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EAN : 9782820520685
624 pages
Éditeur : Bragelonne (20/03/2015)
3.92/5   83 notes
Résumé :
Capitale portuaire des États libres, Havrefer était jadis un symbole de puissance. Mais le roi est parti en guerre et la ville pourrit de l’intérieur. Profitant de la fragilité du pouvoir, le seigneur de guerre Amon Tugha approche. Son héraut s’est infiltré dans la cité pour recruter une pègre redoutable, tandis qu’un mystérieux sorcier terrorise la population en commettant d’atroces sacrifices. Alors que l’ombre du chaos se profile, un groupe inattendu se form... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (43) Voir plus Ajouter une critique
3,92

sur 83 notes

Alfaric
  06 août 2015
En refermant le tome 1 d'"Havrefer", un constat s’impose : voilà un bon roman fantasy supplémentaire à se retrouver en librairie. J'ai été très agréablement surpris de ma lecture, car au vu des diatribes habituelles des prescripteurs d'opinion ayant pignon sur rue on pouvait s'attendre à de la mauvaise fantasy à crapules, et au final je me suis retrouvé face à la mise en place d'un chouette cycle de fantasy néoclassique marchant à la fois dans les pas de GRR Martin et dans ceux de David Gemmell.


Havrefer c'est peut-être "Légende" raconté par l'auteur du "Trône de fer", ou "Le Trône de fer" raconté par l'auteur de "Légende" (une association que j'ai longtemps jugée impossible, homme de peu de foi que j'étais puisque qu’après l’arrivée de Joe Abercormbie par la grande porte voici qu’arrive par la petite porte Richard Ford !). GRR Martin comme David Gemmell nous racontaient leurs récits à travers une galaxie de POVs plus ou moins éloignés du cœur des événements. Mais GRR Martin raconte ses histoires d'action vues par les intrigues d'en haut, façon soap nobiliaire, avec une multitude de personnages qui expliquent que rien ne doit changer, alors que David Gemmell racontait ses histoires d'intrigues par les actions d'en-bas, façon roman populaire, avec une multitude de personnages qui expliquaient que tout devait changer... Richard Ford pioche chez l'un et chez l'autre mais il n'est pas difficile de deviner à qui vont ses sympathies : ici, dans une Havrefer qui se situe quelque part entre la Laelith de Casus Belli et le Paris des "Misérables", nous serons aux côtés de paumés de la vie, abandonnés par l'aristocratie occupée par ses games of thrones, trahis par la ploutocratie occupée à l'adoration du Veau d'Or, qui comme d'habitude seront livrés à eux-mêmes face aux désastres provoqués par ceux qui devaient les protéger...
Le récit est donc divisé en nombreux POVs qui nous racontent sans le montrer le conflit qui oppose Cael Mastragall, l'Unificateur des États libres (le traditionnel souverain à la main de fer dans un gant de velours), à Amon Tugha, l'immortel banni des Terres Fluviales devenu le Seigneur de la Guerre des barbares khurtas (le traditionnel mago psycho qui se croit au-dessus des autres et qui enrage de ne pas avoir été reconnu à sa juste valeur). C'est un peu comme si on nous racontait les horreurs du front au prisme des peurs de l'arrière, car nous prenons connaissances des événements avec les personnages au fur et à mesure que les vagues de réfugiés arrivent en ville... C'est bien vu et c'est bien fichu ! Une fois qu'on a digéré la profusion de personnages et qu'on a compris le projet de l'auteur, on entre dans une ambiance douce-amère à la David Gemmell, c'est-à-dire sombre mais pas désespérée, injuste mais pas cruelle : c'est toute la différence entre la fantasy néoclassique qui explique qu'au fond de la Boîte de Pandore il y a toujours l'Espoir, et la fantasy grimm & gritty qui explique que le monde est pourri et qu'il faut devenir pourri à son tour pour en profiter un maximum. Nous vivons ainsi les heurs et les malheurs d'une princesse rebelle qui retarde l'échéance de son mariage en attendant le retour victorieux de son père, d'un jeune maître assassin en pleine crise existentielle (remember "L'Assassin royal" de Robin Hobb ^^), d'un mercenaire blasé obligé de renouer avec son passé après la mort tragique de son fils (remember les anti-héros de David Gemmell ^^), d'une jeune mendiante qui espère échapper à la misère en faisant carrière dans la Guilde (ouais, c'est Cosette version fantasy ! ^^), d'un prêtresse guerrière trop idéaliste pour ne pas encourir la jalousie et le courroux de ses paires (ah ça oui les Bouclières de Vorena ressemblent peu ou prou aux chevalières dragons d'ANGE, mais remember quand même Faranghis des "Chroniques d'Arslan" ^^), d'un nobliau ruiné qui d'arnaques en arnaques n'est plus qu'un beau parleur looser aux faux airs du Futé de "L'Agence Tous Risques", d'un apprenti magicien accompagnant sa maîtresse dans sa traque d'un sorcier serial killer maîtrisant les arts obscurs...
Entre le prologue et l’épilogue qui font la part belle aux vilains et aux super-vilains, dans la métropole portuaire d'Havrefer les personnages se croisent et s'entrecroisent directement ou indirectement, toujours sous la menace de l'épée de Damoclès que constitue l'invasion khurta, et les tranches de vie des uns et des autres sont les pièces du puzzle qui permettent de reconstituer l'intrigue générale qui se met en place au fur et à mesure de l'avancée du récit (un peu à la manière de "La Cité" de Stella Gemmell soit dit en passant). Il y a un arrière-fond policier avec les larcins de Loque, les arnaques de Merrick, les enquêtes de Gelredida la Sorcière Rouge et celle de Kaira la Bouclière de Vorena, ainsi que les patrouilles de Nobul, mais on n'est pas vraiment dans le polar fantasy à la sauce grimdark genre "Le Baiser du Rasoir" de Daniel Polansky. Car on suit les magouilles de la voyoucratie d'en-haut incarnée par Goldman Sachs, euh pardon la Ligue des banquiers, et les magouilles de la voyoucratie d'en-bas incarnée par la Guilde, d'aussi loin qu'on suit les games of thrones stupides de l'aristocratie ou les manœuvres militaires de envahisseur (l'ennemi intérieur et l'ennemi extérieur, car c'est bien de cela dont il s'agit, sont tout aussi redoutables et sournois l'un que l'autre). Alors oui cela manque un peu de peps et de suspens puisqu'on est dans les parti pris des tranches de vie, mais au final le véritable fil rouge du roman reste celui des choix auxquels sont confrontés les personnages qui las d'être les spectateurs de la grande marche du monde veulent en devenir des acteurs à part entière :
Loque sera-t-elle proie ou prédateur ?
Nobul Jacks sera-t-il salaud ou héros ?
Janessa fuira-t-elle ou s'assumera-t-elle ?
Merrick Ryder sera-t-il un loup ou un berger ?
Waylian Grimm sera-t-il un couard ou un brave ?
Kaira Feuillevent défendra-t-elle une carrière ou une cause ?
Rivière restera-t-il un être humain ou deviendra-t-il une machine à tuer ?
Les good guys deviendront-ils mauvais ? Les bad guy deviendront-ils bons ?...
Personnages, situations et localisations multiplient les clins d’œil et/ou références aux classiques de la sword & sorcery (Amon Tugha = Thot Amon ? remember la Némésis de Conan, le barbare de Cimmérie !), et l'auteur se fait plaisir avec des détournements de Westeros, de Drenaï ou de Poudlard... Mais c'est toujours un crime de lèse-majesté de ne pas fournir de carte aux lecteurs pour se retrouver dans les lieux proches ou lointaines, de la même manière que c'est contre-productif de ne pas fournir de dramatis personae quand évoluent autant de personnages... (Messieurs les auteurs/éditeurs, faites un peu mieux votre travail SVP)
Piocher dans les archétypes n'a jamais été un problème en fantasy, mais j'avoue que j'ai vraiment eu très peur quand à mi-chemin l'auteur s'est mis à broder sur la romance entre la princesse rebelle et le jeune maître assassin. Quand des archétypes ont été aussi usités, et par des œuvres aussi connues en plus, mieux aurait peut-être valu s'abstenir... Mais, ouf l'auteur ne tombe pas dans les poncifs de la fantasy à l'eau de rose et des héros/héroïnes YA qui ne savent jamais ce qu'ils/elles veulent pour rester fidèle à sa thématique du libre arbitre :

Richard Ford semble trop malin pour tomber dans le piège de la liste de courses de genres, donc je reste persuadé qu'il a intégré ces figures désormais mainstream pour mieux les mettre au service de son projet !
Évidemment la formule possède ses forces comme ses faiblesses : chacun des personnages principaux aurait pu nourrir un livre à lui tout seul, donc impossible de les développer autant qu'on aurait pu/dû le faire, et ils sont trop nombreux pour laisser de la place tant à la ville d'Havrefer, véritable personnage en soi, qu'aux personnages secondaires (qu'ils vivent ou qu'ils meurent, ils sont essentiellement fonctionnels comme n'importe quel PNJ de JdR). Mais après tout peu importe, nous sommes dans un roman choral et le but est de montrer que le tout est supérieur à la somme des parties (Simon R. Green copyright ^^).
Sur la forme quelques facilités certes ici ou là, mais aussi quelques subtilités agréables. Le style est très fluide donc très plaisante, visiblement bien traduit par Olivier Debernard, l'auteur ayant vraiment trouvé le bon équilibre dans les chapitres, assez courts pour faire tourner les POVs et retrouver rapidement tel ou tel personnage, mais assez long pour se familiariser avec eux, développer une ambiance et raconter quelque chose (c'est d'ailleurs assez amusant que le POV qui soit le plus riche en humour soit aussi celui qui contiennent les scènes les plus dures...).

Nous sommes dans un pur tome d'introduction, mais la mise en place de bonne facture évite bien des écueils de l’exercice de style. J'ai rapidement identifié les ambitions de l'auteur et de la première à la dernière page je n'ai pas pu m’empêcher de penser qu'on était dans la genèse de quelque chose de plus grand et de plus noble : les tribulations de Steven Rogers avant qu'il ne devienne Captain America, ou celle Peter Parker avant qu'il ne devienne Spiderman, ou celles de Logan avant qu'il ne (re)devienne Wolverine... Toutes les sagas doivent bien commencer quelque part, et nous sommes ici dans le commencement de l'une d'entre elle : nous œuvrons donc dans l’héroïsme et pas dans le réalisme... (Pour ceux qui pense que le réalisme doit primer avant tout le reste, voire au détriment de tout le reste, on pourra leur conseiller de chercher leur came dans la littérature générale ^^) Ce tome 1 intitulé "Le Héraut de la tempête" porte bien son nom (même si le pluriel aurait été tellement plus approprié ^^) : tout peut laisser à penser qu'il s'agit de Massoum le messager d'Amon Tugha, mais chacun des personnages du roman pourrait remplir ce rôle car ils sont ici des héros/vilains en devenir et on voit très bien où l'auteur veut les voir sévir (surtout à la fin, quand plusieurs personnages se retrouvent dans les Manteaux Verts avec l'envie de devenir meilleurs pour rendre le monde meilleur tandis que d’autres s'enfoncent dans les ténèbres...). Ils seront les vents du changement dans le tome 2 intitulé "The Shattered Crown" et plus encore dans le tome 3 intitulé "Lord of Ashes", et comme dans Légende, quels que soient leurs choix, à la dernière heure ils seront tous sur les remparts de Dros Delnoch pour faire face à la Horde Sauvage... Peu contre beaucoup : une des plus vieilles mais aussi une des meilleures histoires du monde ! Le Destin est donc clairement en marche : Justice Forever ou Valar Morghulis ?
https://www.youtube.com/watch?v=t987p0f9y54

Vous avez hâte que Danaerys fasse la conquête du trône du fer mais vous en avez marre d'attendre que GRR Martin achève sa saga fleuve ? C'est peut-être le cycle fantasy qu'il vous faut... blink
Et dire que Bragelonne continue sa route en sortant des trucs considérés comme bien-bien par beaucoup d'amateurs de fantasy, tandis que d'autres éditeurs se plaignent d'un marché trop moribond pour eux et leurs machins... mdr
Lien : http://david-gemmell.frbb.ne..
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jmb33320
  06 mars 2021
« Qu'allaient-t-ils faire maintenant qu'ils n'avaient plus de roi ? Cael Mastragall avait été l'Unificateur. Il avait rassemblé les Etats libres. Il s'était emparé des provinces belliqueuses et il en avait fait un royaume. Qui allait prendre le relais ? Sa fille ? C'était une gamine tout juste en âge de se marier. »
La donzelle en question, la princesse Janessa, malgré son prénom de téléréalité, leur prouvera qu'ils ont tort de la sous-estimer.
Je ne vais pas tenter de résumer les intrigues qui s'entremêlent dans ce roman, d'autres s'en sont déjà brillamment chargés.
Ce qui m'a marqué dans le premier volume de cette trilogie, c'est le soin apporté par Richard Ford (aucune parenté avec l'auteur américain du même nom) à planter le décor et les personnages. Par leurs yeux et leurs souvenirs, de toutes conditions et métiers, la ville prend beaucoup de relief.
Au premier abord la multitude de personnages perd un peu le lecteur : un mystérieux émissaire venu d'une contrée opposée à Havrefer, l'entourage du Roi Cael, mais aussi des enfants qui vivent de larcins, des escrocs, la pègre omniprésente, un forgeron, des assassins, des combattantes aguerries, un jeune étudiant, des policiers…
Le savoir-faire de l'auteur est indéniable, en dépit d'un style que je trouve plutôt plat et sans surprises. A mon goût il y manque quand même un peu d'étrangeté, d'originalité. Mais j'ai hâte de lire la suite, « La Couronne brisée ».
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Tatooa
  10 juillet 2019
J'ai beaucoup aimé.
Même si la pléthore de personnages et d'histoires déroute un peu au début, et que le tout semble décousu, j'ai quand même senti que l'auteur savait où il allait.
Tome de mise en place par excellence (long tome de mise en place), c'est vrai qu'on peine un peu à entrer dans le monde et l'histoire, de ce fait.
C'est bien écrit, bien traduit, et même si quelques clichés sont présents (clichés récents, tout de même, disons qu'on a une sensation de "déjà lu" en croisant tous ces personnages), j'ai vraiment apprécié, une fois chaque personnage croisé une fois et que l'on retrouve à tour de rôle dans les chapitres suivants, jusqu'à ce qu'ils finissent par se rencontrer, forcément.
En tous les cas, cela m'a permis de bien m'évader, et dieu sait que j'en ai besoin en ce moment... L'influence de Gemmell (j'ai lu cela chez Alfaric, si vous voulez plus de détails, allez lire son avis, moi je suis trop fatiguée pour lui faire concurrence) ne se fait réellement sentir, de mon point de vue, que sur le personnage de Nobul (celui que, curieusement (ou pas), j'ai le plus cité), dans lequel on peut reconnaître sans peine un Druss bis. Après, on a affaire a des personnages humains, qui peuvent changer ou pas, on est, comme chez Gemmell, assez loin de tout manichéisme, et cela fait une grande partie du charme de ce roman.
J'aurais bien sauté sur la suite, mais trop de lectures "obligatoires" m'en empêchent dans l'immédiat... Dommage...
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Qaro
  28 septembre 2021
Que c'est mou, mais que c'est mou !
Je suis parvenu à aller au bout des trois volumes de Havrefer mais bon sang, que ça été laborieux !
La critique "des personnages ultra charismatiques" vendu par l'éditeur m'avait poussé à aller jusqu'au bout du premier volume, moi qui raffole des personnages très développés à la Tyrion ou à la Glokta d'Abercrombie, et ma déception n'en fut que plus grande au fil des pages, l'essentiel des personnages se révélant assez plats malgré tous les efforts de l'auteur pour leur donner du volume.
Voici mon analyse un peu plus objective :

Tout d'abord la narration. Ici R. FORD déroule son histoire suivant les points de vue de ses très nombreux personnages, il y en a 8 principaux en tout, auxquels s'additionnent quelques autres en fin de volumes.
J'adore ce genre de narration qui est sûrement mon préféré pour le genre Fantasy mais ici, la sauce ne prends pas.
L'écriture est assez basique, les phrases bien souvent courtes et faciles (trop) à lires, les schémas narratifs sont répétitifs et on tombe dans l'ennuie trop vite et trop souvent à mon gout. Les dialogues sont un bon point à mettre au crédit de l'auteur meme si certaines scènes mériteraient un bon coup de rabot car trop longuettes.
L'intrigue est un gros point noir pour moi, vu qu'elle est quasi inexistante du premier volume et met un temps fou à apparaître entre les lignes, si bien qu'on se demande ce que tous ces personnages ont affaire avec le bouquin. Sont-ils la uniquement pour remplir des pages ? Encore une fois on est sur du TRÈS basique : un royaume dont Havrefer est la capitale est en train d'être envahit par des sauvages venus du nord, une armée menée par un puissant chef de guerre dont on ignore pour très longtemps ses motivations : pourquoi attaque t il ? Par pure méchanceté ? Par vengeance ? Personne ne le sait mais il attaque le pays et le bon roi d'Havrefer est parti pour le stopper.
J'ai mis trois mois à venir à bout du premier tome, le laissant une ou deux semaines de temps en temps et me forçant a le reprendre pour en finir. le problème est qu'il ne se passe absolument RIEN ! Rien de rien ! L'intrigue (l'invasion) est si peu mentionné qu'on la sent trop éloigné de nos personnages et de la cité d'Havrefer pour vraiment s'en préoccuper et on sent très vite qu'aucun danger ne menace vraiment les persos. On se lasse, c'est monotome, chiant, sans aucune tension, sans suspense, on se force à lire un chapitre et on pose le bouquin sur la table de nuit. Voilà le premier tome d'Havrefer. On comprends qu'on est dans un Tome de mise en place, ne préparant rien de plus que la suite de l'histoire mais il y a des limites à ne pas franchir, surtout quand on se permet 600 pages de mise en place. Ça fait finalement beaucoup de lignes pour pas grand chose.

Les personnages sont l'immense déception du livre. Après tant de chapitres dédiés à leur développement et à leur présentation, on se rend compte qu'on ne les aime tout simplement pas, qu'on ne va jamais les apprécier et qu'on se fout d'eux si éventuellement des problèmes leur tombent dessus. Triste à mourir. A se demander si l'auteur aimait ses personnages...
D'ailleurs, pour les créer, Ford n'a pas du se casser la tête longtemps tant ils sont pour la majorité issus de clichés vu et revus en Fantasy : ça va de la jeune princesse cruche et naïve qui se transforme en quelques semaines en leader charismatique sachant manier l'épée après 2 heures d'entraînement au jeune homme alcoolique et lubrique, sans dignité ni morale, chouineur avec ça , qui va se transformer en soldat d'élite protecteur de la reine. Il a beau accumuler les conneries tout au long du récit, les gens continuent de lui donner sa chance alors que 99% d'entre nous lui aurait simplement boté le cul sans préavis.
Il y a aussi l'apprenti magicien un peu niais qui se révèle être un mage puissant sous la coupe de sa mentor ronchonne et charismatique, l'ancien soldat, ancienne légende vivante de l'armée à la retraite qui reprend du combat pour sauver le monde, la guerrière puritaine et religieuse à cheval sur ses principes qui se rebelle contre les méchantes bonnes soeurs qui l'ont trahi, le sauvage (à la peau noire bien sûr) un peu limité qui ne cherche qu'à se taper avec autrui pour sa quête de gloire éternelle , le jeune assassin aux capacités limite surnaturelles qui va finir par se demander si suriner des innocents est vraiment un boulot gratifiant sur le long terme et, le meilleur pour la fin, l'apprenti voleuse traîne-la-grolle qui va se faire une place de leader dans la TRÈS DANGEREUSE mafia locale avec ses combines à la noix et ses mensonges réchauffés, et ceci en quelques mois et à tout juste 13 ans ! On nage en plein délire et on n'y croit pas une seconde, désolé pour les fans.
On a du mal à s'immerger dans le récit tant c'est décousu, la faute à trop de personnages qui n'ont pas vraiment d'intérêt à être présent tant il ne leur arrive RIEN. Un chapitre par perso ralentit ici le récit à l'extrême et coupe toute tension dans le livre. Il n'y a pas de suspense ou si peu, les retournements de situations sont presques anecdotiques, et l'auteur a beaucoup de mal à ficeler son intrigue autour de ses personnages.
Il manque aussi cruellement de vrais méchants : le chef de guerre envahisseur et sa troupe de sauvages sont bien trop loins pour nous inquiéter et finalement, on n'arrive pas à lui vouloir du mal...
L'auteur a du comprendre que son grand méchant loup manquait cruellement de poils et de crocs et à donc inventer la Guilde pour tenir un second rôle de gros dur : un genre de mafia napolitaine contrôlant tout ce qui se fait d'illégal dans Havrefer, qui terrifie au plus haut point la population local. Encore une fois ça tombe à l'eau tant la Guilde ne fait pas peur du tout. Les chefs de guilde s'avèrent être des trous duc sans pitié oui, mais aussi complément inoffensifs et naïfs, gobant jusqu'à l'excès et à en mourir les mensonges d'une gamine de 13 ans. On touche le fond lorsqu'on apprends par déduction que la Guilde tant redoutée par tout le monde se limitait à une vingtaine de poules mouillées, au talent combatif et au courage inexistant, se prenant des dérouillées du début à la fin sans jamais nous arracher un frisson. Ça en devient pitoyable.
Tout n'est pas à jeter tout de même, le tome deux étant bien au dessus du premier avec des intrigues secondaires et les routes des personnages qui se recoupent pour donner du sens et de la profondeur au recit, accouchant d' un livre abouti qui m'a fait oublier le Tome 1.
Malheureusement le T3 est une vraie daube pour ado prépubere en manque d'action et de cervelle éclatée : on a droit ici à 600 pages de baston... Un T1 où rien ne se passe et un T3 sans un moment pour souffler un peu. Les combats, ça va bien deux minutes mais tout le temps ?! Faut savoir équilibrer son récit ! La gestion du rythme est incompréhensible et celle des intrigues trop maladroite, voir caffouilleuse.
R. Ford, c'est bancal et pas pour moi.

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oursinculte
  02 avril 2015
Le héraut de la tempête est le premier tome d'une nouvelle série éditée chez Bragelonne, Havrefer. Il raconte à travers une galerie de personnages variés le destin de la ville éponyme, une cité portuaire immense, carrefour culturel rongé par la pègre et la corruption.
Ce qui a attisé ma curiosité dans la présentation du bouquin, c'est précisément cette phrase : « lorsqu'on lui demande de résumer en quelques mots son oeuvre, Ford présente Havrefer comme la rencontre de Légende et Sur écoute (The Wire) ». En voilà un parallèle acrobatique et intriguant ! Pour légende, j'ai pas trop vu de lien à part le personnage de « grosse baraque blasée soldat sur le retour », mais pour The Wire oui, on retrouve effectivement des similitudes, malheureusement la comparaison n'est pas vraiment à l'avantage de Richard Ford et loin s'en faut.
En effet, il se trouve que le livre explore les méandres de la pègre d'une grande cité, et peut se rapprocher de films ou séries décrivant les dessous de milieu mafieux. La Guilde règne sur la cité, rien ne se fait sans son accord même chez les voleurs et assassins et on va suivre plusieurs histoires parallèles dans ce cadre-là. Il est clairement une transposition fantasy de pas mal d'univers propres au polar et au films de gansgters, un poil de Scorcese, un soupçon de serial-killer, et oui, un bon gros bloc de The Wire car on va suivre une galerie de protagonistes des deux côtés de la loi, que ce soit les voleurs, les assassins, les gardes de la cité (les manteaux verts) ou même la royauté.
Les différents points de vue s'alternent, on va suivre plusieurs trames simultanées qui ne vont se croiser que de temps en temps. Malheureusement je n'ai accroché à aucune des multiples aventures que nous suivons, la faute à des personnages vraiment archétypaux qui n'arrivent jamais vraiment à se transformer en vraie personnalité. On va croiser la petite orpheline qui vit dans la rue et va essayer de faire ses armes dans la pègre, la princesse qui ne veut pas de cet odieux mariage arrangé que les méchants adultes veulent lui imposer, la guerrière pleine de grands principes qui va infiltrer la guilde pour remonter jusqu'à sa tête et la démanteler, l'assassin qui va se rendre compte qu'assassiner c'est pas très bien, etc…
J'ai franchement trouvé que tous ces héros n'arrivaient jamais à se détacher du cliché duquel ils avaient été gentiment démoulé par monsieur Ford, ils n'ont pas pris corps dans mon imagination et par-dessus tout, ils ne servent pas à grand chose. L'histoire globale du bouquin se déroule sous leurs yeux mais ils se contentent d'y assister, j'ai eu l'impression constante qu'ils ne sont que spectateur, autant que nous, et n'influent jamais vraiment sur le cours des évènements. Prenons Waylian Grimm par exemple, cet élève de l'école des mages qui va suivre sa prof tandis qu'elle enquête sur des meurtre horribles perpétrés par un mage noir, il va se contenter de suivre cette dernière et de vomir à chaque scène de crime bien gore découverte (il ne manque que david caruso et ses lunettes) pour finir en trouvant le meurtrier par hasard.
Je suis peut-être légèrement de mauvaise foi, c'est pas totalement vrai parce que chacun finit par avoir son action déterminante à un moment ou à un autre, mais c'est tellement éparpillé (et parfois complètement involontaire) que ça reste anecdotique. de plus, le rythme assez plat n'aide pas vraiment, la structure très découpée du livre coupe chaque action qui pourrait faire monter la tension générale, et comme on a pas mal de personnages, parfois on en perd un de vue et on ne le revoit plus avant un bon moment. On finit par avoir une aventure qui se lit bien mais n'a aucun gros moment fort, c'est plat, ça ronronne gentiment de bout en bout…
Non, j'ai l'air de descendre le bouquin comme ça, mais il se lit assez bien, le style est simple et fluide, contient quelques touches d'humour par-ci par-là, ça reste une lecture agréable mais elle ne marque jamais, ne laissera aucune trace de son passage. Cette exploration de la pègre dans une cité médiévale partait d'une idée très intéressante mais il aurait fallu vraiment faire plus que transposer un univers et regarder des mafieux se taper dessus, j'aurais aimé avoir de vrais personnages forts, une vraie personnalité dans l'univers, mais tout ça reste malheureusement très convenu et ne décolle jamais vraiment.
Lien : http://ours-inculte.fr/havre..
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Citations et extraits (17) Voir plus Ajouter une citation
AlfaricAlfaric   03 octobre 2015
Le temple d'Automne se trouvait sur le second promontoire le plus élevé de Havrefer. En matière de majesté, il n'était surclassé que par le palais royal de Guideciel, et seule la tour des magisters était plus haute que lui. Il était planté comme un monolithe sur le sol rocheux. Ses murs en granit jaune étaient aussi austères et menaçants que ceux de l'imposante citadelle. L'immense statue d'Arlor se dressait dans le bastion nord. Arlor, le Marteau des Vents, l'Indompté, le Grand Défenseur des Tribus Teutonnes. On racontait que les États libres avaient été bâtis sur ses épaules. Dans le bastion sud, la statue de Vorena protégeait les arrières d'Arlor des dangers venant de la mer de Midral. La fière déesse était armée de sa lance et de son bouclier. La crinière de son casque se dressait vers le ciel azur.
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AlfaricAlfaric   07 octobre 2015
- Alors, même si vous travaillez pour un monstre, ça ne signifie pas que...
- Que je suis un monstre ? Que je suis prêt à commettre des actes abominables ? Le récif est-il mauvais parce qu'il se trouve sur la route du navire ? Le loup est-il mauvais parce qu'il dévore l'agneau ?
- Nous ne sommes pas des loups, mais des hommes. Nous sommes en mesure de faire des choix.
Massoum hocha la tête.
- Bien sûr, vous avez raison. Mais si le loup choisit d'épargner l’agneau, d'autres loups viendront le dévorer.
- Il y a toujours des loups, dit-il, mais il y a un berger pour chacun s'entre eux. (Mais qu'est-ce que je raconte ?)
- Tout à fait. Tel est le principe, mon ami. Le loup ou le berger. Chaque personne doit faire un choix d'ordre moral, un jour ou l'autre. J’ai estimé que le rôle du loup était plus rémunérateur. Mais je dois reconnaître que le berger dort certainement mieux la nuit.
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AlfaricAlfaric   04 octobre 2015
La mélodie de l'acier n'était pas un air agréable. Ses notes fracassantes et discordantes étaient le fruit de l'effort, de la sueur et de la saleté. Nobul Jacks la jouait en virtuose. Il travaillait sur son enclume comme un violoniste avec son instrument. Son impressionnante carrure tremblait à chacun de ses coups précis et puissants. Le marteau fracassait l'acier chauffé à blanc dans des gerbes d'étincelles spectaculaires la forge résonnait d'une symphonie funèbre qui n'avait rien à envier à celle d'un orchestre.
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AlfaricAlfaric   06 octobre 2015
Nobul comprenait son raisonnement. Mais d'un autre côté, s'il y avait eu quelqu'un, un ou deux représentants de la loi, pour filtrer la foule et l'orienter vers les quartiers tranquilles, l'installation se serait sans doute mieux déroulée. On aurait peut-être même sauvé quelques vies.
Mais les réfugiés avaient été livrés à eux-mêmes. Le chemin menant la vieille ville avait été dégagé, et la vague humaine s'y était engouffrée. Cela avait été un véritable carnage, comme de bien entendu. Tout le monde voulait s'installer aux meilleurs endroits, près de la Storvoie, de manière à pouvoir vider ses pots de chambre plus facilement. Comme toujours, c'étaient les plus forts, les plus brutaux et les plus méchants qui avaient eu le dernier mot.
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EnkiEnki   11 mai 2016
La terrible réputation de Havrefer s’étendait jusqu’au lointain Dravhistan : les dangers de ses ruelles tortueuses, sa culture insignifiante, les manières de sauvages et l’haleine fétide de ses habitants – sans parler de leur gastronomie insipide et de leur déplorable habitude d’ingurgiter de la bière jusqu’à en vomir.
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