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Critique de BrunoA


BrunoA
  30 janvier 2014
Fan de l'histoire du métro parisien, j'ai évidemment ajouté le peuple des tunnels à ma bibliothèque, tout particulièrement parce que les documents sur le Nord-Sud ne sont pas légion.
Au premier abord, le livre est séduisant, riche en documents et en photographies, bien imprimé et tout simplement beau.
En l'entamant, je m'attendais à une étude de sociologue sur les hommes et les femmes qui ont fait le Nord-Sud, et qui l'ont fait vivre jusqu'à ce 1er janvier 1930, date à laquelle la compagnie du chemin de fer électrique souterrain du Nord-Sud de Paris fut absorbée par sa grande voisine, la compagnie du métropolitain de Paris, devenue plus tard la RATP.
Loin d'une production d'universitaire, j'ai découvert un livre foisonnant d'informations, écrit dans un style particulièrement alerte et plaisant, qui m'a entraîné dans les souterrains des lignes A et B du Nord-Sud, aux côtés de centaines de personnes qui y passèrent de nombreuses années, exerçant des métiers de toutes sortes, du conducteur à la nettoyeuse, en passant par les garde-freins ou les poinçonneurs.
Astrid Fontaine nous offre avec ce livre une véritable galerie de portraits, faisant passer tous ces gens de l'anonymat à une certaine proximité avec le lecteur.
Parfois, même, ce sont eux qui prennent la parole pour nous conter leur vie, leurs origines, souvent rurales, leur entrée au Nord-Sud, et parfois leur mort au front ou la lente déchéance que leur imposèrent des maladies aujourd'hui disparues, heureusement.
J'ai pris un plaisir immense à partager ces moments avec ces personnes, à faire la connaissance de Jean-Baptiste Berlier, le père du Nord-Sud, dont il est bien difficile de retrouver la trace, et même à lire l'histoire de la compagnie racontée par elle-même.
Outre les moments de partage qu'on trouve dans le peuple des tunnels, on apprend aussi beaucoup de chose sur une époque, celle qu'on appelle la Belle Époque, et on y découvre un portrait loin des images idéalisées habituelles : injustices, dureté des moeurs, alcoolisme, mais aussi début de la protection sociale et des luttes syndicales.
L'après-guerre n'est pas plus facile pour le peuple des tunnels : explosion des prix, handicaps des blessés de guerre, salaires insuffisants.
J'ai pris un immense plaisir à lire ce livre qui complète particulièrement bien les autres ouvrages sur l'histoire du métro. Une référence pour moi.
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