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Walter Keitel (Éditeur scientifique)Helmuth Nürnberger (Éditeur scientifique)Jacques Legrand (Traducteur)
EAN : 9782253932956
442 pages
Éditeur : Le Livre de Poche (01/04/1998)

Note moyenne : 4.5/5 (sur 7 notes)
Résumé :

Dernier roman de Theodor Fontane, écrit l'année même de sa mort, en 1898, Le Stechlin est sans doute son chef-d'oeuvre. Il emprunte son titre à un lac situé au nord de l'Allemagne, dont les eaux se mettent à bouillonner lorsqu'un événement exceptionnel se produit dans le monde. Mais le Stechlin est aussi le nom d'un village et l'histoire d'une famille groupée autour d'un vieux gentilhomme campagnard.A travers t... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (4) Ajouter une critique
ventrebleu
  14 octobre 2019
Il a été parfois écrit que le Stechlin était un roman sans sujet, sans intrigue, dont l'unique intérêt était la description, souvent couverte d'éloges mérités, de la Marche du Mecklenbourg. Il va sans dire que je trouve ce jugement injuste. Au contraire, le Stechlin ne manque aucunement d'intrigue mais est l'entrelacs de deux fils rouges: d'une part, le déclin progressif d'une certaine tradition prussienne incarnée par Dubslav et, d'autre part, le développement personnel de Woldemar, son fils.
Dubslav von Stechlin est incontestablement un personnage attachant. Une sorte de Bismark débonnaire, à la fois conservateur (tête de liste du parti conservateur) et libéral (meilleur ami de Lorenzen, un pasteur proche de la démocratie chrétienne), original (lorsqu'il entretient un musée de girouettes) et conventionnel (lorsqu'il joue son rôle de seigneur de province). L'antipode de sa soeur Adelheid, prieure au couvent, dont la stricte obédience aux règles du protestantisme et de la noblesse prussienne est malgré tout teintée d'une ironie du meilleur ton. Déjà très âgé au début du roman, Dubslav vieilli peu à peu jusqu'à sa mort à la fin du livre qui symbolise la disparition progressive d'une certaine idée de la noblesse et des traditions.
À l'opposé, Woldemar incarne la nouvelle génération. Bien que marqué par une éducation qu'il ne renie pas, il se distingue par un certain arrivisme. Il se lie d'amitié à la famille Barby et en particulier avec les deux filles célibataires. Il épouse l'une d'entre elle et, à -je l'avoue- ma grande surprise il choisit la douce et discrète Armard au lieu de la volubile envoûtante Mélusine. On pourra épiloguer sur la raison de ce choix, mais je pense que là réside son sens de l'opportunisme, car il sait qu'Armgard ne fera pas d'ombre à ses projets de carrière dans l'armée ou la politique.
Le livre se termine cependant sur une touche positive et l'on sent chez Fontane un doux amour de la Prusse et une confiance dans la probité de la nouvelle génération. Malgré le passage de flambeau qui est l'objet de ce récit tout en nuance, l'éternité de l'esprit des Stechlin (et donc de la Prusse) est soulignée par le titre du livre (qui ne permet pas de décider si le sujet du roman est Dubslav, Woldemar ou même le lac qui donne le nom à la famille) ainsi que par la dernière phrase où Mélusine déclare: "il n'est pas nécessaire que les Stechlin survivent, mais vive le Stechlin" où le mot "le Stechlin" est centré en majuscules. Sachant l'âge avancé de Fontane lors de l'écriture, il n'est pas sorcier d'y deviner le sens général du livre qui apparaît comme une immense déclaration d'amour à son peuple et une confiance absolue dans les générations futures.
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ileana
  02 mai 2019
Un roman du XIXe siècle. Il s'articule autour de deux aristocrates. L'un est le gentilhomme terrien von Sechlin, ancré dans la Marche de Brandebourg en Prusse. L'autre est un citadin cosmopolite, un diplomate à la retraite, le comte Barby - il habite à Berlin après un très long séjour à Londres. Il n'y a quasiment pas d'intrigue, pas de conflit, pas de personnage négatif. Sur presque 500 pages se déploie une fresque de société par des innombrables dialogues. Les personnages se rendent visite, partent pour une partie de campagne, se rassemblent pour les élections. Tout le roman est tissé de ces causeries, anecdotes, commérages, bavardages mondaines ou esthétiques, taquineries. Il est souvent empreint d'une légèreté qui fait de ce texte un roman feel-good ; mais c'est aussi un roman choral (multitude de voix). Certaines figures sont satiriques. Pas d'intrigue, mais un fil rouge : Woldemar, le fils du gentilhomme terrien courtise les deux filles de l'aristocrate berlinois ; les spéculations vont bon-train. Laquelle de deux jeunes femmes va-t-il choisir ? La brillante Melusine ou la discrète Armgard ? Autre leitmotiv : l'opposition entre l'ouverture d'esprit et le conservatisme.
Theodor Fontane écrivait pour son public. Il a conçu un roman pour ses lecteurs, qui le découvraient d'abord en feuilleton. Mais l'auteur y a mis aussi beaucoup de lui-même, c'est sa dernière oeuvre, il avait 78 ans, c'était peu avant sa mort. J'ai bien aimé deux autres de ses romans : Effi Briest et Madame Jenny Treibel.
Si vous goûtez la causerie, les digressions, l'art de vivre au temps de Bismarck, la courtoisie un peu vieillotte, ce livre est pour vous.
Sur wikisource une présentation complète (Revue de Deux Mondes, 1898) : https://fr.wikisource.org/wiki/Revues_%C3%A9trang%C3%A8res_-_Le_Dernier_roman_de_Th%C3%A9odore_Fontane
Extraits :
Voici le portrait du baron von Stechlin : « Il gardait encore absolument intact l'orgueil commun à tous ceux qui ont conscience ‘d'avoir été là avant les Hohenzollern' ; mais il refoulait cet orgueil tout au fond de son âme ; et, quand par aventure il l'exprimait au dehors, il s'efforçait du moins de l'envelopper d'ironie. Aussi bien son instinct le portait-il à mettre derrière toute chose un point d'interrogation ».
La description du lac Stechlin apporte une toute petite touche magique : « Tout y est calme, silencieux, endormi. Et cependant, de temps à autre, le lac endormi se réveille. Cela se produit toutes les fois que sur un point quelconque du globe, en Islande, ou à Java, le sol mugit et frémit, ou que les volcans des îles Hawaï lancent dans la mer une pluie de cendres. Alors le Stechlin s'émeut, et un mince filet d'eau jaillit, puis retombe. C'est ce que savent tous ceux qui habitent la région : et, quand ils en parlent, ils ne manquent pas d'ajouter : ‘Oui, le jet d'eau, c'est l'ordinaire, presque le banal : mais lorsque, là-bas, à l'autre bout du monde, se passe quelque chose de grand, comme il y a cent ans à Lisbonne, alors le Stechlin ne se contente pas de fumer et de s'agiter ; alors, au lieu du filet d'eau, on voit jaillir du lac un coq rouge, et de tout le pays on l'entend chanter ! Tel est le lac Stechlin'. »
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moustique39
  18 septembre 2015
Passionnant roman sur toutes les classes sociales en Allemagne fin XIXème autour d' une famille attachante. le quotidien de la vie à travers mille et un dialogues. J'ai beaucoup aimé...
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ablachair
  28 février 2013
Soyons bref : Theodor Fontane est le plus grand romancier allemand du XIXème siècle.
Et le Stechlin son plus grand roman (de ceux que j'ai lu jusqu'ici en tout cas).
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Citations et extraits (1) Ajouter une citation
ventrebleuventrebleu   14 octobre 2019
[Dialogue en Dubslav et sa sœur Adelheid à propos de Mélusine que les deux ne connaissent pas encore mais soupçonnent sans le dire qu'elle sera la future bru de Dubslav:]
Adelheid: - Et je parierais bien que cette Mélusine fume aussi.
Dubslav: - Eh, pourquoi pas? Tu égorges bien les oies. Pourquoi Mélusine ne fumerait-elle pas?
- Parce que fumer est une affaire d'hommes.
- Et égorger des volatiles est une affaire de femmes... Ah, Adelheid, nous ne pourrons jamais être d'accord sur ce point. Je passe pour être passablement vieux jeu, mais toi, tu ressortis à la paléontologie.
- Je ne comprends pas ce mot, et je souhaite que ce ne soit pas une chose dont tu aies à rougir. Il est assez curieux à entendre. Mais je sais que tu aimes ces choses-là, et tu aimes aussi, certainement (et cela te donne des idées), le nom de Mélusine.
- Oui, c'est vrai,.
- Je le pensais bien.
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