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Robert Kremer (Traducteur)Florence Leroy (III) (Traducteur)Ugo Lumbroso (Traducteur)Marianne Bastid-Bruguière (Préfacier, etc.)
EAN : 9782706707193
456 pages
Éditeur : Salvator (21/05/2010)

Note moyenne : 4.3/5 (sur 5 notes)
Résumé :
Prix Biographie politique 2010

Un jésuite à le cour des Ming Préface de Marianne Bastid-Bruguière Traduction de l italien par Robert Kremer, Florence Leroy et Ugo Lumbroso Matteo Ricci (1552-1610), célébré aujourd'hui encore en Chine comme symbole de la rencontre entre deux civilisations millénaires, fut le premier Européen à résider durablement dans l Empire du Milieu. Doté d un charisme étonnant et d une mémoire prodigieuse, le missionnaire avait au... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (2) Ajouter une critique
kielosa
  15 mars 2019

Qui mieux que Michela Fontana, une historienne italienne des sciences qui a vécu 4 ans en Chine, pour nous faire le récit de ce jésuite de Macerata, la ville pontificale à 300 km au nord-est de Rome, qui est arrivé en Chine en 1582, à l'âge de 30 ans, pour y rester jusqu'à sa mort en 1610 ? Vu l'importance de cet homme, de nombreux historiens ont cependant publié sa biographie, pour n'en citer que 3, il y a eu Paul Dreyfus, Vincent Cronin et Ronnie Po-Chia Hsia. Mais la journaliste scientifique originaire de Milan pour des journaux comme Il Corriere de la sera et La Stampa a eu ma préférence, comme mathématicienne, linguiste, esprit critique et original, et aussi parce qu'elle a séjourné, en dame du monde, à des endroits aussi variés que Massachusetts, Ottawa, Genève, Beijing et Riyad.
Michela Fontana est l'auteure de "Percorsi calcolati" sur les "nuove avventure della matematica" (1996) ou nouvelles aventures des mathématiques, "Cina : La mia vita a Pechino" ou La Chine : ma vie à Pékin de 2008 et plus récemment : "Nonostante il velo : Donne dell'Arabia Saudita" ou 'Malgré le voile : femmes en Arabie saoudite' de 2018.
Le récit de notre jésuite en Orient par notre auteure n'est pas un livre qu'on lit en vitesse entre le petit déjeuner et le déjeuner et même le dîner. Il fait 462 pages, plus 18 pages d'intéressantes illustrations, dont la fameuse "Mappemonde de Matteo Ricci" de 1602, qui à l'étudier à la loupe prend rapidement quelques bonnes minutes.
Dans sa préface l'éminente sinologue, Marianne Bastid-Bruguière, semble me donner raison pour mon choix de biographie. Elle note, en effet, que Michela Fontana a réalisé une excellente reconstitution de la Rome pontificale du XVIe siècle, du fonctionnement planétaire de la Compagnie de Jésus (les jésuites) et de la Chine de la dynastie Ming (lumière en Français) et plus particulièrement du 13ème empereur de cette dynastie, Wanli (1563-1620).
Grâce à l'auteure "On revit le combat quotidien d'une personnalité prodigieusement douée et attachante, les difficultés de tous ordres, innombrables, incessantes, dans un pays totalement inconnu, où les conditions matérielles et sanitaires sont précaires..." (page V).
La dame qui a si bien résumé le destin de notre voyageur téméraire est membre de l'Académie des sciences morales et politiques, l'auteure de plusieurs ouvrages sur l'histoire du "Pays du Milieu" (comme les Chinois appelaient eux-mêmes leur pays). Elle est la fille du ministre du commerce de Léon Blum et du Front populaire et résistant Paul Bastid et de Suzanne Basdevant, elle-même la fille de Jules Basdevant, un des premiers présidents de la Cour internationale de justice de la Haye, et que j'ai eu comme professeur de droit international à l'Institut d'études politiques de Paris en 1970-1971.
Matteo était un jeune homme intelligent, sérieux et studieux qui s'est fait remarquer au Collège romain comme élément prometteur. Il avait abandonné les études de droit pour entrer dans l'ordre des jésuites en 1571 à 19 ans.
En haut lieu, le pape Grégoire XIII et le général des jésuites, Claudio Acquaviva, le considéraient comme un missionnaire idéal au pays fermé aux barbares étrangers. le 24 mars 1578, Ricci s'embarqua à Gênes pour un voyage éprouvant, en passant par le Cap de Bonne-Espérance (nommé Cap "Tormentoso" par Bartolomeo Diaz - le premier à le passer un siècle plus tôt - mais rebaptisé "Boa Esperança" par son roi), arrivant à Goa en Inde 6 mois plus tard, le 13 septembre. En août, 4 ans après, il arriva enfin à Macao, la seule base portugaise en Chine à l'époque.
À Goa, Ricci n'avait point perdu son temps et s'était mis à attentivement apprendre le Mandarin, aidé en cela par une mémoire fabuleuse mais en faisant néanmoins des exercices tous les jours, tout en donnant des cours de grec et latin. Ce seront ses largissimes connaissances en philosophie, mathématiques, astronomie... ensemble à ses efforts d'adaptation aux usages locaux, qui ont permis à lui et son ami Michele Ruggieri, SJ, de vivre, le 10 septembre 1583, leur jour de gloire, lors d'une audience solennelle au palais impérial dans la Cité Interdite, où ils ont réussi, comme les tous premiers étrangers, à obtenir la permission de résider en Chine. Ses divers dons pratiques, en horlogerie et technique de dessin de cartes géographiques selon le procédé de Gerardus Mercator (1512-1594) de près de Gand par exemple, ont sûrement également joué un rôle dans cette décision historique.
Ce qui est fabuleux c'est que pendant tout ce temps, plus de 400 ans, les initiatives et actions pour arriver à une meilleure entente entre la Chine et l'Occident par cet ecclésiastique ont bénéficié de la faveur des Chinois, à 2 petites exceptions près : les Boxers en 1900 et les Gardes rouges lors de la révolution culturelle de Mao, en 1966.
Et chez nous, pas plus tard que le 15 février 2019 fut annoncé l'ouverture d'un nouveau collège jésuite en région bruxelloise qui portera comme nom : Collège Matteo Ricci.
La grande valeur de l'homme réside essentiellement dans le rapprochement de 2 mondes fort différents. Et bien que le nombre de convertis fût extrêmement réduit, à peu près 2000 chrétiens dans toute la Chine, Ricci devrait être béatifié prochainement.
J'ai passé 2 longues journées instructives et agréables à lire cette passionnante biographie. "Congratulazioni e complimenti" Signora Fontana, je ne vois franchement pas comment l'on pourrait faire mieux !
Grâce aussi à la traduction exemplaire de Robert Kremer, Florence Leroy et Ugo Lumbroso cet ouvrage a tout à fait mérité le Grand Prix de la biographie politique 2010.
PS : La photo de couverture est celle du tableau du père Matteo peint par Yu Wenhui (Manuel Pereira) tout de suite après sa mort en 1610. le tableau se trouve à l'Église du Gesù, proche de la Piazza Venezia, à Rome.
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mesnil
  16 septembre 2018
Splendide, meilleur que Jésuite de Lacouture, pour les curieux de Chine, de voyage et d'astronomie. Ecriture très précise, dynamique, arguments techniques de très bonne facture, à conserver dans sa bibliothèque.
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