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EAN : 9782897124892
144 pages
Mémoire d'Encrier (13/11/2017)
4.14/5   109 notes
Résumé :
Une enseignante de français en poste sur une réserve innue de la Côte-Nord raconte la vie de ses élèves qui cherchent à se prendre en main.
Elle tentera tout pour les sortir de la détresse, même se lancer en théâtre avec eux.
Dans ces voix, regards et paysages, se détachent la lutte et l'espoir.

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Critiques, Analyses et Avis (23) Voir plus Ajouter une critique
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Annette55
  12 mai 2019
Voici un court récit autobiographique tout en nuances, où Yammie se remémore la jeune femme qu'elle a été , au temps où on l'avait envoyée en tant qu'enseignante de français sur un poste en terre Innue , sur une réserve de la Côte Nord, au Québec...
Elle désire accomplir quelque chose , en revenant sur la terre de ses ancêtres , non sans une certaine appréhension :
« Revenir est la fatalité .Dans ce tout petit village, cette nature épineuse sablonneuse , imaginée de toutes pièces depuis mon enfance , immuables souvenirs . »
Manikanetish en langue innue c'est le nom de cette école qui signifie « Petite Marguerite ».
Yammie, partagée entre deux cultures va mettre toute son énergie, sa chaleur humaine, son savoir , son affection et même sa tendresse , malgré quelques maladresses, au service de ses élèves, afin de les faire progresser, les sortir de la détresse,——ceux que s'en sortent assez bien ——ceux qui ont des difficultés ——ceux qui ne peuvent se consacrer entièrement à leurs études à cause de responsabilités de jeunes adultes extra- scolaires,——grossesses précoces, précarité et même suicide ....
On est loin d'une certaine insouciance et de la légèreté .
Cette relation prof - élève évolue plutôt bien au fur et à mesure que Jamie retrouve ses racines ...
C'est un livre serein, extrêmement touchant, pétri d'émotions positives, profond , tendre, une espèce de journal de jeune enseignant qui fait chavirer notre coeur.
Les chapitres sont courts , fluides, bruts , puissants , commençant toujours par un mot- clé englobant l'esprit de chacun de ceux-ci., ce qui donne un certain rythme entraînant le lecteur .
L'écriture est très belle, simple, sans pathos, nue et crue , sincère et intimiste , nuancée qui fait réfléchir .....
Yammie rend hommage au cours de français , aux subtilités de la grammaire , à l'exercice de l'argumentation, à la cohérence textuelle, monte avec ses élèves dans l'enthousiasme une pièce de théâtre, « le Cid » costumes , souffleur , répétitions , répliques , rôles à distribuer , rassurer les jeunes acteurs , alexandrins——-à la représentation , la salle est pleine .——-
Le lecteur est séduit par la justesse du ton, la douceur , où sont abordées avec clarté les notions d'identité , à travers les codes de la réserve ,l'émancipation, la résilience, une belle solidarité, un retour aux sources réussi malgré les difficultés .
Un très bel ouvrage source d'espoir et d'accomplissement.
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frconstant
  10 avril 2020
Manikanetish, qui signifie "Petite Marguerite" en langue innue, est le deuxième roman de l'autrice Canadienne Naomi Fontaine. Son héroïne, jeune enseignante de français, a choisi d'accepter un poste sur une réserve innue de la Côte-Nord. Elle revient donc sur ses terres, puisqu'elle-même est née dans la réserve, à Uashat, au Québec. L'école porte le nom "Manikanetish". C'est celui d'une ancienne enseignante, elle-même de la Communauté qui, n'ayant pas d'enfant, avait choisi de s'occuper toute sa vie de ceux des autres. N'est-il pas plus beau défi pour l'école que d'aller à la rencontre des enfants et de les accompagner sur un chemin qui les pousse à grandir, à se libérer et à prendre une place active dans la vie citoyenne. Toute matière enseignée n'est jamais le but, seulement un chemin pour atteindre l'épanouissement et le passage de l'enfance à l'âge adulte.
Or, il n'est pas simple ce temps de mûrissement dans une enclave autochtone. le poids des traditions ramène vers un passé réducteur bien plus qu'il ne projette les jeunes dans l'avenir. Il est nécessaire pour ces derniers de développer et de nourrir une résilience qui les pousse à refuser l'injustice du repli et les aide à prendre conscience des mécanismes qu'ils mettent en place pour sortir de leurs problèmes, se libérer du fatalisme des avenirs bouchés et des condamnations populaires consécutives à une reproduction sociale qui enferme plutôt que d'ouvrir à un monde partagé. Tous ces thèmes sont abordés avec pudeur et vérité. Naomi Fontaine sait de quoi elle parle, ses écrits le prouvent !
On a tous, en toute pudeur, effeuiller la Marguerite : "Je t'aime, un peu, beaucoup, tendrement, passionnément, à la folie, pas du tout"... Pour ce roman de Naomi Fontaine, je m'arrêterais, par décision de coeur, à tendrement et passionnément.
Tendrement parce que j'éprouve beaucoup de tendresse pour ces enseignants capables de sublimer la relation maître-élève et de lui donner l'accès au registre de l'être profond et ce, dans la simplicité, la cohérence et le respect mutuel.
Passionnément car j'ai retrouvé, dans ce roman, la passion qui m'a animé durant tant d'années de vie professionnelles, à savoir le développement d'un savoir partagé et construit avec les apprenants eux-mêmes. de plus, Yammie, l'enseignante accepte de se lancer dans un projet un peu fou et de monter, avec ses élèves, une pièce de théâtre. Même si les choix et les chemins qu'elle emprunte n'auraient nécessairement été les miens, je me suis senti assez proche d'elle dans sa manière de veiller à ne pas faire jouer les vedettes mais plutôt à intégrer chacun, selon ses capacités, et de faire de tous des acteurs à part entière, tous responsables du succès de l'entreprise. Mon passé de professeur d'art dramatique ne pouvait que se réchauffer au contact de ces souvenirs et de cette volonté habitée par Yammie de pousser chacun à grandir, se dépasser et se mettre au service d'une cause commune.
L'écriture est simple, non simpliste. Elle illustre la dynamique du récit. Avec des temps forts dans l'action, des pauses pour la réflexion, l'équilibre recherché pour assurer une attention à tous, au collectif et, en même temps, à chacun, dans l'unique vécu par l'individu. L'écriture, construite autour de nombreux chapitres très courts, écrits à partir d'un mot ou d'un nom servant d'incipit et donnant le thème central traité, assure donc un style très accessible et plaisant à suivre. Les personnages, y compris celui de Yammie, sont autant d'individualités confrontées aux difficultés de l'existence qui plus est, celle imposée par le regard des 'blancs' et le poids des traditions d'une 'réserve'. D'entrée de jeu, la jeune enseignante déclare : "Il était impensable que je me résolve à n'enseigner que la grammaire, ses multiples règles incongrues et la cédille qui fait qu'une lettre s'adoucit. Je leur apprendrais le monde. Et comment on le regarde. Et comment on l'aime. Et comment on défait cette clôture désuète et immobile qu'est la réserve, que l'on appelle une communauté que pour s'adoucir le coeur." Comment aurais-je pu ne pas avoir envie de suivre cette jeune enseignante à cette Côte-Nord pour un chant choral où des voix, des luttes, des paysages et des humains nimbés d'espoir écrivaient la partition ?
Un très beau moment de lecture qui ouvre à de nouveaux espaces. En ce temps de confinement, une vraie richesse.

Lien : https://frconstant.com
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nath45
  19 mai 2020
Yammie, enseignante de français dans le secondaire, elle nous raconte ici son expérience dans la réserve d'Uashat, c'est sa première affectation, c'est aussi pour elle un retour aux sources sur les terres de ses ancêtres.
Elle découvre de plein fouet la vie des jeunes de la réserve, entre suicide, grossesse précoce, abandon …elle va accompagner ses élèves et apprendre auprès d'eux, elle va aussi gagner leur confiance et sa place. C'est autour d'un projet ambitieux, monter une pièce de théâtre, elle leurs demande de jouer le Cid, un vrai défi.
Un roman touchant, on s'attache aux personnages, sans aucun pathos, le ton sonne juste, Naomi Fontaine partage avec nous son expérience comme dans tous ses livres c'est d'une grande réalité et d'une grande douceur.
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Labibliothequedemarjorie
  25 février 2018
Yammie, tout juste diplômée, quitte l'appartement qu'elle partage avec son petit-ami pour aller s'installer dans une réserve innue de la Côte-Nord et y enseigner le français dans une école du secondaire. Elle-même d'origine innue, elle a vécu dans cette réserve jusqu'à l'âge de sept ans et c'est avec beaucoup d'appréhension qu'elle prépare son emménagement.
A son arrivée, elle découvre sa classe. Mélina, Mikuan, Marc, Rodrigue et Myriam sont des élèves qui ont déjà tous un vécu et une autre manière de voir l'avenir. Certaines jeunes filles sont déjà mères, d'autres ont connu le deuil, le suicide de proches ou la fuite vers une autre réserve, ils ont des passés douloureux auxquels Yammie devra s'adapter.
Naomi Fontaine est elle-même d'origine innue. L'écriture de son livre a été inspirée de sa propre expérience d'enseignante au sein d'une réserve d'Uashat. "Manikanetish" est le nom donné à l'école, il signifie "petite marguerite" en souvenir d'une femme de coeur qui avait élevé plusieurs enfants orphelins et abandonnés.
L'histoire nous embarque dans la province du Québec au Canada, du côté du fleuve Saint-Laurent et des Sept-Iles.
[...]
Le récit est écrit à la première personne, on comprend bien que l'auteure nous raconte son histoire : le quotidien dans ce petit village, la rencontre avec des élèves aux caractères déjà bien affirmés, avec leurs difficultés et leurs connaissances de la vie qui sont bien différentes de celles des jeunes adolescents des grandes villes. Sur place, Yammie retrouve ses racines, une partie de sa famille et la vie dans la nature.
Un jour, le directeur de l'école lui confie un projet : monter une pièce de théâtre avec sa classe. le choix se porte sur "Le cid" de Corneille. Les élèves devront ainsi apprendre un texte et exprimer leurs émotions. Contre toute attente, ce sont des élèves qui vont se soutenir, se motiver et se surpasser.
Des impressions confuses sont exprimées tout au long du récit. Yammie se sentira proche des siens et en même temps aura le sentiment d'être exclue. [...]
A côté de cela, elle s'attache beaucoup à ces jeunes qu'elle a trouvé plein d'espoir et de sérénité malgré leur jeune âge.
"Manikanetish" est une lecture que j'ai beaucoup aimée. J'ai trouvé l'écriture fluide et légère et j'ai ressenti beaucoup de douceur dans les mots posés. Les chapitres sont courts, dont certains font parfois deux pages seulement. J'avais du mal à m'arrêter [...] et finalement c'est tout le livre qui a été englouti à grande vitesse.
Lien : http://labibliothequedemarjo..
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SPOUNY
  22 décembre 2019
La jeune romancière canadienne, Naomi Fontaine, avec « Manikanetish », a publié ainsi un nouveau petit roman, son second. Petit récit, mais qui a connu autant de succès que le précédent « Kuessipan » qui a même été adapté au cinéma.
On ne peut que gager que Naomi Fontaine, qui est une « Innue » de Uashat (côte Nord du Québec), est sur une bonne lancée.
Dans « Manikanetish » (« Petite Marguerite »), on trouve trois petites nouvelles, mais qui sonnent comme une autobiographie de l'auteure.
On y voit (entre autre), une relation professeur-élève avec une Jamie qui parvient à retrouver ses racines.
Naomi commence son récit par : « Revenir est une réalité. Dans ce tout petit village, cette nature épineuse, sablonneuse. Imaginée de toutes pièces depuis mon enfance, immuables souvenirs. (…) L'exil se trouve à huit heures en voiture et il a la peau pâle. Il avait fallu à ma mère deux jours pour faire la route, cette distance que je ne pouvais calculer que par le nombre de villages à traverser. Suivre le rythme des courbes et des montagnes de la Côte-Nord. Avancer à la limite permise. »
Naomi dit poser un regard contemporain sur son peuple : « Le passé, c'est le passé, il faut faire avec ce qu'on a. Je n'aurais pas eu envie d'écrire juste sur des gens qui sont à terre. Je décris la misère, mais en dessous, il est important de montrer la force et la beauté. »
Elle l'a fait dans ce petit ouvrage dont le style est très touchant malgré les courts chapitres. Une jolie écriture : un livre que j'ai réellement apprécié.
Il me reste à découvrir son troisième ouvrage, « Shuni » (paru cette année) et pour lequel je suis certaine que cette lecture sera aussi agréable que les autres.
Une auteure découverte pour la littérature canadienne que j'affectionne.
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critiques presse (1)
LeJournaldeQuebec   06 novembre 2017
Une histoire toute simple peut porter bien des histoires qui font chavirer le cœur. Naomi Fontaine nous le fait vivre avec talent, en se remémorant l’enseignante qu’elle a été en terre innue, sur la Côte-Nord.
Lire la critique sur le site : LeJournaldeQuebec
Citations et extraits (16) Voir plus Ajouter une citation
Annette55Annette55   12 mai 2019
« Il était impensable que je me résolve à n’enseigner que la grammaire, ses multiples règles incongrues et la cédille qui fait qu’une lettre s’adoucit...Je leur apprendrais le monde...Et comment on le regarde... Et comment on l’aime. Et comment on défait cette clôture désuète et immobile qu’est la réserve , que l’on appelle une communauté que pour s’adoucir le cœur . »
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frconstantfrconstant   10 avril 2020
"Il était impensable que je me résolve à n'enseigner que la grammaire, ses multiples règles incongrues et la cédille qui fait qu'une lettre s'adoucit. Je leur apprendrais le monde. Et comment on le regarde. Et comment on l'aime. Et comment on défait cette clôture désuète et immobile qu'est la réserve, que l'on appelle une communauté que pour s'adoucir le coeur."
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SPOUNYSPOUNY   22 décembre 2019
Nous étions ailleurs, très loin des livres et des bureaux. Très loin des réseaux sociaux et des commérages de la réserve. Très loin de la souffrance et des drames familiaux. Plus loin encore que tous les endroits où j’avais déjà posé les pieds. Et pourtant nous étions si près. Si près de soi.
(P.106)
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LabibliothequedemarjorieLabibliothequedemarjorie   25 février 2018
Je leur apprendrais le monde. Et comment on le regarde. Et comment on l'aime. Et comment on défait cette clôture désuète et immobile qu'est la réserve, que l'on appelle une communauté que pour s'adoucir le cœur.
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TarteTatinTarteTatin   05 janvier 2018
Pleure ma fille. Les choix qu’on fait sont souvent difficiles à expliquer.Et lorsque les gens ne comprennent pas nos choix, ils s’éloignent, parce qu’ils ont peur, tu vois, que ce soit nous qui nous éloignions avant eux.
J’ai su qu’elle ne parlait pas de moi. Elle parlait d’elle y a vingt ans. De sa fuite vers la grande ville. De l'incompréhension puis du rejet de ses parents, de ses sœurs. Sa rébellion envers la règle non écrite de rester à jamais dans la réserve. D’y élever ses enfants. D’y bâtir sa maison. J’ai su qu’elle ressentait ma douleur, par commémoration.
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