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Michel Le Bris (Préfacier, etc.)
EAN : 9782258039629
1105 pages
Omnibus (19/05/2005)
4.38/5   65 notes
Résumé :
Il y a la mer, dont on sait depuis Joseph Conrad qu'elle est une métaphore parfaite de l'âme humaine et de ses combats. Il y a les navires, ces vaisseaux de ligne devenus légendes, cathédrales éphémères de planches et de voiles, à compter parmi les plus belles créations de l'esprit humain.
Cathédrales de bois, mais aussi bagnes flottants. Il y a la guerre qui dure entre l'Angleterre et la France napoléonienne et, de la Baltique aux Antilles, la Marine de Sa G... >Voir plus
Critiques, Analyses et Avis (9) Voir plus Ajouter une critique
Ce second tome des aventures de Horatio Hornblower est également préfacé par Michel Bris qui nous donne quelques clés de compréhension du personnage. Les annexes sont également intéressantes (unité de mesures, allures du navire ect...) et notamment les dates auxquelles se passent les romans.

Le reccueil comporte les oeuvres suivantes :

Un vaisseau de ligne
Second roman de la licence Horatio Hornblower après Retour à bon port, écrit en 1939, mais sixième tome dans l'ordre chronologique.

H.H est désormais capitaine de vaisseau à bord du HMS Sutherland, vaisseau de ligne de 74 canons et 450 hommes. le navire est un ancien bâtiment Hollandais, le plus laid et le moins désirable de la marine royale, d'un faible tirant d'eau mais manquant de qualités nautiques. Mais que l'on se rassure, notre héros saura en tirer le meilleur parti.
L'histoire se passe de mai à octobre 1810. Comme pour tous les vaisseaux de ce gabarit, Horatio va opérer en escadre, sous les ordres de l'amiral Leighton qui vient juste d'épouser Lady Barbara, le grand amour contrarié de notre héros dans le tome précédent.

Après un habituel démarrage sur la situation matrimoniale de H.H, on va assister à une succession de coups de main particulièrement bien tournés en méditerranée contre les français sur le sol espagnol. Il est à noter que les espagnols ne sortent pas grandis de cet épisode.
On assiste également à une prise en main d'un équipage, en vue d'une obéissance aveugle à coup de garcette, totalement inimaginable de nos jours, même dans les pires camps militaires.

Pavillon haut
Ecrit en 1939, cet opus se déroule entre novembre 1810 et juin 1811.

Horatio Hornblower est à nouveau prisonnier ( voir Lieutenant de marine) en Espagne, mais cette fois des français, après une héroïque bataille à un contre quatre livrée dans l'épisode précédent.

Un prisonnier avec une épée de Damoclès sur la tête. Il doit être transféré à Paris pour y être jugé pour infractions aux règles de guerre (accusation éminemment politique qu'il doit aux autorités françaises avides de publicité), mais s'il s'évade, il sera traduit devant une cour martiale pour s'être rendu lors de son combat.
Vous vous doutez de la solution qu'adoptera notre héros.

Cet épisode est nettement plus introspectif que les tomes précédents et on participe abondamment aux interrogations et aux états d'âme de notre capitaine.
On pourra regretter que le conseil de guerre ne soit pas plus développé, mais vous verrez que tout est bien qui finit bien, dans tous les sens du terme pour notre héros.

Le Seigneur de la mer
Après une coupure (due à la seconde guerre mondiale), Forester reprend, dès 1945, les aventures de son héros.
L'histoire se déroule entre mai et octobre 1812 et Horatio Hornblower est désormais Commodore (tel que l'indique le titre de l'oeuvre en VO).

H.H va affronter son premier commandement multiple à bord du Nonsuch, vaisseau de ligne de 74 canons, qui sera son vaisseau amiral, avec sous ses ordres, deux corvettes (Lotus et Raven), deux galiotes (Moth et Harvey) et un côtre : Clam.
Il est envoyé en Mer Baltique, dans un climat particulièrement tendu ou la situation politique russe et suedoise peut exploser à tout moment à la figure de l'Angleterre.
Côté personnel. Hornblower est désormais marié à Lady Barbara (n'avais-je pas dit dans Pavillon haut que tout se "goupillait" pour le mieux pour notre héros ?) et anobli par le roi.

Dans cet épisode, qui mêle habilement, combats navals, combats au sol et politique, on assiste à la déroute de Napoléon en russie et Hornblower fera largement sa part. de plus il s'humanise, s'arrondit et devient un peu moins irritable, ce qui est un plus pour l'admiration que l'on pourrait porter à ses indéniables compétences de meneur d'homme.

Lord Hornblower
Ce tome a été écrit en 1948 et se déroule sur la période de octobre 1813 à mai 1814. Il se situe donc dans la période historique de la fin de règne de Napoléon Bonaparte, exil sur l'île d'elbe, retour et défaite à Waterloo.
L'auteur pense certainement avoir fait le tour de son héros, puisque les tomes suivant qu'il écrira relateront sa jeunesse (Aspirant de marine en 1950).

Horatio Hornblower est investi d'une mission délicate puisqu'il doit réduire une mutinerie à bord du Flame. Mais le Capitaine est Chadwick, un supérieur de Hornblower lors de sa jeunesse sur le HMS Indefatigable (voir Aspirant de marine) et Horatio en garde un très mauvais souvenir. Mais cette péripétie reste anecdotique car rapidement on passe à la défection du Havre sur fond de fin de Napoléon, retour de ce dernier et prise de maquis par notre héros.

Dans cet épisode, H.H fait définitivement la preuve de son inconstance amoureuse et conjugale (il a trompé Maria avec Lady Barbara dans Retour à bon port, avec Marie dans Pavillon haut, il a trompé Lady Barbara avec une notable dans le Seigneur de la mer et enfin encore avec Marie dans ce tome).

Ce tome est réellement moyen. L'action est molle et ne vaut pas celle d'un Aspirant de marine ou d'un Retour à bon port, la politique ne vaut pas celle d'un le Seigneur de la mer et la fuite de Horatio et sa prise de maquis est fade et ne vaut pas celle de Pavillon haut]].
Bref, passons et vite un autre épisode.

Mission aux Antilles
Dernières aventures dans l'ordre chronologique de notre héros, écrit en 1958. (Forester écrira encore un autre roman sur la jeunesse de Hornblower : Seul maître à bord en 1962, et un inachevé publié après sa mort en 1967 : Au coeur de la mêlée .

L'histoire se déroule entre Mai 1821 et Octobre 1823, soit un saut de 7 ans après sa dernière aventure.

Les guerres Napoléoniennes sont terminées. Comment alors utiliser notre héros, puisque l'Angleterre n'est plus en guerre et que la majorité de ses officiers se languit en demi-solde ? En l'envoyant là où il y a encore un peu d'action : Dans le golfe du Mexique, mer des caraïbes, aux Antilles.

Le livre commence directement avec H.H au coeur de l'action. Il est contre-amiral à la tête de la marine royale dans cette partie du globe soit 3 frégates et 14 goélettes et corvettes.
Dans ce dernier opus, on n'a pas le temps de s'ennuyer. Notre héros navigue d'aventures en aventures, et on abordera les thèmes de l'esclavage, de la piraterie, de la révolution, poursuites et ouragans, bref une suite ininterrompue de mésaventures desquelles il sortira bien sûr vainqueur.
Bref un chouette tome pour finir l'histoire de Horatio Hornblower en beauté.
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La Lydia entre en rade de Saint-Hélène. L'île aux mains des anglais n'est pas encore la geôle de Napoléon. Il s'en faut de quelques années seulement. Cette escale met fin à son périple retour du Pacifique, doublant le Cap Horn et ses flots enragés. La frégate est tout juste sortie victorieuse de son affrontement avec La Natividad, un galion de cinquante canons pris aux espagnols par le révolutionnaire en guenilles qui se faisait appeler pompeusement El Supremo, et finalement coulé par elle au large du Nicaragua. Il faut dire que Horatio Hornblower est un capitaine hors pair. Sous ses ordres la Lydia s'est acharnée autour du galion comme la mangouste sur le serpent. Les Espagnols venaient de se réconcilier avec les Anglais, leur ennemi d'hier, par la nécessité de mettre fin aux appétits du petit Corse teigneux qui a mis l'Europe sens dessus dessous. Il a favorisé contre lui des alliances de circonstance, forcément contre nature.

Dans cet univers guerrier, univers d'hommes, il y a ce que Hornblower envisage comme une cargaison maudite, le clou dans sa chaussure à boucle, une menace plus redoutable à ses yeux qu'un galion ennemi de 50 canons. L'épreuve pour un capitaine taiseux qui règne en maître après Dieu sur navire et équipage : il y a une femme. Qui plus est une aristocrate. La Lydia doit ramener en Angleterre Lady Barbara. Elle a fui la contagion qui gagne l'Amérique centrale. le prince des gaillards d'avant devient le serviteur d'une passagère dont on ne lui pardonnerait jamais d'écorner l'intégrité. Confrontation des classes sociales, des sexes, des culture et condition : le diable est à bord. Plaise à Dieu de ne pas fomenter de tentation aux perspectives inenvisageables tant le cloisonnement est étanche entre classes sociales en ce tout début de XIXème siècle. le rang, la naissance commandent à la vie. Fût-il capitaine d'une frégate de sa gracieuse majesté, Hornblower est issu du peuple, un manant aux yeux d'une aristocrate.

C'est avec une écriture d'une incroyable précision que Cecil Scott Forester incorpore son lecteur à l'équipage de cette frégate anglaise de 36 canons sur un seul pont. le foisonnement des termes de marine témoigne de sa part d'une étonnante connaissance de la navigation et de la marine à voile en particulier. le lecteur est littéralement pris dans le feu de l'action dans ce combat naval d'un autre temps. Les cinq sens en alerte à craindre les paquets de mer, la canonnade et ses acres fumées, l'enchevêtrement de cordage, de toiles, d'éclats de bois avec son inévitable lot de blessures sanglantes qui en ces temps et circonstances valent autant de condamnation à mort. le mal de mer dans les brisants du cap, quand il n'y aura plus que lui, sera une sinécure après le fracas de la bataille.

L'heureux retour, premier tome de ce qui deviendra une série sous la plume de Cecil Scott Forester est surprenant de réalisme, de mise en situation du lecteur avec sa minutieuse restitution du contexte historique tant pour son environnement matériel que pour la psychologie des personnages engoncés dans leur classe sociale respective. Écriture précise, efficace que ce style sans ambages dépourvu de métaphores. Une véritable immersion historique et romanesque du lecteur dans l'univers d'un héros dont le caractère à la fois sévère et emprunté a trouvé grâce à mes yeux. A bien chercher, on trouve l'homme sous le bicorne de l'officier de marine. Je suis sûr de croiser à nouveau sa route sur les océans dans un autre ouvrage de Cecil Scott Forester. Il a fait d'Hornblower un personnage récurrent, à suivre contre vents et marées.
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Les premiers seront les derniers. Forester a écrit sa saga à l'envers, débutant par un héros déjà capitaine dans des aventures abracadabrantesques. Je ne vois guère que Rambo, ratatinant l'armée rouge avec une poignée de talibans rebaptisés combattants de la liberté, pour égaler Hornblower dans l'outrance et l'invraisemblable. Ce diable d'homme a ruiné Napoléon à lui tout seul, et rendu la liberté au reste du monde. Et tout en prêchant la paix et le pardon, il assassine un compatriote désarmé qui tentait d'échapper à son procès. Curieux héros. le premier tome, regroupant les tribulations de jeunesse est beaucoup plus abouti et plus crédible. Horatio, jeune, fauché et soumis aux ordres souvent absurdes de sa hiérarchie est beaucoup moins antipathique. Mais il n'arrive pas à la cheville d'Aubrey dans la catégorie Marine anglaise à voile.
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Pour le texte complet et mes conseils de lecture (pour en avoir plus de plaisir) : lire ma critique exhaustive que j'ai associé au tome 1 dans la collection Omnibus et au 1er roman : "Lieutenant de marine".

"Voici une (assez longue) critique comparative entre 2 auteurs de livres d'aventures marines : C.S Forester et P. O'Brian. Elle porte sur les 2 premiers romans des « aventures de Jack Aubrey ». Et il y a les 10 romans des aventures de « Capitaine Hornblower ».
Je rajouterai aussi des conseils de lecture.
Les livres :
Forester : Collection Omnibus.
Tome 1 (environ 1200 pages) regroupant les romans :
Aspirant de marine, Lieutenant de marine, Seul maître à bord, Trésor de guerre, Retour à bon port
Tome 2 (environ 1100 pages) : Un vaisseau de ligne, Pavillon haut, le seigneur de la mer, Lord Hornblower, Mission aux Antilles.
2300 pages de plaisir..."
: la suite ? voir Omnibus tome 1 ou "Lieutenant de Marine".
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Ample récit maritime, techniques et réaliste par ses descriptions des conditions matérielles de vie, d'une traversée du Pacifique au temps des guerres napoléoniennes. Cecil Scott Forester embarque le lecteur dans ce récit d'aventure qui, sous la froideur de son personnage, captive tant il parvient à restituer les arrangements du sombre métier de la mer.
Lien : https://viduite.wordpress.co..
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Citations et extraits (1) Ajouter une citation
Il faisait de son mieux pour lutter contre le sentiment de gêne qui s'emparait toujours de lui quand il voyait sa femme nue en présence d'une femme, bien que Hébé ne fût qu'une servante, et noire. (page 408)

Un petit « et » qui vaut son pesant de moutarde !
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Vidéo de Cecil Scott Forester
C. S. Forester with Princess Margaret at the World Premiere of Captain Horatio Hornblower R.N. (1951)
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