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ISBN : 2070401170
Éditeur : Gallimard (15/11/1996)

Note moyenne : 3.55/5 (sur 11 notes)
Résumé :
"Ma mère était une rieuse, une moqueuse( ...) Pour elle, les locataires du soixante quatorze avenue Ledru Rollin - l'immeuble sordide où nous avions émigré après la faillite de papa - n'étaient pas madame Morel, monsieur Bénin, les Falkenberg ou les Paposki mais Belle-en-cuisses, le père Cocu-Content, les Mangeurs-de-pelures et les Grandes Oreilles (...)

Et puis c'est elle qui est tombée. Un dimanche de février. Tombée pas vieille. Entraînant dans sa... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (2) Ajouter une critique
gill
  22 février 2018
Le jeune homme n'aime pas son pardessus mal taillé d'un brun trop criard.
Il n'aime pas Jacqueline, la perfide ballerine qui, en minaudant, refusait de l'embrasser, et qui pourtant attend un enfant d'un musicien de son orchestre.
Il n'aime pas les allemands qui, en 44, sont là depuis trop longtemps et semblent s'être installés pour toujours.
Mais par-dessus tout, il n'aime pas la mort qui, un sombre dimanche de février, a, sans prévenir, emporté sa mère ...
"La déglingue" c'est un livre de Remo Forlani.
Il a été écrit "pour eux, pour eux tous".
Mais avant-tout, c'est un livre écrit par un fils pour sa mère.
Derrière le stylo qui, en 1995, a retracé "la déglingue", le jeune homme, pourtant presque devenu un vieillard, a conservé sur ses épaules le vieux pardessus.
Le livre a été écrit sans fausse pudeur, parfois même crument.
C'est que son auteur n'est pas un poseur.
Mais en quelques mots, en une ou deux phrases, à l'aide d'un flot de tendresse, Remo Forlani balaie tout ce qui pourrait être gênant ou désespérant.
Les phrases ont ici la force de la vie.
"C'est farce ... la vie. Enfin bizarre".
"La déglingue", c'est un adolescent, presque un jeune homme, dans la désespérance.
C'est un livre beau et puissant ou l'auteur a ouvert le sac, dont sa mère disait, qu'à y avoir fourré ensemble la droite et la gauche, on n'en sortirait que de la calamité.
Il en est sorti beaucoup de mélancolie, énormément de tendresse, une profonde tristesse, un amour éperdu pour sa mère et de la vie ...
Le style de Remo Forlani est à son image.
Sous sa plume, les mots d'ailleurs semblent ne s'ordonner en phrases que pour se transformer en autant d'images.
C'est que l'écrivain sait aussi à l'occasion se faire fin scénariste et habile dramaturge.
Depuis longtemps, j'aime Remo Forlani.
Il m'a présenté "P'tit Pat" dans ma jeunesse.
Et m'y a raconté "le roman vrai des bandes-dessinées".
Pour ça et pour "la déglingue", merci Mr Forlani ...


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zabeth55
  12 février 2014
Je ne sais pas pourquoi, j'ai toujours eu une tendresse particulière pour Remo Forlani.
Il a un réel talent pour nous faire vivre des époques de sa vie ou nous plonger dans la fiction, dans un style toujours vif et coloré.
Ici, dans Paris occupé, il a seize ans lorsque sa mère meurt brutalement.
Commence alors pour lui la « déglingue », entre un père alcoolique et cavaleur, ses rêves improbables de devenir peintre célèbre, ses figurations au théâtre, et surtout la douloureuse absence de sa mère.
La lecture coule toute seule, c'est gai et triste en même temps. le style est tellement vivant que j'avais l'impression de l'entendre raconter plus que de le lire.
C'est avec regret que j'ai tourné la dernière page, j'aurais bien continué un petit bout de route avec lui.
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Citations et extraits (4) Ajouter une citation
gillgill   19 février 2018
C'est comme ça, c'est comme ça.
Le temps va.
Bon, mauvais, faut qu'il s'écoule, filoche, s'esbigne.
Emportant les gens. Des milliasses de gens.
Des gens dont on ne savait même pas qu'ils étaient de ce monde.
Et des gens à nous, des gens qu'on connaît, amis, père, mère, cousins, cousines, petites soeurs, fillettes si palôtte, si chétives qu'on reniflait qu'elles n'iraient même pas jusqu'à leur première communion, et aussi de grands gros gaillards suant la santé qui, coups de malchance, se goinfrent un bus emballé ou une cheminée qui leur dégringole dessus sans prévenir.
Les morts ...
Une rude débandade, si on y pense.
Vous laissant des chagrins qui n'en finissent pas de s'accumuler ...
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gillgill   22 février 2018
Le Front Popu ça faisait belle lurette qu'il n'était plus que dans les mémoires.
Léon Blum s'était fait virer par des politicards qui ne le valaient pas, et de loin, et son bon camarade Thorez était devenu quelque chose comme l'allié de ses ennemis nazis.
C'est que le sac à calamité de maman on l'avait ouvert.
Et grand.
C'est que nous avions eu un Munich.
Puis une guerre.
Puis l'arrivée des allemands à Paris.
Puis une vieille baderne de maréchal qui avait fait don de sa personne à la France et était allé serrer la main d'Hitler à Montoire et qui nous bassinait avec son travail et sa famille et sa patrie.
Et nous étions le 6 février quarante-quatre.
Le matin ...
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gillgill   19 février 2018
Quand aujourd'hui je lis Zola, L'Assommoir, Le ventre de Paris ..., je pense à tout ce qu'elle me racontait sur son enfance de fille de bignole, ma mère.
Mais je le lis dans mes livres de la Pléiade "reliés en pleine peau dorée à l'or fin".
Et ça me met mal à l'aise.
Elle, elle n'avait jamais lu que des bouquins à moins d'un franc, des bouquins en mauvais papier, même pas à elle, empruntés.
Et bêtes ...
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gillgill   22 février 2018
C'est moche de voir, à neuf ans, sa mère verser de grosses grosses larmes ...
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Video de Remo Forlani (5) Voir plusAjouter une vidéo

Théâtre
Matthieu GALEY, Robert KANTERS, Pierre MARCABRU, Gilles SANDIER débatent des pièces de théâtre suivantes : - "Guerre et Paix au café Sneffle", de Rémo FORLANI (Théâtre La Bruyère) - "Tchao", de Jacques-Henri DUVAL, mis en scène par Marc-Gilbert SAUVAGEON (Théâtre Saint Georges) - "L'Infame", écrit et mis en scène par Roger PLANCHON (Théâtre de la Cité de...
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