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EAN : 9782264014863
382 pages
10-18 (06/04/2006)
4.02/5   256 notes
Résumé :
Observateur subtil de la société britannique, E. M. Forster n'a peut-être jamais mieux décrit les antagonismes et les entrelacs d'intérêts entre aristocratie et bourgeoisie que dans Howards End. Dans cette histoire d'héritage et de remariage s'affrontent deux familles, les Schlegel et les Wilcox, et à travers eux deux visions du monde. A la veille de la Première Guerre mondiale, la société victorienne se fissure et les idées féministes et progressistes gagnent du te... >Voir plus
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Les Wilcox et les soeurs Schlegel ou la dérive de l'upper-class londonienne. le point de départ de la chute : Howards End, la priopriété familiale de feu Mrs Wilcox.
L'une des soeurs, Helen est passionnée et refuse de compromettre ses idéaux à la bienséance, quant à Margaret, l'aînée, elle est reconnue pour sa grande intelligence et sa vivacité d'esprit, mais par sa grande gentillesse, cette dernière est bien plus prompt que sa cadette à faire des compromis.
Malheureusement, la vie n'est pas en noir et blanc avec un mode d'emploi que l'on peut suivre à la lettre en espérant qu'il satisfera tout un chacun, ou qu'il nous satisfera nous-même d'ailleurs...

Un roman très sobre et bien écrit qui décrit la façon dont les petits grains de sables viennent enrayer la machine des aristocrates en anglais au tournant du siècle. Petits scandales étouffés, petits arrangements et petits secrets sont de mise.
Pour les amateurs de Downton Abbey, on retrouve le même arrière-plan socio-historique, mais l'humour est remplacé par le drame.

Le changement a-t-il vraiment sa place dans la vieille et immuable aristocratie anglaise ? L'affrontement de mondes ou genres complètement opposés peuvent-ils cohabiter à l'ère où le siècle se déclarait volontiers plus socialiste ou plus progressiste ? Et l'art peut-il réconcilier ses extrêmes ou n'est-ce qu'une chimère de plus ? A quoi chacun devrait-il être le plus attachè ? le plus fidèle ?

Un beau roman avec une écriture élégante qui m'a donné envie de découvrir d'autres romans de l'oeuvre d'E.M.Forster.
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Depuis Beauvoir, on ne se pose plus la question de la place des intellectuels dans la société et notamment quand il s'agit de femmes. Il en allait tout autrement dans l'Angleterre encore victorienne des années 1900, avec sa division stricte en classes sociales et ses femmes sans accès au travail.

C'est la le thème qu'aborde E.M. Forster dans ce roman dont les héroïnes sont deux soeurs mi-allemandes, mi-anglaises, Margaret et sa cadette Helen. Vivant de leurs rentes, elles appartiennent à la société aisée, et sont indépendantes matériellement et intellectuellement. Passionnées de culture, de musique, de théosophie et de débats, elles vivent à Londres à l'instar des soeurs Stephen, Virginia Woolf et son aînée Vanessa Bell, membres comme Forster du fameux, bien qu'informel, "Bloomsbury group".

Mais la rencontre avec divers membres de la bourgeoise famille Wilcox, dont la fortune vient des activités profitables de businessman de Charles, le père, va amener l'aînée, Margaret, à subir l'attraction de l'enracinement dans une classe sociale supérieure, dans un lieu de résidence dans la campagne anglaise (la demeure éponyme d'Howards End) qui mettrait fin à son cosmopolitisme intellectuel et à sa liberté de femme indépendante.
A l'opposé, Helen se sent prise d'intérêt pour Leonard Bast, un employé modeste mais méritant, encore que mal marié, qui cherche à se cultiver et à s'élever au dessus de sa condition. Margaret se fiance avec Mr Wilcox, malgré le peu de convergences de leurs valeurs sociales et morales, mais un mauvais conseil de ce dernier, répercuté par les deux soeurs, fait perdre son emploi à Leonard Bast et le plonge dans la misère.
Voici les deux soeurs prises entre deux classes, entre deux feux, et près de s'éloigner irrémédiablement l'une de l'autre.
On ne dévoilera pas l'intrigue qui les amène, apres bien des atermoiements, à retrouver leur vraie identité, qui ne peut être qu'extérieure au conformisme de la société anglaise d'avant la première guerre mondiale.
Un roman vivant et enlevé, nourri de dialogues souvent spirituels, mais dont la portée reste pessimiste, car après tout Howards End, au sens propre comme au figuré, c'est la fin d'un monde dont les limites apparaissent clairement à travers la satire sociale dont l'ouvrage est nourri.
Lu en V.O.
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Howards end se déroule à l'aube du XXème siècle, alors que Londres, madrépore tentaculaire et asile des grandes figures de la social-démocratie continue sa mue et sa progression au détriment de la ruralité. Une certaine forme de lutte des classes est mise en perspective à travers les rapports ambigus et contrariés, sinon conflictuels, entre trois familles. Les Wilcox représentent le capitalisme triomphant, tirant parti des débouchés commerciaux que lui procure l'Empire, qui a comme philosophie l'utilitarisme le moins contraire à son bien-être personnel. Les soeurs Schlegel sont les filles d'un père prussien qui s'est volontairement expatrié en Angleterre, elle jouissent d'une certaine aisance mais n'en tire nulle vanité, cela ne suffisant pas à les combler, elle tiennent de leur ascendance germanique une propension à l'idéalisme, une aspiration à une vie plus large, tournée vers la philanthropie et agrémentée par les plaisirs ineffables de l'art. Léonard Bast représente la classe laborieuse, mal marié à une femme assez vulgaire, il vit l'existence terne des employés de bureaux, le vernis de culture générale qu'il possède, ses velléités à goûter à des loisirs artistiques au dessus de sa condition n'ajoutent qu'insatisfaction, que susceptibilité, à un quotidien grevé de souffrance et de frustration. Un voyage, que seul l'aisance permet, préside à la rencontre des Wilcox et des Schlegel, leur voisinage à Londres maintient leur commerce qui aurait pu pourtant s'achever sur un coup d'éclat de la plus jeune des demoiselles Schlegel. C'est la présence à l'opéra de ces dernières qui va les mettre pour la première fois en relation avec Léornard Bast. le reste - l'improbable rencontre d'un Bast et des Wilcox tient tout entier dans la virtuosité de l'auteur à nouer une intrigue

Sous titré le Legs de Mrs. Wilcox, le présent roman que d'aucuns considèrent comme le chef-d'oeuvre de l'auteur met en exergue avec finesse tous les préjugés et les barrières sociales qui rendent plus insolubles encore l'incommunicabilité entre les êtres.
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Ayant vu le film en 2012, j'ai toujours gardé en tête l'idée de lire le roman de Forster, et de découvrir cet auteur par la même occasion, qui connut le succès justement avec ce roman.

Le texte met en scène trois couches de la société anglaise de la fin du XIXe : les Wilcox, riches capitalistes; les Schlegel, qui font partie de la bourgeoisie intellectuelle et soutiennent des idéaux humanistes que les premiers ne peuvent comprendre ; et les Bast, la classe laborieuse qui meurt simplement de faim malgré tous leurs efforts. Tous ces personnages vont se croiser et se recroiser, s'influençant volontairement ou involontairement jusqu'à créer une situation où la communication devient impossible. Mais c'est sans compter l'évolution de la société elle-même, et en particulier des idées féministes, qui vont bouleverser tous les codes sociaux et aboutir à un dénouement tragique.

Dans tout ce fracas, la personnalité de Margaret Schlegel ressort, ce qui en fait le personnage principal, et celle qui tient une grande partie des ficelles : intelligente, intuitive, réfléchie, elle s'oppose à sa soeur Hélène, impulsive et souvent irresponsable. Deux femmes fortes qui vont, à leur manière, essayer de ne pas renier leurs idéaux.

Ce que j'ai finalement le plus apprécié dans ce roman, c'est la légèreté avec laquelle Forster traite ses personnages : il se moque d'eux, nous prévient que c'est la dernière fois qu'il ou elle fait ceci, et n'hésite pas d'ailleurs à donner son avis sur les questions qui les intéresse … En un sens, on sent que c'est un homme qui écrit, et pourtant il a une sensibilité intéressante pour analyser les relations homme-femme.

Mais à part cela, et quelques très bons passages, je ne me suis pas vraiment senti d'atome crochu avec ce texte. Je me suis ennuyée dans certains passages, et le fait de connaître déjà l'histoire m'a gâché une partie du plaisir.

Au-delà de ces points, l'adaptation de James Ivory est parfaite …
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Ce roman a été publié pour la première fois en 1910 devenant depuis un classique, ayant fait l'objet notamment d'une adaptation cinématographique avec Emma Thompson, Helena Bonham Carter et Anthony Hopkins.

Trois familles, issues de classes sociales différentes, vont voir leurs destins s'entremêler et nous offrir ainsi une peinture variée de la société anglaise : les Wilcox, qui se sont enrichis grâce au commerce, les Schlegel, issus de la bourgeoisie intellectuelle et enfin les Bast, travailleurs pauvres.

En effet à travers ces trois familles, l'auteur nous dépeint à merveille une époque de transition où se côtoient les idées progressistes comme le droit de vote des femmes avec une certaine idée du dit "sexe faible" victime de ses pauvres nerfs.

L'impossibilité de se comprendre et de communiquer est également un des ressorts du roman. du coup, ce fossé perpétuel entre les différents personnages que rien ne semble pouvoir combler a été relativement frustrant pour la lectrice que je suis.

Cependant l'ensemble est très bien écrit et pourtant...mon avis reste mitigé.

J'ai trouvé le tout très intéressant mais je n'étais pas transporté par l'histoire. Les amours, les deuils, les rebondissements de l'histoire m'ont laissé de marbre.
En bref, je suis contente de l'avoir lu mais pas certaine de le lire à nouveau.
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Citations et extraits (21) Voir plus Ajouter une citation
Autant commencer par les lettres d'Hélène à sa soeur.

Howards End. Mardi

Meg chérie,
Nous nous serons bien trompées. La maison est vieille, petite, absolument délicieuse - des briques rouges. Il faut nous comprimer pour y tenir et Dieu sait ce qui se passera demain, à l'arrivée de Paul (le fils cadet). Le hall donne à droite sur la salle à manger, à gauche sur le salon. En fait, le hall lui-même forme une pièce. On y pousse une autre porte et voilà l'escalier qui grimpe, par une sorte de tunnel, au premier. Trois chambres, en enfilade, avec trois mansardes au-dessus. Ce n'est pas toute la maison, en vérité, mais c'est tout ce qu'on en remarque - neuf fenêtres de façade quand on la regarde du jardin de devant.
Il y a ensuite un très grand ormeau des montagnes, à gauche (toujours en regardant la façade), un peu penché sur la maison et debout à la limite du jardin et des prés. J'aime déjà beaucoup cet arbre. Des ormes ordinaires, des crânes - pas plus dégoutant que les chênes ordinaires - des poiriers, des pommiers et une vigne. Aucun bouleau argenté pourtant.
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Mme Wilcox n'était pas une intellectuelle et n'avait pas l'esprit vif, et malgré tout, il était étrange qu'elle donnât une impression de grandeur. Margaret, qui avec ses amis papillonnait sur la Pensée et les Arts, eut conscience d'une personnalité qui transcendait les leurs et les rapetissait.
She was not intellectual, nor even alert, and it was odd that, all the same, she should give the idea of greatness. Margaret zigzagging with her friends over Thought and Art, was conscious of a personnality that transcended their own and dwarfed their activities.
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Ni belle ni brillante incomparablement, elle débordait d'autre chose qui tenait lieu chez elle de beauté ou d'éclat : une vivacité profonde, une réaction constante et sincère à tout ce que la vie lui présentait. (page 44)
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Before Paul arrived she had, as it were, been tuned up into his key. The energy of the Wilcoxes had fascinated her, had created new images of beauty in her responsive mind. To be all day with them in the open air, to sleep at night under their roof, had seemed the supreme joy of life, and had led to that abandonment of personality that is a possible prelude to love. She had liked giving in to Mr Wilcox, or Evie, or Charles; she had liked being told that her notions of life were sheltered or academic; that Equality was nonsense, Votes for Women nonsense, Socialism nonsense, Art and Literature, except when conducive to strengthening the character, nonsense. One by one the Schlegel fetiches had been overthrown, and, though professing to defend them, she had rejoiced. When Mr Wilcox said that one sound man of business did more good to the world than a dozen of your social reformers, she had swallowed the curious assertion without a gasp, and had leant back luxuriously among the cushions of his motor-car. When Charles said, 'Why be so polite to servants? they don't understand it,' she had not given the Schlegel retort of, 'If they don't understand it, I do.' No; she had vowed to be less polite to servants in the future. 'I am swathed in cant,' she thought, 'and it is good for me to be stripped of it.'
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Il se pencha vers elle : la phrase mourut, inachevée. Margaret eut l'impression que sa tête devenait stupide et que l'intérieur se mettait à tourner comme une lampe de phare. Il n'y eut pas de baiser parce qu'il était midi et demi et que la voiture passait devant les écuries de Buckingham Palace.
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RENTRÉE LITTÉRAIRE 2023 « La Vie Nouvelle », le premier roman de Tom Crewe
Le jeune médecin et critique littéraire Henry Ellis vient d'épouser Edith. Ils se sont rencontrés dans un groupe de libres-penseurs appelé la Vie Nouvelle, et se sont promis de construire un couple moderne, loin des rigidités de l'Angleterre victorienne. Au même moment, John Addington, grand bourgeois respecté par la bonne société londonienne, marié et père de trois jeunes femmes, entre en contact avec Henry. Ensemble, ils décident de concevoir un ouvrage à quatre mains : une étude historique de l'homosexualité depuis la Grèce antique.
Tout en travaillant à ce livre, chacun des deux coauteurs est pris dans les contradictions de sa vie intime. Henry aimerait consommer son mariage avec Edith, mais n'y parvient pas, et John est aux prises avec sa passion pour Frank, un jeune homme rencontré à Hyde Park, ce qui met en péril son mariage. Puis le procès scandaleux d'Oscar Wilde fait la une de tous les journaux du Royaume-Uni et change la donne… Deux mariages, deux affaires : un premier roman époustouflant sur le conflit entre l'ordre moral et notre besoin de liberté – entre E.M. Forster et Alan Hollinghurst – d'une étonnante actualité.
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