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Franck Bascombe tome 3 sur 4

Marie-Odile Masek (Traducteur)
EAN : 9782757811177
212 pages
Points (09/10/2008)
3.54/5   117 notes
Résumé :
"A l'automne de 1960, alors que j'avais seize ans et que mon père était momentanément sans emploi, ma mère rencontra un homme du nom de Warren Miller et tomba amoureuse de lui. C'était à Great Falls, Montana..."
Depuis que son père est parti combattre les incendies de forêt qui ravagent la région, Joe doit faire face à la soudaine désinvolture de sa mère, et à la découverte de sa propre solitude.

Souvent comparé à Faulkner, Richard Ford aime à ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (21) Voir plus Ajouter une critique
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Très belle exploration des sentiments humains à travers l'observation d'un trio familial pathétique, père, mère, fils adolescent qui est le narrateur de trois journées qui ont bouleversé leurs vies. Mais le feu couvait depuis un certain temps, le lecteur découvrira l'embrasement, comme celui des collines du Montana, en flammes dans cette saison ardente.

Le fils aime ses parents, il voit l'effondrement de leur relation avec beaucoup de maturité, il analyse les probabilités, les réactions, les comportements. Il voudrait éviter le pire, retenir le temps, effacer les mots irrémédiables. Autant la mère que le père le comprennent, ils sont sur une autre planète, elle celle de sa volonté de séparation, ne considérant même pas avec sérieux la possibilité d'une autre vie avec l'amant de quelques journées, lui sous le choc, alors qu'il a quitté momentanément la maison pour participer à la lutte contre les incendies qui ravagent les canyons du Montana.

Il convient de préciser que l'histoire se déroule en 1960, dans une Amérique paisible, une famille paisible qui s'aperçoit peu à peu des fissures qui la menacent. L'effondrement sera-t-il total? Pour le savoir, il faut lire lentement ce beau livre, percevoir la profondeur des dialogues, comprendre sans doute tous les sentiments exprimés par chaque protagonistes.

Richard Ford donne une grande dimension à un drame familial qu'il met parfaitement en place, intégrant dans ce huis clos dévastateur l'incendie qui ne brûle pas que les collines, mais aussi les coeurs.

C'est un grand roman en peu de pages, un roman où le climat dramatique et la tension sont toujours palpables, où la raison n'est pas absente, loin de là, même si l'irrationnel prend le pas sur elle. Richard Ford maîtrise l'art de la conjugaison des sentiments, des perceptions, des non-dits, il livre une belle réflexion sur la vie, "faite de choses insignifiantes". Son texte, lui, est porteur de beaucoup de sens.
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Je ne connaissais pas du tout cet auteur jusqu'à présent et c'est ma belle-mère qui m'a conseillé de commencer par ce livre-là. Je ne sais pas pourquoi mais celui-ci m'a fait penser au film "Sur la route de Madison" avec Clint Eastwood et Meryl Streep (film que j'ai adoré d'ailleurs).

Cette histoire se déroule au tout début des années '60 dans la vile de Great Falls. C'est l'histoire d'une couple, Jeannette et Jerry et de leur fils unique qui n'est autre que le narrateur, Joe. Jerry est un professionnel du golf et gagne relativement bien sa vie en donnant des cours. Tout dérape le jour où il se fait renvoyer et que sa femme et son fils le pressent pour chercher un nouvel emploi, ce qu'ils font eux aussi de leur côté. Alors qu'un immense incendie ravage les forêts alentours et ne semble pas décider à s'éteindre, Jerry décide alors, sur un coup de tête et alors qu'il n'a absolument aucune expérience en la matière, d'aller rejoindre les troupes engagées chargées de venir à bout de ce feu.

C'est au cours de l'absence de ce dernier qu'intervient réellement le personnage de Warren Miller, un homme riche, la cinquantaine et qui va tout changer pour cette petite famille. Je ne vous en dirais pas plus sur le sujet pour ne pas gâcher tout l'intérêt du livre mais sachez que j'ai vraiment adoré l'écriture de Richard Ford, la manière dont il analyse les sentiments humains et l'ambiance qui en découle de ce magnifique ouvrage. Une fabuleuse découverte !
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Questionnements d'ado, un garçon qu'on dirait tellement occupé à observer la vie autour de lui qu'il a du mal à avoir une vie…

Il menait jusque là une vie bien ordinaire, jusqu'à cette saison où la vie tranquille de ses parents bascule. Il y a son père qui a perdu son emploi et qui décide d'aller travailler à éteindre des feux de forêt. Et puis sa mère qui décide d'aller voir ailleurs et qui entretient une liaison avec un homme riche.

Alors, qu'est-ce que l'amour si ses parents se mentent et se trompent? Qu'est-ce que la fierté du travail lorsqu'on perd son job? Qu'est-ce qu'on doit faire quand on est un ado américain des années 60 dans une bourgade du Montana?

Et la vie passe, une simple saison de plus…
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Jeannette, dite Jenny, et Jerry ont déménagé de Lewiston, Washington, à Great Falls, Montana. Oubliées, les vues sur les Rocheuses ; désormais, le couple vit à la lisière des Grandes Plaines. Jeannette s'occupe du foyer, Jerry est professeur de golf. Leur fils unique, Joe, a seize ans ; il vit dans l'admiration de son père, et n'a pour horizon que ses parents, n'ayant ni copains, ni petite amie. A quelques kilomètres de Great Falls, la forêt brûle depuis des mois. On aperçoit le panache de fumée de l'incendie à des kilomètres à la ronde, et il semble que celui-ci projette sur toutes les villes des environs des récits de toutes sortes, d'héroïsme et de lâcheté, de désespoir et de résignation. Lorsque le récit commence, Jerry est renvoyé de son emploi. Il parvient, au bout de quelques jours, à se faire engager comme pompier volontaire sur les lieux de l'incendie. Joe demeure seul avec sa mère, laquelle entame bientôt une relation amoureuse avec un nommé Warren Miller, de presque vingt ans son aîné, et dont la situation sociale est nettement supérieure à celle de Jerry et Jeannette. En quelques jours, le temps que Jerry revienne du front incendiaire, c'est toute une vie qui change, des trajectoires qui se dessinent de façon définitive, la fin d'un monde et de l'innocence de l'enfance.

Toute l'action du roman tient en quelques jours. Depuis la perte de l'emploi de Jerry jusqu'à son retour et à sa confrontation avec Warren Miller, il y a peut-être une semaine, une dizaine de jours au maximum. Mais les personnages eux-mêmes le disent : ils ont l'impression qu'un mois, qu'un an a passé. le temps perd visiblement toute substance, lorsque la structure sociale la plus élémentaire, la famille, éclate de façon aussi violente qu'inattendue. le lieu, lui, a, somme toute, peu d'importance. de cette ville moyenne du Montana, Great Falls, sise entre les silos de céréales et les sites d'extraction pétrolifère, on ne saura quasi rien. Richard Ford nous emmènera dans quelques rues, celles où sont situées la maison de Jerry et Jeannette et celle de Warren Miller, celles du centre où se trouvent quelques bars, hôtels, et le lycée de Joe. Dans cette ville, Jerry, Jeannette et Joe ne sont personne. Nul ne les connaît, nul ne les considère comme des amis. Ils y sont de parfaits étrangers. Jeannette pense encore à Lewiston, Jerry envisage de partir plus à l'est, pour y trouver enfin fortune. Great Falls n'avait rien pour les retenir ; c'est là que leur couple va s'effondrer.

A la fois témoin, captif et narrateur de la situation, Joe est l'oeil à travers lequel Richard Ford observe l'action. Enfant unique de ses parents, ce grand garçon de seize ans vit dans une solitude marquée. le sport au lycée ne lui a permis ni de trouver une voie d'excellence, ni une bande de copains. Captif, Joe L est de ce couple qui se déchire devant lui, sans bruit pourtant, sans disputes ni cris, sans la révélation habituelle que l'amour est absent. Joe ne peut choisir entre sa mère et son père, il ne peut ni les juger, ni les condamner. Moralement, pourtant, il y aurait à redire, et de quoi trouver les motifs d'une révolte adolescente ; car Jerry délaisse le foyer pour retrouver une utilité sociale et une raison de rendre fiers les siens, et d'être fier lui-même ; car Jeannette s'abandonne littéralement, tant aux délices de la boisson qu'elle consomme soudainement avec excès qu'à ceux de l'amour, qu'elle trouve dans les bras d'un homme de cinquante-cinq ans, boiteux et sans grand charme. Témoin, Joe L est aussi, de toutes ou presque les péripéties que traversent ses parents. Il est présent lorsque son père est renvoyé du golf club au début du roman, il est présent lors du dîner qu'offre Warren Miller à Jeannette, durant lequel les deux amants dansent, s'embrassent même sous les yeux de l'adolescent. Il est enfin là lorsque Jerry met le feu au portique d'entrée de la maison de Warren Miller, là lorsque Warren frappe puis fait la leçon à son père, là enfin, lorsque sa mère est absent durant plus d'un an, allée quelque part à l'ouest vivre une vie qu'elle espérait tant mais ne trouvera point. Joe, résolument, est un enfant seul, que ses parents laissent au bord du chemin pour, pendant quelques jours, vivre une vie qui leur a échappé. Enfant ordinaire d'un couple ordinaire, Joe est étonnamment neutre, ne sait pas, ne dit rien, fait même tout pour tenir à cette neutralité que lui impose son égal amour pour chacun de ses parents. Les modèles parentaux, pourtant, s'effondrent. le mythe de la mère dévouée à sa famille disparaît dans les tasses de whisky et les départs à l'aube, dans une robe apprêtée et le rouge aux lèvres, pour retrouver le puissant amant. le mythe du père, éternel sportif, remarquable d'élégance, s'effrite dans l'absurde d'une quête d'héroïsme dont Jerry ne ramènera rien, sinon quelques récits à peine grandioses - l'ours en feu qui tombe de son arbre - et de pitoyables cales aux mains.

Joe fait l'effet d'un personnage un peu naïf, triste, dont la neutralité, alors, nous laisse à distance. Sorte d'aboulique que les événements maltraitent, mais éduquent aussi, Joe semble presque être un personnage transparent, une sorte de personnage prétexte, fenêtre humaine sur le phénomène qui intéresse Ford : la déliquescence de la famille, la fuite en avant de parents qui se sont connus trop tôt. Joe, cependant, devient adulte. Il le devient en apprenant à renoncer : à l'unité de la famille, à un passé révolu, à une innocence enfantine à laquelle ses parents l'arrachent ; mais Jeannette et Jerry ne sont pas forcément à blâmer, car eux aussi subissent les événements : le licenciement de Jerry, l'arrivée à Great Falls puis l'abandon du foyer familial par son époux pour Jeannette. Si le feu brûle les forêts du Montana, une explosion dévaste une famille. Mais, à la différence des flammes, visibles à des kilomètres, l'effondrement de la famille, lui, demeure secret.
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Dans les années 60, un couple américain du Montana connaît une mésentente conjugale. le fils désemparé tente de comprendre le comportement de ses parents et surtout de l'accepter. Voilà pour l'histoire dont le narrateur est l'enfant unique, un adolescent de seize ans prénommé Joe.

J'ai aimé ce roman dépouillé, net, exhalant le mal-être d'un tableau d'Eward Hopper.
Par une technique très visuelle, faite de deux gestes et deux répliques pour donner une présence aux personnages, l'auteur, tout en retenue, livre un texte attachant.
On dit que la gestation d'un roman de Richard Ford est si minutieuse qu'il n'écrirait (pendant plusieurs années) qu'après notes et réflexions mûries une année durant. Savoir cela évite de penser qu'il s'agit d'un récit anecdotique.

Rien n'est simple pour les personnages tentés de renoncer à ceux qui les entourent pour ce qu'ils voudraient d'autre, ailleurs, autrement. Jerry a perdu son emploi et quitte sa famille pour trouver consistance en combattant les incendies qui ravagent le pays à l'ouest de Great Falls. Son épouse frustrée a une liaison avec un autre homme au vu et su de son fils. Celui-ci devine la fin de son enfance à travers la discorde de ses parents et s'accroche à ce qu'il peut. Cette scène où Joe parcourt seul les rues de la ville, sans but et espérant partir vers autre chose - mais quoi ? - est poignante.

Joe acquiert progressivement une lucidité, amère et résignée, pour comprendre que même ses parents font partie des autres:
« Et la leçon à tirer de presque toute expérience humaine c'est que, lorsque d'autres sont concernés, même des gens qui vous aiment, votre intérêt ne passe généralement pas en premier, et c'est très bien ainsi. »

Pas de mélodrame dans tout cela: c'est comme ça, voilà. Il y a quand même de bons moments.
Et on est sensible, jusqu'aux dernières pages, au devenir de cette famille.

La technique utilisée par l'auteur fait que les personnages semblent subir leur destinée. Ils agissent comme sous l'effet d'une soumission à un ordre des choses, parce que l'auteur laisse peu de place à l'analyse des sentiments sinon pour souligner le regard, le mot, le geste qui suscite la perplexité implicite de Joe.
Cette position en retrait de l'écrivain, qui n'entre pas dans les têtes, fait dire à Jean Wagner (Quinzaine littéraire) dans la présentation, que Ford ne se prend pas pour Dieu mais se contente d'être un romancier.

On s'explique mal pourquoi on prend goût à un récit: sans doute y-a-t-il une part de soi qui y est disposée ou préparée. le constat pessimiste (rien n'oblige de le partager) sur les relations humaines que cet ouvrage distille insensiblement ne ternira pas mon sentiment à propos d'Une Saison Ardente. Et le découvrir à travers cette écriture sobre et pénétrante est une agréable surprise.
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Citations et extraits (20) Voir plus Ajouter une citation
Elle avait l'air tendu, fatigué, malheureux, je la sentais prisonnière de sa façon de regarder le monde, de regarder sa vie -- une façon qui n'était sûrement pas la bonne.
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Et j’en concluais que mon père était loin d’être un imbécile et que l’amour c’était fait pour durer, même si parfois il semblait s’éloigner sans laisser de traces.

(Points Signature, p. 45)
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"Nous sommes pour toujours en quête d'absolu que nous ne trouverons pas. On se découvre une soif d'authenticité sans être soi-même authentique. L'amour, en revanche, me semble tout à fait permanent."
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La vie, c'est fait de choses insignifiantes. Il faut s'y accrocher.
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Et il y en a, des mots, des mots qui veulent dire quelque chose, mais qu'on ne veut pas dire, des mots qui sont responsables de vies brisées, des mots qui voudraient réparer quelque chose de brisé, mais qui n'aurait jamais dû être brisé, quelque chose que personne ne voulait voir briser et que, de toute façon, ils n'arriveront pas à réparer.
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Videos de Richard Ford (23) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Richard Ford
À l'occasion du festival "America" 2022 à Vincennes, Richard Ford vous présente son ouvrage "Rien à déclarer" aux éditions de l'Olivier.
Retrouvez le livre : https://www.mollat.com/livres/2662631/richard-ford-rien-a-declarer
Note de musique : © mollat Sous-titres générés automatiquement en français par YouTube.
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