris dans l'histoire. J'ai vu la petite Fanny qui s'essuyait discrètement les yeux avec son mouchoir. le petit Pat en faisait tout autant. D'autres yeux étaient rouges, embuées d'un halo d'émotion qui venait de traverser la classe... Même les yeux du caméléon du petit Paul portaient aussi cette émotion. Je n'osais pas croiser le regard de Sandrine...
Il est vrai que le récit est prenant, l'auteur, Timothée de Fombelle, a su installer avec force ce petite personnage très attachant, qu'on voudrait protéger, à toutes forces... Il évoque l'enfance, ses rêves, ses combats, sa capacité de résilience avec une grâce et une sensibilité qui nous touchent. Cette histoire poignante est par ailleurs illustrée avec force et délicatesse par les dessins d'Isabelle Arsenault.
C'est une histoire sobre, pudique, qui permet d'aborder la guerre avec les enfants sans image traumatisante. C'est la guerre vue à travers les yeux d'une petite fille, la guerre et l'attente, les désillusions, les mensonges, les chagrins, la tendresse, la solidarité...
Comment parler de la guerre aux enfants ? Aujourd'hui, il y a des guerres dans d'autres pays, pas forcément très loin. Les enfants voient ces images aux actualités télévisées, des images parfois violentes, sans décryptage... Sandrine a alors évoqué la petite Maryna en classe de CE1 qui est arrivée ici au printemps dernier avec sa maman. Elles habitaient l'Ukraine jusqu'à ce que le pays connaisse cette guerre atroce.
Le papa de Maryna est resté à Kharkiv pour protéger son pays des envahisseurs, comme tous les hommes de là-bas en âge de combattre.
Tous les élèves ont alors regardé machinalement la cour de récréation vide, car c'était là qu'ils avaient fait la connaissance la première fois de la petite Maryna qui ne parlait pas encore le français, un matin du mois de mars dernier.
Il est terrible d'imaginer ces enfants séparés de leurs papas. L'attente, l'angoisse. L'innocence de l'enfance gâchée par la guerre.
Je pense que les enfants avaient déjà plein de questions dans la tête, des questions à poser dès le lendemain sur la cour de récréation à la petite Maryna, qui déjà commençait à bien parler le français... Lui demander peut-être aussi si elle était investie d'une mission secrète ?
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Incontestablement, "Capitaine Rosalie" sera l'un de mes plus beaux coups de coeur de l'année, en littérature jeunesse.

À cheval entre le roman illustré et l'album jeunesse, je ne saurais vous dire où le classer. Qu'importe, ce livre est magnifique.

Rosalie est une petite fille de 5 ans et demi, que le maître des grands accepte dans sa classe, au fond sur un banc, sous les porte-manteaux. Depuis que son père est au front (nous sommes en 1917), sa mère est contrainte de travailler à l'usine. Rosalie passe donc ses journées à dessiner dans son cahier, du moins c'est ce que tout le monde croit. En réalité, elle a un secret, elle s'est donnée une mission et ce cahier est un leurre...

J'ai emprunté ce livre, d'abord parce que je n'en entends que du bien, parce que j'aime beaucoup Timothée de Fombelle également, mais aussi parce que je me disais qu'il pourrait peut-être plaire à mon fils et qu'on pourrait le lire ensemble pour nos lectures à voix haute. Mais ayant pour thèmes "guerre" et "deuil" et sachant que mon hypersensible de fils déteste les histoires qui font pleurer, j'ai voulu le lire d'abord. Et bien, comment dire... Je n'ai pas mis 15 minutes pour le lire de bout en bout et j'ai fini en larmes (oui moi aussi, je suis ultra-émotive et ai la larme facile... mais contrairement au fiston j'aime les histoires bouleversantes). Donc bon... pas la peine de lui proposer...

Tant pis, je verrai dans quelques années avec mon cadet. En attendant, j'ai fait une très très belle découverte. La petite Rosalie est vraiment attachante et bouleversante. Son histoire, tragique, nous touche en plein coeur. Et c'est sa maman, impuissante et incapable de lui annoncer la dramatique nouvelle, qui m'a fait basculer dans les larmes.

Un mot sur les illustrations d'Isabelle Arsenault : sombres et belles tout à la fois, où l'on distingue la petite Rosalie au premier coup d'oeil grâce à sa chevelure couleur de feu. Vraiment très joli, tout en finesse et délicatesse.

Comme vous l'aurez déjà compris, j'ai beaucoup aimé. À la fois intense en émotions et tout en retenue, empli de sensibilité, de tendresse et de douceur, ce petit livre jeunesse va rester gravé en moi pendant un long moment.
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C est ma petite dévoreuse de livres qui a rapporté ce livre de l école. Ma fille l a beaucoup apprécié et comme toujours elle m a proposé de le lire aussi.

J ai énormément apprécié ma lecture et je comprends pourquoi il était dans la sélection des incorruptibles. Pour les ce2/cm1.
L écriture de Timothee de Fombelle se marie à merveille avec les illustrations d Isabelle Arsenault. C est doux et triste. Et plein d amour et d espoir.

C est une histoire très touchante.
Rosalie est une petite fille de 5 ans et demi. Nous sommes en 1917 et comme beaucoup d hommes, son papa est au front.
La maman de Rosalie fait de grosses journées à l usine d obus. le maitre des grands a accepté de la garder dans sa classe pendant que la maman travaille. La journée de Rosalie commence très tôt et se termine très tard. Mais personne ne la remarque. Elle se fait invisible. Rosalie est persuadée d avoir une mission à accomplir.

Terrible d imaginer ces enfants séparés de leurs papas. d'attendre leur retour dans l angoisse. Ces enfances gâchées par la guerre.

Comment ne pas être touchee par cette petite fille si sage, si courageuse, en quête de vérité.
C est une histoire poignante qui m a arraché quelques larmes.
C est une histoire pudique qui permet d aborder la guerre avec les enfants sans image traumatisante.

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Un album qui marie l'écriture sobre de Timothée de Fombelle et les illustrations délicates d' Isabelle Arsenault.
Rosalie n'a que 5 ans mais ses rêves de petite fille sont remplacés par la guerre qui gronde au loin, une guerre qui lui a enlevé son père, mobilisé sur le front, comme d'autres milliers de pères, maris et frères. En 1917, cette petite fille n'a que cette guerre comme souvenir. Il est loin le monde des fées, des princesses, des chevaliers et des dragons... A l'arrière, c'est essentiellement l'absence, mais aussi l'inquiétude et l'attente, des vies bouleversées.
D'autant que Rosalie est seule, sa mère est obligée de travailler en usine et elle se retrouve toute la journée à l'école. le maître revenu du front amputé d'un bras accepte de la garder au fond de la classe où tout le monde l'oublie. Mais elle a son précieux cahier, son trésor, dans lequel elle protège ses projets, ceux qu'elle imagine en tant que capitaine d'une armée.
Tout en pudeur et délicatesse, Timothée de Fombelle évoque la première guerre mondiale à travers les yeux d'une petite fille, une guerre subie et dissimulée derrière les mots de sa mère, derrière les mensonges et les non-dits bienveillants de tous les adultes qui l'entourent. C'est une écriture qui met en lumière le courage et la volonté d'une petite fille face à cette guerre qu'elle n'imagine même pas, une jeunesse qui veut vivre.
Les dessins presque en noir et blanc sont paradoxalement sombres et doux. La tristesse domine mais les quelques touches de couleurs ajoutent de l'espoir, c'est la flamboyance rousse de la chevelure de Rosalie, l'ardeur du feu qui crépite et réchauffe la salle de classe...
Ce livre n'est donc pas des plus joyeux, surtout avec son final bouleversant, mais il aborde tout de même avec finesse une période cruelle.
Un album qui évite les images brutales, les violences traumatisantes...mais qui suggère habilement la guerre et ses conséquences.
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Je ne connaissais pas du tout ce roman mais je me suis laissée tenter en voyant cette jolie couverture. de plus, une personne de la bibliothèque dans laquelle je travaille lui avait ajouté un sticker "coup de coeur" !

Pour l'histoire, elle se déroule en France, pendant la Première Guerre Mondiale, où Rosalie attend des nouvelles de son père, parti au front. Bien qu'elle ne soit pas en âge d'y être, la petite fille se retrouve dans l'école des grands : entre son père à la guerre et sa mère qui travaille à l'usine, il faut bien quelqu'un pour surveiller Rosalie ! Seulement, cette dernière s'est donné une mission : elle est désormais capitaine...

Les lecteur•rices en savent plus que Rosalie puisque la mère de cette dernière lui cache le contenu réel des lettres envoyées par son père. Bien que l'enfant soit en quête de la vérité, nous avons envie de la lui cacher, cette immonde et terrible vérité...

C'est un petit roman qui se lit très vite, agrémenté de jolies illustrations aux tons tristes comme l'est la guerre. C'est une histoire qui aborde la Grande Guerre, mais aussi la séparation entre une enfant et son père parti au front... C'est très touchant !
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critiques presse (6)
Ricochet
14 janvier 2019
Texte et illustration vibrent à l’unisson pour entraîner le lecteur jusqu’à la victoire finale qui n’est pas celle que l’on croit !
Lire la critique sur le site : Ricochet
Culturebox
12 décembre 2018
Rosalie s'est fixé une mission : apprendre à lire. Son arme à elle pour découvrir une vérité trop difficile à dire pour les adultes… avec les illustrations d'une grande douceur de la dessinatrice québécoise Isabelle Arsenault.
Lire la critique sur le site : Culturebox
Telerama
20 novembre 2018
Hiver 1917. Sagement assise au fond de la classe des grands, Rosalie s’est inventé une mission secrète qui lui permettra, tragiquement, de découvrir la vérité d’une guerre apparemment si loin de son village… L’esprit de l’enfance, sa force et son courage sont tout entiers dans ces pages.
Lire la critique sur le site : Telerama
LeFigaro
07 novembre 2018
Il y a une grande force qui se dégage des lignes écrites par Timothée de Fombelle. Une force de vie incarnée par le personnage de Rosalie. La fillette, croquée avec délicatesse par Isabelle Arsenault, a le don de marquer le lecteur par sa candeur et son courage. Un récit poignant sur la petite et la grande histoire de la Première Guerre mondiale.
Lire la critique sur le site : LeFigaro
Culturebox
22 octobre 2018
Confirmation s'il en faut du talent de ce grand auteur pour la jeunesse, ici mis en valeur par les illustrations sensibles et très belles de la dessinatrice québécoise Isabelle Arsenault.
Lire la critique sur le site : Culturebox
Lexpress
08 octobre 2018
C’est la Grande Guerre et la petite Rosalie a une mission secrète de la plus haute importance. Vraiment ? Timothée de Fombelle et Isabelle Arsenault nous font vibrer avec leur nouvelle héroïne, Capitaine Rosalie.
Lire la critique sur le site : Lexpress
Citations et extraits (23) Voir plus Ajouter une citation
Ma chérie, je pense à vous. Je sais que Rosalie est sage. Et que le maître d'école est content de l'avoir. Et toi, je sais que ton travail est fatigant. Tu aimerais passer plus de temps avec ta petite fille. Mais quand je mets un obus dans le canon, je me dis toujours que c'est peut-être toi qui l'as fabriqué à l'usine. Comme si tu étais à mes côtés dans la bataille. Oui, les dames nous aident en travaillant si dur dans ces usines, et les enfants nous soutiennent en prêtant leurs mamans et en les attendant sagement.
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Elle me montre un dessin au dos du papier, un trait de charbon qui dessine un paysage. Une forêt au loin et la terre retournée, juste devant, avec des soldats cachés dans des trous. Je reconnais la manière de dessiner de mon père. Je l'ai vu trois fois quand il est revenu en permission pour se reposer de la guerre. Il ne parlait presque pas mais il me serrait dans ses bras et il dessinait des chevaux sur la buée de la vitre. Je m'endors en pensant aux chevaux qui ruissellent sur la fenêtre.
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Les taches de rousseur sous mes yeux, les animaux que je dessine sur la page, les grandes chaussettes jusqu'aux genoux, tout cela n'est que du camouflage. On m'a dit que les soldats se cachent avec des fougères cousues sur leur uniforme. Moi, mes fougères sont des croûtes aux genoux, des regards rêveurs, des chansons que je fredonne pour avoir l'air d'une petite fille.
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Les taches de rousseur sous mes yeux, les animaux que je dessine sur la page, les grandes chaussettes jusqu'aux genoux, tout cela n'est que du camouflage. On m'a dit que les soldats se cachent avec des fougères cousues sur leur uniforme. Moi, mes fougères sont des croûtes aux genoux, des regards rêveurs, des chansons que je fredonne pour avoir l'air d'une petite fille.
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"Elle est très fatiguée et j'aime cette fatigue. J'aime quand le courag l'abandonne et qu'elle a les yeux rouges. Mais très vite, elle se redresse et prend ma main.
- Regarde !
Elle sort de sa poche une enveloppe. Je reconnais les enveloppes blanches remplies de tampons, d'inscriptions noires et rouges. C'est une lettre de mon père.
- Viens, Rosalie. Je te la lirai.
Quand elle m'emmène en me tenant par la main, on ne peut rien voir sur mon visage. Je ne montre rien de mes pensées. Je sens les doigts de ma mère qui serrent très fort ma main tachée d'encre.
- Quand je reviendrai, j'emmènerai Rosalie à la pêche.
Allongée dans mon lit, je regarde ma mère qui est à côté avec la lettre posée sur ses genoux. Elle lit :
J'ai pensé au ruisseau après le moulin. J'avais vu sauter des truites avant la guerre. Rosalie apprendra à nager. As-tu la recette des truites aux noix ? Peux-tu être sûre qu'il restera des noix, si je reviens au printemps ?
Je ferme les yeux. Je n'aime pas ces histoires.
Ma mère continue ... "
p. 16-17
Citation choisie par Lincone
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Vidéo de Timothée de Fombelle
Cet après-midi d'étude décrypte les étapes de l'adaptation du roman de Timothée de Fombelle Tobie Lolness (Gallimard) en série d'animation. Elle invite les différents acteurs impliqués à débattre de la question de l'adaptation et du lien à l'oeuvre originale.
Elle est suivie d'une projection du premier épisode de la série, en présence de l'auteur.
Tobie Lolness ne mesure pas plus d'un millimètre et demi. Son peuple habite le grand chêne depuis la nuit des temps. C'est grâce aux aventures de ce si petit héros, publiées par Gallimard jeunesse en 2010 et illustrées par François Place, que son auteur, Timothée de Fombelle, est couronné de nombreux prix. Ce premier roman, traduit dans plus de vingt-six langues, fait depuis plusieurs années l'objet d'une adaptation en série animée. Cette demi-journée d'étude, avec les acteurs du secteur, revient sur le passage du texte de la page à l'écran et sur la création d'un nouvel univers graphique. À la suite de l'événement, une projection du premier épisode de la série, en présence de l'auteur, est ouverte à tous.
Organisée par Centre national de la littérature pour la jeunesse de la BnF avec la maison de production Tant mieux Prod
Plus d'informations : https://www.bnf.fr/fr/agenda/tobie-lolness-en-serie-animee-entre-adaptation-et-reinvention
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