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EAN : 9782264014863
382 pages
Éditeur : 10-18 (06/04/2006)
4.03/5   217 notes
Résumé :
Observateur subtil de la société britannique, E. M. Forster n'a peut-être jamais mieux décrit les antagonismes et les entrelacs d'intérêts entre aristocratie et bourgeoisie que dans Howards End. Dans cette histoire d'héritage et de remariage s'affrontent deux familles, les Schlegel et les Wilcox, et à travers eux deux visions du monde. A la veille de la Première Guerre mondiale, la société victorienne se fissure et les idées féministes et progressistes gagnent du te... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (14) Voir plus Ajouter une critique
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Under_the_Moon
  01 novembre 2019
Les Wilcox et les soeurs Schlegel ou la dérive de l'upper-class londonienne. le point de départ de la chute : Howards End, la priopriété familiale de feu Mrs Wilcox.
L'une des soeurs, Helen est passionnée et refuse de compromettre ses idéaux à la bienséance, quant à Margaret, l'aînée, elle est reconnue pour sa grande intelligence et sa vivacité d'esprit, mais par sa grande gentillesse, cette dernière est bien plus prompt que sa cadette à faire des compromis.
Malheureusement, la vie n'est pas en noir et blanc avec un mode d'emploi que l'on peut suivre à la lettre en espérant qu'il satisfera tout un chacun, ou qu'il nous satisfera nous-même d'ailleurs...
Un roman très sobre et bien écrit qui décrit la façon dont les petits grains de sables viennent enrayer la machine des aristocrates en anglais au tournant du siècle. Petits scandales étouffés, petits arrangements et petits secrets sont de mise.
Pour les amateurs de Downton Abbey, on retrouve le même arrière-plan socio-historique, mais l'humour est remplacé par le drame.
Le changement a-t-il vraiment sa place dans la vieille et immuable aristocratie anglaise ? L'affrontement de mondes ou genres complètement opposés peuvent-ils cohabiter à l'ère où le siècle se déclarait volontiers plus socialiste ou plus progressiste ? Et l'art peut-il réconcilier ses extrêmes ou n'est-ce qu'une chimère de plus ? A quoi chacun devrait-il être le plus attachè ? le plus fidèle ?
Un beau roman avec une écriture élégante qui m'a donné envie de découvrir d'autres romans de l'oeuvre d'E.M.Forster.
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isabellelemest
  13 avril 2016

Depuis Beauvoir, on ne se pose plus la question de la place des intellectuels dans la société et notamment quand il s'agit de femmes. Il en allait tout autrement dans l'Angleterre encore victorienne des années 1900, avec sa division stricte en classes sociales et ses femmes sans accès au travail.
C'est la le thème qu'aborde E.M. Forster dans ce roman dont les héroïnes sont deux soeurs mi-allemandes, mi-anglaises, Margaret et sa cadette Helen. Vivant de leurs rentes, elles appartiennent à la société aisée, et sont indépendantes matériellement et intellectuellement. Passionnées de culture, de musique, de théosophie et de débats, elles vivent à Londres à l'instar des soeurs Stephen, Virginia Woolf et son aînée Vanessa Bell, membres comme Forster du fameux, bien qu'informel, "Bloomsbury group".
Mais la rencontre avec divers membres de la bourgeoise famille Wilcox, dont la fortune vient des activités profitables de businessman de Charles, le père, va amener l'aînée, Margaret, à subir l'attraction de l'enracinement dans une classe sociale supérieure, dans un lieu de résidence dans la campagne anglaise (la demeure éponyme d'Howards End) qui mettrait fin à son cosmopolitisme intellectuel et à sa liberté de femme indépendante.
A l'opposé, Helen se sent prise d'intérêt pour Leonard Bast, un employé modeste mais méritant, encore que mal marié, qui cherche à se cultiver et à s'élever au dessus de sa condition. Margaret se fiance avec Mr Wilcox, malgré le peu de convergences de leurs valeurs sociales et morales, mais un mauvais conseil de ce dernier, répercuté par les deux soeurs, fait perdre son emploi à Leonard Bast et le plonge dans la misère.
Voici les deux soeurs prises entre deux classes, entre deux feux, et près de s'éloigner irrémédiablement l'une de l'autre.
On ne dévoilera pas l'intrigue qui les amène, apres bien des atermoiements, à retrouver leur vraie identité, qui ne peut être qu'extérieure au conformisme de la société anglaise d'avant la première guerre mondiale.
Un roman vivant et enlevé, nourri de dialogues souvent spirituels, mais dont la portée reste pessimiste, car après tout Howards End, au sens propre comme au figuré, c'est la fin d'un monde dont les limites apparaissent clairement à travers la satire sociale dont l'ouvrage est nourri.
Lu en V.O.
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Missbouquin
  24 juin 2013
Ayant vu le film en 2012, j'ai toujours gardé en tête l'idée de lire le roman de Forster, et de découvrir cet auteur par la même occasion, qui connut le succès justement avec ce roman.
Le texte met en scène trois couches de la société anglaise de la fin du XIXe : les Wilcox, riches capitalistes; les Schlegel, qui font partie de la bourgeoisie intellectuelle et soutiennent des idéaux humanistes que les premiers ne peuvent comprendre ; et les Bast, la classe laborieuse qui meurt simplement de faim malgré tous leurs efforts. Tous ces personnages vont se croiser et se recroiser, s'influençant volontairement ou involontairement jusqu'à créer une situation où la communication devient impossible. Mais c'est sans compter l'évolution de la société elle-même, et en particulier des idées féministes, qui vont bouleverser tous les codes sociaux et aboutir à un dénouement tragique.
Dans tout ce fracas, la personnalité de Margaret Schlegel ressort, ce qui en fait le personnage principal, et celle qui tient une grande partie des ficelles : intelligente, intuitive, réfléchie, elle s'oppose à sa soeur Hélène, impulsive et souvent irresponsable. Deux femmes fortes qui vont, à leur manière, essayer de ne pas renier leurs idéaux.
Ce que j'ai finalement le plus apprécié dans ce roman, c'est la légèreté avec laquelle Forster traite ses personnages : il se moque d'eux, nous prévient que c'est la dernière fois qu'il ou elle fait ceci, et n'hésite pas d'ailleurs à donner son avis sur les questions qui les intéresse … En un sens, on sent que c'est un homme qui écrit, et pourtant il a une sensibilité intéressante pour analyser les relations homme-femme.
Mais à part cela, et quelques très bons passages, je ne me suis pas vraiment senti d'atome crochu avec ce texte. Je me suis ennuyée dans certains passages, et le fait de connaître déjà l'histoire m'a gâché une partie du plaisir.
Au-delà de ces points, l'adaptation de James Ivory est parfaite …
Lien : http://missbouquinaix.wordpr..
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Allily
  02 novembre 2018
Ce roman a été publié pour la première fois en 1910 devenant depuis un classique, ayant fait l'objet notamment d'une adaptation cinématographique avec Emma Thompson, Helena Bonham Carter et Anthony Hopkins.
Trois familles, issues de classes sociales différentes, vont voir leurs destins s'entremêler et nous offrir ainsi une peinture variée de la société anglaise : les Wilcox, qui se sont enrichis grâce au commerce, les Schlegel, issus de la bourgeoisie intellectuelle et enfin les Bast, travailleurs pauvres.
En effet à travers ces trois familles, l'auteur nous dépeint à merveille une époque de transition où se côtoient les idées progressistes comme le droit de vote des femmes avec une certaine idée du dit "sexe faible" victime de ses pauvres nerfs.
L'impossibilité de se comprendre et de communiquer est également un des ressorts du roman. du coup, ce fossé perpétuel entre les différents personnages que rien ne semble pouvoir combler a été relativement frustrant pour la lectrice que je suis.
Cependant l'ensemble est très bien écrit et pourtant...mon avis reste mitigé.
J'ai trouvé le tout très intéressant mais je n'étais pas transporté par l'histoire. Les amours, les deuils, les rebondissements de l'histoire m'ont laissé de marbre.
En bref, je suis contente de l'avoir lu mais pas certaine de le lire à nouveau.
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yoshi73
  26 juillet 2012
Margaret et Hélène Schlegel, jeunes aristocrates, vivent avec leur frère, Tibby, à Howards End, Londres. Ces deux jeunes filles aiment à recevoir leurs amis avec lesquels elles ont des discussions intellectuelles et artistiques interminables. Leurs parents, à leur décès, ont laissé une fortune suffisante aux trois jeunes gens pour qu'ils n'aient aucune crainte en l'avenir, sur un plan matériel.
La vie des soeurs Schlegel va se trouver mêlée à celle de la famille Wilcox. Cette dernière ne partage pas du tout les mêmes idéaux humanistes. Les Wilcox croient en une chose : l'argent. Leur richesse, ils la doivent à leur travail. Les deux familles vivent côte à côte, s'entremêlent, s'aiment et se détestent tout à la fois. M. Wilcox fait partie d'une génération pour qui les femmes ne sont guidées que par leurs émotions. Alors que Margaret, esprit vif et intelligent, revendique une certaine forme d'égalité entre les hommes et les femmes. Cette jeune fille serait-elle en avance sur son temps ?
Ce roman sent bon l'Angleterre fin XIXème début XXème. Une période de changements qui seront exacerbés par les événements historiques à venir.
C'est un roman plaisant à lire, qui pose les problèmes de la société de l'époque.
Le personnage de Margaret est central. Cette jeune femme, aînée de la fratrie Schlegel, s'occupe de son entourage, et notamment de sa jeune soeur Hélène qu'elle aime par-dessus tout, en faisant passer son bien-être en second plan. Elle va réussir à créer une unité autour d'elle, au prix de nombreux efforts et sacrifices. C'est une femme forte et attachante qui sait ce qu'elle veut et qui ne veux pas renier ses idéaux.
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Citations et extraits (16) Voir plus Ajouter une citation
AllilyAllily   02 novembre 2018
Margaret had often wondered at the disturbance that takes place in the world's waters when Love, who seems so tiny a pebble, slips in. Whom does Love concern beyond the beloved and the lover ? Yet his impact deluges a hundred shores. No doubt the disturbance is really the spirit of the generations, welcoming the new generation, and chafing against the ultimate Fate, who holds all the seas in the palm of her hand. But Love cannot undestand this. He cannot comprehend another's infinity; he is conscious only of his own - flying sunbeam, falling rose, pebble that asks for one quiet plunge below the fretting interplay of space and time.
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Josepha_AnhJosepha_Anh   10 février 2013
Il se pencha vers elle : la phrase mourut, inachevée. Margaret eut l'impression que sa tête devenait stupide et que l'intérieur se mettait à tourner comme une lampe de phare. Il n'y eut pas de baiser parce qu'il était midi et demi et que la voiture passait devant les écuries de Buckingham Palace.
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AelaAela   12 février 2011
Mme Wilcox n'était pas une intellectuelle et n'avait pas l'esprit vif, et malgré tout, il était étrange qu'elle donnât une impression de grandeur. Margaret, qui avec ses amis papillonnait sur la Pensée et les Arts, eut conscience d'une personnalité qui transcendait les leurs et les rapetissait.
She was not intellectual, nor even alert, and it was odd that, all the same, she should give the idea of greatness. Margaret zigzagging with her friends over Thought and Art, was conscious of a personnality that transcended their own and dwarfed their activities.
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DanRDanR   22 septembre 2013
Il doit être de ces hommes qui ont réconcilié la science et le religion. Je n'aime pas ces gens-là. Ils sont personnellement scientifiques, discourent sur la survivance des plus aptes, rognent le salaire de leurs employés, étouffent le libre développement de tout ce qui menacent leur confort, mais n'en sont pas moins convaincus que par des voies mystérieuses- toujours le même vasouillage- il en résultera finalement du bien et que les Mr Bast de l'avenir gagneront en joie ce que les Mr Bast d'aujourd'hui perdent en souffrance.
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SpilettSpilett   10 mars 2020
... penser, penser qu'il y a des gens vraiment pauvres. Comment font-ils pour vivre ? Si je cessais de courir le monde, je mourrais.
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Videos de E. M. Forster (30) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de E. M. Forster
Bande annonce de la série Howards End (BBC, 2017), adaptation du roman d'E.M. Foster
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