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ISBN : 2213597197
Éditeur : Fayard (04/09/1996)

Note moyenne : 3.87/5 (sur 60 notes)
Résumé :
Viviane Forrester, passionnée de littérature, férue de philosophie et de psychanalyse, a rencontré avec cet ouvrage un succès sans précédent. Dénonçant le culte de la rentabilité et la tyrannie du profit, l'auteur prend l'exact contre-pied de l'idéologie libérale qui prétend subordonner toute décision politique aux seuls impératifs de l'économie. Ce livre révolté n'est cependan... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (9) Voir plus Ajouter une critique
ATOS
  07 décembre 2014
« La vérité est trop nue, elle n'excite pas les hommes. » - Jean Cocteau - Le poète a raison.
Il a raison mais pas entièrement.
Parce que l'horreur est immense, à la hauteur du mensonge.
Le livre de Viviane Forrester est sans doute ce qui a été de mieux écrit, décrit, saisi, analysé depuis des années concernant l'état de notre monde.
Ce n'est pas un essai de stratégie économique, ni un traité politique. C'est l'annonce de la réalité. D'une vérité que nous ne pouvons, ou nous ne voulons pas comprendre, puisque tout nous empêche de la porter à la lumière de notre raison.
C'est un livre effroyablement juste. L'horreur économique. Cette horreur qui depuis des dizaines d’années ne cesse d'avaler peu à peu notre intelligence, nos rêves, nos espoirs, et si silencieusement des millions de vies.
Et que celle ou celui qui se dit ouvertement heureux, bien content, serein, celle ou celui qui se voit comme l'animal de génie que porte ce siècle divin, que ceux là, ceux qui dorment repus, au chaud, contents, ceux qui méprisent, ceux qui rejettent, ceux qui acceptent consentent participent et s'extasient devant la dictature du profit et qui rampent au pied du grand autel du mérite, à ceux là : ce livre vous congédie.

La vérité est difficile à entendre et portant elle est tellement saine à comprendre.
Il faudra bien un jour faire face à l'absurdité d'un monde qui est entrain de nous dévorer. Et si nous n'y prenons pas garde , pourrait être le grand fossoyeur.
Imaginons.
Imaginons une planète qui durant des millénaires a vu son peuple se courber sous le poids des fardeaux, s'atteler aux charrues, pousser des wagons, ramper dans les fosses, travailler comme une bête pour pouvoir espérer survivre en passant chacun de ses hivers.
Imaginez ce peuple, si peu fait pour habiter cette planète, employer son cerveau à inventer des machines capables de le décharger de sa peine.
Imaginez ces machines travaillant à la place de ce peuple, le déchargeant de son état de bête de somme.
Un peuple qui aurait pu voir devant lui pour la première fois de son histoire se dresser un espoir.
Mais le peuple na pas pensé au pouvoir des machines, et n'a pas pris garde à qui elle donnait le pouvoir de commander aux machines.
Plus de machines, moins de travail. Plus de temps libre...
Moins de peine, davantage de place pour la vie ?..
Mais le peuple n'avait pas compris.
Pas compris qu'avec leurs machines ces hommes allaient leur voler le droit de survie en faisant beaucoup et énormément de profit.
Et que ces hommes allaient peu à peu créer un empire monstrueux qui viendrait coloniser avec férocité et sauvagerie tout le village du peuple.
L'empire fut industriel et puis très vite il devint financier.
S'auto-alimentant lui même tout en imposant son droit, ses règles, et toute la cruauté de son jeu.
Et plus les machines devenaient et plus le travail disparaissait.
Et plus le travail disparaissait plus le peuple se devait d'en trouver.
La place du peuple devenait chère, de plus en plus rare, de plus en plus chère.
Un peu ici, beaucoup là bas,
un peu plus ici …
et davantage là bas.
Et puis un jour cela fut partout.
Un ordre qui marche ne se désavoue pas.
Un ordre de marche, une course folle au profit, qui ne dit pas son nom .
Qui ne se prononce pas, qui ne se dit pas.
Le désemploi.
Les hommes des machines enseignèrent et imposèrent au village un seul mot : Chômage....
Ce livre vous dira l'histoire de ce peuple, et le visage de ceux qui imposèrent la terreur au village.
Il fallait bien plus que de l'audace pour écrire ce livre, il fallait de l'intelligence et du courage, pour venir nous rappeler la réalité des faits qui se sont peu à peu imposés à nous.
Pour nous dire que nous sommes colonisés par un empire financier qui nous fait croire que les emplois reviendront, alors qu'ils ne reviendront JAMAIS.
Pour dire, qu'à force de nous répéter, de nous faire entendre que ceux qui n'en ont plus sont des charges et des parias, il nous vient méchamment dans l'idée qu'ils nous sont inutiles et qu'à ce titre on risque de donner bêtement bonne conscience à tous les crimes. Et d'oublier que chaque jour un peu plus nous avançons dans la file de ceux qui se verront sacrifiés au seul profit des maîtres de l'Empire.
Et que plutôt que de nous laisser voir les faits, de nous laisser libres d'y réfléchir, on nous gave de mensonges, de promesses, et d'illusions. Et qu'on nous prive de la seule possibilité qu'il nous reste : concevoir une autre façon de vivre.
Ce livre ne nous donne pas de solution. Les solutions sont celles que nous souhaiterons voir s’inscrire sur le visage de notre avenir. C'est à chacun d'entre nous de dessiner son futur.
Mais ce livre est un début, juste la tentative d'un éveil de notre conscience.
Pour que nous nous rendions compte dans quelle gueule d'empire nous nous sommes livrés, et dans quel infernal merdier on nous a laissés tomber si bas.
Publié en 1996, ce livre pourrait être écrit demain matin.
Reste à savoir combien seront encore là pour le lire.
Ce livre est basé sur des faits réels.
Astrid Shriqui Garain
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HORUSFONCK
  24 septembre 2018
Le titre de cet essai n'a rien de ronflant ni d'exagéré... et son contenu, qui déroule la constante imposture de l' économie de marché, reste d'une morne actualité plus de vingt ans après. il y est démonté et démontré l' appropriation de la valeur Travail, comme asservissement inclusif, par les puissances financières transnationales de plus en plus hors de contrôle.
Avec le spectre d'un avenir d'humains de moins en moins "utiles".
Même si des consciences se font timidement jours depuis quelques temps, l' essai de Viviane Forester est lucide, qui annonce une idéologie encore timide de la décroissance: celle qui vient après un constat lucide et sans concessions.
Ce livre mériterait une version 02, par un collège de philosophes et d' économistes alternatifs et divergents.
Mais en l' état, c'est encore un ouvrage passionnant.
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Mahpee
  13 octobre 2014
Il y a bientôt vingt ans, Viviane Forrester jetait ce pavé dans la mare si calme de ce désespoir annoncé," l'ensemble des êtres humains est de moins en moins nécessaire au petit nombre qui façonne l'économie et détient le pouvoir".
Force est de constater que son discours était juste et même en deça de la situation actuelle. Son livre avait fait grand bruit à l'époque et paraissait bien trop futuriste mais hélas ces vingts dernières années ont démontré le contraire. Vivianne Forrester, dans cet ouvrage économique très bien documenté et très abordable, dénonce comment les politiques successives ont caché au plus grand nombre le désastre que nous subissons de nos jours.
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Mevlan
  27 septembre 2016
Cet essai publié en 1996 est d'une actualité étonnante. Si son auteure, disparue en 2013, vivait encore, elle ne pourrait constater qu'amèrement la justesse de son constat de l'époque.
Ce livre apporte un recul nécessaire et salutaire sur l'état catastrophique de la société dans laquelle nous sommes plongés, auquel, consciemment ou non, nous souscrivons. Ce constat porte principalement sur la disparition du travail. le chômage, depuis les années 80/90 ne cesse de préoccuper nos élites politiques. Selon l'auteure, il ne s'agit là que de comédies. Si le chômage était conjoncturel (donc provisoire) depuis l'époque où Marx analysait les « crises capitalistes » jusqu'à la fin du XXème siècle, il est devenu, d'une part en raison des progrès techniques, d'autre part en raison des délocalisations, aujourd'hui irréversible (en tout cas en Occident, selon moi). le plein emploi, c'est fini ! Il faut se mettre cela dans la tête. Les grandes sociétés licencient à tour de bras. L'inverse n'arrivera pas. C'est évident, on ne va pas démonter les machines qui ont remplacé des centaines de bras, comme non plus on ne va pas créer de l'emploi dans nos pays occidentaux, alors qu'une main d'oeuvre servile et bon marché existe partout ailleurs ! Et ce, malgré toutes les gesticulations empressées de nos élites politiques et leurs vaines promesses !
Ce que souligne Viviane Forrester, c'est le désarmant paradoxe suivant : le travail disparait, mais le loisir n'augmente pas pour autant ! Tout se passe comme si plus l'on manque de travail, plus on le cherche ! Toutes les idées selon lequel le progrès technologique entraînerait nécessairement une vie plus libre, moins « aliénée » par le travail, est balayée par les faits. le progrès technologique n'a jusqu'ici que mis à la porte des millions de vies, laissées sur le carreau, et ces laissés pour compte n'en profitent nullement, obsédés par le désir de retrouver un travail qui n'existe pas.
Tout cela remet en cause notre vision de la société, nos préjugés sur les chômeurs « assistés », sur les discours théâtralisés des politiques… Viviane Forrester porte un regard lucide sur l'état alarmant dans lequel notre société plonge tête baissée depuis deux ou trois décennies. Et ce regard lucide, c'est ce qui fait notre dignité, notre qualité d'être humain. Même si nous ne pouvons apporter de réponse à cette tragédie, il nous reste au moins cette dignité. Voilà ce que m'a appris ce livre.
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Tom_Otium
  06 mai 2014
Sur le fond, Vivianne Forrester fait un constat très juste et dont on parle trop peu alors que c'est une tendance de fond depuis le début de la révolution industrielle : celui de la disparition du travail. Il est vrai que les progrès techniques, les gains de productivité, les techniques de management mais aussi le libre-service, tout cela nuît à l'emploi. Tout cela aurait mérité d'être développé. Au lieu de cela, l'auteur préfère s'étonner d'un paradoxe qui se comprend aisément. Si le travail est sur-valorisé c'est justement parce qu'il disparaît.
Dans la vision dépassée de Vivanne Forrester, le travail est présenté comme une souffrance or il est de moins en moins perçu comme une aliénation mais comme une dignité (pour les pauvres) ou un épanouissement (pour les bobos) . Il faut dire que sa nature même a changé (tertiarisation, économie de la création et de l'innovation).
Le travail est donc présenté comme un dogme, une obsession. Il reste une valeur importante de nos société mais les gens s'en libèrent peu à peu, il y a un engouement pour le temps libre, les loisirs. Cependant les gens ne se sont pas encore libérés de ce que pensent les autres, il reste important de « faire quelque chose de sa vie ».
Afin que les mentalités changent et qu'on évolue vers un autre modèle où on pourra enfin dissocier travail et revenu, il est important de lire ce pamphlet, véritable cri du coeur. Dans sa forme, ce court essai n'est certes pas très structuré ou argumenté mais son ambition est ailleurs, celle de montrer qu'on autre monde est possible, un monde où le travail salarié aurait une place moins centrale et où les êtres humains serait utile à autre chose qu'à produire et consommer.
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Citations et extraits (13) Voir plus Ajouter une citation
MahpeeMahpee   12 octobre 2014
La délivrance du labeur obligé, de la malédiction biblique, ne devait-elle pas logiquement conduire à vivre plus libre la gestion de son temps, l'aptitude à respirer, à se sentir vivant, à traverser des émotions sans être autant commandé, exploité, dépendant, sans avoir à subir tant de fatigue ? N'avait-on pas, depuis la nuit des temps, espéré une telle mutation en la tenant pour un rêve inaccessible, désirable comme aucun ?
Ce passage d'un ordre d'existence à celui qui s'établit de nos jours, et que nous refusons de découvrir, paraissait appartenir à l'ordre de l'utopie, mais, y songeait-on, c'était pour l'imaginer pris en charge par les travailleurs eux-mêmes, par tous les habitants, et non imposé par quelques-uns, en nombre infime, qui se comporteraient en maîtres d'esclaves désormais inutiles, en propriétaires d'une planète qu'ils seraient seuls à gérer et qu'ils aménageraient pour eux seuls, selon leurs seuls intérêts, des auxiliaires humains en nombre ne leur étant plus nécessaires.
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lanardlanard   19 août 2010
"Mallarmé is a machine gun!"
p 100
Les mitrailleuses sont violentes, parfois indispensables pour éviter le pire, mais leur violence est prévue, elle fait partie du jeu et sert presque toujours le retour éternel des mêmes changements. On aura déplacé les termes, sans changer l'équation. L'histoire est faite de ces sursauts. La hiérarchie se porte bien.
Mallarmé lu, cela suppose acquises certaines facultés qui pourraient conduire à certaines maîtrises et, par là, à l'approche de certains droits? Faculté de ne pas répondre au système dans les termes réducteurs seuls offerts par lui, et qui annulent toute contradiction. Faculté de dénoncer la version démente du monde dans laquelle on nous fige, et que les pouvoirs se plaignent d'avoir à charge alors qu'ils l'ont délibérément instaurée.
Mais pour mieux embrigader, asservir, et cela de quelque bord que soient les pouvoirs, on détourne l'organisme humain de l'exercice ardu, viscéral, dangereux de la pensée, on fuit l'exactitude si rare; sa recherche, afin de mieux manœuvrer les masses.
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MimimelieMimimelie   27 octobre 2014
Nos concepts du travail et donc du chômage, autour desquels la politique se joue (ou prétend se jouer), sont devenus illusoires, et nos luttes à leur propos aussi hallucinées que celles du Quichotte contre ses moulins. Mais nous posons toujours les mêmes questions fantômes auxquelles, beaucoup le savent, rien ne répondra, sinon le désastre des vies que ce silence ravage et dont on oublie qu'elles représentent chacune un destin.
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ATOSATOS   07 décembre 2014
Peut être l’intérêt véritable de la publicité reside-t-il de plus en plus dans ces dernières fonctions : dans la distraction puissante qu’elle suscite; dans l'environnement culturel qu'elle sature, le maintenant au plus près du degré zéro; mais, surtout, dans le détournement du désir, dans cette science du désir qui permet de le conditionner, de persuader d’abord qu'il y en a; ensuite, qu'il y en a seulement là où il est indiqué. Et surtout pas ailleurs.
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lanardlanard   19 août 2010
Sur l'absence de solutions:
p 75-76
Le chantage à la solution altère les problèmes, prévient toute lucidité, paralyse la critique à laquelle il est aisé de répliquer dès lors (ton d'ironie bienveillante): "Oui, oui... et que proposez vous?" Rien! L'interlocuteur s'en doutait, d'avance rassuré: sans solution, au moins possible, envisagée, la problème disparaît. Le poser serait irrationnel, et plus encore le moindre commentaire, la moindre critique à son propos.
Une solution? Il n'y en a peut-être pas. Faut-il pour autant ne pas tenter de mettre à plat ce qui scandalise et de comprendre ce que l'on vit? D'acquérir au moins cette dignité là? Selon l'opinion générale, hélas, ne pas tenir pour certaine la présence d'une solution, mais s'obstiner néanmoins à poser le problème, est tenu pour un blasphème, une hérésie, de toute évidence immoraux et débiles, absurde de surcroît.
Alors qu'il peut y avoir absence de solution; elle signifie le plus souvent que le problème est mal posé, qu'il ne se trouva pas là où il est posé.
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Video de Viviane Forrester (7) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Viviane Forrester

Patrick Lapeyre Prix Femina
Patrick Lapeyre Prix Femina 2010 pour "La Vie est brève et le désir sans fin" paru aux éditions POL - Remise du Prix le 2 novembre 2010 à l'Hotel Crillon -Paris : Membres du Jury Femina : Diane de Margerie - Viviane Forrester - Claire Gallois - Benoîte Groult - Paula Jacques - Christine Jordis - Mona Ozouf - Danièle Sallenave - Chantal Thomas -Paule Constant - Camille Laurens - Solange Fasquelle - Prix Femina Etranger: Sofi Oksanen "Purge" éditions Stock - AFP TV
>Systèmes et théories>Systèmes économiques>Economie libérale, Capitalisme (42)
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