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ISBN : 2213655618
Éditeur : Fayard (18/01/2012)

Note moyenne : 3.5/5 (sur 20 notes)
Résumé :
Flash, fragments, vignettes, rythmes accidentés : Los Angeles est une jungle de béton trépidante où vit une foule ensauvagée.

Poz et Army imaginent un meurtre qui pourrait rapporter – mais Army en sait trop, Poz va devoir l'éliminer. Gina élève seule son gosse hyperactif dans une baraque squattée par un gang du quartier. Angela se ronge les ongles en attendant que son mec se fasse descendre. Johnny pratique le zen en tirant les rats d'une cave désaffe... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (9) Voir plus Ajouter une critique
Zebra
  04 mai 2013
« Sur les nerfs » (titre anglais, Angry Nights) est le premier roman de Larry Fondation.
Puissant, glauque et graveleux à souhaits, l'ouvrage plonge son lecteur dans un monde nord-américain postmoderne où « le système » s'avère être un mixte de chair et de béton, où la trahison fait partie intégrante de l'expérience quotidienne. Dans cet opuscule (188 pages), les scènes – parfois ultra-courtes, résumées à deux ou trois lignes - se succèdent jusqu'à l'écoeurement : quelqu'un remet les clés de la voiture de son copain mort à un étranger dans une sombre salle de cinéma ; un autre type tire à bout portant sur des rats dans une pièce en pleine obscurité pour se préparer à assassiner un gars dans la jungle urbaine, une femme suce son mec en pleine rue, quelques minutes avant qu'il ne se fasse descendre par trois loubards, en toute impunité, des ados boivent de la vodka pure au goulot, les rackets se succèdent, une bagnole percute un petit garçon qui jouait sur la chaussée et file sans demander son reste, des dealers fourguent de la camelote à de pauvres hères pour qu'ils assouvissent leur soif de défonce, etc.
À une époque où le sort de l'Amérique urbaine produit de plus en plus de titres bien sombres, où l'avenir des villes soulèvent une flopée de questions, « Sur les nerfs » constitue un récit saisissant et vécu de l'intérieur de la vie d'une grande ville américaine, Los Angeles. Dans une prose laconique, distante et hérissée de tensions, « Sur les nerfs » nous met sous le nez un monde hyper chargé que beaucoup d'entre nous craignent ou préfèrent nier. Comme « A Clockwork Orange » ou « Last Exit to Brooklyn », « Sur les nerfs » est un livre dérangeant : vous passez du lavomatic, à une rave où les démons s'invitent à la fontaine du parc, d'une paillasse où les corps se donnent sans protection à une séance de piqure au LSD en plein parc urbain. La nuit est en elle-même une colère où les êtres humains comme leurs ombres hantent la réalité et où chacun ne possède plus que le souvenir de promesses non tenues. Alors, est-ce un roman exceptionnel ? Certains ont dit qu'il s'agissait d'un OVNI littéraire : le côté cru (trous de balles, rats explosés, ongles rongés, cicatrices, plaies ouvertes …) fait probablement recette, mais est-ce pour autant de la littérature ? Enfiler les images et les textes non travaillés les uns après les autres, comme dans une recherche désespérée d'effets stroboscopiques qui conduisent à noircir encore plus le côté documentaire, noir et blanc (en fait, pas beaucoup de blanc!) de l'ouvrage, ça ressemble à de l'art brut. Les personnages sont quelconque, sages ou hyper violents. Une caméra pointée sur des pauvres, des truands, des dealers, des junkies et un texte bien acide qui vous mettra parfois le coeur au bord des lèvres, un concentré de misère et de violence pour dénoncer un monde impitoyable. La considération pour autrui a disparu : vous êtes à des années lumières de tout rêve. « I've got my dreams like everybody else, but they're out of reach, yeah, right out of reach » (Chrissie Hynde, The pretenders – Mystery Achievement). Vous aimerez ou vous détesterez.
Réservé aux lecteurs curieux.
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trust_me
  28 février 2013
Il y a quand même de drôles de loulous dans la littérature américaine actuelle. Des gars sortis de nulle part qui ont été ouvriers, soldats, camionneurs, bûcherons ou que sais-je encore. Des autodidactes qui racontent leur Amérique cauchemardesque et c'est pas joli à voir. Je pense à Donald Ray Pollock, à l'indien emprisonné pour meurtre Joël Williams, à Benjamin Whitmer, à Eric Miles Williamson ou encore à Frank Bill (je vous en parle tout bientôt). Larry Fondation est de la même trempe. Médiateur de rue depuis plus de 20 ans, il connaît les pires endroits de Los Angeles comme sa poche. C'est à l'évidence dans son quotidien qu'il puise son inspiration.
Fondation, c'est un peu comme si Carver oubliait pour un temps les petites gens et allait traîner ses guêtres du coté des damnés de la terre. Dans son Los Angeles, on est loin d'Hollywood. On y trouve des crétins qui font boire de la vodka pure à un gamin de quatre ans hyperactif pour l'assommer un bon coup. Des gangs qui sortent les flingues à la moindre broutille. Dans les quartiers sinistrés, on s'occupe en tirant sur les rats au fond des caves désaffectées ou alors on se bourre la gueule en fumant du crack sur des parkings à l'abandon.
L'écriture est minuscule, fragmentaire. Certains textes font à peine quelques lignes. de la microfiction qui vous saute à la gorge. Une juxtaposition de petites séquences formant un tout désordonné ou la violence et le désenchantement prédominent. Une peinture froide, glaciale même de ces populations misérables qui ont perdu toute humanité. Pas de jugement, aucune empathie, juste un coup de projecteur furtif sur une forme de déchéance absolue.
A bien des égards, la construction de ce recueil m'a fait penser à la dernière partie du cultissime Last Exit to Brooklyn de Selby qui s'intitule Coda : on saute de personnage en personnage, de lieux en lieux dans un périmètre très restreint. C'est électrique, sans fioriture, nerveux à souhait. Tout ce que j'aime.
Est-ce que pour autant je vous conseillerais une telle lecture ? Surement pas. Trop peur de me faire enguirlander si au final vous en concluez que c'est trop barré ou sans queue ni tête. Moi en tout cas j'y ai trouvé mon compte.
Lien : http://litterature-a-blog.bl..
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MarianneL
  05 juin 2013
Très loin des medias qui nous rendent idiots avec une avalanche quotidienne de faits divers et de violences urbaines, de clichés sur la délinquance, et du mirage aujourd'hui absurde d'une vie sans risques, la voix de Larry Fondation, qui vit et travaille comme éducateur de rue dans les quartiers sud de Los Angeles depuis plus de 20 ans, sonne terriblement juste.
Il fracture ce récit de 120 pages en très courts chapitres, parfois histoires d'un paragraphe, qui sont des fragments coupants comme les journées de ces enfants en train de jouer avec des armes et des drogues, comme les éclats de verre qui jonchent le sol des immeubles dévastés, comme ces vies hachées et qui peuvent se terminer à n'importe quel moment.
«Jeff saignait, ce n'était pas si grave, mais pas du pipeau non plus. Des entailles sur la poitrine. C'était l'été, il faisait chaud. Les filles se pavanaient autour de lui. Elles voulaient toutes être l'heureuse élue qui aurait le droit de s'occuper de lui. Il n'y avait que Lorraine qui voyait à quel point il était barré, à cette époque. Mais pas un de nous n'écoutait. Il a dit :
-Ils me sont tombés dessus dans Darien Street.
Johnny Mac a pris les choses en main :
-On va chercher Mark et Tom. Danny a un flingue. J'ai un flingue.
Il s'est tourné vers moi :
-Tu viens ?
On a découvert plus tard que Jeff s'était fait ces entailles lui-même. Richie l'avait vu faire.»

«Angry nights» est le titre original de ce recueil de 1994 (traduit en 2012 en français grâce à Fayard), des nuits de colère, succession d'instantanés sordides et désespérés, qui recèlent parfois quelques éclats de courage.
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encoredunoir
  08 janvier 2012
« Pour certains, Los Angeles, c'est des bougainvilliers et des plantes tropicales luxuriantes dans le désert, tout ça soigneusement entretenu par des jardiniers. Un coin romantique. Les films. Un endroit où l'on peut tenter sa chance. le coeur du rêve américain.
Ce n'est pas là qu'on est ».
Là, on est dans l'est de Los Angeles, quelque part entre les années soixante et juste après la première guerre du Golfe, dans ces quartiers où se croisent white trash, noirs et latinos. Skinheads et gangs mexicains. Bibine et flingues. Baises plus ou moins consenties et couteaux à cran d'arrêt. Shoots dans des squats ou sur des parkings de centre commerciaux abandonnés et chasse aux rats dans les caves.
Et c'est ainsi que Larry Fondation nous livre ces chroniques. Flash, fulgurances. Comme les pièces éparpillées d'un puzzle que l'on ne reconstituera pas mais dont chacune nous laisse présager de ce qu'il pourrait représenter. Et ce n'est pas beau.
Entre ennui, violence, plans à deux balles pour essayer de s'en sortir et révolte, Fondation, à coup de petites vignettes glauques souvent, lumineuse parfois, essaie de nous offrir l'essence de ces quartiers dans lesquels l'American Dream est passé au volant d'un camion poubelle pour décharger tout ce(ux) dont il ne voulait pas.
Il est heureux que les éditions Fayard aient exhumé ce premier roman initialement publié aux États-Unis en 1994, et le fasse paraître quelques mois après le Bienvenue à Oakland d'Eric Miles Williamson. La filiation entre Fondation et Williamson est évidente et, d'ailleurs, l'éditeur en joue en proposant une couverture qui utilise les mêmes codes que celle de Bienvenue à Oakland. Fondation, c'est un peu Williamson sans le gras. C'est dire si c'est sec comme un coup de trique dans votre face. Ceux qui ont déjà découvert le dernier cri de rage et d'amour d'Eric Miles Williamson retrouveront dans Sur les nerfs la puissance de la révolte de ces vignettes de la vie « ordinaire » d'un monde abandonné. Concentrée en un peu plus d'une centaine de pages, elle est d'une rare et belle violence.

Lien : http://encoredunoir.over-blo..
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yv1
  11 février 2012
Ce livre est un recueil de nouvelles très courtes pour certaines, qui ont toutes en commun de se dérouler aux États-Unis, dans des ghettos, des quartiers laissés à l'abandon, squattés ou habités par des gens pauvres, des truands, des dealers, des junkies. C'est noir, terriblement noir. Parfois une petite lumière qui pourrait illuminer ce noir, mais assez rarement. Appelons cela le destin, le "pas-de-bol", la malchance d'être né de ce côté de la barrière : pauvre dans un pays riche, le petit coup de pouce qui fait sombrer dans la drogue et les ennuis, ou tout autre terme, mais le fait est que les situations que décrit Larry Fondation sont malheureusement crédibles, et c'est ce qui les rend encore plus tragiques, plus terrifiantes.
Larry Fondation emploie un mode elliptique, rapide, haché. Certaines nouvelles déconcertent, on ne suit plus vraiment, mais la chute est là, souvent qui remet tout en place.
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critiques presse (1)
Telerama   20 juin 2012
A coups de flashs, vignettes, instantanés, l'écrivain plonge dans les bas-fonds peuplés de fantômes
Lire la critique sur le site : Telerama
Citations et extraits (7) Voir plus Ajouter une citation
ZebraZebra   04 mai 2013
p 109
[...] Les rues sont mouillées. C'est la première fois qu'il pleut depuis des mois. La pluie n'a pas encore fait disparaitre l'huile qui s'est déposée sur le bitume, les voitures dérapent. J'évite l'autoroute et je reste sur les rues parallèles.
Je suis à un stop quand ils approchent de la caisse. Des skinheads. Le verre éclate et j'entends leurs voix. Je me rappelle le flingue qu'elle a laissé sur le siège arrière. Quand je tends la main pour m'en emparer, il est là. Sa tête passe par la fenêtre. C'est un ado, ses copains aussi. Je lui colle le canon sur la peau. J'essaie d'imaginer ce qu'il doit ressentir au moment où j'appuie sur la gâchette. Je repars couvert de sang et de morceaux de chair. Je ne m'arrête pas au feu suivant.
Je me sens mieux maintenant. [...]
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encoredunoirencoredunoir   07 janvier 2012
Pour certains, Los Angeles, c’est des bougainvilliers et des plantes tropicales luxuriantes dans le désert, tout ça soigneusement entretenu par des jardiniers. Un coin romantique. Les films. Un endroit où l’on peut tenter sa chance. Le cœur du rêve américain.
Ce n’est pas là qu’on est.
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yv1yv1   11 février 2012
II. Dormir par terre au Lavomatique. Pas d'employé pour te foutre dehors.
III. Aide sociale et centre de grossesse
Une assistante sociale : "pourquoi est-ce que tu t'es laissée mettre en cloque si jeune ?" (Emphase : "laissée".) [...]
V. Biens personnels à protéger
boîte de Coca biberon papier toilette parfumé
station-service lessive désodorisant
ouvre-boîte électrique cigarettes déodorant
cran d'arrêt pistolet cyanure (p.41/42)
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yv1yv1   11 février 2012
Il reste là, sur les escaliers, alors quelle lui a dit de se cacher.
- Ils te cherchent.
- Qu'ils viennent.
- C'est de ma faute.
- Qu'ils viennent, il répète.
Il fait nuit, mais encore chaud, et les rues sont pleines d'enfants qui jouent, de mecs au coin de la rue qui boivent de la bière, et de femmes qui se baladent en short et en sandales. (p.29)
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rkhettaouirkhettaoui   11 octobre 2016
Quand j’étais jeune, ma mère avait cette copine que j’aurais adoré baiser. Elle était serveuse dans une boîte de nuit. Elle avait dans les cinquante-cinq ans ; j’en avais quatorze. J’ai bien failli réussir mon coup. La fois où je m’en suis le plus approché, c’est le jour où nos familles sont allées à la plage ensemble. J’ai pu lui mettre de la crème solaire sur le dos. Elle portait un bikini. J’ai éjaculé dans mon maillot de bain et je me suis branlé pendant des semaines, ensuite, en y repensant.
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Video de Larry Fondation (1) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Larry Fondation

Larry Fondation, James Ellroy. LA deux visions
Extrait de la conférence de Larry Fondation, lors du festival Un aller-retour dans le noir en octobre 2013.
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