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ISBN : 2264014865
Éditeur : 10-18 (06/04/2006)

Note moyenne : 4.07/5 (sur 156 notes)
Résumé :
Observateur subtil de la société britannique, E. M. Forster n'a peut-être jamais mieux décrit les antagonismes et les entrelacs d'intérêts entre aristocratie et bourgeoisie que dans Howards End. Dans cette histoire d'héritage et de remariage s'affrontent deux familles, les Schlegel et les Wilcox, et à travers eux deux visions du monde. A la veille de la Première Guerre mondiale, la société victorienne se fissure et les idées féministes et progressistes gagnent du te... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (9) Voir plus Ajouter une critique
isabellelemest
  13 avril 2016

Depuis Beauvoir, on ne se pose plus la question de la place des intellectuels dans la société et notamment quand il s'agit de femmes. Il en allait tout autrement dans l'Angleterre encore victorienne des années 1900, avec sa division stricte en classes sociales et ses femmes sans accès au travail.
C'est la le thème qu'aborde E.M. Forster dans ce roman dont les héroïnes sont deux soeurs mi-allemandes, mi-anglaises, Margaret et sa cadette Helen. Vivant de leurs rentes, elles appartiennent à la société aisée, et sont indépendantes matériellement et intellectuellement. Passionnées de culture, de musique, de théosophie et de débats, elles vivent à Londres à l'instar des soeurs Stephen, Virginia Woolf et son aînée Vanessa Bell, membres comme Forster du fameux, bien qu'informel, "Bloomsbury group".
Mais la rencontre avec divers membres de la bourgeoise famille Wilcox, dont la fortune vient des activités profitables de businessman de Charles, le père, va amener l'aînée, Margaret, à subir l'attraction de l'enracinement dans une classe sociale supérieure, dans un lieu de résidence dans la campagne anglaise (la demeure éponyme d'Howards End) qui mettrait fin à son cosmopolitisme intellectuel et à sa liberté de femme indépendante.
A l'opposé, Helen se sent prise d'intérêt pour Leonard Bast, un employé modeste mais méritant, encore que mal marié, qui cherche à se cultiver et à s'élever au dessus de sa condition. Margaret se fiance avec Mr Wilcox, malgré le peu de convergences de leurs valeurs sociales et morales, mais un mauvais conseil de ce dernier, répercuté par les deux soeurs, fait perdre son emploi à Leonard Bast et le plonge dans la misère.
Voici les deux soeurs prises entre deux classes, entre deux feux, et près de s'éloigner irrémédiablement l'une de l'autre.
On ne dévoilera pas l'intrigue qui les amène, apres bien des atermoiements, à retrouver leur vraie identité, qui ne peut être qu'extérieure au conformisme de la société anglaise d'avant la première guerre mondiale.
Un roman vivant et enlevé, nourri de dialogues souvent spirituels, mais dont la portée reste pessimiste, car après tout Howards End, au sens propre comme au figuré, c'est la fin d'un monde dont les limites apparaissent clairement à travers la satire sociale dont l'ouvrage est nourri.
Lu en V.O.
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Missbouquin
  24 juin 2013
Ayant vu le film en 2012, j'ai toujours gardé en tête l'idée de lire le roman de Forster, et de découvrir cet auteur par la même occasion, qui connut le succès justement avec ce roman.
Le texte met en scène trois couches de la société anglaise de la fin du XIXe : les Wilcox, riches capitalistes; les Schlegel, qui font partie de la bourgeoisie intellectuelle et soutiennent des idéaux humanistes que les premiers ne peuvent comprendre ; et les Bast, la classe laborieuse qui meurt simplement de faim malgré tous leurs efforts. Tous ces personnages vont se croiser et se recroiser, s'influençant volontairement ou involontairement jusqu'à créer une situation où la communication devient impossible. Mais c'est sans compter l'évolution de la société elle-même, et en particulier des idées féministes, qui vont bouleverser tous les codes sociaux et aboutir à un dénouement tragique.
Dans tout ce fracas, la personnalité de Margaret Schlegel ressort, ce qui en fait le personnage principal, et celle qui tient une grande partie des ficelles : intelligente, intuitive, réfléchie, elle s'oppose à sa soeur Hélène, impulsive et souvent irresponsable. Deux femmes fortes qui vont, à leur manière, essayer de ne pas renier leurs idéaux.
Ce que j'ai finalement le plus apprécié dans ce roman, c'est la légèreté avec laquelle Forster traite ses personnages : il se moque d'eux, nous prévient que c'est la dernière fois qu'il ou elle fait ceci, et n'hésite pas d'ailleurs à donner son avis sur les questions qui les intéresse … En un sens, on sent que c'est un homme qui écrit, et pourtant il a une sensibilité intéressante pour analyser les relations homme-femme.
Mais à part cela, et quelques très bons passages, je ne me suis pas vraiment senti d'atome crochu avec ce texte. Je me suis ennuyée dans certains passages, et le fait de connaître déjà l'histoire m'a gâché une partie du plaisir.
Au-delà de ces points, l'adaptation de James Ivory est parfaite …
Lien : http://missbouquinaix.wordpr..
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yoshi73
  26 juillet 2012
Margaret et Hélène Schlegel, jeunes aristocrates, vivent avec leur frère, Tibby, à Howards End, Londres. Ces deux jeunes filles aiment à recevoir leurs amis avec lesquels elles ont des discussions intellectuelles et artistiques interminables. Leurs parents, à leur décès, ont laissé une fortune suffisante aux trois jeunes gens pour qu'ils n'aient aucune crainte en l'avenir, sur un plan matériel.
La vie des soeurs Schlegel va se trouver mêlée à celle de la famille Wilcox. Cette dernière ne partage pas du tout les mêmes idéaux humanistes. Les Wilcox croient en une chose : l'argent. Leur richesse, ils la doivent à leur travail. Les deux familles vivent côte à côte, s'entremêlent, s'aiment et se détestent tout à la fois. M. Wilcox fait partie d'une génération pour qui les femmes ne sont guidées que par leurs émotions. Alors que Margaret, esprit vif et intelligent, revendique une certaine forme d'égalité entre les hommes et les femmes. Cette jeune fille serait-elle en avance sur son temps ?
Ce roman sent bon l'Angleterre fin XIXème début XXème. Une période de changements qui seront exacerbés par les événements historiques à venir.
C'est un roman plaisant à lire, qui pose les problèmes de la société de l'époque.
Le personnage de Margaret est central. Cette jeune femme, aînée de la fratrie Schlegel, s'occupe de son entourage, et notamment de sa jeune soeur Hélène qu'elle aime par-dessus tout, en faisant passer son bien-être en second plan. Elle va réussir à créer une unité autour d'elle, au prix de nombreux efforts et sacrifices. C'est une femme forte et attachante qui sait ce qu'elle veut et qui ne veux pas renier ses idéaux.
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Chinchilla
  22 juin 2013
La reine Victoria n'est plus depuis bientôt 10 ans, la Grande Guerre se profile déjà à l'horizon et la société britannique est en plein changement : le socialisme fait des émules et les suffragettes réclament le droit de vote pour les femmes. Forster nous propose donc un sorte d'analyse de la société de classes à cette époque charnière. Dit comme ça, ça peut paraître austère mais pas du tout, ses personnages sont tout sauf ennuyeux, ils sont presque vivants, leurs dialogues poussent à réfléchir et on suit avec intérêt leur évolution au fil des ans.
Mais revenons au titre, Howards End est la maison de famille des Wilcox, un vieille famille anglaise attachée à la terre et à ses traditions et pour qui la richesse, fruit du travail, est ce qu'il y a de plus important (avec les apparences, évidemment).
C'est lors d'un voyage sur le continent que les Wilcox ont rencontré les Miss Schlegel, ces deux soeurs, de père allemand (blimey !) sont des sortes de "bobos" londoniennes, limite "gauche caviar" pour reprendre une expression bien trop française pour convenir aux personnages. Elles accordent un grande importance à la culture et se rendent bien compte de leur statut social privilégier et essaie de "faire le bien" mais ne savent pas trop comment s'y prendre, leurs idées à ce sujet variant régulièrement. Les aléas de la vie vont se charger de réunir plus souvent que prévu ces deux familles, confrontant ainsi deux visions du monde qui s'opposent.
Parmi les thèmes qui m'ont le plus marqué dans ce roman, il y a une approche presque "féministe" au sens où l'ont voit bien que les femmes et les hommes sont traités différemment, qu'on attend d'eux des choses très différentes et que ce qui est permis aux hommes est inconcevable pour une femme, qu'on s'attend à ce qu'une femme réagisse comme un hystérique là où un homme doit garder son sang-froid quoi qu'il arrive par exemple, un "double standard" qui sert de base aux relations sociales de l'époque et qui , quoi qu'on en dise, est encore présent de nos jours, à une moindre mesure certes.
Une chose qui m'a aussi marquée, les descriptions des paysages et des lieux : Londres si sale et si bruyant, à la fois dynamique et oppressant suivant ce qu'on y fait et comment on y vit. La campagne qu se fait manger petit à petit par la ville et se transforme en banlieue, la petite vallée isolée, loin de tous ces changements, mais pour combien de temps encore ? Beau symbolisme.
Bref, un belle lecture, avec des personnages intéressants à défaut d'être attachants et une analyse tout en finesse qui fait revivre la société de l'époque et aborde des thèmes encore d'actualité.
Lien : http://celtictwilight.hautet..
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Aela
  12 février 2011
Howards end a été publié en 1910. Un livre qui porte l'empreinte de son époque: la reine Victoria est décédée depuis 9 ans, la guerre avec l'Allemagne se profile à l'horizon et le mouvement des suffragettes de Mme Pankhurst est en plein essor.
Les personnages reflètent ces tensions : les soeurs Schlegel, Margaret et Hélène, intellectuelles londoniennes féministes d'origine allemande, vont sympathiser avec la famille Wilcox, aux idées beaucoup plus conservatrices. Un personnage apparaît qui ne va pas s'intégrer à cette bourgeoisie intellectuelle mais qui, en plus, va tomber encore plus bas qu'il n'était.
Des personnages intéressants, très contrastés qui évoluent autour de cette propriété familiale de Howards End. Un très beau tableau des relations sociales de l'époque post-victorienne , de même on apprécie la peinture réaliste des luttes entre classes sociales, des luttes entre culture et capitalisme, luttes des sexes, lutte entre la ville et la campagne.
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Citations et extraits (8) Voir plus Ajouter une citation
Josepha_AnhJosepha_Anh   10 février 2013
Il se pencha vers elle : la phrase mourut, inachevée. Margaret eut l'impression que sa tête devenait stupide et que l'intérieur se mettait à tourner comme une lampe de phare. Il n'y eut pas de baiser parce qu'il était midi et demi et que la voiture passait devant les écuries de Buckingham Palace.
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AelaAela   12 février 2011
Mme Wilcox n'était pas une intellectuelle et n'avait pas l'esprit vif, et malgré tout, il était étrange qu'elle donnât une impression de grandeur. Margaret, qui avec ses amis papillonnait sur la Pensée et les Arts, eut conscience d'une personnalité qui transcendait les leurs et les rapetissait.
She was not intellectual, nor even alert, and it was odd that, all the same, she should give the idea of greatness. Margaret zigzagging with her friends over Thought and Art, was conscious of a personnality that transcended their own and dwarfed their activities.
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DanRDanR   22 septembre 2013
Il doit être de ces hommes qui ont réconcilié la science et le religion. Je n'aime pas ces gens-là. Ils sont personnellement scientifiques, discourent sur la survivance des plus aptes, rognent le salaire de leurs employés, étouffent le libre développement de tout ce qui menacent leur confort, mais n'en sont pas moins convaincus que par des voies mystérieuses- toujours le même vasouillage- il en résultera finalement du bien et que les Mr Bast de l'avenir gagneront en joie ce que les Mr Bast d'aujourd'hui perdent en souffrance.
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Josepha_AnhJosepha_Anh   10 février 2013
La vie, me disais-tu un jour, est tantôt la vie, tantôt simplement du théâtre ; prière de les distinguer.
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Josepha_AnhJosepha_Anh   10 février 2013
Leur querelle ressemblait à la plupart de nos querelles - inévitables au moment même, inconcevables après coup.
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Vidéo de E. M. Forster
Bande annonce de la série Howards End (BBC, 2017), adaptation du roman d'E.M. Foster
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