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ISBN : 274364625X
Éditeur : Payot et Rivages (06/02/2019)

Note moyenne : 4.21/5 (sur 7 notes)
Résumé :
Immense romancier américain, dans la lignée de William Faulkner, Shelby Foote est un auteur encore assez méconnu en France. Un de ses livres les plus importants en Amérique s'appelle Shiloh, épopée miniature qui raconte la guerre de Sécession en 200 pages à travers la voix de soldats ou lieutenants des deux camps. Chaque chapitre est ciselé à la perfection, explorant la nature humaine, l’absurdité des combats, l’étrange ivresse de la cause et la détresse inévitable ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (4) Ajouter une critique
JIEMDE
  12 février 2019
Shiloh, petite chapelle du Tennessee, petit "lieu de paix" au milieu d'une des plus grandes batailles de la guerre de Sécession en 1862, petit symbole d'humanité durant cinq jours où elle fut tellement absente.
C'est cette petite tranche d'histoire opposant sudistes et nordistes que Shelby Foote - traduit par Olivier Deparis - nous raconte, dans un récit romancé choral alternant les camps, les âges, les grades et responsabilités, réunissant les protagonistes dans un même sentiment de peur, d'incompréhension de ce qu'il se passe, et de fatalité.
Une centaine de milliers de combattants, vingt-cinq mille morts, et une écriture qui place le lecteur au plus près des combats, officier d'état-major, servant de pièce d'artillerie d'époque, simple fusilier allant au corps-à-corps avec "l'ennemi", soldat perdu entre les lignes nordistes et sudistes... Un réalisme glaçant qui constitue la grande force de ce récit, où l'on se perd parfois entre les camps, entre les noms mais où l'on en vient à apprécier les - rares - moments de répit, craignant la reprise annoncée des combats.
Dès son ouverture, Shiloh aborde l'inutilité probable de la bataille par la voix d'un officier sudiste souhaitant l'éviter. En vain. La suite lui donne raison : entre peur et folie, courage et désertion, mort et mutilation, absence de sens et méconnaissance de l'autre, Shiloh décrit sans juger l'absurdité d'une bataille qui, à l'instar de ses grandes soeurs napoléoniennes souvent citées en référence, décima des dizaines de milliers d'enfants d'une même nation sans finalement faire bouger les lignes de départ.
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MadameTapioca
  05 février 2019
[ Retournée ]
Mon premier coup de coeur de 2019.
Je ne m'y attendais absolument pas en m'embarquant dans ce roman retraçant une des plus grande bataille de la guerre de Sécession.
La bataille de Shiloh (étrangement «shiloh» veut dire paix en hébreu) a été un carnage : l'Union déplora 13047 victimes (1 754 tués, 8 408 blessés et 2 885 disparus) et les pertes confédérées furent de 10699 hommes (1 728 tués, 8 012 blessés et 959 disparus ou prisonniers).
Voilà pour le petit cours d'histoire, maintenant parlons littérature.
Shelby Foote a écrit une grande, une immense fiction historique.
Il retrace cette bataille en donnant la parole à 6 soldats, alternant soldat du nord et soldat du sud. L'un après l'autre, ces hommes tracent la chronologie des deux jours de combat. Petit à petit se dessine la chorégraphie sanglante des armées rivales tout en nous immergeant dans le coeur et l'esprit des hommes.
La construction de la narration est d'une efficacité redoutable. On ne peut pas lâcher le livre.
Foote entrelace les récits personnels des personnages de fiction avec des descriptions historiques du carnage, de la météo et des conditions de vie sur le champ de bataille. Il décrit la douleur, la mort et l'horreur de manière vivante. L'absurdité de la guerre et la violence sont au paroxysme.
Comme les soldats on est tour à tour exalté, choqué, mort de peur, abasourdi, horrifié et on tourne la dernière page en se demandant ce qui vient de se passer.
Shelby Foote a publié ce livre en 1952. Il vient d'être traduit pour la première fois en français par Olivier Deparis pour les Editions Rivages. C'est un livre terrible et magnifique, et vous ne devez pas passer à côté.
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LeaTouchBook
  14 février 2019
#PicaboRiverBookClub
Pour ce début d'année, Shiloh faisait partie de mes lectures incontournables, j'ai placé beaucoup d'espoir en ce livre et une chose est certaine : Shiloh a parfaitement répondu à mes attentes.
Malgré ce que l'on peut penser, Shiloh n'est pas un livre de guerre ou même sur la guerre, c'est un livre sur les hommes, un livre qui se concentre sur notre part d'humanité, sur les êtres brisés, désenchantés, détruits sur le champ de bataille. La guerre est souvent perçue d'un point de vue omniscient, sans aucune conscience, avec une forme de neutralité, d'objectivité afin de pouvoir conter ce qui ne peut être appréhendé. Tel n'est pas le cas ici avec ce sublime, terrible et tragique roman.
Avec Shiloh, Shelby Foote décide de donner la parole, donner une voix à des hommes, des anonymes qui vont côtoyer les "légendes" de la guerre de Sécession, des soldats des deux camps. J'ai énormément aimé le fait de suivre différents personnages pendant un temps donné, des protagonistes des deux camps afin de démontrer que ce sont avant tout des êtres broyés, utilisés comme de la chair à canon alors que les instigateurs de la guerre sont à l'abri.
Le pari était risqué de connaître chaque personnage pour un seul chapitre (sauf le premier que nous retrouvons à la fin), parfois certains se croisent, parfois certains disparaissent mais peu importe : chaque être qui compose ce livre a une voix, une personnalité, une âme, un passé, des pensées, des sentiments. La force de ce livre repose sur cette humanité omniprésente : la peur, l'amour, la détresse, la mort, la vie.
J'ai été terriblement émue par cette lecture qui se concentre sur les histoires personnelles au milieu de la grande Histoire, qui se consacre à ces êtres qui ont participé, qui étaient là. Shelby Foote ne juge personne et n'amène aucun jugement manichéen sur ce qui se déroule, il nous offre un roman inoubliable qui nous démontre qu'il n'y a pas de héros à la guerre mais juste des hommes qui souhaitent survivre, vivre. J'ai par ailleurs beaucoup aimé l'antithèse entre le titre, le nom du lieu Shiloh (sa signification) et l'histoire racontée.
En définitive, c'est un magnifique roman, un classique de la littérature nord-américaine.
Lien : https://leatouchbook.blogspo..
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Charybde2
  10 février 2019
Vécu et ressenti dans la chair meurtrie et l'esprit enfiévré, au ras du terrain, le choc chaotique de la première grande bataille moderne, au cours de la Guerre de Sécession.
Sur le blog Charybde 27 : https://charybde2.wordpress.com/2019/02/10/note-de-lecture-shiloh-shelby-foote/
Lien : https://charybde2.wordpress...
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critiques presse (2)
LeMonde   21 février 2019
Shiloh raconte à hauteur d’hommes un épisode meurtrier de la guerre de Sécession. La fresque effrayante et poétique, parue en 1952, d’un auteur inspiré par Faulkner.
Lire la critique sur le site : LeMonde
LeFigaro   14 février 2019
Spécialiste de la guerre de Sécession, il en a tiré un roman magistral sur la bataille de Shiloh.
Lire la critique sur le site : LeFigaro
Citations et extraits (8) Voir plus Ajouter une citation
JIEMDEJIEMDE   11 février 2019
Je n'avais pas été démoralisé, plus tôt, au chemin creux. Je n'avais pas non plus perdu confiance. J'avais eu peur, tout simplement, autant qu'il est humainement possible d'avoir peur, voilà pourquoi j'avais abandonné le combat.
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JIEMDEJIEMDE   10 février 2019
Les bruits de coups de feu s'intensifièrent en s'étendant le long du front. Le général tendit alors les rênes d'un coup sec et, tandis que son grand cheval bai se dirigeait au pas vers le lieu des premiers affrontements, il pivota sur sa selle et nous dit : "Ce soir, nos chevaux boiront l'eau de la Tennessee."
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Charybde2Charybde2   10 février 2019
Halleck ordonna au général Smith de remonter la Tennessee jusqu’à Savannah – remonter signifie se diriger vers le sud, sur cette portion de la Tennessee ; ça, c’est typique de ce pays. Nous prîmes place à bord des bateaux, inexpérimentés, n’ayant pour la plupart jamais voyagé (les officiers comme les militaires du rang, sauf que les officiers cachaient mieux leur inexpérience), nous voilà qui remontions vers le sud une rivière ennemie et passions devant ses lents affluents, ses bayous, ses arbres menaçants. Je me dis, si c’est ça, le pays que les Rebelles veulent retirer de l’Union, remercions-les, bon débarras. Massés contre le bastingage, les hommes regardaient défiler les marécages. Aucun ne parlait beaucoup. Comme moi, ils devaient penser à leur ville, à leur village. C’était une drôle d’impression que de se retrouver sur une terre lointaine, au milieu de choses inconnues, tout cela parce que nos représentants au Congrès s’étaient querellés sans parvenir à se mettre d’accord et qu’il y avait quelques têtes brûlées dans le Sud qui faisaient passer leurs Nègres et leur fierté avant leur pays. Parmi tous ces hommes, qui, alignés sur le pourtour des bateaux, regardaient défiler ces lugubres marécages, beaucoup devaient penser à ceux qu’ils avaient laissé chez eux.
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Charybde2Charybde2   10 février 2019
C’était le premier ordre de bataille que je voyais, et il est certain que cela paraissait complexe. Mais une fois qu’on en comprenait le sens, c’était au fond assez simple. J’eus ma part dans la composition de celui-là, que je vis se développer à partir de notes et de discussions, jusqu’à sa forme finale : celle d’une simple liste d’instructions qui, si on les suivait, provoqueraient l’anéantissement d’une armée entrée avec arrogance dans notre pays pour nous détruire et priver notre peuple de son indépendance. En le regardant lorsqu’il fut achevé, bien que l’ayant vu grossir ligne par ligne et y avoir mis moi-même les virgules et les points-virgules qui le rendaient plus clair, j’eus cependant l’impression qu’il avait été réalisé sans mon aide. Sa qualité, sa magnifique simplicité me coupèrent le souffle. Certes, j’en avais déjà conscience alors, tous les ordres de bataille produisent cet effet-là – tous sont conçus pour mener à la victoire si on les suit. Mais celui-là paraissait si simple, si juste, d’une certaine manière, que j’entrevis ce qu’avait dû ressentir Shakespeare après avoir terminé Macbeth, même si je n’y avais apporté que la ponctuation. Le colonel Jordan en était fier, lui aussi ; je le soupçonne de l’avoir jugé supérieur à celui de Napoléon dont il s’était inspiré, sans l’avouer, bien sûr.
Tout était si commode sur le papier – le papier plat et propre. Sur le papier, à la lumière de la lampe, dans le bureau du colonel, nous avions tôt fait de résoudre les problèmes qui surgissaient : il nous suffisait de demander aux commandants des corps de réguler la progression de leurs troupes afin de ne pas se retarder l’un l’autre, de rester à l’arrêt le temps que les carrefours soient dégagés, de garder leurs rangs bien serrés, etc. Les choses ne fonctionnaient pas ainsi sur le terrain, qui n’était, lui, ni plat ni propre – ni, en l’occurrence, sec. Les hommes étaient inexpérimentés. La plupart n’avaient encore jamais pris part à une vraie marche tactique, et beaucoup n’avaient reçu leur arme que lors du rassemblement au camp, ce jeudi matin-là ; souvent, durant les haltes, je voyais des sergents montrer aux recrues comment charger leur mousquet dans les règles.
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Charybde2Charybde2   10 février 2019
Ils n’arrivèrent pas du tout de la manière que je pensais. Je m’attendais à les voir alignés comme à un défilé, de longues ranges d’hommes avançant drapeaux au vent, leurs manches et leurs jambes de pantalon se balançant en cadence, et nous, à nos postes comme à l’entraînement, nous tirerions dans le tas. Mais non. Ils arrivèrent au compte-gouttes, éparpillés un peu partout devant nous et à travers les bois. Il n’y en avait pas deux qui se déplaçaient dans la même direction, ils couraient de buisson en buisson comme des souris ou des lapins. À peine en voyais-je un qu’il disparaissait. La seule chose qui restait présente était la fumée – d’un gris crasseux, elle montait en bouillonnant et roulait sur le sol, percée de petites pointes de jaune et de rose là où les fusils lançaient des éclairs. Un bourdonnement résonnait dans l’air comme celui des abeilles chez nous, dans le verger, en plus bruyant.
Mais le capitaine Munch se mit à chanter ses ordres, et à partir de là il fallut travailler dur, refouler, amorcer, tirer, remettre l’affût en place et charger à nouveau. En continu, les six pièces propulsaient de grosses boules de feu et de fumée par-dessus l’avant de la batterie, chaque fois sous nos acclamations. Je ne le voyais pas très bien mais le capitaine dirigeait nos tirs vers un régiment rassemblé à l’autre bout du champ. Nous avions la distance, environ mille mètres, et nous voyions les drapeaux tomber et les hommes grouiller lorsque les boulets fauchaient leurs rangs.
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